Il y a les poubelles et les containers. Sur ces derniers, on retrouve une large ouverture par laquelle on peut facilement jeter petites et grosses ordures. Les containers ne bougent pas, attendant qu’on les bourre ; la bouche grande ouverte, ils avalent tout ce qu’on leur donne. Et lorsqu'ils bougent, c'est grâce à une main bienveillante : celle qui les nourrit est la même qui les vide. Ils sont gros, visibles, prennent de la place sur les parkings, mais ils ne recueillent que les déchets. Les containers, ce sont aussi ces personnes qui poussent un « aïe » lorsque les doigts de la main les pincent : allez, criez bien fort ! Alors, ils réagissent instinctivement en grognant et grommelant des mots incompréhensibles pour eux comme pour nous. À cette difficulté de langage, voilà qu’ils ignorent un s, un t ou une voyelle ici et là quand ils se commettent. À quoi bon l'orthographe : tsé veux dire ???
Dyslexie, dysgraphie, voire dans des cas plus aigus une dyslogie chronique, le ou les troubles dont ils sont atteint et qui les font même craindre de passer un test d’urine, de peur de l’échouer, font d’eux des kamikazes qui plongent tête première. En les containers, les gourous d’un supposé ordre nouveau ont leurs lèche-culs. Plus philosophiquement, on pourrait faire un parallèle entre ces personnes et les hommes du mythe de la caverne de Platon ; les ombres que voient ces derniers sont la représentation partielle de la réalité.
La semaine dernière, un autre pas a été franchi pour un nouveau diagnostic du mal dont ils sont atteints. De troubles d’apprentissage, alors qu’initialement il y avait de la confusion et du désordre dans leurs propos, voici que les symptômes s’apparentent maintenant à de la maladie mentale : ils entendent des voix et des mots dans le dossier de la fermeture d’un magasin Wal-Mart pour une raison d'accréditation syndicales. Cette décision a soulevé l’ire de plusieurs, de simples citoyens aux commentateurs de l’actualité, dont celle de Claude CHARRON qui a écrit et lu en ondes en ondes un texte qui s’intitule Wal-Mart : les nazis de l’économie (retiré du site web, mais que je reproduis à la suite de cet article grâce à Yvan qui me l’a gentiment envoyé).
Dans ce qui se veut un commentaire acide contre la décision de la multinationale de fermer le magasin, Charron fait un parallèle entre la politique anti-syndicale de Wal-Mart et les nazis d’avant-guerre qui interdirent ces associations. Comparaison quelque peu périlleuse et risquée, toujours est-il que si on analyse froidement l’histoire, la prise du pouvoir par les nazis en 1933 a été suivie d’une purge chez les travailleurs :
[...]
Les syndicats libres furent interdits, remplacés par un syndicat unique (Front du travail allemand), et les différents métiers furent organisés de manière corporatiste (professeurs, juristes, médecins, fonctionnaires, techniciens, etc.).
L'Ordre nouveau exigeait l'abolition des syndicats et des coopératives, la confiscation de leurs ressources, l'abrogation des conventions collectives entre les travailleurs et leurs employeurs, l'interdiction du droit de grève et de lock-out, et l'obligation légale pour tous les travailleurs allemands d'adhérer au syndicat contrôlé par l'État. »
[...]
(Source : Encarta)
Ou encore, si on poursuit la recherche sur le net :
[...]
Par le biais de la Loi sur la Fonction publique d'avril 1933, les autorités allemandes commencèrent à éliminer les Juifs de la fonction publique et des entreprises dépendant de l'Etat, de la justice et de la vie culturelle. Le gouvernement nazi supprima les syndicats. Les ouvriers, employés et employeurs furent enrôlés de force dans le Front allemand du Travail… »
(Source : Encyclopédie multimédia de la Shoah)
À un antisémitisme grandissant et nourri par les nazis, c’est l’ensemble de la société allemande d'avant-guerre, dont les syndicats, qui a été gangrenée par ce cancer.
Comme il se doit, les containers ont été fidèles à eux-mêmes. Nourris par trois stations radiophoniques de Québec, ils ont une fois de plus déliré, simplifié à outrance, dénaturé et propagé des mensonges en voyant de l’antisémitisme dans les mots de Charron, ainsi qu'une comparaison avec l’holocauste, la Shoah et Auschwitz. Bref, ces imbéciles lui prêtent aujourd’hui des propos qui frisent le révisionnisme.
À suivre
WAL-MART: LES NAZIS DE L'ÉCONOMIE
Rien n'allait leur résister. Ils deviendront les plus gros, les plus forts, et bien entendu, les plus riches. Avec 1,4 million d'employés dans le monde, la main-d'oeuvre de Wal-Mart est maintenant plus importante que celle de GM, Ford, GE et IBM réunies. Les revenus de l'entreprise, plus de 260 milliards américains annuellement, sont presque 10 fois ceux de Microsoft. Les cinq membres de la famille fondatrice se partagent une fortune de 90 milliards de dollars américains. Et il y a 2 ans, Wal-Mart a été sacrée "entreprise la plus admirée", selon le magazine Fortune.
En 1933 aussi, quand Hitler s'est emparé du pouvoir en Allemagne, il se trouvait des gens dans les démocraties malades pour lui trouver du génie. Depuis 15 ans, les Allemands crevaient de faim et leur défaite en 1918 les avait laissés humiliés. Tout démagogue pouvait y faire fortune, s'il savait s'y prendre. Le capitalisme aussi fait des victimes, on le sait. Ceux qui s'enrichissent démesurément doivent dans leur stratégie tenir compte de ceux qui peinent à survivre dans le régime et s'en faire des "complices objectifs", comme on dit. Complices objectifs, ça veut dire qu'étonnamment, des gens à très faibles revenus vont se mettre à la défense des milliardaires parce que la pitance qu'ils reçoivent en salaire pour les heures passées au service de leurs maîtres exigeants est à ce point capitale et essentielle à leur survie qu'ils acceptent de défendre le système ou ils ne sont qu'un rouage éminemment remplaçable. En capitalisant, c'est le cas de le dire, sur cette vulnérabilité extrême, l'audacieux entrepreneur pourra conduire son projet le plus sinistre à son terme.
La stratégie de Wal-Mart semble inspirée de l'expérience allemande d'avant-guerre. Aucune loi, aucun règlement, aucun gouvernement ne les arrêtera et chacun devra plier à son chantage. Cette stratégie qui l'a conduite au sommet est simple à comprendre: en promettant le plus bas prix, ils vous invitent à dissocier dans votre esprit le consommateur du citoyen. Votre appartenance à la société une fois oubliée et n'étant plus qu'un simple acheteur, Wal-Mart obtient que vous vous foutiez comme de votre dernière chemise que votre cousine ou votre beau-frère ait perdu son emploi parce que la concurrence a été écrasée par Wal-Mart, parce que le fournisseur de Wal-Mart a fermé ses portes au pays et s'est relocalisé au Vietnam. Et Wal-Mart pourra crémer son gâteau en vous entendant dénoncer la syndicalisation des employés qu'elle avait travestis en pseudo-associés à un dollar au-dessus du salaire minimum. Non, vraiment, il fallait que la machine déraille un tant soit peu avant plus de dommages et, un jour, comme on se souvient de ces valeureux opposants au cancer nazi, on se souviendra du nom de Jonquière.
Claude CHARRON
Envoyé par - François - le février 14, 2005 01:21 PM