Parce que le syndicat des chauffeurs de bus du RTC a déclenché la grève, que les travailleurs ont rejeté l'offre dite finale de la direction, qu'une partie de bras de fer a lieu entre cette dernière et le syndicat pendant que le service de TEC est minimal et merdique, voilà que je lis et j'entends que les syndicats sont inutiles et dépassés au Québec. Il fait bon de casser du sucre sur le dos des syndicats en associant bêtement celui des chauffeurs AUX syndicats. Tant qu'à ratisser large, aussi bien dire que le patronat est une grande oeuvre caritative. Simpliste
Ainsi, comme l'a écrit ce monsieur - un autre X de la liberté ? - dans un commentaire sur ce blogue, c'est qu'il « [le syndicalisme] était p-e essentiel dans les années 20, mais aujourd'hui tout les travailleurs sont déjà protégés par la commission des normes du travail du québec et peuvent faire appel à la CSST. » Vraiment ?
Primo, c'est mélanger la protection des travailleurs dans l'exercice de leur travail (grosso modo ce que fait la CSST au Québec) avec les conditions de travail définies par la Loi sur les normes du travail et la Commission des normes du travail qui les applique. Ainsi, l'état définit à travers des lois et des normes minimales et maximales, comme celles qui ont trait au salaire minimum, au nombre d'heures de boulot par semaine avant le temps supplémentaire, etc. Bah, une confusion, je suppose...
Secundo, ce qui me dérange encore plus du climat anti-syndical, c'est comment on s'en remet à l'État pour le bien-être du travail au lieu du nécessaire jeu de négociation. C'est curieux, car dans les derniers mois, j'ai rarement entendu autant de personnes crier leur ras-le-bol de l'ingérence étatique... Alors, si nous faisons l'hypothèse suivante d'un gouvernement très à droite, pouvant légiférer comme bon lui semble et acoquiné au patronat, vous espérez quoi ? Un salaire minimum minime, fin des journées fériées payées, etc. Voilà la possibilité.
Le syndicalisme est un rempart à mon avis. Que certaines cultures syndicales soient encore à la lutte des classes comme il y a des décennies à démoniser tout ce qui est patronat, ça existe bien et ça m'énerve. À ce jeu, le syndicat des chauffeurs de bus du RTC suit bien les règles. C'est que leur coach excelle encore, dix années plus tard... La nuance a encore sa place vous savez.
Envoyé par - François - le octobre 27, 2004 08:15 PM