Depuis plus d'un an, je travaille sur un projet qui me tient énormément à coeur, L'école éloignée en réseau. Nous en sommes rendus à une analyse et interprétation des résultats après une riche année d'intervention et de collecte de données.
Mon principal problème présentement (et celui de Stéphane ;-)) c'est l'utilisation globale et envahissante du mot projet dans le discours autant des enseignants, des conseillers pédagogiques, des élèves... On l'utilise pour qualifier tout ce qui se passe dans la classe qui n'est pas de l'enseignement magistral. Dans le fond, aussitôt que l'élève est en action, il est en projet. Soit, je préfère qu'il soit actif, mais je me demande si en dénaturant cette approche pédagogique (apprentissage par projets), on en vienne à oublier ses fondements. Ainsi, même si il semble simple, l'apprentissage par projets ou la pédagogie par projets demandent beaucoup plus dans l'exécution de ces trois phases qu'une simple recherche d'information partagée avec les autres ensuite.
Après tout, il y a des activités et des projets, mais je crois que pour se sentir « dans le coup » les enseignants et autres intervenants ont tendance à utiliser ce concept. Je suis présentement à la recherche de nuances afin de les guider dans cette prise de conscience et aussi afin d'éclairer notre lunette de chercheurs dans l'analyse de résultats.
Encore le Devoir, une lettre dans la section Idées... L'auteur trouve que la formation des maîtres devrait être revue afin d'être plus flexible. Le texte est court, mais il me semble que l'auteur manque d'idées dans son argumentation.
...bon nombre d'étudiants québécois s'exilent du côté de l'Ontario, où ils peuvent obtenir leur formation d'enseignant en deux semestres (un an) s'ils sont déjà titulaires d'un baccalauréat dans un autre domaine. J'ai bien hâte au jour où l'on reconnaîtra que la formation des futurs enseignants tient plus qu'à l'unique expertise dans un contenu et que cette formation est légitimée afin de devenir un professionnel en éducation. Comment peut-on espérer avoir une école qui réponde à nos attentes si on laisse n'importe qui enseigner tant qu'il est maître du contenu. N'oublions pas non plus que dès notre arrivée en Ontario, les titulaires d'un baccalauréat du Québec sont plus reconnus que leur collègues ontariens dans leur propre province. Un enseignant québécois est immédiatement au niveau maximum de l'échelle (4 échelons) alors que ceux de l'Ontario débute au premier ou au deuxième. S'ensuivent donc des années de cours à l'université afin d'obtenir les précieux échelons.
Les élèves ont à choisir à un trop jeune âge s'ils veulent faire carrière en enseignement, et on ne leur permet pas assez facilement de devenir des enseignants s'ils ont d'abord obtenu une formation spécialisée dans un autre domaine. Assez surprenant puisque les enseignants du primaire de l'Ontario ont 2 ans de scolarité de moins lorsqu'ils débutent dans la profession... Et souvent une majeure en psychologie accompagnée d'une mineure en pédagogie pour enseigner au primaire, c'est tout un bagage. Et je reviens à ma première remarque : ce n'est pas précisément de spécialiste de contenus dont a besoin l'éducation, mais bien de spécialiste en pédagogie, en apprentissage afin de répondre aux impératifs de notre société. N'oublions pas que nos diplomés ont 700 heures de stage à leur actif lorsqu'ils ont terminé ce baccalauréat peu flexible...
On est dans une période particulièrement prospère en ce qui concerne la réussite des garçons, et ce n'est pas particulièrement positif. Un article de Marie-Andrée Chouinard dans le Devoir parle de la plus récente étude de l'OCDE en ce qui concerne la réussite des garçons.
Je retiens deux choses :
Cibler les interventions de manière à prendre en considération les différences de stratégies et d'attitudes à l'égard de l'apprentissage pourrait avoir un impact important sur la pédagogie. Intéressant et très pertinent que l'OCDE ajoute cela à l'étude parce qu'en effet la pédagogie tant qu'elle sera dans un paradigme d'enseignement ne pourra pas convenir aux garçons. Il faut arrêter de croire utopiquement que les garçons vont s'adapter alors que les filles les devancent depuis si longtemps.
Elles soulignent aussi le fait que les filles présentent une meilleure estime d'elles-mêmes en regard de leurs apprentissages et ont des aspirations professionnelles plus hautes que leurs comparses masculins. Cela plaira sans doute aux pures et dures féministes, mais je ne crois pas qu'il faut se réjouir...
Revoir les pratiques pédagogiques soit. Mais les revoir autant pour les garçons que les filles afin que nous ne fassions pas comme dans le cas des élèves doués c'est-à-dire les laisser de côté parce qu'ils performent mieux au profit des élèves en difficultés d'apprentissage. Est-il utopique de croire en un modèle qui favorisera la réussite du plus grand nombre sans niveller par le bas, ni exclure des élèves ?
Ça fait longtemps qu'on s'interroge, Stéphane a lancé la question voire la problématique hier... Clément y a d'ailleurs répondu rapidement en suggérant une question de départ, ce qui me semble assez lié avec les principes de la communauté d'apprentissage.
Les cybercarnets sont-ils des outils efficaces pour soutenir la construction collective de savoirs? Cette question me plait puisque depuis le lancement des cyberportfolios à l'Institut St-Joseph, je m'interroge sur les possibilités de construction collective à l'aide des carnets, mais aussi sur les qualités de guidance et d'accompagnement qui devront être mises de l'avant afin de rendre cette utilisation constructive. Je précise donc que ce n'est pas l'initiative, que je trouve bien au contraire très palpitante, puisqu'elle a l'avantage d'amener un nouvel outil et une nouvelle conception dans le travail qui est très peu documenté dans le monde scolaire pour le moment. Je crois toutefois que ce débat nous permettra de mieux guider les utilisateurs du carnet dans le monde scolaire.
Ma première question porte donc principalement sur la construction collective puisque mon expérimentation avec carnet me permet de voir toutes les possibilités de même que la rapidité de la transmission des informations. J'ai pris conscience de plusieurs choses dont l'ampleur du réseau des carnetiers, la rapidité de réponses des autres, mais surtout du sentiment d'appartenance et d'engagement fort de cette communauté que j'hésite encore à qualifier. Je suis satisfaite d'avoir pu apporter aux autres aussi rapidement dans mon expérience, mais je ne suis pas certaine qu'il s'agit de construction collective puisque c'est moi qui améliore mes idées, les peaufine, les change au contact des autres. Mais est-ce qu'il a vraiment une construction collective de sens ? Est-ce que ce n'est pas principalement au niveau individuel (sans en nier les bienfaits) que la construction se fait ? Est-ce que collectivement, nous pouvons en arriver à régler un problème ou discuter de manière approndie de certaines thématiques ?
Prenons par exemple cette question, nous sommes trois à présent à en débattre probablement que d'autres s'ajouteront puisque la question mérite qu'on s'y attarde. Sur quel carnet allons nous travailler afin que l'approfondissement que nous faisons soit visible ? Allons nous fonctionner uniquement par hyperlien ? Allons nous ajuster chacun nos carnets personnels en fonction des discussions avec les autres ? Quelles seront les traces de tout cela ?
Je soumets une autre question à la suite de la lecture d'un billet de Mario, celui-ci s'interroge sur le fait que les enseignants n'aient pas vraiment utilisé leur espace personnel d'enseignant sur leur carnet. Est-ce parce que leur espace de collaboration est plus signifiant pour eux et qu'il leur permet effectivement de construire collectivement ?
Plusieurs questions auxquelles on ne pourra pas répondre si aisément à mon avis, mais le projet de l'Institut St-Joseph pourra sans aucun doute nous fournir beaucoup de réponses, mais surtout beaucoup de perspectives pour l'avenir...
Vu ce soir, le fameux film de Jean-Claude Labrecque, À hauteur d'homme, qui rapporte les trois mois de la campagne électorale du parti Québécois selon l'angle du rapport de Bernard Landry avec les journalistes. Un genre de télé-réalité exception faite qu'on entre pas dans la salle de bain de M. Landry, ni dans sa chambre à coucher.
On savait que les journalistes jouaient sur les mots, mais là c'est assez perturbant de voir à quel point les propos et les paroles des personnes sont rapportées selon le message que l'on veut passer et à quel point la partisanerie est très présente. On s'en doutait, mais là c'est plus qu'éloquent. Certains mentionnent que Bernard Landry n'aurait jamais dû faire un film de ce genre puisque c'est l'image que la population gardera de lui... Pour ma part, il m'apparaît beaucoup plus sympathique et humain, et surtout homme de convictions. Ce qui ressort le plus, à mon humble avis, c'est le manque de préparation et de flair de l'équipe de conseillers de l'ex premier ministre.
Un film très intéressant, même si le concept ne me plaisait pas à prime abord. On est déjà envahi par la télé-réalité, mais celle-ci a été faite dans le respect de l'homme, et je ne sens pas de voyeurisme extrême là-dedans.
Je crois que cela apporte un nouvel éclairage sur la politique, et surtout sur le fait que le campagne a très peu portée sur le programme mis de l'avant. Jusqu'à quel point les gens prendront-ils consciences qu'ils ont été bernés par le traitement journalistique durant cette campagne ? En souhaitant qu'on ne s'arrête pas encore uniquement sur les écarts de langage....
Dans ma recherche de texte sur le socioconstructivisme pour notre cours de demain, j'ai trouvé un texte qui date de 2000 et que je n'avais jamais vu passer...
Ce texte de Philippe Joannert (auteur, entre autres, du livre Compétences et socioconstructivisme) met l'accent sur des lacunes importantes du Programme de formation de l'école québécoise. Ainsi, un décalage épistémologique important existerait entre le discours sur la cognition et le format des programmes ancrés dans une tradition positiviste du savoir; une incohérence qui résulte de l'usage simultané de discours sur la cognition liés à des paradigmes incompatibles (socioconstructivisme et cognitivisme); la réduction dans ce même discours du statut conceptuel de la notion de compétence à celui d'objectif pédagogique. Ce sont là des obstacles sérieux à une véritable intégration de la perspective constructiviste dans les pratiques pédagogiques.
Je me demande comment vont réagir les étudiants à la lecture de ce texte et aussi quel approfondissement nous serons en mesure de faire en liant les théories d'apprentissage à ce texte et à d'autres. Je suis rassurée de voir que nous ne sommes pas qu'un groupe d'irréductibles puristes à trouver que la réforme contient une trop forte dose de traitement de l'information et un peu trop de principes grapillés ici et là. À approfondir...
À voir cette fin de semaine le film 11-09-01 sorti il y a déjà un an en Europe. Un concept qui me plait à cause de sa perspective multirationnelle : 11 réalisateurs, 11 courts-métrages de 11 minutes 9 secondes plus une image finale (11'09"01). 11 regards par des cinéastes de toutes origines, 11 regards différents.
Plusieurs critiques avaient été emballés en Europe qualifiant le film d'éloge contre la pensée unique sans être anti-américain. Une critique du film est déjà disponible au Québec.
Après un productif après-midi de planification pour notre cours Ancrage d'une communauté d'apprentissage, Stéphane et moi avons conclu que nous pourriez guider les enseignants dans la compréhension des principes socioconstructivistes en partant de ce que les élèves reprochent souvent à l'école. Rien de bien neuf ici, sinon un désir pour nous que de contextualiser cet apprentissage...
C'est en tentant d'expliquer à l'homme des hommes avant de dormir ce qu'est une communauté d'apprentissage et pourquoi «y a un cours là-dessus» que j'ai encore mieux compris pourquoi les garçons ont tant de difficultés à l'école (l'homme des hommes a profondément détesté et en garde encore des séquelles aujourd'hui). Les seules choses dont il se rappelle en ce qui concerne la moitié de sa vie sont des activités ou des projets qui lui ont permis de prendre des décisions et de choisir le thème (synthèse de la discussion, ce n'est pas sorti spontanément ;-)). Il se rappelle qu'en troisième année il a pu faire un exposé oral en expliquant aux autres un tour de magie, il se rappelle parfaitement comment disséquer tous les parties de l'anatomie en biologie, il se rappelle surtout que tout ce qu'il aimait à l'école lui permettait non seulement d'être actif, mais aussi de développer des passions.
Alors, je repense aux fondements d'une communauté d'apprentissage, mais aussi à la réussite des garçons qui est une problématique très prisée en ce moment et je me dis qu'on est pas si cons avec nos grands principes universitaires, ni trop décollé de la réalité de la classe... On touche pas mal de chose avec la communauté d'apprentissage suffit de voir le sens que se créeront les enseignants impliqués dans le cours de samedi.
Peut-être que je pourrais demander à Alexandre de me refaire le coup qu'il a fait ce soir, soit celui d'essayer d'enlever la roche qui devait faire cinq fois ses quatre ans... Ça lui a pas pris de temps a piger seul le principe du levier, ni à demander de l'aide pour comprendre pourquoi sa branche cassait tout le temps. Et à recommencer avec une plus grosse branche et de l'aide. C'était la solution pour voir les bibittes que le chat cherchait en-dessous ;-)
Pourquoi ? Pour qui ?
Ça y est, je me lance enfin ! Même si je n'ai pas rendu l'interface plus personnelle (j'ai bousillé tout le code html en faisant des essais...), même si c'est encore en anglais... tant pis ! Je vais améliorer et personnaliser cet espace au fur et à mesure !
Dans son dernier livre, Le dictateur et le hamac, Daniel Pennac écrit que les gens écrivent pour être lus sinon l'écriture n'aurait pas de sens... Pour ma part, je retourne à l'écriture pour avancer, pour comprendre, pour approfondir, pour collaborer, mais surtout pour reprendre le goût de l'écriture informelle, non graduée. Plusieurs sujets me stimulent et me passionnent, mais je dois retrouver plusieurs repères laissés de côté au profit d'une maîtrise enfin achevée.
Ce carnet me permettra d'être enfin sur «mon énergie» et d'explorer d'un autre oeil le net afin d'y laisser un peu plus ma trace. Bref, tenter de mettre en pratique tous les beaux principes auxquels je crois, mais que j'ai mis en veilleuse pour maintenant mieux revenir !
Merci à Clément pour l'inspiration et l'accès :-)
Un article lu tard dans la nuit dans Le Devoir m'a fait réagir fortement et j'essaie de mettre de côté l'éternelle guerre des sexes pour comprendre ce qui m'ennuie le plus (à part le titre de l'activité : Gars Show !). Une école secondaire de Magog a entrepris de créer une journée spéciale afin de stimuler l'intérêt des garçons.
« Pour donner le signal aux garçons que l'école peut être intéressante, on a organisé une «journée de gars» le 24 septembre prochain où les filles seront délicatement invitées à aller voir ailleurs si elles n'y seraient pas ! »
Durant cette journée, ils auront plusieurs activités pour la modique somme de 11 000 $. Même si je trouve important de stimuler l'intérêt des garçons pour l'école, il m'apparaît un peu inconvenant de tout simplement donner congé aux filles pour atteindre ce but. Doit-on absolument exclure les filles de cette journée et est-ce que la stimulation des garçons passe par une seule journée dans l'année ? Ne s'agit-il pas plutôt d'un travail à plus long terme qui vise une révision des approches pédagogiques ? Je trouve qu'on met beaucoup de ressources pour une seule journée dans l'année « pour les attirer dans nos filets ». Que fera-t-on pour les motiver les 179 autres jours dans l'année ?
Malheureusement, l'article n'est disponible en ligne que pour les abonnés. Mario tout de go le reproduit pour quelques jours ici