Il est enfin temps de conclure ce papitant feuilleton qui ferait l'envie d'un grand écrivain du roman d'espionnage comme John Le Carré...
Jamais l'homme ne s'était autant manifesté. D'abord, sa deuxième maison, le duplex en face de chez-moi, a abrité ces deux femmes mystérieuses arrivées un soir avec peu de bagages et qui se sont envolées quelques jours plus tard. Il sembait bien les connaître, puisque il est souvent allé les rencontrer. Mais pourquoi ne les a-t-il pas hébergées chez-lui dans son condo ? Serait-ce une planque, ai-je pensé en voyant leurs va-et-vient. Et il y a ce troublant épisode des tapis, qu'on croirait sorti tout droit des films mafieux.
Un soir, alors que la brunante prenait place, j'ai vu deux grands rouleaux de tapis mis au chemin, ce qui laissait croire au grand ménage. Mais quelques minutes après que j'eus aperçu les dits rouleaux, ils avaient disparu. J'ai tout de suite pensé à ces films de la mafia dans lesquels les méchants roulent et enveloppent les cadavres de leurs victimes et que des complices engoufrent subito presto dans une fourgonnette pour les faire disparaître. Peut-être était-ce ses victimes ? Des membres du contre espionnage canadien qui auraient amassé des preuves contre lui et qu'il aurait froidement abattus ? C'est possible. Puis, j'y pense : les femmes sont arrivées à bord d'une fourgonnette...
C'est le calme plat en face depuis plusieurs jours. Pas âme qui vive. Les fenêtres sont closes et conservent peut-être un air de mort. Et mis à part le gazon qu'il vient tondre de temps en temps, les arbres et les arbustes croissent le plus naturellement du monde et enserrent ce lieu mystérieux que l'espion ciontinuera de visiter parfois, le temps de parfaire son boulot.
FIN
Envoyé par - François - le septembre 1, 2004 12:40 PM