Les secteurs de Montréal et de Laval qui bordent la rivière des Prairies sont aux prises avec des inondations qui menacent plusieurs résidences. Un phénomène de cette ampleur est assez rare en plein hiver et par grand froid ; les inondations sont plus communes lorsqu'il pleut l'hiver ou lors des redoux quand la glace fond. Pour expliquer ce sursaut des eaux, on a mis en cause le frasil comme l'un des responsables. Un bien joli mot aux oreilles, mais qu'est-ce que c'est ? Explications...
Envoyé par - François - le janvier 29, 2004 12:12 PMPendant les périodes de gel, la glace se forme sur la surface de la rivière à partir des berges. Des cristaux de glace peuvent croître dans la rivière sous forme de frasil, dans les eaux turbulentes libres qui sont rapidement refroidies, c'est-à-dire lorsque la température de l'eau est légèrement inférieure à 0°C. C'est un phénomène très courant dans les rapides. Les cristaux de glace tendent à s'agglomérer et à s'accumuler, et ils peuvent se fixer sous la surface de la nappe de glace ou sur le lit de la rivière sous forme de glace de fond.
Le frasil aggloméré peut aussi former des flocons qui flottent à la surface lorsque la turbulence du cours d'eau est réduite ou lorsque la flottaison d'une masse croissante est supérieure à la turbulence descendante. Les flocons continuent à s'agglomérer et ils forment des radeaux de glace, lesquels peuvent à leur tour se souder ensemble pour devenir des blocs de glace à la dérive. Les radeaux et les flocons de frasil sont les principaux composants dans la formation de la nappe de glace d'une rivière. Sur les eaux tranquilles, cette nappe constitue une couche unique de blocs de glace à la dérive et de radeaux de glace, mais ailleurs, plusieurs couches peuvent se superposer.
Durant les périodes de gel, les embâcles surviennent habituellement lorsque la glace flottante, sous forme de frasil ou de blocs, rencontre une nappe de glace stable. L'extrémité aval de l'embâcle est appelée début, et l'extrémité amont est appelée fin. La glace stable est soudée par le gel à la rive, ou encore elle ne peut pas se déplacer en raison de la morphologie du cours d'eau. De façon générale, la glace qui arrive coule sous la glace stable et s'accumule en dessous, ou s'empile derrière, ou encore les deux à la fois. Toutefois, certains éléments physiques peuvent, conjointement avec la nappe de glace ou seuls à l'occasion, augmenter la possibilité de formation d'un embâcle : piliers de ponts, îles, tournants prononcés, eaux peu profondes, réduction soudaine des pentes et étranglement du cours d'eau.
Source : Environnement Canada
Oh, bah pour le coup, j'ai appris quelque chose moi...
:c)
Cette belle explication me rappelle le terrible épisode des chevaux du lac Ladoga (hiver 1942), prisonniers de la glace subitement formée quand ils se sont lancés dans l'eau... Le frasil me fait aussi penser à cet autre beau mot de glace : les hummocks...
J'ai presque envie de vous en mettre plein les glaçons.
Allez voir cet oiseau étrange :
http://www.geocities.com/TheTropics/Coast/4650/YMXElectra.JPG
Il m'a été donné un jour (le 13 juillet 1984 pour mémoire) de faire une superbe envolée de 10 heures dans cet engin, de survoler les eaux du détroit d'Hudson, de la baie du même nom, avec petit arrêt à Churchill, Manitoba, pour ensuite continuer le voyage vers le bassin de Foxe pour ensuite rentrer sur Iqaluit. Altitude de croisière : 1500 mètres (les turbines fument un peu à cette altitude). But du voyage : observer les observateurs des glaces en plein travail. Et, chose rare à ces latitudes en plein juillet (oui, il reste beaucoup de glaces flottantes en juillet), pas un seul petit nuage entre nous et le sol sur tout le parcours et même au-dessus, il n'y avait que de minces cirrus laissant passer le soleil sans problème.
D'autres mots de glace : le nilas, les floes, les glaces en crêpe, les sarrasins, les bourguignons...
Envoyé par: Jean le janvier 30, 2004 08:40 PM