Hier a marqué mon retour sur les lieux de mon enfance, là où j'ai passé les seize premières années de ma vie. J'avais bien apporté le numérique, mais je n'ai pris aucune photo ; la réalité m'a déçu et je préfère conserver les images en moi.
Voir les arbres que mon père avait planté pour moi, quelques mois avant ma naissance et aujourd'hui grands, gros, forts et patinés de mousse m'a ému. Un jour, alors que nous nous demandions s'ils se dressaient toujours, mon père m'a raconté leur histoire. C'est en compagnie de mon grand-père maternel qu'il était allé arracher quatre érables de la terre à bois, perdue au fond d'un rang du bas du fleuve ; parmi les milliers d'arbres et sous le regard de ce grand-père qui abattait des colosses l'hiver venu, il avait cueilli des petites pousses de quelques centimètres comme celle que j'étais en devenir. Trente-et-un ans plus tard, lorsqu'on se compare, les affres du temps semblent m'avoir plus marqué.
Ensuite, j'ai revu notre deuxième maison, celle que nous appellions le chalet. Là, déception. L'imposante maison toute habillée de bois, de larges planches de cèdre de Colombie et qui jaillissait de la forêt, sans toutefois choquer, est devenue une grosse demeure de banlieue. Exit le bois et sa chaleur au profit de ce matériau mi-bois mi-plastique. Une banalité symptomatique d'une pauvreté d'esprit avec sa piscine et son garage. Grotesque, cet habitat de ville campé en forêt. Et faut voir l'ensemble de Stoneham, une ville au nord de Québec qui a mal grandi, comme ces ados attardés au corps tout croche. Ça ne m'a pas déçu, plutôt écoeuré ce laisser-aller.
Envoyé par - François - le novembre 1, 2004 07:13 PMCher François,
Moi aussi, j'ai voulu revoir la maison de mon enfance il y a vingt-cinq ans et vingt-cinq autres années après mon départ...
J'ai vu des ruines, une grange dont un mur a servi d'appui à une nouvelle maison, des arbres à l'abandon et autres choses très tristes.
Je ne suis plus retourné depuis: le passé restera figé dans mon coeur comme il était il y a cinquante ans et cette visite malheureuse sera un cauchemar...
Envoyé par: Armand le novembre 2, 2004 03:31 AMmalheureusemet(dû enlever le "n" et envoyer le message en 3 fois pour trouver l'erreur!) impossible à oublier!
Je n'aurais jamais dû retourner "voir": le passé est plus beau quand il est regardé à travers les lunettes déformantes des souvenirs d'enfance!
Je crois que je te comprends un peu!
Armand > La morale : nos souvenirs sont souvent moins périssables que les pierres.
Envoyé par: Francois le novembre 2, 2004 08:01 AM