jeudi, le 8 juillet 2004

Roche, bois, détruits (sur un air connu...)

Joli coup de gueule d'un copain ce matin via le courriel. Je le lis, suis ses liens pour me pomper et m'insurger, à mon tour. Il est question de deux dossiers environnementaux où des paysages et des milieux naturels sont mis en danger par les desseins de compagnies.

Dans un premier cas, il s'agit de l'exploitation d'une carrière de granit au Cap-Brûlé sur le territoire de la MRC de la Côte-de-Beaupré, dans la grande région de Québec. Le projet menace un secteur récréo-touristique fort prisé, mais le ministère de l'Environnement a octroyé le permis d'exploitation malgré l'opposition du milieu, prétextant que la loi lui interdit de ne pas octroyer de permis. Voici un bel exemple de nos carences législatives en matière environnementale au Québec. On préfère sacrifier le bien commun.

Puis, il y a la compagnie forestière Kruger qui a déployé mille efforts pour aller sur l'île René-Levasseur comme il est écrit dans cet article que j'ai extrait d'une revue de la compagnie :
« ...plusieurs scénarios ont été analysés, dont l’utilisation d’un pont de glace, le transport de bois en vrac sur des barges et le transport de bois par camion à l’aide d’une barge. »

Pour tout raser, bien sûr.

L'île se trouve dans la partie septentrionale du Québec et est unique, car elle résulte de la chute d'une météorite il y a plus de 200 millions d'années.

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La Coalition Sauvons l'île René-Levasseur se bat actuellement contre le projet de raser la forêt, lui qui défigurerait une formation géologique et une forête boréale exceptionnelles. Faudrait que les autorités comprennent que la forêt et son substrat géologique sont indissociables.

Après tout ça, j'en viens à la même conclusion navrante que mon ami : nos législateurs sont incapables de se projeter, d'avoir une vision du développement durable dans laquelle l'environnement doit être au coeur de celui-ci. Ils rejoignent certainement ce que disait Luc-Normand Tellier dans cette citation que m'a fait parvenir un autre copain en matinée :

« Le problème, […], c’est qu’il existe un blocage mental quand il s’agit d’imaginer des solutions, et un blocage politique quand il s’agit de trouver les moyens de passer aux actes. L’urgence vient de ce que le temps passe. Pendant ce temps, les blocages deviennent insurmontables. Les nouveaux rapports se contentent de citer les anciens, une sorte d’abdication intellectuelle s’installe et les responsables politiques se trouvent de plus en plus d’excuses pour expliquer leur impuissance ».

Envoyé par - François - le juillet 8, 2004 01:53 PM
Commentaires

La tiersmondialisation du Québec. Où est rendu la belle vision du PQ lorsqu'il a instauré la Loi sur la protection du territoire agricole. Au départ, elle devait permettre l'autosuffisance du Québec à la suite de la souveraineté.

Or, depuis, elle sert à étendre du purain de porcs et à exporter ces même cochons au Japon. On vend nos forêts pour quelques miliers de dollars à des entreprises américaines sous prétexte que ça fait rouler l'économie. L'économie à court terme seulement... On tue la mer, on tue la forêt. On ne permet pas à l'environnement de se remettre sur pied.

C'est quoi la prochaine étape : vendre tout l'eau du Québec sans aucun contrôle, contruire Suroit pour exporter en attendant une pénurie au lieu de mettre des mesures d'efficacité énergétique, construire encore des terrains de golf, territoires surpollués par les herbicides et surconsommatrices d'eau, construire encore plus de bungalow en terres agricoles (quoique ca enlèverait de l'espace pour le purain, c'est pas mauvais comme idée). Étape suivante, on rase nos montagnes et privatise les plans d'eau pour les touristes japonnais et américains.

Va-t-on devenir comme les cubains qui nous accueillent et qui n'espèrent qu'un pourboire d'un dollar pour doubler leur salaire mensuel...

Pendant ce temps là, le gouvernement autorise la déconfiture du Québec afin de remercier les amis du parti. Ces mêmes amis qui se refusent la privation des services de l'État. L'ancien partenariat était plus intéressant pour eux : privatise les bénéfices et socialise les risques...

J'arrête là, je suis prêt à faire sauter la baraque. les ostis de fonctionnaires by-the-book et les ostis de politiciens et la gang de rats qui les entourent...

C'est un bon défoulement !

Envoyé par: Pascal le juillet 9, 2004 11:38 AM

Et si l'imagination prenait le pouvoir. Fait mieux et faire bien et sans partisanerie politicienne. Tout un contrat n'est-ce-pas? Aux citoyens de se faire entendre!

Envoyé par: Ygel le juillet 10, 2004 07:44 PM
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