J'ai perdu l’habitude de me lancer dans des tirades urbanistiques et malgré cela, j’éprouve toujours le même plaisir à creuser ce champ. Alors voici une première réflexion sur ma ville dans le cadre des prochaines élections municipales. Je suis un peu rouillé, mais j’espère pondre d’autres papiers sur des enjeux et des problématiques urbaines que je juge importants à Québec.
Parce que nous sommes des nordiques
Un dicton scandinave dit que l’hiver dure douze mois, le reste c'est l’été… Plus que dans la majorité des centres urbains de cette région du monde, c’est le froid et la neige que l’on doit affronter à Québec. Ils enchantent les enfants, mais font rapidement pester les parents, surtout lorsqu’ils s’appellent la tempête de neige, celle qui paralyse nos déplacements, nos activités et le quotidien, car dans nos milieux urbains, le mode de vie ne se borne pas à un déterminisme climatique ; malgré les caprices de l’hiver, on doit se résoudre malgré nous à poursuivre nos activités.
La ville de Québec est membre de l'Organisation des villes du patrimoine mondial (OVPM) en raison de sa fortification et comme témoin du peuplement français en Amérique. Québec doit sa personnalité non seulement à cette francité dont nous soulignerons le 400e anniversaire en 2008, mais aussi et surtout à la nordicité qui avait tant impressionné les premiers occupants, comme le rapportait Jacques Cartier : « L’hiver vint d’un seul coup. D’épais tourbillons de neige couvrirent le sol, les arbres, les huttes de Stadaconé... » (Cossette, 1999. in Deffontaines, 1957).
En réfléchissant à l'avenir de Québec dans l'optique de l'élection à la mairie l'automne prochain, sa croissance, son efficacité et sa prospérité, je reviens à la conclusion à laquelle je suis parvenu depuis des années : je ne peux dissocier la nordicité de Québec (qui implique l'acceptation de notre climat et son intégration dans notre façon de vivre) avec un projet de ville, ce que les candidats à la prochaine électorale devront proposer à la population.
Or, disserter sur la nordicité est plutôt vague et la notion se situe en aval de ce qu’on appelle le développement durable. Souvent fourre-tout, cette notion doit d’abord servir de cadre de réflexion et d’identification de certaines problématiques tels l’éclatement spatial, fonctionnel et social des villes et la confrontation de certaines méthodes de composition urbaine.
Le développement durable est avant tout un questionnement sur la capacité de la politique urbaine, la planification et l’aménagement du territoire actuels de s’ajuster aux conditions propres du milieu local qui sont en cause.
Ainsi, nous pourrions parler de démarche écosystémique ; c’est l’environnement qui doit être intégré à l’élaboration des politiques, car trop souvent, il s’avère que la planification qui flirte avec le développement durable ne consacre que des changements dans les secteurs de la planification tels les transports et l’utilisation du sol, alors qu’elle doit aussi être captive du contexte spatial local. En d’autres mots, c’est parvenir ici au développement durable par une politique de ville nordique, vue comme une méthode innovante en aménagement du territoire. Cette voie est aussi celle de la culture, car elle appelle à nos valeurs (assimilation de notre nordicité) qui doivent forger notre ville.
Envoyé par - François - le janvier 16, 2005 11:43 AMLes villes québécoises en général ont un gros travail à faire pour s'adapter à leur caractére "nordique". Mais personne ne veut le faire. Par exemple récemment j'ai assisté à une présentation sur le niveau de recherche et développement des firmes génie-conseil entre le Québec et le Danemark. Le niveau est 4 fois plus faible chez le premier que chez le second. Ceci se traduit par un faible niveau d'adaptation au conditions locales et en l'utilisation de solutions toutes faites.
Pourtant, beaucoup de monde s'accorde à dire que c'est en réfléchissant à des solutions complexes qu'on trouve des réponses plus générales et qu'on peut développer une expertise éventuellement reconnue mondialement...
Envoyé par: Hoedic le janvier 16, 2005 01:07 PMHoedic >Tu as bien raison et pour plusieurs, la standardisation est bien rassurante et synonyme d'économie : en effort et monétaire.
Envoyé par: Francois le janvier 16, 2005 08:10 PMTrès intéressante réflexion François, que je m'empresse d'aller mettre « un peu plus en valeur » dans l'espace collectif.
Très intéressant! J'y connais pas grand chose en urbanis,e par contre, je dois dire que ra réflexion éclaire ma lanterne. Par contre, petite question: es-ce que le phénomène de la nordicité doit être pris en compte autant que tu le mentionne?? Les hivers depuis quelques années ont considérablement changé.
Envoyé par: Carcajou le janvier 17, 2005 08:56 AMcarcajou > On doit la prendre en compte pour parvenir à des objectifs : l'efficacité pour le déneigement et la réduction de ses coûts, par exemple. Je la vois aussi comme un questionnement et une grille d'analyse : est-ce que nos interventions sont adaptées à nos contraintes environnementales ?
Envoyé par: Francois le janvier 17, 2005 12:53 PMConcernant le principe environnementale des interventions, juste la nouvelle loi sur l'enlèvement et la disposition de la neige usée a de beaucoup restreint les actes possible à être causer et à améliorer substentiellement l'environment. Selon moi, le grand défi des 20 prochaines années sera le renouvellement des infra municipales, ( routes, pont, etc. etc. ) et appliquer ce renouvellement dans le cadre d'un respect du milieu, de l'environment mais aussi des nouveaux besoins de la population.
Envoyé par: Carcajou le janvier 17, 2005 01:53 PMCarcajou > Pour les neiges usées, t'as bien raison et raison de plus pour tenir compte de l'envi. dans la planif. Je m'étais penché sur cette question ; déneige-t-on trop à certains endroits et bien, car compte tenu des normes - ne plus la foutre aux cours d'eau - il y a des coûts. Pour les infra., c'est bien vrai et faut se demander si on a fait et fait encore les bons choix en aménagement.
Envoyé par: Francois le janvier 17, 2005 02:27 PMÉtant originaire de la grande région de Québec ( que j'ai fuit par manque de boulot ), je dirais que un des grand problème de cette region est le manque de vision envers ces atouts. Regardons rapidement : fortification et première ville française en Amérique, Cours d'eau navigable en eau profonde, disponibilité de la nature à 15 minutes de route et une université réputé. Quand tu regarde les 4 atouts de la région, il y aurait moyen d'attirer des entreprises de hautes technologies ou des évènements majeurs pour mettre celle-ci sur la "map" Par contre, la Ville de Québec a le plus gros défaut qu'une ville peut avoir : fonctionnarisme aigu. Tout dévellopement ou idée de dévellopement est freiné par ce mal. Le jour où le maire de la ville de Québec verra l'avenir de sa cité et même de sa region avec les yeux d'un innovateur et non d'un quêteux de gouvernement et bien, celle-ci và bouger. Mon bien humble avis!!!!
Envoyé par: Carcajou le janvier 17, 2005 03:21 PMPour profiter de l'hiver, il faut sortir dehors.
Plusieurs ont oublié tout le plaisir de sortir prendre une marche par grand froid. Entendre le chouinche chouinche sous nos bottes tel un mantra. Plusieurs ont oublié le plaisir de glisser tout simplement (la côte Gilmor est extraordinaire pour les adultes avertis) ou de patiner.
Il y aurait place à animer nos places publiques durant l'hiver. Mettre à la disposition des citoyens une corde de bois de chauffage et un foyer sécuritaire pourrait permettre des rassemblements agréables.
Il y a quelques années, au cimetière St-Matthew sur la rue St-jean, une soirée de présentation de courts métrages sur un écran de neige avait été organisée. Les gens du quartier, la amateur de vidéo et de cinéma et les simples passants s'étaient retrouver en ce lieu. C'était magique et en plus des feux et du chocolat chaud, on sentait la chaleur humaine.
Tiens, je prends une pause et je sors prendre une marche malgré ce froid de canard.
Envoyé par: Andrée Pelletier le janvier 18, 2005 01:26 PMOK Parfait, demain a 2pm tout le monde a la Côte Gilmord
A demain :)