- Salut Martin ! Est-ce que ça te tente de jouer au hockey après le souper ?
- OK. Viens chez-moi vers 7 heures.
- J'amène mon but, que je lui répondais.
Les belles soirées d'hiver de ma jeunesse ressemblaient à ça avec mon ami Martin. Je partais de chez-moi avec mon but de hockey accroché sur l'épaule ou on sortait le sien du cabanon chez-lui et on jouait au hockey dans la rue pendant des heures à des -20 degrés. On se les gelait, on morvait et on se donnait des noms de joueurs de hockey de la Ligue nationale de hockey. Parfois, on recevait la balle en pleine gueule ou dans les couilles et on se tordait de douleur. L'autre riait.
- À mon tour de faire le gardien, qu'on se lançait à tour de rôle.
Et on s'amusait. On s'amusait à jouer, mais aussi à faire fâcher la bonnefemme Bédard qui rageait et qui frappait dans sa fenêtre quand on grimpait sur le banc de neige chez-elle pour aller chercher la balle qui y atterrissait parfois.
C'est le souvenir qui m'est venu en tête samedi soir en écoutant le match de hockey entre les Canadiens de Montréal et les Oilers d'Edmonton qui jouaient exceptionnellement à l'extérieur par un froid frôlant les moins vingt degrés. L'hiver, le froid, la neige et le hockey.
Envoyé par - François - le novembre 23, 2003 08:30 AMMerci pour ce souvenir de froidure !
(et aussi : pour le lexique sur les mots de la neige, et pour la chanson sur l'homme qui s'est noyé pour échapper à la maladie de l'oubli).