
De la commémoration jeudi dernier du 60e anniversaire de la libération du camp d'Auschwitz-Birkenau, je retiens comme plusieurs les images effroyables, glaçantes et inhumaines de ces personnes, majoritairement juives, transportées comme du bétail, puis triés, les unes pour un sursis au travail forcé, les autres dirigées immédiatement vers la mort.
Tous et chacun coupables d'être.
Au-delà de l'horreur et de ce « plus jamais » de chefs d'états qui oublient les massacres tout aussi systématiques de Srebrenica en Bosnie ou du Rwanda, il y a les survivants dont la mémoire et les mots nous quittent avec le temps qui passe, mais qui me laissent admiratif, ne serait-ce que pour leur pied de nez aux bourreauxs : ils vivent. Ce que Boris CYRULNIK qualifie de résilience, c'est-à-dire la capacité d'individus à rebondir après des épreuves, plusieurs, dont l'ancienne ministre française Simone VEIL l'ont assimilé à leur vie, innocemment ou pas, et malgré l'horreur des souvenirs.
Avant la mort
![]() | ![]() |
|---|
Puis, il y a quelques jours, j'apprenais les suicides de deux jeunes filles et celui d'un homme. Dimanche, l'hécatombe s'est poursuivie avec l'annonce de la mort de cet athlète de Québec qui s'est aussi enlevé la vie. Alors, je me perds en explications diverses, mais j'arrive surtout à une immense incompréhension face à ces démissions de la vie et cette incapacité à concevoir cette dernière comme un mouvement ou pire, le refus et la négation de certains à la saisir, la façonner... la vivre quoi ! Comment peut-on se décourager ainsi ? Je ne comprends pas. Enfin. Je dirais même que dans certains cas, je méprise leur lâcheté d'esprit devant l'adversité.
Envoyé par - François - le janvier 31, 2005 12:53 PMNon je ne parlerai pas de lâcheté quand l'absence d'espoir ou tout simplement une immense fatigue enlève toute perspective.
Je me refuse à juger et je comprends parce que l'envie, je l'ai eu à certains moments de ma vie. Où était ma lacheté: Dans le fait de ne pas sauter le pas ou dans l'acte si je l'avais accompli?
La lâcheté, c'est de ne pas s'avouer par peur qu'on ne peut résoudre seul l'équation de ces problèmes et du refus de l'aide. L'adversité et le malheur, je les connais mieux qu'une vaste majorité de personnes, mais je ne courbe pas. Alors oui, je me permets de juger et je ne me gênerai pas. L'abandon de la vie et de notre dessein, c'est parfois parce qu'on fantasme trop.
Envoyé par: Francois le janvier 31, 2005 01:19 PMJe suis entièrement d'accord avec toi François. La capacité de passer par dessus les épreuves qui viennent influencer chacune de nos vies se doit non pas d'être des murs infranchissable mais bien une façon d'augmenter notre confiance en soi, notre maturité et notre désir d'avancer. Le chemin de la vie est parsemé d'épreuve plus ou moins facile mais qui peuvent être surmonter par tout le monde. Cette facilité a tombé dans le découragement et à prendre la sortie simple et facile au Québec en est presque glorifier. Pourquoi un taux de suicide si élevé ici?? Piste d'explication pour moi: le nivellement par le bas. Quand tu rends tout plus facile à un jeune, le jour où il arrive devant une épreuve un peu plus difficile il se décourage. Quand tu as eu la vie facile pendant 20 ans et que tout t'es tombé cuit dans le bec. Le jour où tu doit toi même aller pécher ton poisson, tu l'as trouve beaucoup plus difficile que celui qui a buché depuis son plus jeune âge pour manger.
Envoyé par: Carcajou le février 1, 2005 10:09 AMJe crois que le suicide peut être une certaine lâcheté face à la vie, mais il ne faut pas oublier que ce n'est pas tous qui ont la force de l'affronté. Un décès, une peine d'amour, se sentir seul et d'autres raisons font que le courage s'affaisse. Mais on ne sait jamais vraiment pourquoi et on ne comprend pas.
Envoyé par: Looange le février 1, 2005 01:04 PMDire que ce sont des lâches est de la lâcheté même. Qui est-vous pour juger du comment les gens doivent traverser leurs propres épreuves. Et si vous étiez à leur place, avec leur vécu, leurs vie, leurs bagages...
Envoyé par: a le février 2, 2005 08:03 AMa > Et vous, voudriez-vous être à ma place ???
Envoyé par: Francois le février 2, 2005 11:31 AMJe comprends la colère face au suicide mais il ne faut pas oublier que la dépression est une maladie et que c'est elle, souvent, qui mène au suicide. La malade mentale (dont la dépression fait partie, d'une certaine manière) ne peut pas être associée à la lâcheté. Je crois que bien des gens qui se suicident étaient dépressifs et que peu de gens autour d'eux en était conscients. Les causes peuvent être en partie médicales et affecter différentes personnes de manière différente. Il faut donc éviter de juger aussi rapidement.
Je vous suggère de lire des articles comme celui-ci:
http://www.iforum.umontreal.ca/Forum/ArchivesForum/2001-2002/010904/371.htm
Martine > Il faut noter le « certains cas » dont j'ai fait mention. Poser l'acte comme le résultat d'une maladie - dans ce cas ci la dépression -, je l'admets, mais je persiste à dire qu'il s'agit chez quelques personnes d'un acte lâche - ou égoïste, d'affaissement, de faiblesse - de personnes incapables d'accepter l'aide ou faire face à la montagne.
Envoyé par: Francois le février 2, 2005 01:58 PMPour comprendre (un peu) le suicide, je crois qu'il faut le remettre dans la perspective d'un mouvement de 'décrochage' plus global, véhiculé par toutes les sphères culturelles, sociales et politiques de notre société.
Décrocher veut aussi dire : prendre sa retraite à 55 ans, partir dans le sud, quitter l'école, quitter son conjoint, lâcher sa job pour aller planter des carottes, trouver des échappatoires fiscales, s'évacher devant la télévision.
Le suicide n'est alors que l'acte le plus sanglant du décrochage : le refus de s'impliquer, le retrait de la course, et la recherche d'une réponse qui serait 'ailleurs'....
Envoyé par: Martin Lessard le février 3, 2005 11:53 AM