De temps en temps, je ne dis pas non aux rayons laser et aux batailles inter-galactiques, mais cette sorte d'ados attardés trouvés chez Rooxy, comme je les trouve ridicules à attendre pendant des semaines l'arrivée de leurs héros avec des capes, des masques et autres babioles. Ça ne fait de mal à personne, je sais, mais il reste à espérer qu'ils feront preuve d'une aussi grande patience au guichet automatique ou à la caisse enregistreuse…
Ceci dit, j'ai reçu, enfin, le DVD de Un pays sans bon sens, l'extraordinaire documentaire du regretté Pierre PERRAULT que j'avais commandé sur le site internet de l'Office national du Canada (ONF), le 18 mars...
De cette oeuvre, certes moins bandante pour les sus mentionnés, l'ONF écrit ceci :
« Ce film est un essai sur une question cruciale dans l'état actuel du monde : la notion d'appartenance à un pays, telle qu'elle trouve racine dans le coeur de l'homme. Sentimentalisme attardé ou réalité psychologique profonde? L'action se déroule dans le contexte d'une nation qui se cherche : les Canadiens français, et d'autres peuples sans pays : les Indiens du Québec, les Bretons de France. On tente de cerner cette notion difficile; on relève les déviations qu'engendre la privation de pays, de patriotisme. On déniche un authentique réfugié culturel, un Canadien français ayant fui l'Ouest canadien pour s'installer à Paris. On pose la question fondamentale : quels sont les peuples «viables» dont la «maturité» leur permet de «se donner» l'autonomie et le territoire? Et inversement, quel est le milieu qu'un peuple puisse appeler «son pays»? » (Source : ONF)
Je ne cesse de me questionner sur ces trente-cinq années qui me et nous séparent de la réalisation de ce film. J'avoue avoir été touché comme bouleversé par son écoute, elle qui permet un regard introspectif sur la collectivité québécoise et ce « nous », d'abord défini en terme ethnique auquel on cherchait un sens en 1970 et qui est aujourd'hui élargi et plus inclusif, mais toujours au nom flou et vague.
Mon questionnement, que je limite volontairement à la dimension territoriale, précisément à la notion d'oekoumène de Paul Vidal de la Blache, soit l'interdépendance entre l'humain et son habitant, je la trouve vitale à la compréhension de l’état des lieux et le destin de la collectivité québécoise. Autrement dit, du rapport au territoire, peut-on comprendre les choix (politiques) et les interventions (architecturales, aménagistes, urbanistiques, etc.) ? La mise en forme de mots et d’images, elle commence.
L'homme et la froidure
