Petit élan de culpabilité cette semaine. Ceux qui me connaissent savent que depuis l'entrée de l'enfant humain en garderie, je râlais parce que je n'avais pas accès au service à 7 $ malgré mon inscription dans toutes les garderies de la région. La semaine dernière en signant la feuille de présence de ma nouvelle garderie, il y avait des chiffres écrits par l'éducatrice : 34. Et bien voilà, c'est la part que le gouvernement verse en plus de mon 7 $ étant donné que l'enfant humain a moins de 18 mois, après ce sera 24. Je me sens coupable parce que comme citoyenne je ne comprends pas comment un service peut pratiquement doubler de prix lorsqu'il est administré par le gouvernement. Il s'agit du même service pourtant, mon éducatrice à 20 $ par jour devait suivre les mêmes réglements. C'est certain que je trouve ça beaucoup moins lourd pour mon budget, mais en même temps je me questionne sur ce choix à long terme pour notre société. En a-t-on vraiment les moyens ?
Envoyé par christine at septembre 1, 2005 03:00 PMIl est certain que nous n'avons pas les moyens de payer trop cher pour un service qui pourrait être assuré à l'identique pour moins cher.
Toutefois, il me semble que tu tires une conclusion un peu hâtive quand tu dis:
« Il s'agit du même service pourtant, mon éducatrice à 20 $ par jour devait suivre les mêmes règlements. »
Limiter un service à une réglementation, c'est un peu limitatif!
Je ne doute pas que l'éducatrice à 20 $ par jour puisse faire un excellent travail, mais elle n'offre quand même pas le même service. Un bon service, certes, mais un service différent.
La politique familiale du Québec est basée sur le fait que les CPE:
- doivent constituer un réseau;
- doivent mettre à la disposition des éducatrices en installation et des responsables des services de garde en milieu familial des conseillères pédagogiques et du matériel;
- doivent être en mesure de répondre aux besoins particuliers de certains parents (enfants malades, gravement allergiques, handicapés; horaires atypiques, etc.)
- doivent faire du dépistage précoce pour identifier les enfants qui éprouvent des problèmes importants qui pourraient, notamment, leur nuire lors du passage à l'école;
- doivent agir comme des acteurs à part entière du développement régional en facilitant l'accès à l'emploi parents, hommes et femmes, et ce, dans toutes les régions du Québec (où autrement, il n'y aurait parfois pas de service!);
- doivent être des structures démocratiques autonomes, gérées par les parents;
Ce sont tous ces points (et sans doute d'autres que j'oublie ou que j'ignore) qui expliquent, au moins en partie, ces différences de coûts. Et si les CPE peuvent aussi servir de « locomotives » pour améliorer les conditions de travail des éducatrices, dans tous les milieux, syndiqués ou non, affiliés à un CPE ou pas, eh bien tant mieux. Je m'en réjouis.
En exagérant à peine, on pourrait aussi dire que faire l'école à la maison, c'est pas mal moins cher que les quatre ou cinq milles dollars que ça coûte chaque année à l'état pour faire l'éducation d'un enfant au primaire. Mais est-ce que les services sont comparables? Non, ils sont différents. Simplement. L'un et l'autre peuvent convenir à certains, et pas à d'autres.
Dans tous les cas, le rôle de l'état me semble d'assurer la solidarité sociale et ça, ça coûte parfois très cher.
Voilà pour ce soir. (ouf, ça m'a fait beaucoup de bien! merci.) ;-)
Envoyé par: Clément Laberge at septembre 2, 2005 12:03 AMMerci Clément pour tes éclaircissements. Je vais quand même faire un peu l'avocate du diable. En tant que parent, tu as dû toi aussi être rejoint dans la vaste consultation à propos des services offerts par le CPE qui ne sont justement pas adaptés à plusieurs problématiques dont les horaires atypiques et les enfants en difficultés. Présentement, je me considère choyée puisque j'ai réussi par le biais de contacts à enfin me trouver une place dans un CPE en milieu familial. Et ça n'a pas été un processus facile puisque les listes d'attente sont respectées (paraît-il) uniquement dans les installations et non dans les milieux familials. Pourtant, avec les nouveaux contrats de trois mois dans lesquelles tu peux te retrouver sans garderie dans une aussi courte période, je crois que justement ce sont les enfants qui sont pénalisés puisqu'ils sont de plus en plus sélectionnés. Pendant mes recherches, deux fois je me suis fait dire que la dame cherchait un poupon fille parce que c'était plus facile. Et une autre fois, une assistée sociale a eu ma place puisque dans mon secteur ils ont priorité.
En ce qui concerne les horaires atypiques, plusieurs de mes ex-collègues serveuses pestent contre le réseau des CPE puisque les garderies de soir et de fin de semaine ne sont plus légions. Et j'imagine qu'elles ne sont pas seules à vivre cela.
Mon but n'était pas de comdamner sans appel le réseau des CPE, mais bien de m'interroger sur le coût d'un tel service pour notre société. D'ailleurs, la vaste consultation devrait j'imagine produire un rapport qui permettra de trouver des solutions à certaines problématiques (ma quête d'une garderie a sûrement embrouillée un peu mon jugement). Et je comdamne encore moins les travailleuses en garderie puisque je suis persuadée que ce n'est pas évident de faire 50 heures par semaine avec souvent 6 petits mousses de plusieurs âges.
Mais malgré cela, je considère que la solidarité sociale passe d'abord par des choix que nous sommes en mesure de supporter comme société.
Envoyé par: Christine Hamel at septembre 2, 2005 09:24 AMJe suis d'accord avec toi Christine sur le fait que la solidarité passe d'abord par la responsabilité (collective) et par le réalisme des moyens qu'on consacre aux moyens qu'on choisi d'adopter.
Reste que la question « d'avoir les moyens » est toujours très relative, et dépend essentiellement de ce qu'on perçoit comme des priorités.
L'éducation de la petite enfance en est une pour moi, hors de tout doute. Et je ne serai pas mal à l'aise du tout qu'on opte pour investir davantage dans le réseau pour répondre aux besoins auxquels on répond encore inadéquatement selon ce que tu rapportes.
Envoyé par: Clément Laberge at septembre 3, 2005 05:38 PMJe ne veux pas trop m'imiscer dans ces échanges puisque ma connaissance du dossier est très partielle/superficielle mais, nonobstant le dossier dont il est question ici, je voulais simplement dire que l'investissement n'est pas forcément un gage de réussite. Bien sur, ça peut aider mais vient un temps où c'est le modèle d'investissement qui a intéret à etre révisé plutot que le financement et la quantité de dollars eux-memes.
Est-ce le cas actuellement avec les CPE? Je n'en ai pas la moindre idée mais je désirais seulement apporter ce grain de sel.
Envoyé par: Stéphane Allaire (Ytsejamer) at septembre 4, 2005 11:36 AM