Parfois, certaines images ont un double écho en moi. D'un côté, je ressens une grande compassion, puis si je me mets à réfléchir à d'autres images que peuvent m'inspirer les mots qui les accompagnent, je serre les dents. Hier, c'est un jeune homme qu'on a présenté en trois minutes dans un bulletin télévisé. Il est atteint d'une maladie dont j'oublie le nom, couché sur le ventre en quasi permanence, les membres maigres et spastiques, mais trouvant le courage d'étudier, car il veut devenir informaticien. Pour être soulagé, il reçoit des injections de botox, une toxine que les précieux et surtout les précieuses de ce monde s'offrent pour faire disparaître les rides qui sillonnent leur pauvre visage. Lorsqu'on lui a demandé s'il est au courant que ce médicament est utilisé par plusieurs contre les rides, il a souri et dit ironiquement au journaliste :
- Moi, j'en ai pas besoin, j'ai un beau visage.
Depuis, j'ai vu souvent son sourire dans ma tête et je me demande pour qui je dois être le plus compatissant : lui, pour qui l'horizon est souvent un plancher, mais qui parvient à sourire, ou ces personnes pour qui faire disparaître leurs rides est synoyme de confiance en elles ?
Envoyé par - François - le mai 7, 2004 09:07 PMexcellente réflexion à faire...il est heureux, même s'il n'est pas parfait... que diable sommes-nous ridicules avec nos chirurgies plastiques et cie...
Envoyé par: Lyne le mai 7, 2004 11:49 PMIl aurait pu avoir la même maladie et des rides en plus, ou alors un visage bien laid, bien repoussant.
Alors... alors ils ne seraient pas allés le filmer, pour ne pas te couper l'appétit quand tu manges ta soupe.
Tu es sûr que c'est par lui que tu t'es laissé attendrir, ou par la télé et ses savantes mises en scène?
Envoyé par: lapoilue le mai 8, 2004 12:58 AMlapoilue > Pour me duper, faut se lever tôt. Suis pas du genre qu'on attendrit avec deux ou trois minets orphelins ou des reportages où on dépeint des drames humains trop bien ficelés.
Envoyé par: Francois le mai 8, 2004 10:20 AMMoi ça me fait rire ces grands beaux qui sont fiers... Eux ils sont confiants, et moi je me fous de leur gueule.
Qu'ils continuent, qu'ils continuent.