mardi, le 22 février 2005

À mon ami

Je suis encore plus fier de toi, mon ami :

« Parmi les moments les plus heureux de la soirée, on retiendra le sacre de Ce qu’il reste de nous comme meilleur documentaire. Présenté à Cannes, le film de François Prévost et Hugo Latulippe, un vibrant S.O.S. pour la cause du peuple tibétain, aurait très bien pu concourir dans la catégorie du meilleur film tout court, ce que les règlements des Jutra ne permettent toutefois pas. »

Ce triomphe au gala des prix Jutra, la récompense du cinéma québécois, c'est vraiment celui de ta caméra-stylo pour reprendre les mots du cinéaste Michel BRAULT ; une caméra curieuse, sans être voyeuse, qui permet d'imprimer la détresse des yeux, les espoirs des sourires et le malaise des mains qui s'entremêlent parce qu'il n'y a nul part où elles peuvent s'enfuir. Ta caméra, mon ami, elle écoute, parle et récite ce que le stylo a tracé dans le scénario, mais que la vie a submergé à la puissance dix lorsqu'on enregistre par le troisième oeil.

Il y a quelques semaines, j'ai regardé l'album de nos dix-sept ans en compagnie de A. J'ai tourné les pages des photographies, esquissant parfois un sourire en revoyant des visages qui portent des souvenirs. Quinze ans plus tard, j’ai aussi revisité les messages qui tapissent les dernières pages, relisant chacun des mots de certains d’entre eux pour constater ce que le temps a balayé de nos ambitions, nos désirs et nos aspirations. Ému, j’ai relu ton message, dont cet extrait qui parle de la route :

« J’te souhaiterai pas bonne route pote parce que la route on va la faire ensemble. Comme deux frères. On le libérera le Québec, on le francisera le Québec, on en fera du cinéma en français… »

Chacun aura pris son chemin ; toi le fidèle devenu cinéaste, moi cet homme qui a voulu devenir observateur et modeleur de territoires. À notre manière, je crois que nous avons réalisé nos ambitions, fidèles à nos passions. Enfin presque, car aujourd’hui je dois visionner un mauvais film d’une mauvaise bobine, sans pouvoir être le réalisateur de mon long métrage. C’est Le fil cassé qui joue à l’écran et j’en suis l’acteur principal.

Envoyé par - François - le février 22, 2005 12:03 PM
Commentaires

Je trouve ta note magique :) ça nous transporte dans ton monde (enfin s'il y en a un lol).

Envoyé par: Looange le février 23, 2005 10:06 AM
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