J'emprunte souvent un petit chemin qui traverse le parc à côté de chez-moi. Le sentier asphalté sillonne un boisé qui prend de jolies couleurs l'automne venu ; sa traversée est courte, mais la présence des arbres fait toujours du bien aux sens.
Jeudi dernier, j'ai aperçu au loin des ouvriers qui travaillaient dans le parc et je me suis dit :
- Tiens. Il refont le pavage du sentier.
Effectivement, la Ville et l'arrondissement ont embauché une firme privée pour refaire l'asphalte. Ainsi, on aurait pu croire qu'ils en ont étendu une nouvelle couche pour remplacer l'ancienne ravagée par le temps.
Or, c'est en m'approchant des lieux une fois que les ouvriers eurent quitté que toute la couleur du français dit québécois s'est exprimé :
- Ils ont crissé de l'asphalte !!!
Du travail bâclé et fait à la hâte. L'asphalte des stationnements des Wal-Mart est étendue avec plus de soin !
Notez que c'est en pareille circonstance que le « criss » et ses dérivés s'appliquent, non pas par manque de vocabulaire, mais par une utilisation judicieuse qui décrit à merveille notre frustration. Ainsi, je pourrai aussi dire de ce sentier qu'il est crissement laid ou laid en criss. Vous voyez ? Le sacre devient alors un exutoire qui épargne les mots et permet à la personne de bien faire sentir son ressentiment. ;c))
C'est bien dommage tout ça.
Personnelleme.nt (non mais y'avait le mot m.en qui semble être prit pour le diable), j'aime mieux les petits sentiers de gravel ou de terre battue. Ça donne un cachet plus naturel.
Mais là, j'avoue qu'une asphalte mal chiée dans un parc, c'est crissant.
Envoyé par: miss.sushi le novembre 1, 2004 06:44 PMAsphalte deux fois plutôt qu'une...
Envoyé par: Francois le novembre 1, 2004 07:20 PM