mercredi, le 3 décembre 2003

Perte de sens ?

Y a un truc entendu à la radio qui m'a interpellé. Un constat. Notre société change et évolue comme à toutes les époques, mais peut-être qu'aujourd'hui ces changements s'opèrent plus vite. J'ai parfois la conviction que nous sommes à l'ère du tout jetable : au diable la religion, la famille et les traditions. Noël qui approche et je m'interroge.

La cellule familiale s'est beaucoup modifiée. Elle est plus petite, se disloque, éclate et se reconstitue parfois. Avec tous ces chambardements, il y a perte de l'héritage de valeurs que je sentais dans les grandes familles comme celle de ma mère et que j'ai connu plus jeune. Perte de l'héritage, puis perte des rites et finalement perte de sens. Ainsi, que signifie une fête comme Noël ? Signifie-t-elle autre chose qu'un rassemblement pour se donner des cadeaux ? Y a-t-il encore ces échanges de fraternité et d'amour entre les membres de la famille ? Peut-être est-ce mes yeux d'adulte, mais j'ai l'impression qu'on a perdu quelque chose. Et qu'a-t-on gagné ?

Envoyé par - François - le décembre 3, 2003 11:43 AM
Commentaires

Je viens d'un petit village (un village de gosseux de petits bonhommes de bois, quelque part entre Lévis et Kamouraska). Enfant, Noël était un événement unique, un événement ATTENDU, une fête. Il y avait des étrennes, de la bouffe, l'arbre de Noël (qu'on faisait la veille et le salon était interdit aux enfants - sauf aux plus vieux qui servaient de main d'œuvre - jusqu'au retour de la messe de minuit), la messe de minuit et ses cantiques traditionnels, la crèche dans le coin de l'église et tout le tralala. Tout ça nous sortait de l'ordinaire du reste de l'année. Et ça durait jusqu'aux Rois (6 janvier), avec de la visite en tenue du dimanche, le dîner du Jour de l'An chez la grand-mère côté maternel, le souper chez le grand-père côté paternel, avec la visite des lointains cousins juste à côté... Entre temps, Saint-Nicolas (oui, oui, Saint-Nicolas, pas le Père-Noël) rassemblait les gamins du village au centre paroissial, derrière l'église.

Y avait-il plus d'amour ? J'en doute ! Y avait-il moins de cadeaux et autres travers hyper-consommateurs ? Oui, car nous avions le privilège de n'être pas trop riches. Noël était-il déjà à cette époque une fête de marchands (lisez un dopage des ventes) ? Oui, bien sûr, mais à une moindre échelle qu'aujourd'hui.

Quelle était donc la différence ? Nos yeux d'enfants, bien sûr, mais ce n'est pas tout : il y avait la FÊTE - et c'est la fête qui n'existe plus, car on l'a noyée. Nous sommes toujours en fête - ce qui banalise la fête. Trop de fêtes tuent la fête !

Il y a depuis longtemps des marchands et des consommateurs. Mais il est probable que jamais auparavant la consommation ait à ce point géré notre façon de vivre. Jadis, la consommation servait surtout à combler des besoins essentiels - bouffe, vêtements... - et quelques besoins accessoires - sorties, jouets... Aujourd'hui, c'est le Consummum ergo sum - Je dépense, donc je suis !

Cette relation entre la consommation et nous-mêmes, associée à une avidité toujours grandissante des marchands de toutes espèces nous a fait pratiquer ce qu'on pourrait appeler l'étalement festif. Les fêtes, occasions de doper la consommation et par ricochet l'économie, basée sur la consommation, se sont multipliées et elles finissent par se rattraper dans le calendrier. Noël prend la relève de l'Halloween (l'Avent est totalement disparu et peu rares sont ceux qui ignorent de quoi il s'agit) - si bien que plusieurs ont laissés leurs citrouilles et sorcières enluminées jusqu'à la mi-novembre pour immédiatement les remplacer par les décorations de Noël, qu'on laissera jusqu'à la fin du Carnaval, à la demande de la Ville. Entre Noël et l'Halloween (fête qui n'existait pas pour nous dans mon enfance - mais il y avait le mardi-gras qui lui ressemblait un peu, juste avant le carême, qui ne durait qu'une soirée au cours de laquelle on se déguisait et visitait les maisons du voisinage - et les bonbons qu'on nous donnait étaient conservés jusqu'à Pâques puisque le carême suivait le mardi-gras), les parties de bureau, bien sûr !

Après le Carnaval (à Québec) ou tout festival d'hiver - chaque ville ou village a le sien, on se prépare pour Pâques, puis pour la fête des Mères, celle des Pères, la Saint-Jean... Toutes ces fêtes existaient jadis, mais elles avaient chacune leurs couleurs et un sens. Aujourd'hui, elles sont toutes banalisées autour de la consommation, sans le moindre lien historique, culturel ou patrimonial.

Je travaille les 24, 25 et 26 janvier. Je ne fêterai pas Noël et ça ne me rendra pas triste du tout...

Joyeux jeudi 25 décembre à tous !

Que Visa et MasterCard vous accompagnent en ce jour heureux !

Envoyé par: Jean le décembre 3, 2003 01:14 PM

Je sais que j'ai perdu les valeurs de Noël, et ce que j'ai gagné, je le sais pas encore. Mais il doit bien y avoir quelque chose !

Envoyé par: Elle le décembre 3, 2003 02:17 PM

Davantage de pornographie ?

Envoyé par: Jean-Philippe le décembre 5, 2003 08:41 PM

Jean-Philippe > T'as l'eprit tordu toi ;-) Alors pourquoi pas de la porno avec matante Georgette au réveillon alors ? ;-)) Hé hé..

Envoyé par: Francois le décembre 5, 2003 08:56 PM

Believe those who are seeking the truth. Doubt those who find it..

Envoyé par: Motley Laura le février 27, 2004 09:58 PM
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