jeudi, le 18 septembre 2003

Censure de l'intérieur

Voici quelques jours, j'ai écrit un long billet intitulé Záhradnícka 13 (I), l'adresse de l'appartement où j'ai vécu à Bratislava durant près de trois mois. Je l'ai retiré. Je voulais y dépeindre les impressions d'un jeune homme parti à la rencontre de celle qu'il aime, d'une belle-famille qui l'a accueilli les bras grand ouvert et d'un pays devenu deux qui l'a subjugué et conquis à tout jamais. Prague, ses pavés, ses mystères et sa lumière, Bratislava vécue au quotidien, les villages de Slovaquie en hiver et leur odeur de charbon qui s'échappe des cheminées et cette période de Noël où j'avais l'impression qu'elle était autre chose que deux semaines où les magasins peuvent ouvrir tous les soirs jusqu'à 21h00. Puis elle.

De jolies choses auraient pu être racontées tout comme des déchirements inévitables. Mais trop d'eau a coulé sous les ponts depuis, une eau qui s'est assombrie parce que des gènes ont perdu la tête et dans laquelle je nage en conservant tant bien que mal la tête hors de l'eau. Y a aussi rien à exorciser du passé par une écriture dite thérapeutique. Elle aussi fait partie du temps écoulé.

Peut-être qu'un jour je me déciderai à pianoter sur le clavier les lettres des mots qui sont en moi. J'en sais rien. Pour l'instant, ils resteront en place dans ce que j'appellerais mon territoire intérieur. Záhradnícka 13 s'arrête ainsi, au seuil de la porte.

Envoyé par - François - le septembre 18, 2003 09:28 PM
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