mercredi, le 12 novembre 2003

- Hein... C'est quoi que ça fait ?

Combien de fois ai-je pu me faire poser cette question quand j'étudiais en urbanisme ? Lorsque je rencontrais des demoiselles, la famille à Noël ou des amis, on me le demandait souvent. Alors, voici une définition très générale des tâches que peut accomplir un urbaniste.
(Trouvé chez CFD)

Urbaniste
Personne qui planifie et contrôle l'aménagement d'un territoire municipal en vue d'assurer une utilisation rationnelle et harmonieuse de l'espace et de répondre aux besoins des citoyens. À cette fin, elle conçoit des projets d'aménagement visant à améliorer la qualité des services et des infrastructures, elle prépare les plans, elle planifie les budgets et assure la réalisation des projets. Elle s'occupe également de définir un plan de mise en valeur et d'expansion à long terme et d'établir des normes que les entrepreneurs devront respecter. Elle veille à tenir compte des divers facteurs géographiques, économiques et sociaux dans ses choix afin de créer un milieu de vie bien organisé et attrayant pour la collectivité.

Envoyé par - François - le novembre 12, 2003 07:32 AM
Commentaires

C'est en lisant ceci que l'on constate que le seul endroit où un urbaniste peut travailler avec plus d'aisance, c'est en tant que maire ou ministre. Malheurement, aucun homme ou femme politique n'a une vision territoriale. Sauf financière. Pourtant, l'argent vient d'une position stratégique sur le marché, des ressources naturelles, des économies d'échelles si elles existent réellement... Bref, il est temps de réparer les erreurs du dernier siècle et que les municipalités gèrent leurs territoires comme une ressource rare.

Envoyé par: Pascal le novembre 12, 2003 02:00 PM

Réparer les erreurs du passé ?

Mais quelles erreurs ? Avons-nous assez de recul pour juger le passé ?

J'ai parfois l'impression que cette notion de « réparation des erreurs du passé » a paralysé Québec et l'a empêchée de devenir une ville moderne, contemporaine.

Y a-t-il tant d'erreurs dans le passé, ou n'y a-t-il pas tout simplement une vision différente des choses, vision que le manque de conscience historique nous empêche de comprendre ? J'ai bien dit « historique » et vous voudrez bien comprendre qu'hier appartient déjà à part entière à l'histoire. L'histoire ne s'est pas arrêtée au XIXe siècle : l'histoire ne peut s'arrêter tant qu'il y aura le temps.

Québec n'est pas construite de la vérité des XVIIIe ou XIXe siècles et des erreurs du XXe. Québec est une ville, Québec est organique, Québec vit, se construit chaque jour, même le dimanche. Si la modernité nous apporte une vision différente de celle qui a gouverné le milieu du XXe siècle, il nous appartient de construire dorénavant selon cette vision, et non pas de détruire à tout prix la ville qui nous a précédés.

Envoyé par: Jean le novembre 13, 2003 08:04 PM

Ah ce qu'ils sont chauvin les gens de Québec !C'est drôle de voir les gens s'enflammer. À ce que je sache, je ne parle même pas de forme urbaine, ni des interventions territoriales. Comment puis-je parler de Québec ? J'en ai rien à foutre de Saint-Roch ou des autres aménagements de la ville.

Je parle des erreurs du passé (ou si on préfère des tendances à négliger des faits) dans les choix urbanistiques qui ont été faits de manière générale et du pouvoir des aménagistes simplement. Les erreurs du passé, j'en vois que 2 grosses. 1. Nous sommes un pays avec un hiver : où sont les aménagements en conséquence ? 2. L'usage croissante de la voiture pour les activités quotidiennes : les choix d'aménagement ont causé ce phénomène, comment le limiter (attention, je ne parle pas d'étalement urbain, mais simplement de densité et de mixité des usages)? Les municipalités doivent faire leurs devoirs en matière d'aménagement et non pas seulement s'intéresser aux taxes municipales. C'était mon message.

En passant, si la ville de Québec a fait tant d'erreurs (en supposant), c'est sûrement parce qu'elle a essayer de faire des choses. Il ne faut pas avoir honte de faire des erreurs, c'est de ne pas les reconnaîte qui est honteux...

Envoyé par: Pascal le novembre 14, 2003 12:21 PM

Les villes et l'hiver ?

Montréal a résisté aux lobbies ferroviaires et a construit son métro sur pneus, ce qui obligeait à le garder en souterrain. La présence de l'hiver n'est pas totalement étrangère à ce choix, bien au contraire. Puis s'est greffé au métro un incroyable réseau de galeries souterraines, qui sont une réponse à l'hiver.

Québec ? Il y a les abris Tempo... Mais se pourrait-il que l'incroyable popularité des centres commerciaux ait quelque chose à voir avec l'hiver ? Ce sont des aménagements privés, mais ils sont quand même urbains. Il y a eu aussi le toit du Mail de Saint-Roch. On l'a démoli pour d'étranges raisons, mais il se pourrait qu'on n'ait pas nécessairement choisi la bonne solution.

En dehors de ces lieux-là, je reconnais que l'architecture et l'aménagement environnemental sont encore des notions peu connues à Québec (ou à Montréal).

Et l'auto ?

Sa prolifération en ville est devenue un véritable fléau. Je ne saurais le contester. La dépendance à la voiture est une tendance qu'il faut renverser, c'est clair. Mais il faut comprendre le phénomène pour mieux intervenir, pas le condamner.

Mais en dehors de tout ça, c'est la notion d'erreur - qui est à la fois subjective et morale - avec laquelle je ne suis pas d'accord. Je soupçonne cette approche morale d'être la cause d'une façon de faire qui consiste à démolir pour ensuite reconstruire (démolir l'erreur pour reconstruire la vérité).

On pose un toit sur le Mail Saint-Joseph. Trente ans plus tard, on décide que c'était une erreur et on le démollit. On rase un quartier pour construire une large autoroute et trente ans plus tard, on décide que c'était une erreur et on enlève une voie à l'autoroute. C'est stérile comme approche.

Envoyé par: Jean le novembre 15, 2003 05:00 PM

Puisque le débat ne se finira pas sans que je change d'opinion, disons simplement que nous devons éviter les erreurs du passé. Encore mieux, anticiper les erreurs du passé future (donc les erreurs du présent). La notion d'erreur dans sa version la plus simple signifie se tromper. Évitons donc de se tromper simplement...

Le véritable problème avec les erreurs du passé et surtout au Québec, c'est que la société s'oblige à les effacer. Dans les faits, l'erreur est faite depuis plusieurs années et les gens vivent avec. Si l'on doit enlever ces erreurs, il faut d'abord avoir un nouveau besoin (ne me parler pas de parcs urbains mal localisés et mal aménagés, ces endroits où les gens vont faire pisser leur chien et c'est tout).

Boston a enfuit son autoroute surélevée: une erreur du passé. La ville l'a fait parce qu'elle désirait séparé les circulations de transit et local, pas simplement pour réparer l'erreur du passé. Elle avait un besoin et elle a saisi l'opportunité d'aller plus loin.

Il faut quand même être honnête, les erreurs du passé ont souvent été la solution du présent....


Bref, cessons la discussion afin de se concentrer sur le présent...

Envoyé par: pascal le novembre 17, 2003 01:37 PM
Envoyer un commentaire





< br />


Conserver les infos. perso.?




Code de sécurité :