Je l'attendais depuis longtemps ce nouveau Magris. Tellement impatient que je n'ai pu attendre que mon libraire le commande et le reçoive. Parfois, ça peut être long. Alors j'ai profité de l'occasion que ma « matante-chanteuse » se produise à Paris pour lui demander de faire un détour par la FNAC ou quelconque librairie pour me l'acheter. Finalement, elle l'a pêché dans une librairie de Quimper et maintenant, je l'ai. Vais alors le lire.
En attendant de vous donner mon opinion et faire une petite critique sur le bouquin, voici ce qu'en pense Lionel BEDIN de l'excellent site « Un livre dans le sac à dos ! » (Voir section Liens web...) :
Claudio MAGRIS – Déplacements
«La réalité n’est qu’une façade du présent.»
Magris est l’un de ces écrivains « à qui il arrive de vivre plus ou moins longtemps ailleurs que chez eux, dans un autre espace-temps. » Suivons-le donc, de la route de Don Quichotte au palais de Raskolnikov. A Madrid ou Barcelone, aux Canaries ou aux îles Fortunées, à Londres ou à Berlin, et bien sûr en des lieux et sur les traces de personnages chers à l’auteur : la Forêt Noire, Hanovre, Goethe, Ludwig et ses châteaux rêvés, le Danube, Zagreb, l’Istrie, la Bisiacarie, l‘Adriatique, Prague et le pont Charles, la Mitteleuropa et son « histoire labyrinthique », pour finir par un détour en Scandinavie et un saut en Australie. Tout comme ces « aventureux navigateurs des mers indéchiffrables de la vie », Magris nous trimballe dans des déplacements géographiques, mais aussi dans le temps.
Beaucoup de lieux, de villes, de villages, de rencontres, de personnages, parfois inattendus, d’histoires, petites et grandes, parfois violente : c’est le style de Magris, sorte de nomade intemporel, qui interroge le temps, l’Histoire et les paysages (l’espace) pour en restituer avec beaucoup de détails et de précision, « une précision grotesque », comme il le dit lui-même, une « épopée des petites choses » qui, en apparence insignifiantes, forment un tout et finissent par donner un sens à ce qu’il voit et raconte. Tout est important : un meuble ancien, une histoire colportée de bouche à oreille, un reportage, une photo : tout s’imbrique, tout se superpose, comme des couches archéologiques, et finalement ce qui semblait disparate trouve sa résolution et son sens. Comme dans le bureau de Schönberg, « maestro et créateur de dissonances, on perçoit l’importance de l’harmonie. »
Rares sont les livres comme celui-ci, dans lesquels on se plonge sans retenue, intéressé, heureux d’apprendre quelque chose. Car avec Magris il n’y a pas un seul instant d’ennui, c’est intelligent, c’est bien écrit. « Le voyage est un incessant préambule, un prélude à quelque chose qui est toujours encore à venir et toujours derrière le prochain coin de rue. » Soit. Partons, alors. Non sans cet avertissement : rien de plus temporel que le récit de voyage. « Les pages de voyages sont caduques par excellence, parce qu’elles sont le récit et le portrait d’un moment particulier, d’une réalité aussitôt enfuie. » Ce qui n’est pas un problème : c’est justement ce que nous attendons d’une relation de voyage ! (Le livre contient d’ailleurs de nombreuses réflexions sur le voyage et le voyageur, acteur ou spectateur, qui devraient figurer dans toute anthologie.) Un livre de base, indispensable. (Lionel BEDIN, Un livre dans le sac à dos !)
Les premières lignes de Le Pays sans nom :
« Il est curieux de se retrouver dans un pays riche comme celui-ci d’une histoire et d’une culture pluriséculaires et qui, depuis quelques semaines, n’a pas vraiment de nom. Après la séparation de la Slovaquie, Prague est la capitale d’un Etat, la République Tchèque, qui se cherche une appellation, un mot à écrire sur les cartes de géographie et à utiliser dans la (sic) langage quotidien. »
Traduit de l’italien par Françoise Brun ; éditions La Quinzaine littéraire – Louis Vuitton 2002, collection Voyager avec…
Envoyé par - François - le juillet 1, 2003 03:09 PM