Jean-Claude MARSAN, un architecte, urbaniste et professeur bien connu de l’École d’architecture de l’Université de Montréal, publie un article dans l’édition du journal Le Devoir des samedi 5 et dimanche 6 juillet au sujet du projet de construction du complexe culturel et administratif de Montréal qui doit loger la salle de l’Orchestre symphonique de Montréal (OSM), les conservatoires de musique et de théâtre et des bureaux de fonctionnaires provinciaux.
J’ai retenu en vrac quelques réflexions de l’auteur qui représentent bien l’essentiel de ses propos sur la question du décalage existant parfois entre l’architecture théorique, de firme je dirais, et une approche de rénovation urbaine en meilleure adéquation de la culture et des caractéristiques du milieu et de l’environnement. Je mets la photo de la maquette. Difficile de se faire une idée juste du projet mais elle me semble assez révélatrice des inquiétudes de monsieur MARSAN.

Un gigantisme dissonant
Que gagnera Montréal en «formalisant» la culture
d’une façon aussi dissociée de son identité?
Extraits
« Il est étonnant qu’il puisse encore exister des architectes qui s’imaginent qu’une place publique aménagée sous des bâtiments sur pilotis et, pour sa partie dégagée, plongée dans l’ombre la moitié de la journée constitue un lieu d’usage attrayant et convivial. Sans doute, lors du Festival du jazz ou d’autres manifestations du genre, les gens s’en accommoderont-ils. Mais aménage-t-on des places publiques pour une utilisation de 15 jours par année ? »
« Celui-ci traduit une vision ostentatoire et désincarnée de la culture de l’ancien gouvernement péquiste, vision qui n’a rien à voir avec les besoins et l’identité de Montréal. »
«...mais que gagnera Montréal en «formalisant » la culture d’une façon aussi désincarnée et dissociée de son identité ? »
«...l’énorme cube de verre qui caractérise ce complexe est totalement hors d’échelle par rapport au site et projettera une ombre gênante sur la place publique adjacente, et ce, pendant les heures les plus intéressantes pour l’usage de cette dernière. »
« Fort bien [l’inscription du projet dans un courant architectural néomoderniste], mais si on en juge par d’autres projets contemporains réalisés à travers le monde, il n’est pas obligatoire qu’une architecture soit rébarbative à la population pour satisfaire les attentes des experts. D’autant plus que l’architecture et les lieux urbains qui finissent par s’inscrire dans l’histoire des villes sont ceux que le public s’approprie. »
« La tragédie par rapport à ce projet de complexe culturel et administratif, c’est qu’après 30 ans, il s’inscrit dans la même approche désincarnée à la rénovation urbaine que celle qui a présidé à la conception de l’édifice Marie-Guyart [complexe G à Québec]. »
(Source : Le Devoir, samedi 5 et dimanche 6 juillet 2003, page B5)
Envoyé par - François - le juillet 5, 2003 03:48 PMÀ propos de l'édifice Marie-Gruyart, il convient d'ajouter une citation de M. Marsan :
« À Québec, par exemple, le complexe gouvernemental G (aujourd'hui édifice Marie-Guyart), construit au début des années 70, s'inscrivait lui aussi dans un courant important de l'architecture de son temps. Qualifié de «fleuron de la modernité», il s'est néanmoins avéré une faillite sur le plan urbain parce que les citoyens ne l'ont jamais digéré. »
Il suffit de circuler près de cet édifice les soirs et les fins de semaine pour comprendre ce que M. Marsan veut signifier par « faillite sur le plan urbain ».
De l'autre côté du boulevard René-Lévesque (Québec), Place Québec est aussi une quasi faillite urbaine. L'ajout d'une nouvelle tour à l'îlot pas plus que la réfection de l'autoroute Dufferin-Montmorency il y a deux ou trois ans n'y changeront rien. C'est une architecture qui veut s'imposer à son environnement et non s'y intégrer.
je souhaite recevoir une documentation graphique (plan,façade...)sur se complexe culturel.
merci beaucoup