Every Blog Post is The End of The World For Me
vendredi 16 mai 2008
Je suis absolument positivement incroyablement incapable de travailler. Je tourne autour du pot, je m'amuse dans Photoshop avec des vieilles photos qui encombrent mon ordi depuis trop longtemps, avec mon scanner je numérise le tas de vieilleries qui s'empilent chez moi, je parle des heures pour ne rien dire sur MSN, je regarde de la porn... mais je ne travaille pas !
Quand je parle de travailler, je veux dire écrire. J'ai un paquet de nouvelles en chantier, certaines commencées il y a plus d'un an, et je les trouve nulles, nulles, nulles. Et je n'y touche pas, et n'essaie pas de les rendre moins nulles, n'essaie même pas d'ouvrir les documents Word pour vérifier si elles sont, objectivement, si nulles que ça. Je fais semblant qu'elles n'ont jamais existé. Je fais semblant d'être un type qui écrit dans la vie. J'ai abandonné sur ma lancée comme un chevreuil qui stâlle devant les phares d'une voiture. Je suis un imposteur. J'imposte.
En plus que je ne sais pas trop quoi faire maintenant. Je ne sais pas quelle direction je dois prendre.
Je viens de terminer cette semaine le plus récent Jeffrey Brown, Little Things, qui vient juste de paraître. Et j'ai été plutôt déçu de son nouveau bouquin, mais là n'est pas la question. Je me mets à m'interroger sur la nécessité de faire dans le biographique, l'auto-biographie, l'auto-fiction, ou whatever, appelez ça comme vous voulez. Parce que lui, Jeffrey Brown, c'est ce qu'il fait, d'où le questionnement, que j'avais déjà mais qui ne s'en trouve que plus lourd ces jours-ci.
Je me dis que c'est peut-être la voie à suivre, la seule façon de réellement communiquer quelque chose à autrui (et c'est bien pour ça qu'on écrit, ou qu'on blogue, n'est-ce pas?), et en même temps, je ne vois pas comment je pourrais y arriver.
D'abord, je pense avoir beaucoup trop de pudeur (aussi paradoxal que cela puisse paraître quand on tient compte du fait que j'entretiens ce blog depuis bientôt six ans, l'équivalent d'un millénaire dans le « domaine », sans compter tout le tas d'autres trucs que je fais sur le web) pour y aller à fond et raconter ma vie. Forcément, j'en saute des bouts plus intimes, d'autant plus que ma vie, je ne la vis pas seul mais entouré de gens, qui n'ont pas demandé à être impliqués dans mes internets. Habituellement, les gens que je rencontre (et j'en rencontre peu puisque je sors peu) sont déjà passés par ici, ou du moins chez Entendu à Montréal, et ont une bonne idée des jouets avec lesquels je m'amuse dans la vie. De temps à autre, je rencontre des gens qui n'en ont aucune idée, et là c'est bizarre... Mais bon... Que les gens soient au courant de mon wonderland virtuel ou pas, je me vois mal parler d'autrui sur ce site, puisque cet autrui, qui n'a rien demandé, n'aimerait probablement pas voir sa vie étalée au grand jour. Et je ne me sens pas à l'aise de le faire quand même, sans son consentement.
Ensuite, je ne crois pas faire quoi que ce soit de suffisamment palpitant dans mon existance pour oser avoir la prétention de croire que ça pourrait intéresser quelqu'un.
Je suis plus visible sur le web qu'en personne, merde, je sors à peine de la maison. J'ai slaqué les sorties au bar, où j'ai passé l'hiver entier à raison de cinq soirs par semaine, en moyenne. Je suis trop de bonne humeur ces temps-ci, il y a trop de bagarres dans la place (et autour) et j'ai besoin d'argent pour acheter ce fichu scooter que je veux m'acheter. Ce qui fait que je reste dans ma cuisine, ou carrément assis dans mon lit avec le laptop.
Sauf que l'auto-biographie, j'ai tendance à trouver ça faible. Parce que ce que j'aimerais vraiment, c'est inventer des histoires, pas raconter ce qui m'arrive quand je me perds en allant au dépanneur. Et je manque d'imagination, je n'ai pas d'histoires dans ma tête. Tout ce que j'ai, c'est des observations décousues sur à peu près n'importe quoi et la conscience aigue que c'est, justement, n'importe quoi.
Me voilà donc bien fourré. Je ne sais plus quoi écrire... avec le résultat que je n'écris plus. Les nouvelles restent inachevées dans leurs beaux documents Word; j'ai un truc commencé il y a deux étés auquel je n'ai plus touché depuis des mois; et un autre truc, commencé dans un carnet pendant la route entre New York et Montréal en février, que je ne me suis toujours pas donné la peine de recopier et de corriger...
Ma Léa Pool de hockey
jeudi 15 mai 2008
Sept matchs de joués dans les finales de conférence, et sept prédictions justes. Que se passe-t-elle ? Aurais-je un gris-gris avec du poil dessus ?
EDIT: Looks like que j'ai talké trop vite, comme on dit au New Brunswick (peut-être...). Ma belle séquence est finie puisque Pittsburgh a perdu. Mais j'ai toujours l'oeil sur la cagnotte et je mène toujours le pool, en espérant une victoire de Detroit demain. Maintenant j'ai compris ce qui était vraiment l'fun dans le sport : faire de l'argent en pariant sur les matchs.
Pensée vagabonde #00116
mercredi 14 mai 2008
Buvez plus, tremblez moins.
Ça va sacrer à l'École des fans en 2013
Juste à sortir de chez moi pour aller au café Atomic, je viens de voir quatre filles en balloune. Ça a fourré cet hiver dans Hochelaga.
J'ai peut-être pas de classe, mais j'ai de l'hygiène
lundi 12 mai 2008

Je viens de sortir de mon appartement, après trois jours sans sortie, passés à bosser de la maison, à boire du thé, à boire de la bié.
Je coupe à travers les petites rues question de croiser des femmes de trente-deux ans habillées comme des guédailles de quatorze. Sur Valois, je lis un graffiti en belles lettres attachées : « La crise du logement n'est pas finie ». Je pense à acheter une canne de spray paint et écrire en gros : « Pénurie de peinture en spray ».
Détour au Pharmaprix pour acheter un objet unique et désirable : un bâton de désodorisant à odeur de « glacier » (c'est écrit dessus). J'ai peur que le réchauffement climatique me fasse puer des en-dessous de bras en me faisant suer plus chaud qu'une marque concurrente. À la caisse, l'employée me fait payer sans me dire un mot, sans me regarder. Néanmoins, mon bonheur demeure intact, car j'ai une carte Optimum et un jour moi aussi je bénéficierai d'un rabais substantiel.
Mon achat me comble, je vais sentir bon, je vais sentir comme le glacier, je vais sentir une croisière dans l'Antartique. Je ne sors pratiquement jamais parce que je ne sais pas me tenir, mais sachez qu'à la maison je prends des douches.
Avant de quitter la pharmacie, je croise un ami qui s'approche des caisses. Je me réjouis de n'avoir acheté aucun article gênant. Pour montrer ma bonne foi, je lève le Speed Stick haut comme la torche olympique, haut comme le skyline de Dubaï, haut comme la longueur de mon bras finalement. Mon anti-sudorifique a l'air de dire : on n'a peut-être pas de classe mais on a de l'hygiène.
Arrive à l'épicerie pour me rappeler la verdeur des denrées. Dans une des cinq rangées de cannage, je croise une fille que je voyais le matin dans l'autobus 29, dans une autre vie que je travaillais pour vrai. Je la trouvais cute dans le temps. Mais maintenant à chaque fois moins. Même que de plus en plus moins, à mesure qu'elle enlève des couches d'hiver. En plus, son chum a l'air de puer.
La caissière la plus lente travaille à la caisse rapide. Je lui demande le comment-ça-va-chez-vous, dans une logique de non-agression et d'implantation sympathique dans un quartier donné de la terre des hommes. Après un silence, elle exhale un « oui », et puis c'est tout. Les supermarchés sont pleins de denrées périssables et de caissières de dix-sept ans qui n'ont pas encore appris les aptitudes sociales.
Les denrées font bip-bip à la caisse -je chante Roadrunner de Jonathan Richman dans ma tête mais tu n'étais pas là- et taxes incluses mon épicierie coûte 20.00 $ pile. Le juste prix ! Pour une rare fois que ça arrive, je n'ai pas de billet de vingt. Je veux payer avec ma carte. La transaction est refusée.
Je dépense le reste de mon petit change pour un café à l'Atomic. Un inconnu se mêle de la conversation que j'ai, j'ai envie de le frapper à coups de pelle dans face mais à la place je caresse sa barbe. Il se montre agacé. J'arrive chez nous sans croiser d'autre mécréant. Les vidanges fleurissent comme à tous les lundis. Elles me font penser à des gens que je ne croise plus et je me dis : peut-être qu'ils sont morts ?
Rentré chez moi, je me débarasse de mon t-shirt, met une camisole et ressent la fierté d'avoir des en-dessous de bras même si de leur utilité je ne suis pas sûr.
Ça flashe
dimanche 11 mai 2008
Ça flashe, et c'est tout ce que ça va faire...
Hyperlien : Tonight The Flour Is Calling Me.
Gagner un concours dans un bar est une mauvaise idée car tout le monde voit bien que tu as de l'argent
samedi 10 mai 2008
Pittsburgh a gagné vendredi soir, et les Red Wings en ont remporté une deuxième samedi. Je suis maintenant en seconde place dans mon pool, c'est fou comme c'est excitant, on peut suivre ça ici pratiquement en temps réel. D'ici deux ou trois semaines on devrait savoir combien d'argent de bière j'ai gagné avec ça. Si jamais j'empoche le magot, j'ai pas l'impression que c'est avec ça que je vais m'en payer un, scooter.
Autre raison qui explique peut-être, comme nous en parlions hier, que mon enthousiasme initial pour le sport ait été tué à l'adolescence : une haine viscérale pour mon prof d'éductaion physique en secondaire 3.
Je ne me rappelle pas de son nom. Je pourrais peut-être faire une recherche sur les sites du genre « Rate my teacher », mais je ne suis même pas certain que je pourrais le reconnaître. Quinquagénaire, il avait joué dans l'équipe de volley-ball olympique de son pays d'origine, l'Égypte si je me souviens bien. En tout cas, c'est ce qu'il nous avait raconté, pour les Olympiques. Mais une vilaine blessure l'empêchait maintenant de trop se démener dans le gymnase. Il nous faisait jouer constamment à sport de prédilection, et comme j'ai toujours détester, sans raison précise, ce sport de prédilection (les blancs ne savent pas sauter), on n'était pas fait pour s'entendre lui et moi. Il s'en est pris à moi parce qu'il me trouvait paresseux, pour une raison ou une autre, puis s'est mis à m'accuser, devant tout le monde, d'être trop fatigué pour participer aux cours parce que je me levais tôt le matin pour passer le journal.
Comment il avait su ça et qui s'était ouvert la trappe ? Aucune idée. Il y a dû y avoir du coulage dans une réunion de parents, ou une taupe matinale dans mon quartier. Mais bref, entre me salir les mains à l'aube sur une trentaine de journaux et récolter du bon tip des Anglais, ou jouer au volley-ball l'après-midi et récolter des ecchymoses aux poignets à cause d'un stupide ballon, le choix n'a pas été difficile.
Peut-être espérait-il me secouer de mon apathie légendaire en y allant de ses beaux discours devant les autres, qui du reste devaient s'en crisser éperdûment, mais moi quand on m'attaque gratuitement, surtout devant tout le monde, ce qui n'a guère de classe (joke d'école, « classe »...) je ne fais que me retrancher davantage dans mes positions et m'entêter encore plus.
La balance de l'année s'est déroulée de la manière suivante : quand l'envie me prenait, et elle me prenait souvent, d'aller m'asseoir dans un coin plutôt que de jouer au volley, on avait tôt fait de me dénoncer au prof, qui m'invitait cordialement à aller me « reposer » de mes loyaux services matinaux au quotidien The Gazette dans le bureau du directeur le plus proche. Joie.
Ma position favorite
vendredi 09 mai 2008
Tant qu'à parler de sport... Aussi bien continuer.
J'ai investi début avril la somme astronautique de 10 dollars (quand même ! le prix de deux pintes !) pour m'inscrire au pool de hockey des séries organisé par mon débit de boisson préféré. Je dois dire que je m'en tire plutôt bien (quatrième jusqu'ici, à quelques tout petits points du meneur), surtout si l'on considère que je suis le hockey à distance, jamais directement, par la bande, c'est-à-dire via les manchettes sur internet et les quelques lignes publiées dans le journal Métro.
Je ne suis pas un amateur de sport professionnel, mais pourtant il me fascine. En fait, je ne suis pas fasciné par le sport en tant que tel, ni par les exploits sportifs. Je me demande si je l'ai seulement déjà été, et si ce fut le cas je crois que mon enthousiasme initial a été tué à l'adolescence par le fait de n'avoir excellé dans aucun sport (quoique je me débrouillais au baseball, mais en défensive seulement, et quand on me laissait jouer à ma position favorite, l'arrêt-court, plutôt que de me faire moisir au champ, à faire la vache). J'étais un enfant assez solitaire aussi, même pas mal, alors le baseball se pratiquait souvent moins en équipe que tout seul dans le stationnement du centre commercial, après la fermeture, avec un gant, une balle et un mur de briques comme adversaire. Ça développe les réflexes, et c'est comme ça qu'on en vient à être capable de tourner un double-jeu. Quand on se présente au bâton cependant, c'est une autre paire de manches...
(Baseball, manches, la comprenez-vous ? Oubliez ça...)
Non, je suis surtout fasciné par le vocabulaire sportif, qui est une source de richesses et d'amusement sans fin; par l'hystérie collective l'emballement collectif (les matchs qui vont en deux ou trois périodes de prolongation, la conquête de 1993, les hautes espérances de cette saison après douze années d'équipes poches), et par le côté esthétique et/ou historique qui accompagne le sport professionnel. Je me rappelle que ma grand-mère avait un grand livre, écrit par feu Claude Mouton, rempli des photographies de Denis Brodeur. Et je ne me lassais pas d'entendre ma grand-mère parler des « exploits » d'un Serge Savard vieillissant que mon défunt grand-père, apparemment, prenait plaisir à injurier de son salon pendant la Soirée du hockey.
Bref, pour une raison que j'ignore, je suis incapable de donner raison à ceux de mes amis qui ont une haine viscérale du sport professionel et qui le considèrent comme une abrutisserie sans nom. Pas plus que je ne peux me résoudre à regarder un match à la télévision. Mais inlassablement, je lis les comptes-rendus des matchs; je zyeute avec un intérêt à peine dissumulé les vains débats de gérants d'estrades sur la pertinence de liquéfier tous les Russes, les Slovaques, les Suédois, les Finlandais, les Tchèques, les Suisses, les le Français, les Biélorusses, les Américains et les Canadiens s'alignant avec le Bleu-Blanc-Rouge, pour mieux les remplacer tous par des Pakistanais; et je visionne les bêtisiers fantastiques montés par l'équipe du génial Sportnographe (LA référence) en quête de nouvelles manières de massacrer la langue française.
Tout ça pour dire que, revenons à nos Claude Moutons : ça va plutôt bien dans mon pool. Permettez-moi de flagorner, j'ai visé juste 4 fois sur 4 lors de la deuxième ronde des séries, merci bien aux Flyers de Philadelphie grâce à qui j'ai non seulement inscrit plusieurs points mais aussi connu le bonheur d'être considéré, brièvement, comme un traître à la nation, pour les avoir vus vainqueurs contre Montréal.
J'avais prédit à l'issue de la saison régulière une finale Penguins-Red Wings pour la fin mai, série qui sera remportée par les Penguins. Facile à dire une fois rendu ici, avec quatre clubs encore en lice. J'aurais dû l'écrire quand c'était le temps, mais bon c'est vrai quand même, gens de peu de foi. Donc allons-y avec audace dans les prédictions pour la ronde numéro trois : Detroit en 5, Pittsburgh en 4.
Une nuit sans point ni coup sûr
mercredi 07 mai 2008
Un bel exemple de désoeuvrement et d'heures de sommeil irrégulières.
Pensée vagabonde #00115
lundi 05 mai 2008
C'est important de mourir pour la liberté une fois de temps en temps.
Bien entendu...
samedi 03 mai 2008
Voici le reportage qui a marqué la dernière étape de la courte mais joyeuse tournée médiatique qui a suivi la parution du livre Entendu à Montréal, inspiré du site web du même nom, au mois d'avril.
J'apparais fatigué et un peu incohérent devant les eaux marécageuses du parc Lafontaine. Pourtant, le topo de Simon-Pierre Goulet avait été tourné quelques heures avant que j'aille virer la brosse de tous les dangers avec Gab. Aussi, pour l'anecdote, c'était la même journée que les émeutes qui ont suivi le septième match Canadien-Boston, ce qui n'a aucun lien, bien entendu...
Le livre Entendu à Montréal, publié chez Amérik Média et préfacé par Christian Mistral, est présentement disponible dans toutes les bonnes librairies.
Le site que tout le monde aime sans vraiment le comprendre
mercredi 30 avril 2008
On a toujours besoin d'un plus Gargouillis que soi.
Ça sent la croûte coupe (à Pittsburgh)
mardi 29 avril 2008
« Ce que je fais ? Je suis après m'enculotter. Ça fait 15 minutes que j'attends après toi en regardant la moustache à Larry Robinson sur les portraits. À un moment donné, un gars a envie de pisser. »
(Conversation au cellulaire entendue dans les toilettes du Forum, l'ancien temple du hockey).

Est-ce que j'ai mentionné que j'aimais mon nouvel horaire au travail ? Non, j'adore mon nouvel horaire. Je travaille moins, gagne plus, et suis en congé du lundi au jeudi. Ça donne une moitié de semaine à être occupé à gagner sa croûte, et l'autre à la boire. Combinez ça à l'action du printemps, et les astres sont alignés pour nous promettre une beuverie en plein lundi après-midi avec ma meilleure meilleure amie, au square John-Cabot, dans les autobus de la STM, en face de la place Alexis-Nihon, dans les marches du restaurant Amir, autour de l'ancien Forum, devant la face des gens qui bouffent dans les restos de la rue Duluth, bref partout où c'est qu'on peut, particulièrement au soleil.
Dans le but de m'assurer toutes les chances de non-élection le jour où je briguerai la chefferie (ou la chaufferie, ou la cookerie) du Parti libéral du Canada (côtoyer Denis Coderre hors-facebook et poker sa bedaine font partie de mes rêves), nous avons une semaine plus tard des photos compromettantes à la pluie à l'appui.
Quand je suis saoul, je pense à être riche un jour, je pense à donner tout mon argent de mon vivant, ou de mon mort-vivant si je me tue dans un accident de la route. Je le pensais, je le pense encore.
Ces jours-ci je me frotte le crâne, moins par indécision que par souci de chouchouter une blessure à la tête causée par deux accidents de poteaux, le premier en débarquant de l'autobus sur des Pins, le second sur la rue Joliette en rentrant dans mon coin. Comme il était assez tard, je blâme le manque d'éclairage et compte exposer mes plaies, une fois pansées, et mes doléances, une fois réfléchies, au conseil municipal, où je critiquerai avec véhémence l'incompétence des réverbères.
Mardi matin, la déshydratation et la soif de vaincre m'ont tiré du lit vers les six heures. C'est que j'avais rendez-vous à 8h30 au métro Her Urban Oasis pour mon examen de conduite. J'ai failli rester couché, mais puisque j'avais la chance de dépasser les autres candidats et ne pas attendre six semaines pour passer le test, j'ai rassemblé mes énergies et mon odeur de Mick Jagger. Pendant la route, je me suis perdu deux fois à travers les autobus. J'ai trouvé les bureaux, j'ai trouvé l'examen.
Je l'ai échoué, évidemment.
Les vrais amis se prêtent de l'argent pour acheter du papier de toilette
vendredi 25 avril 2008
Tranche normale de vie normale. Il n'y a pas de punch, il n'y a pas de chute.
Il y a Gab, il y a moi, il y a un dépanneur. On manque de liquidités. Filmé en 2005.
Hyperlien: Chroniques du centre-sud: l'arrét stop.
Pensée vagabonde #0114
lundi 21 avril 2008
Les oignons, qu'ossa donne ?
Pendant ce temps, sur vos internets
samedi 19 avril 2008
Si vous êtes attirés ici ce week-end par l'article paru ce samedi dans le Journal de Montréal
(ici en format pdf), soyez les bienvenus par ici.
Voici un peu d'information sur ce que je m'amuse à faire. Merci de passer un peu de temps sur mes internets. Il y a cinq ans et demi d'archives pour vous sur rappaz.net, un blogue atypique avec photos, vidéos, fictions, calembours hasardeux et absurdités diverses. :-)
La Zimbabwéenne a poursuivi sa spectaculaire semaine
dans la piscine de Manchester
vendredi 18 avril 2008
Le plancher joue aux intermédiaires entre du mauvais hip hop francophone de white-trash post-longueuillois et mon amour naissant pour la musique de prédilection de mes malpropres de voisins d'en-bas, aficionados et mélomanes, dramaturges qui s’ignorent aussi bien qu’ils ignorent tout le reste de l’humanité; qui se crient des noms par-dessus leurs disques et se crissent des déficiences dans l’insonorisation de l’Est de la ville. Tantôt, j'ai passé un 33 tours des Pixies pour les enterrer, mais ils ont juste mis plus de basse sur leur stéréo.
Les lattes à terre tremblent, maintenant. J'ai choisi d'endurer.
Pis j’fous toujours rien, les nouvelles arrivent pas alors je taponne su mé bloyes pis dans l'Photoshop.
Mais la vie, c'est comme la diarrhée : ça débloque quand on ne s'y attend pas. Voilà qu’une amie s’essaie à me soudoyer pour aller avec elle à un party après le travail : au cas où la date de madame tourne pas comme prévu, elle aura pas l'air conne toute seule comme un carré aux dattes laissé pour compte chez Couche-Tard. Je m'enligne pour jouer les chaperons à la belle étoile. Déjà, j'ai dissé un party de karaoké au trash Astral 2000 et deux invitations à aller voir le match Canadiens-Boston sur écran géant avec on the side les oeufs dans le vinaigre assorti à mon ennui.
La vie, c'est comme la diarrhée, dis-je. Ça débloque là où ne l'a pas décidé. Avril 2008, le reflet de la télé morte me renvoie le reflet de ma face comme celui d’une superstar. La maison est vide et je m'ennuie de dimanche passé, quand j'avais déridé la visite en faisant des bonnes jokes d'eau stagnante.
Tu vis dans le luxe, la spaciosité
jeudi 17 avril 2008
M'a te dire un affaire/Je vais te dire un truc : j'ai pris un verre de trop je devrais aller me coucher. Je mange de la soupe Ramen, j'ai fini de travailler à minuit. La soupe Ramen me donne de l'énergie et me rend infertile à mesure que la nuit avance.
Je me sens pu mal. Fini. Aspirine a réglé ça. Ou New York. Non... juste que je suis écoeuré, j'ai fait tout ce qui était possiblement possible de faire et je me demande si c'est nécessaire d'envisager quelque chose quand toi t'es dans l'avenir et que l'autre ramène du passé dans des trucks d'UPS. Je suis tel Barack Obama, baby. This is about the future, not about the past. Le futur me fait aussi peur qu'avant, et rien ne va améliorer ou empirer la perception, peu importe ce qui s'est passé ces deux, trois, quatre dernières années. Il reste toujours la fuite. Ou truquer sa propre mort. J'aurai des ressources jusqu'à la fin.
Je te dis ça parce que j'en parle. J'en parle parce que c'est venu sur le sujet. Ce n'est pas issu d'un désir de me confier ou de quoi que ce soit. Tsé, fred est ben écoeuré de faire semblant de rien. Fait qu'il dit des affaires parce que c'est de même que ça se passe.
Mais je vais bien, j'ai retrouvé ma taille de guêpe. I haven't got a stitch to wear, mais je me rase et je me coiffe. Je traîne en wifebeater chez nous, et quand je me regarde la panse, j'su pas gros. T'as un oeil plus petit que l'autre. Es-tu diplômé de l'université bovine ? Je suis un imbécile de première qualité. Peut-être.
Je suis pas amoureux, même pas de la vie. Je suis vieux et gâteux... et j'ai de plus en plus de misère à être seul parce que je me sens inutile et mauvais pour les gens autour de moi, j'ai envie d'être juste utile et gentil et que les gens arrêtent de se prendre la tête et soudainement, sans m'avertir, se mettent à m'aimer terriblement et ensuite m'en vouloir d'être un être faible et faillible, plein de bonnes intentions et de bière tiède, mais imparfait.
Ouais, je suis dans Mochelaga-Hainesonneuve en ce moment. On est tranquille quand les voisins le sont, c'est rose dans ma cuisine, y'a des cactus au salon. Entre les 2 je me promène. On est équipé avec des toilettes, une douche, l'eau courante, du chauffage qui coûte cher quand c'est l'hiver mais y faut c'qui faut, des 33 tours de musique country, une connection internet et un whopee cushion pour faire des bruits cocasses.
C'est quoi ton but à c't'heure ? Trouver l'amour ?
« Je blogue comme une fillette » — rappaz
mercredi 16 avril 2008
Une connerie en attire une autre...
Après avoir mis en ligne dans la plus récente édition du Bêtisier la « déclaration choc » de Tomas Plekanec, du Canadien de Montréal, qui affirmait avoir « joué comme une fillette » lors du match précédent contre Boston, une demoiselle (qui signe, judicieusement, « Petite fille ») a eu l'heureuse idée de me laisser un lien vers le blogue de Marie-Claude Lortie, du journal La Presse. Cette dernière s'insurge contre les propos du hockeyeur qui, selon elle, devrait présenter des excuses aux fillettes. J'ai cru à une blague. Mais non, apparemment... Il y a même abus de caps lock. Après ça, vous viendrez me dire que le monde dans lequel on vit n'est pas absurde.
Sous-titré pour gens trop sobres
En fouinant dans mon Vimeo, j'ai retrouvé ce clip qui date d'il y a un peu plus d'un an.
Joie. Qu'est-ce qu'on peut vouloir de plus que des amies comme ça ? Je suis sérieux.
Trompe-la-mort
dimanche 13 avril 2008
Ce dimanche, une nouvelle livraison du Bêtisier qui fait une fixation sur les ailes de poulet, et qui nous met en garde contre les périls du printemps.
Un Presto-Pak sous le préau des Dieux
samedi 12 avril 2008
Il merdouille à travers des arbres sans feuilles. Le monde est aussi sévère qu'un actuaire salvadorien et le temps a l'air aussi plate qu'une chanson de Dany Bédar, des plateurs du Plateau Mont-Royal jusqu'aux puanteurs d'Hochelaga-Maisonneuve, où le caca fait bon dégeler le long des murs des édifices et où les entrées de cours ont l'air d'un bord d'autoroute mexicaine décorée de croix blanches, de feuillages de jojoba, et de canisses de Fresca et de Coke Classique. À chaque marche, entre deux craques de trottoir l'on est assailli par des hordes de crève-la-faim, tandis qu'un harangueur soliloque sa rage de vaincre à un véhicule immobilisé en bordure de la promenade.
Je travaille du sofa, un oeil sur un écran d'ordinateur et un oeil en train de me demander d'arrêter de watcher la vue par la fenêtre, jonglant avec l'idée de clore le store et de refaire ma vie selon un plan pré-établi. C'en est assez, me dis-je, je vais me trouver une bonne épouse canadienne-française avec un bassin solide capable de me donner une flambée d'enfants potelés qui vont glisser de la matrice jusque sur le prélart de la cuisine avec la régularité d'une horloge atomique. Une femme aux reins solides, qui n'a pas peur des mouvements de bras, et qui saura tenir cuisine, torcher ménage et me lier solidement les cordons de la bourse.
Entendu à Montréal, le livre : entendu « verbalement » à Radio-Canada
vendredi 11 avril 2008
J'ai passé un quart d'heure (mais un très bon) chez Christiane Charette, ce matin. Vous pouvez écouter l'entrevue en entier en cliquant ici.
Entendu à Montréal, le livre : entrevues à TQS et à Radio-Canada
Bon, ben c'est fait. J'ai trouvé la force morale pour visionner le reportage diffusé mercredi soir au Grand Journal de ton copain Jean-Luc Mongrain, au sujet du livre Entendu à Montréal, dont je suis l'instigateur. L'entrevue avait été enregistrée en matinée dans les studios de TQS.
Mon verdict : très content de la manière dont Jean-Michel Vanasse parle du livre et du site. Ma performance ? C'était pas si mal. J'ai l'habitude de la radio, pas de la télé, et j'ai l'air un peu trop crispé à mon goût. Mais j'ai évité de dire des bêtises, et vous serez en mesure de constater à quel point je suis un homme sérieux, drabe, et mal fagoté puisque j'ai du poil qui sort de ma chemise.
Le reportage d'une durée d'environ deux minutes peut être regardé en cliquant juste ici.
Ce matin (vendredi), je serai vers les 11 heures à l'émission de Christiane Charette, sur la première chaîne de Radio-Canada, en compagnie de Christian Mistral, qui a préfacé Entendu à Montréal, et de mon éditeur, Julien Brault d'Amérik Média.
Entendu à Montréal, le livre, est en librairie depuis cette semaine.
Entendu à Montréal, le livre : lancement officiel aujourd'hui !!!
mercredi 09 avril 2008
Entendu à Montréal, le livre, est en librairie depuis ce matin ! Publié chez Amérik Média et préfacé par Christian Mistral, le livre de 142 pages contient le meilleur des citations et dialogues s'étant retrouvés sur le site du même nom depuis un an et demi, ainsi que plusieurs extraits inédits.
Vous êtes toutes et tous invités à un sympathique 5 @ 7 pour le lancement officiel, aujourd'hui, mercredi 9 avril, au bar La Quincaillerie.
C'est situé au 930, rue Rachel Est à Montréal (angle Boyer, près du resto La Banquise et du Parc Lafontaine). Et bien sûr, ça ne coûte rien pour assister au lancement !
Au plaisir de vous rencontrer dès 17h aujourd'hui !

Entendu à Montréal est en vente dans toutes les bonnes librairies, notamment Renaud-Bray, Archambault, Gallimard,
ainsi que chez votre sympathique libraire de quartier.
Des copies seront également disponibles au lancement.
Aussi, je serai à la télévision ce soir, à peu près en même temps que le lancement, et ce pour une des deux raisons suivantes : a) le don d'ubiquité dont la nature m'a pourvu, b) une entrevue enregistrée ce matin dans les studios de TQS. Je parlerai du livre, du site entendu.ca et, accessoirement, je montrerai du poil de chest à cause d'une chemise mal boutonnée.
Le reportage sera diffusé au Grand Journal de TQS, vers les 18h15.
Conversation inutile #0085
mardi 08 avril 2008
< Mr Chen > dans une recherche sur Taiwan que j'ai faite en secondaire 5, on avait écrit que dans un village, ils avaient découvert une recette pour l'immortalité : manger des excréments d'orang-outans bruns.
< Mr Chen > on n'a pas eu beaucoup de points pour ça.
< Frederic > est-ce que c'était une histoire vraie ?
< Mr Chen > non, on n'avait fait aucune recherche. On a juste écrit des conneries.
< Mr Chen > la prof nous avait demandé de découper des articles de journaux qui parlaient du pays... on avait découpé des annonces de Masculigne.
Pour plus d'informations sur l'immortalité (ou pas) : Film Poche 101.
Du satin, de la rayonne, et du polystyrène expansé à ses pieds
Ouais ben on a décidé de déménager. De garder le chien que j'ai adopté, de renoncer aux guerres de quartier, de sacrer le camp.
Lundi, une semaine jour pour jour après que nous ayons trouvé le prochain appartement, ma coloc a trouvé une croix blanche, tracée à la craie sur la porte de l'immeuble. Elle a pensé à des gangs de rues, du repérage. Incendier l'immeuble est dans les plans. Nos jours sont comptés. Et... Moretto... comme ta bouche est immense quand tu souris.
On a trouvé, apparemment, un nouvel appartement pour juillet. Je retourne dans Centre-sud, avec Mathilda Arizona (ou whatever whatchamacallit). Ce sera un troisième appartement pour elle et moi, ensemble. C'est comme ma soeur maintenant, petite soeur parce qu'elle est plus jeune, grande soeur puisqu'elle tient les comptes et tolère ma gérance approximative et mes sautes d'humeur bi-annuelles. Soeur inutérine, même si la réserve m'empêche de le lui dire, parce que faut pas y aller trop fort dans l'impudeur. Et aussi parce qu'après des mois, voire des années, consacrés à avoir les meilleures intentions du monde mais à me faire traiter de pire être humain, les circonstances, l'habitude et le conditionnement m'empêchent de vouloir dire quoi que ce soit à qui que ce soit, vu que, vraisemblablement, ça ne donne rien.
D'ici là, je garde le chien des chiens, le boston terrier qui ronfle sur mon prélart, ou sur mes couvertures, sous ses couvertures; qui ronfle avec elle jusqu'à six heures du matin, et qui vient ronfler avec moi quand je me couche aux aurores, qui ronfle jusque dans l'après-midi. Et qui ronfle toute la journée tandis que je dors la porte ouverte, en boxers et wifebeater, presque tout nu, avec du poil, le chauffage à off, avec moins de couvertes, en ne rêvant non plus d'anciennes flammes nues, mais en rêvant de chiens, de chats, de chameaux, en cauchemardant que je perds mon emploi, en rêvant de symboles de toutes parts. Il y a bientôt trois semaines que je n'ai pas fourré et rien ne me tente moins que les fourrages d'antan.
Rien d'autre à faire que de tomber en amour avec des barmaids, ce qui est, dans le plus grand des secrets, déjà fait. Et se poursuit la recherche du simple contact physique sur les divans du Miami Bar ou ailleurs, avant d'être réduit « en cendres en cendres ». Parce que les contacts physiques d'antan sont rendus dégueulasses, rendus indésirables. La seule idée des contacts physiques d'antan me dégoûte un peu, me font venir au nez une odeur de vieille dèche de gens que je ne connais pas. L'idée de cinq minutes passées avec des gens avec qui, jadis, j'aurais voulu passer cinquante années, m'apparait trop lourde et trop épuisante pour que j'aie la moindre envie de tenter l'expérience. Ça sent le vieux kleenex et le condom usé partout où je vais. Je fouille dans mon sac et je vois des capotes toutes neuves, dans leurs belles enveloppes vertes, et quand elle rit, je ris aussi, tu aimes tellement la vie...
Chaque jour qui passe est un pas de plus vers l'aliénation complète
Chaque cellule de mon corps est remplie d'amour. Chaque cellule de mon corps est remplie d'amour. Chaque cellule de mon corps est remplie d'amour. Chaque cellule de mon corps est remplie d'amour. Chaque cellule de mon corps est remplie d'amour. Chaque cellule de mon corps est remplie d'amour. Chaque cellule de mon corps est remplie d'amour. Chaque cellule de mon corps est remplie d'amour. Chaque cellule de mon corps est remplie d'amour. Chaque cellule de mon corps est remplie d'amour. Chaque cellule de mon corps est remplie d'amour. Chaque cellule de mon corps est remplie d'amour.
Coke-TV
Prenez note qu'en raison de la récente surenchère cocaïnomaniaque frappant la ville, le rendez-vous matinal télévisuel Salut Bonjour, qui entre en ondes quotidiennement aux aurores pour transmettre à la populace manchettes, prévisions météo, chroniques salaces et/ou financières et autres amusants reportages sur des écureuils qui font du ski nautique, changera bientôt de nom pour s'appeler Les lendemains de poudre. Votre dose habituelle d'information sera maintenant débitée trois fois plus rapidement par vos animateurs, forcés de prendre les grands moyens pour se garder réveillés et avoir l'air dispos à une heure où le commun des mortels a encore la crotte à l'œil.
La chaîne adverse n'est pas en reste, ni d'ailleurs épargnée par le péril blanc qui berce les nuits de ses animateurs. Ainsi, l'émission concurrente Caféïne changera logiquement son nom pour Cocaïne.
Enfin, dans un registre plus léger, l'increvable jeu télévisé La poule aux œufs d'or vient d'être rebaptisé La poudre aux œufs d'or.
Plutôt que la célèbre question « L'œuf ou l'enveloppe ? », le public, maintenant majoritairement composé de gros gars avec des tattoos, sera invité à répondre à l'invitation suivante : « La poudre ou l'enveloppe ? ». LA POUDRE ! LA POUDRE !
NDLR: cet autre billet de blog à la haute pertinence n'aurait jamais été possible sans vendredi soir, sans bière, et sans Dan.
Conversation inutile #0084
samedi 05 avril 2008
Pour de l'humour fin, de l'humour frais, de l'humour goûteux : Le fond de l'hère effraie.
Jambe Élivo et les territoires occupés
vendredi 04 avril 2008
À l'approche des séries éliminatoires... ne pas confondre : « Des Canadiens attaqués près de la bande » et « Des Canadiens attaqués près de la bande de Gaza ».
Conversation inutile #0083
jeudi 03 avril 2008
— J't'aurais invité chez nous pour boire du vin, mais... j'ai pu de vin.
— C'est l'intention qui compte, j'imagine...
— De toute façon, tu finis de travailler à minuit. C'est tard. À cette heure-là, le Bonhomme sept heures est déjà passé avec sa douze.
— Sa « douze »... ou sa caisse de 12 ?
— Je voulais laisser planer l'ambiguité.
— ...
— Mais avec ta grande gueule, t'as encore tout gâché. Bravo.
Douleur d'être belle...
mercredi 02 avril 2008
Sur la dernière livraison du Bêtisier, un extrait du « Courrier de Louise » du Journal de Montréal que j'ai retrouvé dans mes boîtes et mis en ligne. Ça date de 2004 et je l'ai trouvé aussi drôle et ridicule que le matin où la lettre avait été publiée. Ça s'appelle : « Douleur d'être belle ».
Entendu à Montréal : le groupe, le livre
mardi 01 avril 2008
Il y a maintenant le groupe Facebook Entendu à Montréal. C'était obligé. En moins de vingt-quatre heures, on était rendu à 125 membres, et au moment où je vous écris ceci, il y en a 271 388.
Le livre « Entendu à Montréal », publié chez Amérik Média, arrive ces jours-ci en librairie. Le lancement officiel aura lieu la semaine prochaine et je vous donnerai dans quelques jours tous les détails, puisque vous y serez bien sûr chaleureusement conviés. Je vous tiens au courant ici, ou inscrivez-vous au groupe pour recevoir les infos.
Le site web, vous le connaissez déjà : www.entendu.ca
Les gouttes qui font déborder la vase
samedi 29 mars 2008
Chaque matin, des hommes s'éveillent sans se souvenir des souvenirs de la veille ni des rêves de la nuit. Certains de ces matins, des hommes se lèvent avec la goutte, et certains autres matins ils se lèvent avec une grande colère furibonde et en tête un champ miné que des pensées piétinent comme des chevaux mongols projetés dans le temps comme des pégases poilus. Je ne peux pas dire que j'étais très fier jeudi de la semaine dernière, alors que tous les beaux principes de anger management que j'essaie d'appliquer depuis quelques années ont fondu en fumée.
J'ai déjà été quelqu'un de très agressif, même que pas assez. J'aurais aimé être un redresseur de torts, un super héros impulsif, une brute épaisse, un fier-à-bras, un casseur de jambes, un arrangeur de portraits. Brasser de la marde à une rencontre patronale-syndicale, chercher noise au Noël du campeur, partir une échauffourée pour rien à la Brewery Old Mission, péter des gueules dans des assemblées étudiantes. Mais la nature, dans sa grande sagesse, ne m'a donné que 65 kilos de muscles, de liquides biologiques et de poils de chest, ce qui n'apparaît pas très sérieux.
N'empêche, j'ai passé plusieurs années à être franchement désagréable et ne passer à mon entourage (collègues, coéquipiers et autre plèbe du même acabit) aucun caprice, à ne supporter aucune contrariété. C'était l'époque, vers la fin du siècle dernier et au début de l'actuel, où je me suis aperçu qu'un type de ma stature qui pète les plombs peut inspirer une certaine frayeur, tenant davantage de l'effet de surprise que de l'épouvante. L'idée était d'enguirlander mon prochain (et mon suivant, et puis l'autre en ligne là-bas) avec vigueur, assez pour lui laisser croire que je n'hésiterais pas à compenser la force physique me faisant défaut par des actes de folie furieuse et inopinée, par exemple lui décapsuler les globes oculaires avec une cuillère à crème glacée, ou autre plaisirs napolitains que j'ai appris durant l'enfance dans les parcs de St-Léonard, dans le stationnement du Harvey's et en écoutant des disques de Gronigo sur des tables tournantes Fisher Price.
Mais cette époque est révolue. Ayant un coeur gros comme le bras et le désir des gestes d'éclats tel le soignement des enfants kosovars krevés en tant de guerres, je décidai donc de me faire doux comme un gnagno... et c'est ainsi que les risques de me faire arranger la mâchoire (ce que j'aurais souvent mérité) s'en sont trouvés considérablement diminués. À présent, je suis un homme gentil, et en-bas de l'écran ce que tu vois c'est ma barre de karma qui remonte dans le positif.
Mais tout ça, c'était avant jeudi dernier. Bref survol de la situation : un camarade du domaine du visitage de bas fonds m'offre de prendre sous mon aile son chien domestique, qu'il m'arrive incidemment de babysitter régulièrement, dans un but charitable (et aussi pour attirer les filles). Me voilà intéressé par l'adoption, mais aussi bien emmerdé par une stipulation sur mon bail actuel, stipulation qui stipule (du verbe stipuler) que les animaux sont interdits dans l'enceinte de mon appartement. Or, sur huit logements que compte l'immeuble, on retrouve trois chiens formellement identifiés, ainsi qu'un chat vagabond et urineur que la niaiseuse au demi sous-sol nourrit tous les matins, par vents et par veaux, avec des kécannes de manger à chats qui traînent dans l'entrée pour attirer les guêpes les avant-midis d'été, et être kickées le reste du temps par les gamins du quartier, gueule sale, nez pointu et deux yeux rapprochés.
Voilà donc que dans un tentative de conciliation et dans un geste prônant la belle entente, ma colocataire et moi-même approchons notre propriétaire et lui demandons de retirer la clause « pas d'animaux » du nouveau bail que nous venons de signer, à domicile, et que nous nous apprêtons à lui remettre pour une seconde année de joie et de bonheur en terre d'Hochelaga. Le dit propriétaire refuse, ce dont il a tout à fait le droit, mais reste insensible aux plaintes, pourtant justifiées, de « deux poids, deux mesures ». C'est la première des grandes outrances : de me voir refuser une requête pourtant toute simple qui est accordée à plusieurs autres dans l'immeuble, incluant les voisins d'en-dessous, dont je vous ai déjà parlé à maintes reprises, et qui se montrent plus bruyants que jamais. Ajoutez à cela une tentative d'augmenter le montant du loyer en juillet, une rancune encore mal digérée trois jours après l'annonce du refus du proprio et, enfin, un sérieux problème d'alcool, et vous devinez la situation explosive du jeudi matin fatidique.
Ça commence à la cuisine rose, par un email incisif au propriétaire, dans lequel celui-ci sera taxé d'effronterie et menacé de mise en demeure (pour ne pas agir dans le dossier des voisins qui se battent constamment, malgré nos plaintes répétées et l'intervention, à au moins deux reprises selon ce qu'il a été possible de constater, de la police du poste de quartier 22), de contestation en bonne et due forme devant la Régie du logement de l'infime mais insultante augmentation de dix dollars par mois, et de simple annulation du nouveau bail que nous nous apprêtions à remettre en main propre. Document déjà signé et que je déchirerai dans un geste digne de la Castafiore en lendemain de brosse à six heures du matin, pour être bien certain qu'il ne soit pas remis par erreur au tenant de l'immeuble.
Finalement, mon courroux n'étant toujours pas apaisé et mon estomac digérant mal le cocktail de frustrastrion, d'injustice, de shooters multipliés tels des mogwais et de vols-au-vents du mercredi soir, d'une fraîcheur incertaine, j'entreprends de sauter à pieds joints sur le plancher de ma demeure, pour réveiller les voisins comme ils m'ont réveillés tant de fois depuis leur emménagement. Par désir de faire les choses comme il faut et de ne pas laisser inemployée une des armes les plus dangereuses que l'être humain ait créée, je saisis le bâton de baseball autographié par Delino DeShields en juin 1992 après une victoire contre les Pirates de Pittsburgh et martèle le bois franc jusqu'à ce que l'éveil des voisins, ainsi que mes convictions profondes sur les notions élémentaires de politesse, ne laissent plus aucun doute. En-dessous ça crie, ça hurle, ça s'engueule illico à travers les cris d'enfants et d'animaux.
Nous, comme quoi toute bonne chose n'a pas de fin, on déménage dans quelques semaines. L'été prochain, j'habite dans un cul-de-sac et je dresse des pigeons pour l'attaque en leur tirant des patates frites.
13.15
mercredi 26 mars 2008
J'ai commencé à travailler ces jours-ci sur le montage de quelques vidéos tournés avec mon ancienne voisine, en 2005, principalement dans le quartier Centre-Sud où nous habitions à l'époque (et où je retourne vivre dans quelques semaines, incidemment). Voici un de ces vidéos, filmé dans un taxi, un matin d'été pluvieux. Il ne se passe pas grand chose, ne vous attendez surtout pas à une chute ou à un punch quelconque. Mais pour une raison ou pour une autre, le clip me fascine et m'hypnotise assez, surtout le son des voitures qui roulent sur la chaussée mouillée. On voit deux quartiers distincts de la ville, mes deux préférés. Sur ce, je retourne fouiller dans toutes ces vieilles affaires.
Liens :
13.15 ---> montreal.
Autres vidéos.
À faire pour Pâques
dimanche 23 mars 2008
Réprimer une manifestation pro-Tibet, cracher dans wue, immoler un Kosovar excité. Ça part bien.
Conversation inutile #0082












