On n'a qu'une seule vie et on n'a qu'une seule peau. Lorsqu'on se réincarne en thon, se faire tatouer est légèrement plus complexe. Aussi bien en profiter pendant qu'il en est encore temps. Aussi bien en profiter dans cette vie.
J'ai un tatouage sur le plus gros organe de mon corps.
--Fred. Vagabond Somptueux... de confection européenne
This noise inside my head: Ween "Freedom of '76"
Les fourmis nous envahissent. Les fourmis sont parmi nous. Les fourmis sont sur ma galerie.
Les fourmis grimpent dans un sac de détritus, sur ma galerie, là où ma colocataire l'abandonne avant que ne sois arrivé le mardi, soir béni où les boueux ramassent les ordures de ma rue.
Les fourmis entrent dans ma cuisine. Aux premières j'ai laissé la vie sauve. On ne tue pas les fourmis. Les fourmis sont des Bouddhas en devenir elles aussi. Il est de notre devoir de les veiller. Qui se souciera de toi lorsque tu seras réincarné en thon ?
Depuis quelques jours, il m'arrive parfois d'apercevoir une fourmi, sur ma table à manger. Je l'écrase avec un marteau.
Don't mess with my bouffe, sucker.
Les fourmis mangent les arbres. Les arbres du quartier tombent. Les fourmis font tomber les arbres.
Ants are the new beavers.
Les fourmis sont les nouveaux castors.
Un jour le soleil nous brûlera si fort que nous devrons nous enduire copieusement d'écran solaire avant de sortir de nos huttes. Alors les fourmis adhérerons à notre peau visqueuse à saveur d'aloès et de noix de coco. Alors les fourmis adhéreront à notre fourrure.
--Fred. Vagabond Somptueux... de confection européenne
This bruit inside my head: Jean Leloup "Fourmis"
Il y a des événements qui ont des conséquences pour le moins étonnantes. Le grand Sacha Distel n'était pas encore en terre que déjà, deux braves combattants rendaient hommage à son Incendie à Rio en se livrant à une bataille de calembours sans merci, sur les thèmes millénaires de l'eau et du feu. Suivez le lien pour y participer !
À quand un championnat de contrepéteries ?
--Fred. Vagabond Somptueux... de confection européenne
This noise inside my head: The Postal Service "Brand New Colony"
Les deux dernières semaines de juillet sont réputées pour être, au Québec, deux semaines de vacances complètes (d'où cette célèbre blague qui fit le bonheur des cabarettiers et stand-up comics alcooliques du vingtième siècle), mais pourtant, je vis ce mois-ci une période enflammée. Prenons comme exemple la dernière semaine, fertile en événements et en émotions de toutes sortes:
Mardi, j'assistai à une représentation du génial Evil Dead: the Musical, une des choses les plus drôles qu'il m'ait été donné de voir dans ma vie.
J'ai travaillé près de 45 heures cette semaine, ce qui ne m'était pas arrivé depuis des mois, et mercredi, un collègue inopportun qui m'insupportait depuis des mois a finalement été congédié; le même jour, une nouvelle collègue, visuellement plus agréable, a été embauchée pour remplacer le vieux maniaque chauve dont j'espérais, sans trop y croire, le départ défintif.
Jeudi, je rencontrai à la brunante l'ineffable Ron Jeremy, rencontre qui m'a permit d'obtenir une photo en compagnie du chaleureux personnage.
Vendredi, je promenai la souris de l'ordinateur d'une main leste et d'un poignet souple afin de réaliser, avec Paint, un touchant tommage à feu Sacha Distel, qui à présent doit se retourner dans sa tombe.
Au cours de la semaine, j'ai rédigé deux nouvelles Chroniques d'été, qui feront suite à l'épisode du 3 juillet, et que vous lirez ici dans les prochains jours; ébauché un éloge à un vieillard américain atteint de Parkinson que vous lirez peut-être un jour; écrit (en collaboration avec ma pseudo-voisine) les scènes I, VII, XVIII et XXIII de la fausse-suite d'une fausse pièce révolutionnaire composée sur un balcon il y a six ans, et que vous ne lirez probablement jamais (ma pseudo-voisine possède un droit de veto).
J'ai reçu, dans les derniers jours, un email de mon camarade mexicain rencontré dans un autobus au Texas; une subvention inespérée pour mon sittoueb; une chiée de bêtises provenant d'un illustre inconnu; deux orchidées provenant d'une pharmacienne que je n'ai jamais rappelé et que j'ose encore moins rappeler aujourd'hui.
Finalement, à travers tout ça, j'ai trouvé tout le temps nécéssaire pour me baigner dans l'humidité, me promener coiffé d'un sombrero, ajouter quelques pièces de collection au bêtisier que j'élabore patiemment, fredonner L'incendie à Rio, participer à une compétition amicale de calembours mauvais, réaliser mon rêve de graver mes initiales dans le ciment frais, essayer de nouvelles croustilles frites et sauce à l'emballage si ragoûtant, bref de vivre de poutine et d'eau fraîche sous le soleil exactement, pas à côté, pas n'importe où: sous le soleil exactement.
Juste en dessous.
Partager |Hyperlien | Toi, qu'est-ce t'en dis ?-- Tes doigts sentent encore les chips frites et sauce...
-- C'est vrai ! Eh ben, heureusement que je ne me suis pas mis la queue dans le sac !
-- ... sinon ça aurait goûté la poutine...
Merci Monsieur Distel pour L'incendie à Rio, sans contredit la meilleure chanson de karaoké de tous les temps. Mais finalement... qu'est-ce qu'on avait fait des tuyaux ???

Dans mes poches, mes deux mains reposent, vides et mornes. Mes doigts s'agitent à la recherche de quelque objet à saisir, à étreindre. Je ne désire point être en reste. Je dénichai donc à quelques mètres de là, dans les ordures, une vadrouille brune.
Nous voici cheminant avec nos trésors, vers la rue Rachel, parallèle à l'avenue Mont-Royal. La balade se poursuit dans la bonne humeur.
Ma voisine jouit de sa découverte mais, mon manche étant plus gros que le sien, je cherche une manière de me débarasser subtilement de cette encombrante vadrouille brune. Je trouvai mon salut en cette statue de Jésus, devant une église. Je dépose respectueusement ma vadrouille entre Ses mains.
Il n'y a pas cinq minutes que nous sommes au bistrot, la discussion porte sur l'effigie de Samantha Fox (sur la porte des toilettes des dames) et le débat s'envenime sur l'identité du personnage collé sur la porte des cabinets des messieurs, lorsqu'un adolescent du quartier a la mauvaise idée de se laisser heurter par un véhicule.
Survient un type -probablement un employé (ou un des tenanciers) du bar- qui fait irruption devant la taverne. Il crie à notre serveuse: «Appelle une ambulance ! ».
Nous avons tous entendu les bruits de frein, le crissement des pneus. Cependant, personne ne regardait vers la rue lors de l'impact entre la voiture et le piéton, à l'angle des rues Rachel et de Lorimier.
La serveuse, au lieu de sauter sur le téléphone, sort sur le trottoir, jette des regards inquiets dans toutes les directions... L'accidenté ayant été projeté sur la rue de Lorimier, à quatre ou cinq mètres de l'intersection, nous ne voyons rien d'où nous sommes, puisque le bar est sur Rachel.
L'homme, qui se dirigeait vers le Bar 2113 (à Jojo) au moment de l'accident, avait eu la chance de contempler l'impact. Il doit exhorter la serveuse à plusieurs reprises avant que celle-ci, après maintes hésitations, saisisse le téléphone et appelle les urgences.
Pendant ce temps, mon alcolyte et moi nous sommes dirigés vers le blessé. La victime, un adolescent d'environ 16 ou 17 ans, repose sur le sol, en position assise, adossé à une boîte postale. Il est conscient, n'a pas l'air trop mal en point malgré les circonstances; il ne saigne pas. Évidemment, il semble sous le choc, très énervé, et les quidams s'agglutinant autour de lui ne l'aident en rien à se remettre de ses émotions.
Je retourne avec mon amie vers la taverne, vers notre pichet de bière. Dans le Bar 2113 (à Jojo), débit de boisson qui, comme son nom le laisse supposer, appartient à Jojo, il n'y a que la barmaid et cet autre type, celui qui a sonné l'alarme quelques secondes après l'accident. L'homme est furibond; il décrit à son interlocutrice la conversation qu'il vient d'avoir avec le conducteur de la voiture qui a heurté l'adolescent:
- Parles-tu français ?
- No, no
- Si tu comprends pas le français, pourquoi tu me réponds ???
Puis il s'insurge, s'offusque (avec raison) de l'attitude du conducteur fautif, plus inquiété par l'état de son automobile que par l'état de la personne qu'il a presque tué:
«My car ! My car ! qui disait... Heille le cave, veux-tu j't'en crisse un din dents ??!! »
Contrairement à l'appel aux ambulanciers, la réplique de l'employée ne se fait pas attendre: «T'aurais dû y mettre ton poing s'a gueule !»
Tandis que, tendant l'oreille à ces conversations enflammées, je sélectionne quelques chansons dans le juke-box, ma compagne s'approche et me dit:
«Dommage qu'on ait pas vu l'accident, ç'aurait été l'fun... »
Elle laisse tomber cette remarque, remarquable de justesse: «Y'avait même pas de sang ! »
Près de l'église, un peu plus à l'ouest sur Rachel, la vadrouille, retirée des mains du Christ par un badaud (ou un bedeau ?) offusqué, repose maintenant appuyée contre un mur.
Mon alcolyte, dont le lancer est vigoureux, parait à présent remise de ses émotions de la journée. Reprenant contact avec la réalité des choses, elle s'offusque:
«Pourquoi ça s'appelle le Parc La Fontaine ? Y'a même pas de fontaine ! »
La nuit tombe. Sur le balcon arrière, mon alcolyte et moi terminons cette journée mémorable en descendant laconiquement un six pack d'Eau Bénite. Un de mes nouveaux voisins de gauche sort sur sa partie de balcon pour fumer l'herbe tendre. Les Red Hot Chili Peppers jouent dans sa cuisine. Le chien Benn est parti depuis longtemps se coucher avec ma colocataire et en ce soir d'exception je n'aurai pas à aller quérir la brave bête dans la cuisine des gens d'à-côté.
Vers une heure du matin, ma pseudo-voisine de la rue d'en arrière retourne chez elle, dans la rue d'en arrière. Moi je sprinte jusqu'au centre-ville, puis en revient rapidement accompagné de la grosse poutine des familles, de celles qui vous assure de passer la nuit satisfait, qui rend votre digestion voluptueuse. Votre esprit secrète alors des rêves singuliers derrières vos paupières closes, mais qu'est-ce que le rêve lorsque la réalité devant vos pupilles vous enchante et vous traîne d'un émerveillement à l'autre, enjambant les faubourgs et battant les pavés.
Partager |Hyperlien | Toi, qu'est-ce t'en dis ?Warning !
there will be gunshots...
there will be smoke and lightning...
there will be excessive amounts of blood splattered...
and there will be a 20 minutes intermission between Acts I & 2.
then...
there will be more blood.
Evil Dead 1 & 2: The Musical ! À voir impérativement (je me permets d'insister).
Au Cabaret du Plateau jusqu'au dimanche 25 juillet 2004: Blood ! Chainsaws ! Singing !
Asseyez-vous à l'avant, à la gauche de la scène. C'est là qu'est située la porte de la cave où l'on enferme Cheryl, et vous recevrez bien plus de sang.
Sorties culturelles de la semaine:
Evil Dead: the musical, au Cabaret du Plateau.
Being Ron Jeremy, au chic Cinéma L'Amour.
«First, Vagabond, ça fait fif comme nom.Partager |Hyperlien | Toi, qu'est-ce t'en dis ?Ensuite, Le Madrid, c'est pas à Drummondville, p'tit inculte.
Finalement, la liberté d'expression permet à des loosers comme toi d'afficher ses états d'âmes dont on se câlice ben raide, alors laisse les gens de la région de Québec écouter ce qu'ils aiment écouter en paix et fous-toi tes commentaires sur CHOI dans le cul. Quand tu auras 380,500 hits/jour sur ton site, tu te permettras de commenter.
Ce qui m'écoeure le plus sur cette planète, c'est les petits trash frustrés, avec une coupe longueuil, un stud entre les yeux, trop pisseux pour s'afficher au grand jour au lieu de se cacher le visage, qui crie des niaiseries sur une station de radio QUI N'ÉMET MÊME PAS À MONTRÉAL.
Faque, farme donc ta yeule, looser.
-Bibeau »
Les portes Saint-Jean, au-dessus de la place d'Youville, étaient infestées par une populace itinérante arrivée des quatre coins du Québec, et même de plus loin encore.
Dès mon arrivée là-haut, j'identifie deux personnes de ma connaissance et distribue quelques poignées de mains: un type du Lac Saint-Jean avec qui j'ai travaillé dans un resto il y a quelques étés, et que j'avais croisé la veille aux Violent Femmes, puis une autre personne qui demeure près du métro Pan-Talon et que je croise de temps à autre au centre-ville.
Je me suis trouvé un coin pour descendre ma king can de bière cheap. Un oeil sur le Vieux-Québec; l'autre sur la foule rassemblée au sommet des Portes.
Au carré d'Youville, la quasi-totalité de l'espace est occupée par une des scènes extérieures du Festival d'Été.
Aux côtés du Palais Montcalm, un imposant troupeau de punks. Et de chiens. J'ai cru reconnaître une fille fréquentée quelques semaines, lorsque j'avais 18 ans, et que je n'avais pas revue depuis les fêtes de la St-Jean-Baptiste, en 1998 -à Québec justement. Mais je ne suis pas certain que c'était elle. Ou bien elle n'a pas changé, pas vieillie d'un iota, ou bien c'est une jeune fille qui ressemble énormément à celle que j'avais connue il y a sept ans.
Les autobus partis le dimanche même de Sherbrooke, Trois-Rivières, Saguenay, Matane sont arrivés dans la Capitale maintenant.
Que se passe-t-il ? N'était-il pas censé n'y avoir personne ? Que font tous ces gens ? Pourquoi ont-ils envahis Québec, pourquoi se sont-ils tous regroupés, jeunes et moins jeunes, pour boire et festoyer au sommet des portes Saint-Jean ?
Mais là haut, TQS le mouton brun de la télé n'ira pas filmer. Le journal Le Soleil n'enverra pas ses journalistes et CHOI-FM ne dépêchera pas non plus un dude avec un micro.
Les médias régurgitent au reste du monde une vision tronquée, incomplète du monde qui nous entoure. Je ne parle même pas de l'Irak, de l'Afghanistan ou de n'importe quel trou du cul du monde. Je parle d'ici: Fucking Québec, fucking P.Q.
Pourquoi le monde dans lequel nous baignons est-il ignoré, ou presque, par ce miroir de la société qu'est censé être les médias de masse ?
Pourquoi ce qui se passe est-il inexistant pour le reste du monde.
Il n'y aura personne au show de Béru...
Quelqu'un peut-il m'expliquer les raisons pour lesquelles le spectacle qu'il m'est donné de voir, de mes propres yeux, chaque matin, chaque après-midi et chaque soir, dans le quartier où je réside (dans Centre-Sud, Montréal), ou n'importe où sur n'importe quelle rue de ma ville ou de n'importe quelle autre, n'obtient d'écho nulle part dans aucun média ?
Qui témoigne de ce qui se passe ici, de ce qui se passe dans la rue, dans l'espace entre ma maison et le dépanneur, que dis-je, dans l'univers qu'il y a entre la porte de mon appartement et le dépanneur du coin ? Cet univers n'existe-t'il donc pas ? Est-ce moi qui hallucine ?
Est-ce toi qui hallucine ?
Toi, tu vois quoi quand tu te balades sur ton lopin de planète ??? Tu vois quoi au pied de ta porte, dans ton quartier, les deux pieds à ground zero, à même le sol de ta portion de galaxie ?
N'as tu donc jamais l'impression, en ouvrant le journal, en regardant les informations télévisées, en tournant le bouton de ton poste de radio, qu'on te parle d'un monde, d'un univers, qui n'est qu'en bien peu de choses conforme à ce que tu peux observer tous les jours, entre ta maison et ton dépanneur, entre ta maison et ton travail ? Qui n'est qu'en peu de choses conforme au quotidien de ton lopin de planète, à tes quotidiennetés et à celles des gens qui t'entourent ?
Les médias doivent être le reflet de la société. Le travail des médias est de rapporter ce qui se passe.
Non... il n'y aura personne à Québec pour le show de Béru... Évidemment...
Personne ne se donne la peine de grimper sur les Portes St-Jean pour aller constater qu'il se passe là quelque chose.
Peu importe si c'est vital pour la survie de l'humanité. Peu importe si on en parlera encore dans mille ans. De toute façon, que restera-t'il de nous ou de notre civilisation dans un millénaire ?
Il y avait quelque chose à constater, le 11 juillet 2004 au sommet des Portes St-Jean à Québec, et personne ne grimpe là-haut pour y porter attention. C'est un exemple parmi tant d'autres. Il se passe tellement de choses dans le vrai monde, ici, là-bas, au pied de ta porte, ground zero, dans ta rue... mais qui donc est là pour montrer cet univers au reste du monde, pour crier son existence ?
La bière cheap descend bien là-haut, sur les Portes St-Jean...
De gros nuages noirs se dessinent à l'horizon. Quelques personnes commencent à se diriger en titubant vers les Plaines d'Abraham, cependant que d'autres fêtards viennent grossir la masse rassemblée sur les remparts de pierre. Je reconnais encore 3 ou 4 autres personnes de Montréal. Des gens que je connais de vue simplement, que je croise dans mon quartier. Le décor est étonnemment familier.
Vers 17h30, je me pointe à mon tour sur les Plaines d'Abraham et je parviens à trouver une entrée où la file de spectateurs n'est pas trop longue.
C'est durant ces quelques dix minutes d'attente qu'une pluie froide et fine, se met à tomber. Les types qui m'entourent s'amusent à entraîner leurs voisins dans des «combats de cheveux mouillés». Ils retirent leurs chandails pour sentir, l'espace de quelques secondes, le contact de l'averse glaciale sur leurs dos.
J'entre sur le site du show. Il pleut maintenant de plus en plus fort. Les techniciens s'activent, se pressent pour recouvrir les amplis avec des toiles. Le vent rabat l'orage sur la scène.
Il vente de plus en plus... Il y a très peu d'abri sur les Plaines, et quelques arbres seulement se trouvent à l'intérieur des limites tracées pour le site du spectacle. Quelques futés trouvent refuge entre deux toilettes chimiques. Chacune des interstices séparant les sept ou huit cabinets est occupée. J'essaie de me joindre à eux, mais je reçois mon quota d'eau glaciale. Il vente à présent si fort que j'en ai le souffle coupé, comme lorsque l'on sort la tête de la fenêtre d'une voiture qui roule sur l'autoroute et qu'on laisse un trop-plein d'air nous fouetter le visage. Sauf qu'ici, c'est de moins en moins amusant. Et il fait froid.
Je me réfugie à un kiosque de bière. Nous sommes bientôt une quarantaine de personnes dans un asile de vingt mètres carrés. On est tassé les uns sur les autres, mais au moins c'est plus chaud ! Une jeune femme à la brillante idée de tirer la toile qui compose le kiosque et de la ramener devant, de manière à ce que nous soyions davantage à l'abri des rafales, et mieux protégés de la douche frigorifiante qui réussit tout de même à s'abattre sur nous.
Par un temps aussi exécrable, il est impossible qu'un concert puisse être présenté. Bérurier Noir fait cependant irruption sur scène, à l'improviste. Sans instruments, seulement le beat box et un micro, le temps de quelques mots d'encouragement aux braves qui subissent l'orage, le temps d'un extrait rudimentaire de Petit Agité.
La pluie se calme un peu. Débarquent deux agents de sécurité, en imperméable orangé:
--Okay, ceux qui ont pas de raison d'être icitte, c'est dehors !
--Euh... ça dépend ce que vous voulez dire par raison d'être ici...
--Ceux qui achètent pas de bière, vous décrissez !!!
On essaie de se désencastrer les uns des autres, de quitter le refuge procuré par la tente. Un individu laisse tomber:
«Vous pourriez quand même être poli... »
et se fait répondre:
«Ouain !! On est poli ! »
Ça augure bien mal... Si l'attitude des responsables du Festival et des autorités en général envers les spectateurs continue d'être aussi sympathique et cordiale, que l'on ne vienne pas s'étonner si les émeutes, que déjà plusieurs redoutent, se produisent effectivement à la fin du concert...
Il pleut toujours, mais le pire de l'orage est derrière nous.
Les bottes d'armée pataugent maintenant à botte que veux-tu dans le marais humide et brunâtre qu'est devenu les Plaines d'Abraham. Tout le monde s'éclabousse, se lance de la boue. Certains imbibent leurs drapeaux rouges et noirs, les agitent au-dessus des têtes, envoient des flaques de merde à la ronde. J'en reçois une en plein dans l'oeil.
Il faisait 28 degrés durant l'après-midi; je suis en t-shirt. Mais le temps s'est refroidi, et mon chandail imbibé d'eau de pluie me congèle.
Profitant de l'accalmie, je quitte les Plaines (partout, autour du site, les gens se sont agglutinés sous les porches, les préaus, à quarante sur vingt mêtres carrés) et je retourne vers le Vieux-Québec pour changer de vêtements, et revêtir un gilet plus chaud.
Lorsque je regagne le site du Festival, il merdouille encore un peu, mais le concert à pu débuter. Je n'ai pas vu Akuma, et j'ai franchi l'entrée aux dernières notes des Vulgaires Machins...
À souligner que les agents de sécurité, à l'entrée, étaient lors de mes deux passages, courtois et respectueux, contrairement aux deux énergumènes qui nous avaient renvoyés sous la flotte.
L'orage est passé depuis un moment, et les dernières gouttes d'eau qui persistaient à descendre sur terre cessent enfin. Les Plaines ne sont qu'un immense marécage boueux et collant, mais c'est plus que jamais la bonne humeur générale. Les buveurs entêtés, qui aggripaient contre vents, bourrasques et torrents d'eau de pluie leurs pauvres bières débordantes, peuvent maintenant s'approvisionner à loisir dans les kiosques de bières soulagés des naufragés que nous étions, et s'abreuver d'alcool moins dilué qu'une heure auparavant.
Ethnopaire est le troisième groupe à se présenter sur scène. Tout le monde crie: «Béru ! Béru ! Béru ! » à la fin de chacune des pièces du groupe français.
Puis, sans trop se faire attendre, c'est Bérurier Noir, pour la première fois en 15 ans, qui apparait sur scène en sol québécois.
Il y a quelques années, alors que je demandais à quelqu'un son appréciation du Star Wars qui venait de sortir (je ne me souviens plus lequel, l'épisode I ou II, moi je n'ai pas été plus loin que Le Retour du Jedi... je crois que nous parlions de l'Attaque of the Clounes), la personne m'avait répondu que ce qui importait n'était pas que le film soit bon ou mauvais; le but était plutôt d'avoir vu le film, au cinéma. D'avoir assisté à la représentation du Star Wars nouveau, comme jadis les gens allaient à la messe, le dimanche, sans se demander si le sermon était pertinent ou pas.
Voici le parallèle que je trace avec le concert des Bérurier Noir, le 11 juillet, à Québec. J'avais dix ans quand le groupe a mis fin à ses activités. Jamais je n'aurais pensé voir les Bérus en concert. Même après leur résurrection aux Transmusicales de Rennes l'an passé, je ne cultivais que de minces espoirs de les voir traverser l'Atlantique.
Comment le show, dans ces circonstances, aurait-il pû être mauvais ?
De toute manière, n'ayant jamais vu les Bérus, le Clockwork Band 1983-1989, je n'avais aucun point de comparaison, et pour la majorité des gens qui se trouvaient sur les Plaines, dimanche, c'était probablement la même chose. Il aurait fallu que Béru se force pour être mauvais et décevoir tout ce monde.
Ce qui n'enlève rien à la qualité du show, à la force de cette fiesta gigantesque, qui aurait eu lieu et qui aurait été aussi jouissive avec ou sans orage, pluie ou guerres de boue.
Si j'ai croisé beaucoup de gens de ma connaissance qui avaient fait route jusqu'à Québec ce weekend là, je n'ai croisé personne de ceux que j'ai connu lors du glorieux été 1997, le glorieux été vagabond de mes 18 ans.
J'aurais aimé en retrouver au moins un ou deux, parce qu'à cette époque, il y en a eu beaucoup de Béru qui s'est fait entendre. Il y en a eu aussi du temps perdu sur des bancs de parc toute la journée et, à la nuit noire, à grands coups de bottes 20 trous sur les pavés des paisibles quartiers résidentiels. Il y en avait du Béru dans les ghetto blasters sur le bord de la rivière.
Ou sont ces gens ? Peut-être que cette musique n'a plus d'importance pour eux ? Peut-être que cette époque n'était pas valable à leurs yeux comme elle fut importante pour moi, mais c'est leur droit. Peut-être sont-ils tous trop scraps pour avoir fait le voyage ou peut-être que, dans cette foule de 40 mille personnes, ne les ai-je simplement pas vus.
Mais l'esprit était le même.
Premier moment sentimental de la journée: le concert de Bérurier Noir m'a réconcilié avec le genre humain.
Je le dis même si ça peut avoir l'air con (et ça en a probablement l'air) et même si je peux me contredire dans huit jours, mais je suis sorti de là heureux. Parce que l'esprit des shows punks à 50 cents dans une maison des jeunes était le même. Sitôt quelqu'un tombé dans la merde, douze mains se tendaient pour relever le malchanceux. Toujours quelqu'un pour s'arrêter, en plein milieu du trash et s'excuser de vous avoir mis son poing dans la face par inadvertance. Toujours quelqu'un pour s'arrêter, en plein milieu du trash, pour vous prendre la main (pour vous prendre par la main, bordel !!!) avec un air vraiment concerné, et vous demander: Es-tu correct ?
À mon arrivée à Québec samedi après-midi, je déblatérais sur ce macaron du Festival, petit carré vert vendu 15 dollars et donnant accès à tous les spectacles extérieurs présentés durant l'événement. Je refusai, à la blague, de l'épingler à ma chemise et de me balader dans les rues, arguant que tout ça faisait grégaire.
Je retire tout ce que j'ai dit là-dessus. Béru est grégaire anyway... C'est l'essence même de ce groupe. Grégaire, tribal, rassembleur. Se rendre à Québec voir les Bérus était grégaire.
Et je ne vois rien de péjoratif là-dedans...
Soyons grégaires alors, et allons voir Béru.
Et levons le poing dans les airs et hurlont aussi tout ce qu'il faut hurler, aux bons endroits: «Laï-la-laï La-la-la-laï Laaaï-laï-laï-laï-la-laï laïlaïlaïlaï laïlaïlaïlaaï », «Peeee-tiiiit Aaaa-gi-tééé ! », «Ils marchent dans la forêêêt », «Porcheuuuuurie !!!! », «Une tribu de bonne-soeurs incendient l'Sacré-Coeur ! », «Laaaa lalalalalaaaaaa laaaa lalalalaaaaa », «Bûcherons ! Bûcherons ! », «Nous sommes blaaaancs... nous sommes nouaaaaars... et tous ensembleuuuu... nous sommes de laaaa dyyyyy-naaaaaaa-miiiiiiiittttttte !!!! »
Porcherie: c'était l'apothéose.
Autre bout sentimental, et fuck si ça peut avoir l'air con (et ça en a sûrement l'air): c'est un moment que je ne pensais jamais vivre, entendre Porcherie en vrai ! Live, dans ma face !
Quel intérêt peut-on bien avoir à questionner la pertinence d'un retour, quinze années plus tard, du plus mythique des groupes punk mythiques, lorsqu'on a les deux pieds dans la boue, le poing en l'air, dehors un soir d'été, avec 40 ou peut-être 50 mille personnes, à crier: «La jeunesse emmerde tous les nazis » ?
Pour les intéressé(e)s, voici ce que je me souviens du setlist: Vivre libre ou mourir, Vive le feu, Le Renard, Petit agité, Lobotomie hopîtal, Scarabée, S.O.S., Bûcherons, Porcherie, Salut à toi.
Plus des cracheurs de feu, un mec en échasses, des masquards de clown, des tronçonneuses, vingt-cinq personnes sur scène en même temps...
Junior Cony a clôturé la fiesta et calmé les esprits. Musique reggae, dub, plus athmosphérique, plus relax. Beaucoup de gens attendaient un autre rappel (le chanteur a même demandé: «Qu'est-ce que vous faites ?? Rentrez chez vous !! »); d'autres sont simplement restés pour se rouler dans la boue. Ce qui fait que la sortie des Plaines s'est faite tranquillement, par petits groupes.
Nous n'aurons pas eu l'air d'une bande de sauvages. Québec a pu dormir en paix.
Ah oui... j'oubliais:
Viva Béru !
Bérurier Noir et invités, sur scène dans deux heures. Faites gaffe à votre cul, il se fera botter. Faites gaffe à votre gueule, elle va se faire atomiser.
Bon show, bonne fiesta.
Bonne... émeute ?
Essayé de déjeuner au Café Notre-Dame, sur la rue Saint-Jean. Le retaurant est à moitié occupé, mais c'est la pagaille totale, tables sales et couverts non-desservis partout.
J'ai pris place aux côtés de six ou sept skinheads affamés. Il s'est déroulé une quinzaine de minutes avant que la propriétaire des lieux, se chargeant elle-même du travail de ses employés, viennent me demander si j'avais été servi. Puis un serveuse débarque, prend ma commande à moitié. Dix minutes plus tard, la propriétaire resurgit. On ne se souvient plus de ce que j'ai demandé. Je lui répète calmement. Par la fenêtre, la faune bizarroïde attirée par la fiesta prévue dans l'après-midi continue de se multiplier.
Au bout d'une demie-heure de ce petit manège, je me lève et quitte les lieux discrètement.
Je suis descendu vers Planète Basse-Ville. Passe devant le Restaurant Postino, où Robert Gillet, l'infâme, ramassait ses putes d'âge mineur. Je fais le tour du quartier Saint-Roch, en perpétuel métamorphose depuis la fin des années 90. Sur Saint-Joseph, des punks partout. Quoiqu'il ne soit pas inhabituel d'en voir dans ce secteur.
Tout le monde est à Québec ce weekend, je l'ai dis. Même Gilles Latulippe, le démon du midi en personne, vagabonde sur Charest ! Gilles Latulippe ! Celui qui a déridé trois générations avec ses impayables histoires de belles-mères et de gars-qui-arrive-à-l'hôtel-comprends-tu? Pourquoi pas Gilles Latulippe sur les Plaines d'Abraham au lieu de Béru ?? Pourquoi pas une réunion du cast original de Symphorien ???
Je petit-déjeune finalament au Pub du Quartier, joli petit endroit frais et ensoleillé, terrasse au coin Saint-Joseph et rue de l'Église, où l'on se jette sur moi après quarante secondes. Jerry Lee Lewis a joué, Fats Domino aussi. Del " Wah Wah Wah I Wonnnder" Shannon. Et puis Elvis, évidemment !
On a oublié mes pommes de terre, mais on m'en a ramené plus tard et on me facture moitié-prix, bien que je n'ai pas prononcé un mot de reproche à qui que ce soit.
Et voilà un déjeuner pour deux dollars. J'en ai laissé cinq comme pourboires. Allez donc manger là quand c'est tranquille. La serveuse a un kanji tatoué entre les deux seins.
Ce séjour à Québec est très loin d'être mon premier, mais pour la première fois depuis trois ans, je ne suis pas rempli d'appréhension en débarquant ici; je n'ai pas envie de me terrer chez des amis; je n'ai pas envie d'éviter les endroits publics.
Je suis en feu. Je suis en feu parce que Québec, qui malheureusement n'est pas assez souvent en feu à mon goût, est en feu ce weekend. Et c'est un réel plaisir de se promener dans les rues.
Québec me semble différente. Et je me sens presque chez moi. D'autant plus que je croise plein de monde de mon quartier, depuis hier après-midi.
Dès mon arrivée samedi aux bureaux d'Allo-Stop, rue Saint-Jean, j'eus la surprise d'être interpellé par une personne que je vois tous les matins de la semaine: une collègue de travail, débarquée la veille pour voir un des spectacles du Festival d'Été.
Puis, à 19 heures, je devais rejoindre au Tribune Café, face au carré d'Youville, ma pseudo-voisine d'en arrière, from South Central 514 baby.
Ajoutez à cela que la ville de Québec n'a sûrement jamais vu autant de punks et de skins. Ils étaient partout dans le quartier Saint-Jean-Baptiste samedi soir... et les autobus amenant des quatre coins de la province les fans de Béru n'étaient même pas encore arrivés dans la Capitale !
À 21h30, les Violent Femmes se produisaient dans le parc de la Francophonie, derrière le Parlement et devant une foule immense, qui débordait du petit parc de la rue d'Artigny.
Pour commencer le show, Out The Window et Please Do Not Go. Puis on se débarasse, de façon un tantinet nonchalante, de Blister in the Sun.
Pour le reste de cet excellent concert, presque tout y a passé: Gone Daddy Gone, Gimme The Car, Prove My Love, Jesus Walking on the Water, Color Me Once, Add It Up.
Il en manquait peut-être bien quelques unes: Lies, 36-24-36, Breaking Up, Old Mother Reagan, mais sur une telle quantité de non-succès stupides et contagieux, il est normal que certaines chansons aient été sacrifiées.
L'étoile du jour: Victor de Lorenzo, le batteur du trio. Un showman incroyable, la vraie star des Violent Femmes, qui gesticule comme un parfait demeuré, court partout, va se cacher et danse dans la fumée fushia, pousse un cri de furet à la fin de Blister in the Sun, s'amuse à revenir très trèèèèès lentement vers sa batterie après l'intro de American Music.
Au rappel, une pièce, vraisemblablement improvisée, où Gordon Gano le bas-cul chante avec les musiciens de Tarmac, qui avaient précédé Violent Femmes sur scène. Au final, l'inévitable Kiss Off a conclu ce spectacle unique. On les reverra dans neuf ans, p'têt huit si on est chanceux, et Viva Wisconsin.
Comme prévu, j'ai quitté Montréal avec Allo-Stop à 14 heures samedi. Le conducteur de notre voiture était un homme d'environ 118 ans, qui se définit comme assez flexible.
Mathieu: À quel endroit à Québec pensez-vous nous déposer ?
Arthur: J'va t'dire bin honnêtement, moé j'su flexible
Le trajet s'est déroulé à un rythme monotone, Arthur, ce camionneur expérimenté, ex-pilote de camion-citerne, roulant sur l'autoroute 20 à une imperturbable vitesse de 110 kilomètres/heure, jamais plus, jamais moins.
À l'arrière, il faisait une chaleur épouvantable. Nous étions cinq personnes au total dans la voiture, et l'air conditionné ne suffisait plus à la tâche. Je n'ai pu, durant le voyage, déterminer qui de ce Mathieu, à ma gauche, ou du touriste Français, à ma droite, dégageait cette odeur d'antisudorifique cheap.
Le clou du voyage fut sans contredit l'escale dans la région de Drummondville, où Arthur fit le plein d'essence.
J'aperçus près du dépanneur l'inénarrable Normand L'Amour, le Wesley Willis septuagénaire de cheu nous, coiffé de son inséparable casquette de papi blanche.
L'artiste et tenancier de dépanneur vendait à qui le voulait bien un exemplaire d'un de ses albums indépendants, gravé sur cd. Il a maintenant écrit, enregistré et produit 43 albums, je le tiens d'une source sûre: Normand L'Amour lui-même.
Je défilai rapidement, en mémoire, la liste de ceux de mes amis qui seraient heureux de recevoir comme cadeau un des disques de Monsieur L'Amour. Je n'identifiai personne qu'une telle offrande put combler; je remontai donc en voiture, abandonnant devant la station-service cette apparition surréaliste, assise jambe croisée, sirotant un p'tit Coke Diète en cannette, au milieu des dinosaures de fabrication beaucerone et des pneus géants plantés dans le stationnement du Restaurant Madrid, ce château-fort du mauvais goût québécois.
«Un seul hêtre vous manque et tout est déboisé »Partager |Hyperlien | Toi, qu'est-ce t'en dis ?
(Latartine)
Un tatouage est comme une maladie vénérienne: ça pique.
Partager |Hyperlien | Toi, qu'est-ce t'en dis ?Vous êtes sûrement déjà tombé sur une publicité du type «Retrouvez vos ami(e)s du secondaire», et peut-être même, en suivant le lien, inscrit à un de ces sites où l'on essaie de répertorier tous les finissant(e)s d'une école ou d'un collège, classés selon l'établissement fréquenté et l'année de graduation.
Vous croyiez surfer innocemment, guidé par la nostalgie de vos vertes années. La nostalgie de ces jours où vous usiez vos culottes sur les bancs de bois d'une école. La nostalgie de ces soirées où vous brûliez vos vingt ans et/ou vos cellules en sniffant de la colle avec vos camarades.
Those were the best days of my life.
Vous croyiez surfer innocemment, mais au même moment, quelqu'un, quelque part, est peut-être calmement assis dans un sous-sol obscur. Il tient à la main un cahier Canada pareil à ceux dans lesquels vous griffonniez, entre deux baillements, durant un cours d'algèbre. Pendant ce temps, lui, il dresse une longue liste, méticuleuse, d'une calligraphie sans bavure. Il ajoute un nom à sa liste entre deux coups de bâton rouge sur ses lèvres exsangues.
Puis il se connecte à internet. Il fréquente lui aussi, le même sittoueb que vous, le même sittoueb que votre nostalgique petit vous.
Et patiemment, soir après soir, pendant que vous couchez les enfants dans leur chambre d'enfant de banlieue, pendant que vous allez rejoindre dans votre lit le quart-arrière de l'équipe de football ou la reine du bal que vous avez épousé après le collège, lui retire ses bas de nylon, se fout à poil, et de son ordinateur, dans son sous-sol obscur, retrace chacune des personnes qu'il a croisé durant ces "belles" années à l'école secondaire.
Those were the best days of my life.
Et il vous éliminera tous, un par un. Patiemment. Méticuleusement.
Ca ne vous inquiète pas un peu ?
Doit-on interdire internet ?
Ma réponse est...
oui.
Dieu te voit.
(Big Brother aussi).
Plus que cinq jours avant le concert des Bérurier Noir. Je pars pour Québec samedi pour voir Violent Femmes, et je serai évidemment de la grande fiesta sur les Plaines d'Abraham le lendemain, 11 juillet. Cependant, me voilà perplexe: on m'apprends à l'instant qu'il n'y aura personne.
C'était affiché sur un poteau de téléphone. Malheureusement, l'adresse email n'existe pas. Psycho-Patate demeurera un mystère. Tout comme Psycho-Pois Vert...
Banane ass split
Cock tail
Fente à stick
Un jour dans ma vie, je ne sais plus trop quand au juste cela se produisit, probablement durant la courte période, le printemps dernier, pendant laquelle je me sentais faible, paranoïaque et névrosé; un jour donc, j'ai pris conscience d'une grande vérité.
Rester éveillé quarante heures consécutives sous prétexte que j'ai beaucoup de choses à accomplir et que je manque de temps ne me rendra pas plus productif. Seulement plus confusé, plus frustré de manquer de temps. Possiblement de mauvaise humeur. Plus angoissé, plus déprimé, plus imbuvable. Moins supportable.