Pour Marcel, la fusion municipale dont il a été « victime », cette dure épreuve dans sa vie, ça signifie qu'il a « perdu son sentiment d'appartenance après s'être fait dérober son nom de ville. » (Le Soleil, 4 juin 2003, p. A3) Pauvre Marcel, c'est vrai qu'on a aussi déplacé ses voisins à 50 kilomètres plus loin, que l'épicerie au coin de sa rue a été forcée de fermer ses portes pour avoir plutôt pignon sur rue dans l'ancienne ville de Beauport, parce que la nouvelle administration trouvait qu'il en manquait dans ce secteur. Pire, Marcel est un ornithologue amateur et son nom de rue, rue des pinsons, le faisait rêver à ses ballades d'observation. Ça l'émeut quoi ! Rue Pablo-Picasso, c'est trop abstrait. Il y a des limites à ce qu'un Homme peut endurer sans broncher.
Marcel est aussi un homme heureux. Dans la société où il vit, tout va pour le mieux. Alors lui et ses copains ont décidé de prendre en main une vraie cause, celle du nom des rues. Faut dire que leur ville, Ancienne-Lorette, n’existe plus et que leur arrondissement ne s’appelle même pas Ancienne-Lorette mais Laurentien. Donc, mardi soir, ils se sont présentés à une soirée de consultation où les délégués du comité de toponymie voulaient faire connaître les 80 propositions de noms de rues destinés à leur arrondissement. « On va les barbouiller vos noms de rue ! » (idem), a lancé haut et fort un copain de Marcel, encore tout tremblant de colère. C’est ce qui arrivé hier soir.
Vous aurez vite compris que le déménagement des voisins et de l’épicerie, tout comme les noms de rues, je les ai inventés. Pour le reste, l’assemblée semble s’être déroulée dans un tel climat selon le journaliste du Soleil. Je voulais seulement illustrer qu’en réalité, rien n’a changé dans le quotidien des
« défusionneux ». Ce qu’on appelle « l’espace vécu », c’est-à-dire la relation à l’espace et l’environnement, il est exactement le même qu’avant la fusion. L’appartenance c’est ça. Je ne dis pas qu’un nom n’a aucune importance, au contraire. Mais on se sert de ce prétexte pour justifier l’opposition à la fusion. Je peux me tromper mais je crois que ces gens cachent à peine la véritable raison : la peur. Peur que des « pauvres » s’installent dans leur secteur (pensez aux gens qui s’opposaient à la coop à Loretteville) ou que des personnes âgées viennent s'établir dans leurs quartiers résidentiels (souvenez-vous de Val-Belair récemment). Le vieux réflexe que tout ça doit être dans le centre-ville.
Je pourrais en ajouter sur d’autres aspects de la question mais je m’arrête ici...
wow! Comme premier texte plus personnel sur ton carnet, c'est un sacré bon début!
*s'assois avec un pop-corn en attendant la suite*
Envoyé par: Francis Vachon le juin 4, 2003 09:22 PMMerci de ton bon mot Francis. ;-)
Envoyé par: Francois Marcotte le juin 4, 2003 09:33 PMC'est assez bizarre de voir la réaction de gens qui dans les faits ne doivent même pas savoir où passe réellement la limite municipale de sa municipalité. Ne s'agit-il pas d'une limite administrative justement abstraite à laquelle le pauvre Marcel fait référence et s'attache ? Dans les faits, ce qui a fait de sa ville un endroit attachant, ce sont les quartiers par leur bâti et leur vie, non pas par leur nom.... Peu importe les changements administratifs, la vie de quartier et son dynamisme demeurera le même.
Envoyé par: Pascal Lacasse le juin 5, 2003 08:10 AMParfaitement d'accord avec vous, Pascal et Francois. Les anti-fusion criaient à la perte de leur "identié" mais se sont-ils demandé ce qui définit cette "identité"?
Envoyé par: Etienne Quirion le juin 5, 2003 01:23 PMLa fusion forcée c'est pas démocratique. Nos élus municipeaux furent élus démocratiquement, dans une province qui se dit démocratique. Est-ce que vous seriez d'accord si P.Martin décidait de nous fusionner avec les États Unis? Seriez-vous allors des défusionnistes ? Diriez-vous que les défusionnistes sont des peureux? Seriez-vous fiers de la fusion forcée???
Je ne demande pas mieux que de me trouver un loyer dans votre municipalité afin de vivre parmis des gens,qui supportent la démocratie.