Dans la langue inuktitut des Inuits, il existe plus d'une vingtaine de noms pour définir la neige :
Aniu :
neige que l'on fait fondre pour obtenir de l'eau (pour boire ou pour la cuisson des aliments).
Aniugaviniq :
neige très dure, compacte et gelée.
Apigianngaut :
la toute première chute de neige de l'automne.
Apijaq :
couverture de neige laissée par une tempête.
Aput :
neige au sol.
Katakartanaq :
neige à croûte dure qui cède sous les pas.
Kavisilaq :
neige durcie par la pluie et le gel.
Kinirtaq :
neige compacte et mouillée ; elle a la consistance d'un « pain de bannique » ou de la pâte à pain. De consistance épaisse, elle contient peu d'eau. Ce mot est employé pour décrire de la pâte, de la mélasse ou de la neige mouillée qui est compacte parce qu'imbibée d'eau, bien qu'elle se soit égouttée un peu.
Mannguq :
neige mouillée fondante.
Masak :
neige mouillée qui tombe (mais pas la neige au sol).
Masavuq :
chute de neige douce.
Masaaqijuq :
neige douce qui tombe.
Cet après-midi, c’est une qannialaaq qui tombe, une chute de neige légère. Une neige qui devient une natiruvaaq parce que le vent qui souffle fort la pousse. Elle se ballade presque parallèle au sol, cherchant vainement un endroit où elle pourra se déposer.
Elle est comme ces personnes qui ont malheureusement perdu la maîtrise de leur propre vie, prises dans un tourbillon qui les balote et qui cherchent vainement à s’ancrer.
Envoyé par - François - le novembre 29, 2003 01:52 PMSuper cette "mini banque de termes"! ;) Cela a inspiré mes idées... Merci! :D
Envoyé par: Etolane le novembre 29, 2003 04:48 PMJe t'en prie chère Etolane... :-)
Envoyé par: Francois le novembre 29, 2003 05:07 PMCa me rappelle ma prof d'espagnol qui a commencé son cours comme ça : 'Vous allez aimé l'espagnol, car au contraire du francais, vous avez des verbes pour chaque situation. Un exemple? vous les francais, vous aimez le saucisson comme vous aimez votre dulcinée, les espagnols n'utilisent pas le même verbe pour ces situations différentes. Il y a plus de nuances'
Envoyé par: Wille le novembre 29, 2003 07:13 PMComme avec l'inuttitut (plutôt qu'inuktitut), ces nuances existent également en uivittitut (la langue des Uivit - ceux qui parlent en français, c'est-à-dire nous) et même en qalunattitut (la langue de l'Homme blanc au début, puis attribué à l'anglais quand on a vu que l'Homme blanc parlait différentes langues - mais cette distinction n'existe pas dans toutes les communautés ; je la tiens d'Iqaluit).
La différence, c'est sans doute qu'en inuttitut, une expression devient un mot alors qu'en français, elle reste composée de plusieurs - un peu comme si on décidait d'écrire de la neigemouillée ou de la neigefolle, de la neigecollante, des brouillardsdeneige...
En passant, je ne crois pas qu'on puisse écrire Inuit avec un s à la fin car c'est déjà l'équivalent du pluriel. Inuk - Inuit, iqaluk - iqaluit...
Envoyé par: Jean le novembre 29, 2003 09:32 PMPeut-être bien que le s est superflu. Un vieux réflexe de franco... N'empêche que j'aime bien ces mots qui décrivent des états différents. Louis-Edmond HAMELIN l'a fait avec son vocabulaire sur la nordicité. Un bien bel exercice.
Envoyé par: Francois le novembre 29, 2003 09:47 PMIncroyable cette diversité!
Quelle langue riche quand même.
=)
Et il n'y a pas que la langue : il y a les gens qui la parlent.
Vous pouvez converser des soirées entières avec les Inuit sans jamais vous lasser (mon seul regret : avoir dû le faire en anglais, faute de temps pour apprendre la langue - sinon quelques bouts de phrase). Les barrières qu'on dresse entre les gens ici n'existent pas avec eux.
Envoyé par: Jean le novembre 29, 2003 11:58 PM