mardi, le 21 juin 2005

Une image, moins de mille mots

L'image comme les mots, volés. Simplement ici, pour les mots et leurs nouvelles images.

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Extrait : « Le Château ambulant. Photographie, face à la Banque de France, rue Augier, Grenoble, hiver 2005. Autant de précisions invitent à croire à l’immobilité. À tort, assurément. Le vaste hublot derrière lequel se trouve l’affiche du Château ambulant reflète le mouvement de la ville. Une voiture passe au premier plan, un homme marche à l’arrière-plan. D’ailleurs, regardons bien, il tient un calepin d’une main, et téléphone de l’autre. Il est simultanément entre deux lieux ; sa conversation relie sa pratique urbaine de Grenoble et l’endroit de son interlocuteur – curieuse ubiquité. L’impermanence redouble le mouvement, avec la neige qui fond, la façade de la Banque de France qui a cédé son pouvoir de battre monnaie à la Bce de Francfort. Le reflet même sur la surface vitrée est fugace : que le soir tombe, une autre lumière s’y reflètera. L’immobilité apparente de la photo est donc trompeuse. Le cliché témoigne du mouvement à plus d’un titre. Par les reflets mouvants qu’il présente, par les mouvements qui s’y projettent, mais aussi par l’affiche même d’un film qu’on ne sait plus où situer : l’adaptation japonaise par Miyazaki d’un roman britannique de Diana Wynne Jones, film distribué par Buena Vista International. Plus étonnant, la photo nous met à la jonction de deux espaces, nous donne accès à deux univers : celui de la fiction représentée, celui du réel qui est reflété. Alors entrons dans le cinéma et, puisque la photo nous y invite, cherchons des correspondances entre ces deux univers. »

Source : Matthieu Giroud et Olivier Milhaud, "Sur Le Château ambulant.", EspacesTemps.net, Mensuelles, 30.05.2005

Envoyé par - François - le juin 21, 2005 04:14 PM
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