Ce matin, je bouillais à la lecture de plusieurs articles. Plus exactement, c'est le géographe et l'urbaniste qui rageaient. D'abord, il y a ce foutu projet de prolongement d'une autoroute qu'on a travesti en projet de boulevard urbain pour faire plus sexy et qui sera construit, selon toute vraisemblance. Du Vallon, du nom de l'autoroute, aura fait les beaux jours des politiciens qui auront multiplié les annonces de prolongement depuis trente ans, récoltant au passage un joyeux capital. Là, ça semble joué.
Le pleurnichage des citoyens aura porté fruit, moi qui avais déjà été témoin de leurs cris et leurs sparages à l'hôtel de ville de Québec au début des années 90 avec leur chant guerrier « Oui du Vallon nous l'aurons ». Le combat d'une vie pour plusieurs. Tiens, en parcourant le rapport du BAPE, ça me permet de renouer avec ce constat :
« Selon le ministère des Transports, la densité du réseau autoroutier de la ville de Québec différerait peu de celles de Laval et de Longueuil dans la région métropolitaine de Montréal ainsi que de la moyenne de 51 villes étasuniennes de 300 000 à 700 000 habitants (DA45). Cependant, une étude comparative détaillée des réseaux autoroutiers des régions métropolitaines du Canada et des États-Unis, réalisée en 1999 et publiée en 2002, indique que la densité autoroutière de la région de Québec (700 000 habitants en incluant la rive sud) serait une des plus élevées parmi les agglomérations dont la population dépasse le demi-million (M. Marc Boutin, DM21.1). Avec une densité d’une vingtaine de kilomètres par 100 000 habitants, elle serait deux fois plus élevée que la moyenne continentale et le double de celle de la plupart des agglomérations canadiennes de taille comparable (600 000 à 800 000 habitants) comme Hamilton, Ottawa, Calgary ou Edmonton. »(Projet de prolongement de l’axe du Vallon. Rapport d’enquête et d’audience publique, p. 15)
Ainsi, la pauvreté de notre culture aménagiste se perpétue. Et quand je tombe sur ce petit bout de phrase, à l'apparence bien insignifiante, qui nous indique que le BAPE « permet de faire Du Vallon sans problème et ne soulève pas de questionnement important » (Boivin, Le Soleil, 2 septembre 2004, tiré de Québec urbain), je ne suis même plus soufflé par tant de simplisme.
Ensuite, il y a ce gouvernement qui est prêt à allonger les 37 millions de dollars pour les quatre kilomètres de du Vallon, mais qui rechigne à s'impliquer pour la démolition de deux bretelles d'autoroute INUTILISÉES, SUPERFLUES et MONSTRUEUSES dans le décor urbain et qui nécessiteront néanmoins des travaux de rénovation. Investir temps et argent pour maintenir en état un équipement INUTILISÉ, SUPERFLU et MONSTRUEUX, alors que l'espace pourrait servir, soit au projet de PLACE de France, soit à tout autre infrastructure ou équipement. Tout simplement risible. Parlant de PLACE de France que beaucoup de citoyens ameutés par nos médiocres derrière leurs micros qui leréduisent à un escalier, on peut certes reprocher au maire de Québec Jean-Paul L'Allier d'avoir trop élaboré le projet en catimini, mais certainement pas ses efforts pour faire disparaître cet espace de merde, pour reprendre ses mots.
Bref, je commence à en avoir marre de ce climat malsain à Québec. Je suis assez en beau criss (très très fâché...) aujourd'hui et je ne devrais pas : y a un grand oiseau blanc qui a atterri voilà une heure et A. sera à Québec en fin de soirée.
Envoyé par - François - le septembre 3, 2004 05:40 PMMoi aussi je me désole du climat actuel à Québec (où ce que les médias en colporte, en fait... parce que je ne suis pas certain que ce soit si malsain au fond...).
Mais je suis de plus en plus convaincu que de simplement « dénoncer » ce climat n'est pas suffisant. Pire, je pense que cela fait le jeu des emmerdeurs qui mise sur un climat où dénoncer, déplorer, critiquer est préférable à élaborer, projeter, bâtir, investir... avec la prise de risque que ça comporte.
Et je me dis qu'il n'y a pas d'autres solution que d'entreprendre: un livre, un projet, une entreprise... n'importe quoi qui s'inscrit dans la durée.
Accepter de se battre sur le terrain de la facilité serait déjà concéder une demi-victoire. Je préfère déplacer le match sur un autre terrain... celui du moyen et du long terme.
Mais c'est sacrant... sur ça, je suis tout à fait d'accord avec toi!
Envoyé par: Clément le septembre 4, 2004 10:58 PMoups... mon emportement m'a fait omettre une série de « nt », de « s », etc.
Toutes mes excuses.
Envoyé par: Clément le septembre 4, 2004 11:00 PMClément > On se rejoint.
Envoyé par: Francois le septembre 6, 2004 05:10 PM