À l'heure des bilans, rétrospectives, résumés, compte-rendus et liste de célébrités passées à l'état de machabées dans les 12 derniers mois, voici mon Top des Meilleurs Moments 2002.
Mes meilleurs moments à moi, c'est tout. Les meilleurs choses qui se sont passées cette année, cheu nous, et rien d'autre.

8-Ne plus regarder, ou presque, la télé
C'est mauvais, point. Ça vous intéresse vraiment de souper devant Jean-Luc Mongrain de Selle, vous ?
Avec une provision de Simpsons, on peut survivre.
7-Vivre dans la nuit (comme la chanteuse de Nuance)
Beaucoup en sont tragiquement incapables. J'ai eu pour ma part, le bonheur de travailler de nuit pendant plus de la moitié de l'année et, forcément, quand je suis en congé je conserve le même mode de vie. C'est un peu épuisant l'été quand il fait beau, mais ne pas voir la neige briller au soleil durant les longs mois d'hiver compense aisément.
6-Me débarasser de plusieurs de mes «ami(e)s»
Aussi appelés «emmerdeurs». Je ne tolérerai à l'avenir que les êtres humains vrais, sincères, honnêtes, intègres et authentiques. Je suis seul encore plus qu'avant, mais de cette façon, je m'assure que lorsque je dépense mes précieuses énergies psychiques pour adresser la parole à quelqu'un, ce sera quelqu'un qui en vaut la peine.
5-Avoir visité Granby
En 3 magnifiques journées de juillet passées dans cette cité-dortoir, j'ai pu observer les seules ballounes couleur peau au monde... apprendre qu'au zoo, quand il fait 33 degrés, les animaux ne dorment pas, mais ne font que se CACHER DU SOLEIL...avoir des démêlés avec des personnages qui n'aiment pas qu'on passe sous leurs fenêtres à 4 heures du matin...et surtout prouver qu'un festival de mascottes attire vraiment au moins UN touriste dans cette ville.
4-Avoir assisté à un show de Weezer
Après avoir supporté un délai de presque 5 ans entre deux albums, après avoir patienté pendant 7 ans et demi, ils auraient pû être mauvais le 15 février 2002, à Montréal, que j'aurais quand même été content d'être là. If it's too loud, turn it down.

3-Avoir recommencé à faire de l'auto-stop
Parce que j'aime ça, parce que ça manquait, parce qu'on peut voir des types se renverser du café dessus en conduisant, apprendre des rudiments de gestion écologique des fossés en bord de l'autoroute, provoquer des crises de nostalgie chez ceux qui ne brûlent plus leurs 20 ans, et écouter d'interminables chansons live de 25 minutes par Peter Frampton.
C'est un très mauvais moyen de rencontrer des filles, mais ça me fera quand même des souvenirs à raconter jusqu'à ce que j'ait 108 ans et que je me chie dessus.

2-Cesser de fumer
22 janvier 2002, à 5 heures du matin.
1-Avoir démissionné, et/ou quitter mon emploi, et/ou crissé la job là
J'ai déterminé qu'à 23 ans j'étais trop vieux pour me faire chier dans un travail non-valorisant, entouré de tarés pathétiques qui sont ou bien névrosés ou bien atrocement prétentieux.
J'ai déterminé qu'un métier, même si on l'a choisi, ne doit pas nécéssairement être pratiqué jusqu'à l'âge de la retraite, et qu'on peut simplement...changer de métier.
C'est la meilleure décision que j'ai prise cette année, la meilleure façon d'être heureux jusqu'au jour où j'aurai 108 ans et que je me chierai dessus.
Merci d'avoir lu jusqu'au bout.
Essayez de faire des choses pertinentes l'an prochain, et même après. Je ne veux pas insinuer que je ne fais que des choses pertinentes et que je réussis tout, loin de là, mais au moins je m'y emploie du mieux que je peux.
Bonne année 2003 chez vous...
«--I do love you and you know there is something that we need to do as soon as possible...Partager |Hyperlien | Toi, qu'est-ce t'en dis ?
--What's that ?
--Fuck»
Albums préférés en 2002:
1) Interpol Turn on the bright lights
2) The Hives Veni Vidi Vicious
3) White Stripes White Blood Cells
4) ...and you will know us by the Trail of Dead Source Tags & Codes
5) Weezer Maladroit

Je dois aujourd'hui vous présenter mes plus plates excuses pour l'insignifiance déplorable du message que j'ai posté hier, 27 décembre 2002.
Non seulement ai-je fait preuve d'une paresse honteuse, en vous envoyant lire un commentaire placé sur ce site par quelqu'un d'autre plutôt que de composer moi-même un texte ayant de la classe, mais en plus je me suis confondu en propos scatologiques qui étaient totalement inutiles.
Il ne saurait être question de me défiler et d'excuser, comme j'ai osé le faire hier soir, les propos que je me reproche en blâmant une innocente concotion de pommes de terre, de sauce brune et de sous-produits de la vache.
Dois-je ajouter, poursuivant mes mésaventures dans les chaînes de restaurants du Québec, que pour une rare fois dans ma vie, un de mes mauvais coups a eu des conséquences fâcheuses.
Gardez à l'esprit, lorsque vous remplirez sans réfléchir une carte de commentaires dans un restaurant de beignes, que le pauvre employé dont vous vous moquiez en toute innocence pourrait se retrouver dans le PÉTRIN.
C'est ce qui est arrivé à ce type au Tim Horton's, qui a, selon ce qu'il m'a affirmé ce matin, dû se défendre devant sa patronne des erreurs que je lui reprochais à la blague dans une de ces cartes de commentaires, jusqu'à être obligé (toujours selon ses dires) de visionner le vidéo de surveillance pour lui montrer le mauvais plaisantin que je suis.
Alors mon ami, même si tu ne lis pas ici, même si tu ne sais peut-être pas lire, je veux t'avouer que je mentais effrontément lorsque j'ai écrit, jeudi soir: "Lent ployé parle un môvai fransè" et "Uniforme négligé (pwel qui sort)".
Décidément, mes farces plates fonctionnent. Je n'aurais jamais cru ça possible.
Je baisse donc la tête en signe de honte, tout en camouflant un sourire mauvais.
Cinq heures de l'après-midi: objectif dépanneur avant qu'ils ferment et nous privent de l'alcool tant espéré.
Plusieurs désagréables déjà pompettes (quel beau mot...) se bousculent chez le marchand de vin cheap.
Et moi, fidèle à mes habitudes, je jette un regard empreint de cynisme et de lucidité (quelle poésie...) sur cet autre journée de Noël, en me vidant le coeur au sujet de toutes ces ritournelles qu'on entend partout où l'on passe, et qui nous restent dans la tête jusqu'à ce qu'on pète les plombs au mois de février.
On se videra le coeur pour d'autre chose un peu plus tard (lire "vin cheap").
Voici les plus insupportables chansons du temps des Fêtes...
1) Band Aid "Do They Know it's Christmas"
D'abord, quel nom de groupe à chier, même si c'était un projet formé pour une cause humanitaire. Avec tous ces enfants qui marmonnent des paroles inintelligibles, on dirait les bonnes oeuvres du Kamp Krusty.
2) John Lennon "Happy Xmas (War is Over)"
Une bonne chanson, dans les faits. Le problème est qu'on l'entend à profusion chaque année, tous les jours, pendant un mois, et partout ! C'est comme un hit de Creed qui durerait 30 ans...
3) Paul McCartney "Wonderful Christmas Time"
En ces temps de réjouissance, il ne peut être que regrettable qu'une légende vivante du rock n' roll nous pousse à souhaiter, à chaque fois que l'on entend les clochettes innocentes qui agrémentent sa chanson, que Chapman se soit trompé de Beatle un certain jour de décembre.
4) "Minuit Chrétien" par n'importe qui...
La pire chanson de Noël ! Tous les vinyles devraient être usés au nombre de fois qu'ils tournent; l'ère du cd et du mp3 assure malheureusement la survivance de cet hymne insupportable, choix de prédilection des oncles en état d'ébriété et des aiëuls qui savent chanter plus fort que bien.
Si vous êtes dans le mode incapable de vous passer d'une chanson de Noël, rabattez-vous s'il vous plaît, sur ma Musique du Jour, énoncée ci-dessous.
Où encore méditez ces deux merveilleuses citations:
"Merry Christmas Suckers !!!"
(--Bart Simpson "episode 9f16: The Front)
"I love you and you love me
And that's the way it's got to be
I loved you from the start
'Cause Christmas ain't the time for breaking each other's hearts
Merry Christmas, I don't want to fight tonight"
(Joey Ramone, 1951-2001)
C'est ça qui est ça, pi joyeux Noël, bons baisers de Fort-de-France

euh...
L'année prochaine, je veux passer le 24 décembre dans le plus bel endroit au monde: Tiiiiijuuuuuanaaaaa !
--Fred. (Vagabond Somptueux de Noël)
MusiqueS du jour: The Kinks "Father Christmas"
Overbass "Avec une p'tite caisse" (Nôël dans la rue /1996)
Après une absence non-remarquée, voici enfin LA LISTE DES CHOSES À FAIRE EN 2003.
Pour les non-initiés, et ils sont plusieurs, il s'agit d'une vieille tradition instaurée par moi-même il y a des siècles, c'est-à-dire en 1998 à peu près.
LISTE DES CHOSES À FAIRE EN 2003 !
--Crier dans les rues
--Faire de l'oeil à une vieille dame
--Manier l'hyperbole et la dérision
--Boycotter toutes les fêtes, sauf la sienne
--Élaborer des rumeurs farfelues au sujet de son concierge
--S'emporter contre un honnête commerçant
--Ajouter une dimension morale à son petit déjeuner
--Ajouter une dimension immorale à son petit déjeuner au restaurant
--Nuire au bon fonctionnement des transports en commun
--Décorer un arbre avec du papier hygiénique (un vieux truc, mais qui a toujours autant de succès)
--Créer un sitoueb ayant pour thème une partie du corps humain
--Dénicher un touriste Français et lui parler longuement des vendanges
--Lancer un café au visage d'un impertinent
--Lancer une enclume au visage d'un impertinent
--Tenter d'avoir une discussion scatologique avec un chauffeur de taxi (pas facile, j'ai essayé...)
--Téléphoner au club d'âge d'or; Faire annuler leur tournoi de pétanque pour des motifs discutables
--Vanter les mérites du boulingrin extrême
--SOUSCRIRE à une POLICE d'assurance
--Abuser des majuscules
--Prétendre être Bing Crosby et le prouver
--Vendre un objet qui nous est cher
--Vendre une personne qui nous est chère
--Passer un JOYEUX QUART D'HEURE
--Applaudir une fougère
--Chercher l'amphithéatre
--Prédire l'apocalypse
--Faire l'oignon
--Discuter la pertinence d'une promotion auprès d'un employé subalterne
--Sortir dans un bar miteux
--Voir dans leurs yeux l'envie folle
--Après le retour du punk, le retour du swing et le retour du disco...annoncer LE RETOUR DU MENUET !
--Harceler les mascottes, encore, toujours et à jamais
--Bloquer une route pour faire valoir des revendications plus ou moins pertinentes
--Indiquer à Georges le bon choix
--Conduire un triporteur
--Secouer ses grelots
--Vivre dans le passé chaque dimanche
--Passer la guignolée au mois de mars
--Décrire un accident peu RAGOUTANT (doigt coupé, cheville tordue, oeil qui saigne...etc.)
--Provoquer délibérément un conflit de générations
--Un match nul au hockey, Gilles, c'est comme embrasser sa soeur
--Déposer des amis à la piscine
--Note à moi-même: ne pas oublier la "Liste des Choses à faire de l'été 2003"
--Tenir le journal de ses pensées
--Tenir le journal de ses arrières-pensées
--Baisser son pantalon moyennant une compensation future
--Rêver à une truie enceinte qui chante (ça m'est arrivé avant-hier)
--Casser des télés
--Abuser de la désagréable expression "Moi, personnellement..."
--Exhumer une célébrité (Moi, personnellement, je choisis Stanley Kubrick)
--Embrasser une clavicule
--Porter une fleur à la bétonnière
--Faire un beau geste en adoptant une Vietnamienne de 25 ans
--Recycler de vieilles blagues
--Faire suivre cette liste héhé
--Ça finit tu là ?
--Ouais, ça achève...
--S'enivrer dans des circonstances délicates
--Utiliser l'expression "Enway pa la" auprès du sexe opposé
--Entreprendre une danse traditionnelle méconnue sur le quai du métro; harceler les gens pour qu'ils dansent eux-aussi
--Atteler une carriole
--Imiter le cri d'un animal de ferme
--Demander à parler au gérant
--Soigner un lépreux et lui permettre de retrouver sa dignité
--Être saoul comme un Polonais; demander à un authentique Polonais de juger de la situation
--Discuter golden shower à...euh... un shower mettons...
--S'habiller en vêtements couleur peau
--Retrouver les anciennes listes de "choses à faire..."; les comparer avec celle-ci
--Rappeler à l'auteur de ces lignes d'élaborer la prochaine "Liste de choses à faire"
(La dernière, et plus chaotique partie, de mes aventures à Trois-Rivières...)
J'avais prévu quitter Trois-Rivières dimanche (le 15 décembre), et avant la tombée de la nuit, de manière à éviter les difficultés de la veille.
En me dirigeant vers le centre-ville, peu avant midi, j'entendis dans le lointain de furieux coups de klaxon, dont le vacarme allait en s'intensifiant.
Prêt, comme toujours, à faire face au désordre public et aux effusions chaotiques de notre monde, je poursuivis ma route, accélérant le pas, comme attiré par ces bruits discordants.
Ce qui osait troubler la quiétude de ce morne dimanche matin était, j'eu tôt fait de le constater, une longue procession de véhicules conduits par des citoyens mécontents.
La meneuse de cette bande de trouble-fêtes était de toute évidence la vigoureuse femme, coiffée d'une tuque rouge et blanche, qui émergeait du tonneau dans lequel elle se trouvait enfoncée jusqu'à la taille, comme si elle n'était qu'un tronc grotesque, équipé de cordes vocales anormalement puissantes.
Promenée de par la ville dans le véhicule qui prenait la tête de cette procession, elle exhortait les manifestants qui répondaient en klaxonnant sans trêve.
Chacun de ces manifestants avait peint, sur sa voiture, divers messages dirigés contre les objets de leur colère dominicale, en l'occurence le fisc et, plus précisément, le ministre du Revenu.
Dans ce déploiement d'indignation, on voyait un peu de tout...
Des slogans en français ("Guy Julien: un incapable!"),
en anglais ("Ain't no Santa, ain't no justice"),
bilingue ("No good - pas bon"),
les slogans accusateurs ("45 000 $ que tu me dois"),
humoristiques ("Guy, où sont tes culottes ?"),
les inévitables phôtes d'ortografe ("P.Q. faCHiste", "asseR"),
les calembours douteux ("impôt cible"),
les slogans confus ("aucune COUILLE DE MINISTRE")
et, enfin, les slogans opportunistes ("Van à vendre").
Une foule qu'on pouvait qualifier d'absente assistait à la manifestation.
Le cameraman de Radio-Canada semblait débordé, et peinait à garder la tête froide, comme en témoigne ce bref dialogue avec l'unique journaliste ayant consenti à gâcher son dimanche matin pour couvrir l'événement:
-- Hey ! Sais-tu où y s'en vont comme ça ?
-- Y vont faire le tour du centre-ville pendant une heure et demie, ça l'air...
Je ne pouvais que déplorer que la manif ne soit pas déroulée plus tôt dans la matinée.
Je me serais en effet régalé du spectacle offert par quelque roteux, dehors en caleçons, vociférant contre les dizaines de klaxons l'ayant tiré de son sommeil, balançant divers projectiles à la foule en còlère.
Ça aurait mis un peu de piquant dans cette contestation mal organisée, comme s'il était possible de soulever les passions et réveiller les consciences un dimanche matin. Dans cette cité, c'est à 3 heures du matin qu'on est dans la rue, je peux l'assurer.
Le retour à Montréal, dans la voiture d'un sympathique couple d'âge mur, fût beaucoup plus simple que le trajet jusqu'à Trois-Rivières.
Je me suis amusé des péripéties de l'incorrigible quinquagénaire qui, dans l'unique but, sans doute, de divertir l'humble Vagabond que je suis, s'est donné en spectacle, piquant une colère au téléphone contre une amie, et renversant son café sur ses pantalons.
S'il a su m'émouvoir lorsque, brandissant un exacto trouvé dans le coffre à gants, il demanda à sa femme de sortir la langue, il demeurera à jamais dans ma mémoire pour ce merveilleux cri du coeur:
«Ah ben! Louiseville, ça existe pour vrai!»
Il était donc fort tard, mais l'important était d'avoir enfin atteint la terre promise (poussé par le vent), c'est-à-dire: Trois-Rivières !
Voici la seconde partie de mes aventures dans ce paradis terrestre, où le nombre de bars dépasse le nombre de soûlons.
Deux heures du matin, un nerd pukant devant moi... J'eus envie de faire de même, mais le temps a manqué.
Pour s'amuser sainement en bonne compagnie, il a fallu attendre la fermeture des bars.
Une fois dans la rue, entre deux flaques de vomi soigneusement évitées, j'ai pu constater avec grande joie que les citoyens locaux sont fort sympathiques, enclins à la franche camaraderie, et bavards à souhait.
Il s'agit de savoir comment procéder et se tenir dans les endroits stratégiques. Par exemple: le Subway, passé 3 heures du mat', quand toute la clientèle est intoxiquée par la boisson.
C'est là qu'avec un parfait inconnu j'ai psychanalysé avec plus ou moins d'adresse un buveur dépressif.
J'ai voulu lui laisser entendre que le siège de ses problèmes se situait peut-être dans sa coupe Nickelback (blond, long et frisé), mais il était trop perturbé pour entendre raison.

Mon repas à la main, j'ai voulu compléter ma soirée en semant le désordre devant le Dartagnan, comme s'il s'agissait là d'une tâche envisageable pour un seul homme.
À mon grand étonnement, le dividu qui s'était porté volontaire pour engager le combat a acquiescé à ma demande lorsque je lui ai "gentiment" demandé d'aller voir ailleurs.
Tout espoir de voir la situation dégénérer venait de prendre fin avec sa regrettable décision.
Le chaos tant souhaité devait se créer devant mes yeux, le lendemain matin...
À suire... dans la troisième et dernière partie...
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L'indéniable talent d'auto-stoppeur que la légende attribua au Vagabond Somptueux de confection européenne aurait-il connu une de ses rares défaillances ?
Première partie...
Samedi soir. 14 décembre 2002.
La vie d'ermite est difficile à supporter lorsque l'attrait de la route et celui de l'alcool combinent leurs efforts pour faire vaciller la détermination du Vagabond à rester enfermé chez lui.
C'est la raison pour laquelle je me suis retrouvé, vendredi soir à...21 heures, en bordure d'une autoroute, pour me rendre jusqu'à 3-Rivières.
J'évite habituellement de pratiquer l'auto-stop de nuit, pour des raisons plus qu'évidentes: la circulation est moins dense, même sur les autoroutes, et la noirceur me rend moins visible aux automobilistes, qui ne m'aperçoivent qu'au moment de passer à côté de moi.
Ajoutez à cela que je prends rarement la route en plein hiver.
Comme UnVagabond doit aimer relever des défis, j'ai ajouté à l'obstacle de la pénombre et de la saison un autre obstacle: la route. Un chemin plus long que nécéssaire, celui de l'autoroute 20, qui oblige à faire un détour par une route secondaire de campagne pour atteindre 3-Rivières.
L'auto-stop est le moyen idéal de faire des rencontres bizarres et le fait que l'on soit en pleine nuit, ou au mois de décembre, ne fait pas mentir cette règle.
Le premier bon samaritain qui me fit monter à bord me raconta dans le détail sa vie des 15 dernières années, du moins ce qu'il se rappelait. Ma seule erreur fut de lui demander la raison de sa visite à Montréal, d'où il revenait après avoir assisté à un... meeting des Narcotiques Anonymes.
C'est ainsi que ce type, sympathique malgré tout, m'expliqua qu'il avait décidé, il y a 3 mois, de cesser de boire et de consommer. Comme preuve de ses efforts, il me pointa la douzaine de bouteilles d'eau qui jonchaient le plancher de son véhicule.
Il m'a dit qu'il devait se calmer un peu, car il avait 28 ans, qu'il devait de l'argent à tout le monde, et qu'il avait commencé à se geler à 14 ans, ou peut-être à 16 ans, ou encore à 12, enfin ça changeait d'une fois à l'autre, à mesure que s'allongeait le récit de ses déboires.
Le voyage, après un départ de Montréal laborieux, prit une meilleure tournure avec cet homme, qui me laissa près de Saint-Hyacinthe, et je me pris à espérer arriver relativement tôt à 3-Rivières.
C'était sans compter ma première, et probablement dernière visite dans la région pittoresque de Sainte-Eulalie, où je devais connaître une des plus longues attentes de ma carrière d'auto-stoppeur.
J'ai du patienter près de 90 minutes, dans la nuit de décembre, devant un pseudo truck-stop où je n'ai vu ni camionneur ni camion.
Au bout d'une trentaine de minutes, un magnifique pick-up brun de 20 ans d'âge freina sa course folle de 30 km/h pour s'immobiliser devant moi.
Après de laborieuses manoeuvres, un vieux roteux mal rasé réussit à ouvrir la portière du côté passager.
Il m'appela Alexandre, et je me gardai bien de briser ses illusions.
Au travers des volutes de fumée de cigarette, je parvins à distinguer son visage égaré et sa barbe sale. Au travers des notes western hurlées par sa radio, je parvins à distinguer sa voix rauque et hésitante. Je compris le mot Bécancour, il comprit que je préférais attendre que quelqu'un d'autre arrête sa voiture. C'est si beau la compréhension entre des gens de régions et de culture différentes.
Longtemps, très longtemps après, longtemps après que la circulation se soit fait rarissime, un homme dans la quarantaine a finalement consenti à me laisser monter à bord.
Il m'a parlé de sa soeur invalide qu'il venait de ramener à Victoriaville, de ses "amis de la shop". Il m'a vanté les attraits que 3-Rivières mettaient à la disposition des touristes, c'est-à-dire de nombreux débits de boisson et, surtout, LE BORD DU FLEUVE, et il m'a déposé devant le bar où je devais me rendre, sur la rue Hart.
Je fus accueilli par le plus beau spectacle qui soit, celui qui fait comprendre assez clairement le genre de fin de soirée que l'on va vivre: le spectacle d'un nerd qui pukait jaune sur le trottoir.
Il était 2 heures du matin... Les circonstances étaient favorables pour une des beuveries les plus rapides de ma vie.
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L'album Pinkerton de Weezer est paru en 1996, et il a fallu toutes ces années pour que je remarque cette phrase inscrite sur le disque même:
Dovunque al mondo lo Yankee VAGABONDO si gode e traffice sprezzando i nischi Affonda l'ancora alla ventura.
En utilisant un quelconque logiciel de traduction, ca donne quelque chose comme ceci:
Là où au monde le wanderer de Yankee s'amuse le nischi Affonda de sprezzando et de traffice l'ancre à la chance
Si vous avez une meilleure traduction, j'aimerais la connaitre...
Bonsoir, et attention si vous sortez: il ventRe a écornifler les boeufs.
La réinsertion sociale peut se faire convenablement lorsqu'on met en pratique certains conseils judicieux, tel celui-ci:
WhitE MooN > fait attention aux gens normaux
ça fonctionne...
J'ai entrepris une réinsertion sociale
Pour la première fois en 3 semaines, j'ai pris le métro, ce matin.
C'est assez curieux de se retrouver entouré d'autant de gens après s'être volontairement isolé pendant un certain temps.
Cette sortie dans le monde extérieur m'a permis de prendre une résolution: ne plus jamais tolérer qu'aucune de mes connaissances devienne fonctionnaire, cette race abondante, ce troupeau d'emmerdeurs qui croît sans cesse.
La fonction publique se rajeunit peu à peu, contaminant une toute nouvelle génération de dynamiques travailleurs qui sauront, eux aussi, ennuyer le commun des mortels et nous imposerons leur triste présence juste pour se venger de devoir supporter la leur 24 heures par jour. Je suis allé au bureau des passeports aujourd'hui. Est-ce que ça parait ??
Meeeeeerde: plus de café.
Concrètement, ça veut dire que je serai obligé de sortir pour m'en acheter, et cette perspective ne me plait pas tellement.
Ou peut-être que je devrais simplement arrêter de faire l'hypocrite.
Arrêter de faire l'hypocrite, et admettre que je sors.
Je sors très peu, je sors la nuit, je ne vois pas les gens que j'avais l'habitude de fréquenter... mais je sors quand même.
Et j'ai énormément de mal à me faire à l'idée que je ne sortirai plus jamais.
D'ailleurs, il n'a jamais été question que je ne sorte plus. Il est simplement question que je m'absente des affaires courantes de la vie courante, le temps de me refaire une santé mentale et d'écarter, du moins pour une période de temps appréciable, les risques de pétages de plombs qui me hantent constamment.
Je ne devrais plus sortir du tout.
J'ai dans la poche d'un veston de petits bouts de papier bleu et blanc. Des autocollants... Où il est écrit: "HELLO my name is"... suivi d'un espace rectangulaire où l'on peut inscrire son prénom. Je crois que je vais y inscrire «FREAK», sortir avec l'inscription bien apparente et refuser systématiquement d'adresser la parole à qui que ce soit. Et même chercher la confontation avec toute personne qui essaiera de parler.
Peut-être devrais-je simplement m'enfermer dans ma chambre, écouter de la musique, écouter de vieux disques oubliés, et abolir réellement tous mes contacts avec le monde extérieur. Pourquoi le monde extérieur ? Pourquoi régler des comptes que je n'ai même pas à régler bordel.
Partager |Hyperlien | Toi, qu'est-ce t'en dis ?Malgré le fait que le sentiment d'aliéniation n'ait, je crois, jamais été aussi courant qu'à notre époque, l'ermite semble généralement considéré comme une personne malheureuse, malsaine, fragilisée, voire dérangée.
Cette perception est dûe, selon moi, à l'absence totale de projets et d'objectifs derrière la décision que l'ermite nouveau a prise.
Dès lors, notre personnage n'est plus qu'une loque humaine, un individu que l'on imagine aisément broyer du noir dans une pièce obscure et malpropre.
L'existence que j'ai entrepris de vivre m'ouvre au contraire un monde de possibilités. Je découvre sans cesse des choses nouvelles.
D'abord, conséquence inévitable lorsqu'on habite un immeuble pauvrement insonorisé, on en apprend beaucoup sur les habitudes de ses voisins, particulièrement ceux du dessus, qui semblent avoir le même rythme de vie semi-nocturne que le mien. Du moins, c'est ce que j'en ai déduit en les écoutant marcher d'une pièce à l'autre.
La vie d'ermite peut provoquer le désir de prendre certaines décisions que la vie passée en société, nous empêche parfois de prendre.
Les exemples sont nombreux: se faire pousser un "mullet" ou un mohawk, une grosse barbe, l'ermitage est un moment rêvé pour la convalescence et la cicatrisation.
Enfin, chose merveilleuse s'il en est une, nos rapports avec l'extérieur peuvent être analysés sous un angle nouveau. C'est une des situations où le téléphone s'avère une bien pratique invention, et plus particulièrement les technologies qui l'accompagnèrent, tels la boîte vocale ou le répondeur.
Il est beaucoup plus aisé, en tant qu'ermite, de juger de la valeur de mes connaissances, et d'identifier les sentiments qui m'animent à leur contact.
La simple audition du message laissé hier par une connaissance m'a réconforté dans mon nouveau mode de vie, surtout quand la personne, en seulement deux phrases, a déjà trouvé le moyen de
1) passer des commentaires désobligeants sur mon message de répondeur
et
2) ridiculiser ma résolution en déduisant que, si je ne répond pas au téléphone, c'est que je suis absent.
C'est faire abstraction de mon code d'éthique envers le téléphone, auquel il ne faut JAMAIS répondre.
Cette invention devient donc le moyen de filtrer, classer et trier définitivement les êtres humains qui s'acharnent à essayer de nous parler.
Je fixe la date de départ de ma réclusion au lundi 2 décembre dernier.
Depuis ce jour, je vis tel un ermite.
Déjà quelques conclusions peuvent être tirées, et je peux, même au bout d'une seule semaine, constater certaines particularités, et énoncer quelques conseils destinés aux ceux et celles qui prévoient se faire ermites eux aussi.
Dans un premier temps, prévoyez une quantité suffisante de café.
J'ai remarqué que si ma consommation de caféïne ne semble pas modifiée de manière significative depuis le début de cette nouvelle vie, cette consammation se concentre bien entendu en un seul endroit, puisque je ne sors pas.
Ayant mal évalué ces besoins, je me verrai d'ici deux jours dans l'obligation de me risquer à l'extérieur pour renouveler ma provision de café.
Ayez un chauffage adéquat (on est en décembre tout de même), et concentrez la majorité de vos activités dans un seul endroit, une seule pièce, ce qui vous rendra plus productif.
Fitter, happier and more productive.
Le temps passé enfermé n'est pas du vulgaire "gaspillage"!
Il ne saurait être question de perdre son temps, où de dormir 22 heures par jour. Il s'agit plutôt d'une nouvelle manière d'exister qui doit permettre à l'individu vivant en ermitage de combler les lacunes de son ancienne vie.
La suite, demain...
Partager |Hyperlien | Toi, qu'est-ce t'en dis ?ERMITE n. m. XIIe siècle. Emprunté, par l'intermédiaire du latin chrétien eremita, «retiré dans un lieu désert», du grec erêmitês, «qui vit dans la solitude». Par ext. Personne qui s'isole volontairement du monde. Vivre en ermite.Partager |Hyperlien | Toi, qu'est-ce t'en dis ?

Jamaisjenoublierailesétoilessurlaroutedetorontoetcejoursurcette
plagedulacontariomillionnaireamoureuxzilliardairevagabondmillionnaireamoureux.
Enfin, c'est pas trop tôt, je suis chez moi... Résumons la situation: je suis parti pour Québec le soir du 23 novembre. C'était Québec ou l'asile, alors j'ai pris Québec.
Je devais initialement rester là-bas deux jours, tout au plus.
Soigneusement caché dans la Basse-Ville, je suis demeuré dans la Capitale toute la semaine, essayant tant bien que mal de remettre sur les rails une vie désordonnée.
Je peux dire que ça a marché; je suis rentré chez moi en bien meilleur état que le soir de mon départ, et je comprends un peu mieux ce qui se passe et, surtout, ce qui risque de se passer.
Après avoir remis le jour et l'heure du départ à quelques reprises, je suis finalement arrivé à Montréal vers 23 heures, dimanche soir.
L'hiver est finalement arrivé, je crois. C'est bête, mais c'est la première chose que j'ai remarqué en mettant le pied ici...
Cette fois-ci, ce n'est plus de la neige tombée trop tôt, ce n'est plus simplement le fuckin' hiver le plus précoce que j'ai vu de ma vie: c'est l'hiver, point.
J'arrive ici, et tout est en train de changer!
Nous sommes quatre colocataires, et deux vont ficher le camp vendredi prochain. Lorsque je suis parti, rien ne laissait présager un dénouement semblable.
Il suffit que je m'absente pendant 8 jours pour que tout soit perturbé...
Observations sur les taxis:
Ça prend une éternité à en dénicher un à Québec, mais les conducteurs sont beaucoup, beaucoup plus sympathiques que ceux de Montréal.
Comment se mettre de mauvaise humeur pour la soirée à Montréal? Prendre un taxi... Les conducteurs sont tellement désagréables, frustrés, en colère contre tout.
À moins d'avoir la chance de monter avec un taxi cambodgien. J'imagine que lorsque un type s'est fait tirer dessus, conduire un taxi en ville ne le dérange pas tellement...
Finalement je suis chez moi, et je bois mon café à moi. Rock and roll et pauvreté.
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