LA PLACE ROYALE, UN EXEMPLE DE PLACE URBAINE MUSÉIFIÉE (1998)
© François MARCOTTE
Extraits
Suite de l'introduction
LE CONCEPT DE PLACE ET SON USAGE À QUÉBEC
L’histoire de la place publique dans la ville de Québec ne se limite pas à la Place Royale. Moins riches en événements ou en usages que les places européennes en raison de leur relative jeunesse, les places québécoises témoignent néanmoins des mutations qui se sont produites dans la ville. En analysant le concept de place et son usage à Québec, nous verrons comment la place publique actuelle est une notion floue ayant des conséquences sur la création des nouvelles places.
Il y a quelques décennies, certaines places de Québec étaient des lieux privilégiés du déroulement de la vie économique et des échanges sociaux des habitants ; la place Jacques-Cartier et la place d’Youville, respectivement en basse et haute-ville, étaient autrefois des places de marché fort prisées. L’invasion croissante de l’automobile et sa pression sur les tissus urbains anciens, ajoutées à l’adoption de politiques urbaines faisant abstraction du rôle structurant des places à l’échelle des quartiers, ont conduit à la modification substantielle de ces espaces, voire à leur disparition complète comme la place Jacques-Cartier (1).
L’exemple de la « place Jacques-Cartier » actuelle est intéressant car il témoigne d’une double confusion du concept de place urbaine, à la fois d’ordre terminologique et morphologique. La première se situe dans la désignation de certains lieux comme place. Selon Hulbert (2), le terme est associé à tort aux complexes résidentiels, aux édifices à bureaux ainsi qu’aux centres commerciaux. Il note par ailleurs que certains espaces de circulation comme des carrefours, des élargissements de rue ou de simples terre-plein comme c’est notamment le cas de la « place Montcalm » sont aussi désignés par le terme place.
En multipliant les exemples fournis par Hulbert, nous arrivons rapidement au constat que le concept de place urbaine à Québec souffre d’une certaine incompréhension : un espace quelconque parfois résiduel de certains aménagements urbains devient une place par une volonté politique sans qu’une réflexion sérieuse n’ait été faite sur sa capacité à jouer un rôle socioéconomique à l’échelle du quartier.
Dans cet ordre d’idée, le récent projet de la place de la Gare est probant de la tendance à créer à Québec des places où priment les qualités esthétiques sur le rôle multifonctionnel de l’espace. D'abord, il faut se questionner sur le nom de « place de la Gare » alors que le communiqué de presse de la Commission de la capitale nationale (3), partenaire du projet, est assez ambigu en utilisant plusieurs terme : la « splendeur de la nouvelle place », « un parc urbain unique » et d’un aménagement « dans l’esprit des grands jardins français ». Par ailleurs, on parle de ce nouvel espace comme « d’un trait d’union entre la portion historique de Québec et le quartier Saint-Roch [...] » (4) alors qu’il est en réalité isolé des quelques îlots bâtis par d’importantes voies de circulation qui agissent comme frontière entre la place et le quartier. Pourtant, une proposition intéressante du CRAC (Comité régional action et circulation) suggérait le déplacement de la rue Saint-Paul en continuité du boulevard Charest vers la gare du Palais afin que la place soit plus fonctionnelle pour les citoyens du quartier (5).
Par cet exemple, nous constatons que cette conception de la place publique marginalise le rôle de cet espace dans la dynamique spatiale de la ville, en particulier sa capacité à satisfaire les besoins des résidents. C’est pourquoi il arrive que des groupes de citoyens s’organisent en s’appropriant des lieux comme ce fut le cas de l’îlot Fleurie. Mais dans le cas de la Place Royale, le contexte particulier de son aménagement que nous examinerons plus loin n’a pas permis une telle appropriation de l’espace.
À suivre
(1) Il existe actuellement une « place Jacques-Cartier » mais il s’agit d’un complexe immobilier qui s’est implanté sur l’ancienne place de marché.
(2) François Hulbert : « Places, parcs, jardins : enjeux autour de la recomposition d’espaces urbains », Québec, Université Laval, département de géographie, 1997, p. 2. (était à paraître)
(3) Commission de la capitale nationale : « La nouvelle place de la Gare - une porte d’entrée digne de la capitale », Québec, communiqué de presse, 3 juillet 1998.
(4) Idem
(5) François Hulbert, op. cit., p. 5.
L'important, c'est que la place garde sa place par une fréquentation adéquate. Une place se doit d'être un noeud, un carrefour, un lieu de convergence, d'origine et de destination à la fois. Sinon, la place devient un non-lieu donc une frontière qui avec les années devient insurmontable psychologiquement. Si on se refait la carte mentale de notre univers connu, on retrouvera certainement un endroit qui sert de place, d'endroit où l'on aime se retrouver... Bref, une place n'est pas qu'une simple description de mots statique et théorique, une place se doit d'être vivante pour exister, sinon ce n'est qu'un aménagement inutile de plus. Bonne nuit !
S'il ya des fautes, je vous laisse le soin des corriger.
Envoyé par: Pascal Lacasse le octobre 6, 2003 11:56 PML'article qui suivra portera sur l'espace vécu, c'est-à-dire la relation qu'entretiennent les citoyens avec cette place urbaine.
Envoyé par: Francois le octobre 7, 2003 08:42 AMJe trouve votre article très intéressant.Mais vous ne parlez pas des nouvelles places
Je travaille actuellement sur les places publiques en particulier sur les "nouvelles places " comme la place des arts et le complexe des jardins.
Que pensez vous de ces types places?
Peut-on considérer la place des arts comme une place urbaine?
merci idang
je un jeune architecte travail sur les amenagement ,experionse dans les amenagements rurale je travail maittenant dans une tantative d'aminage une place urbain.
comme commentaire les place est les lieur public c'est un patrimoine pour le public present et futur c'est notre memoire il faux le protege moralement est par la force de loi.
si vous avez des exemple de place n'esite pas de me l'onvoyer.
merci.