Avant le grand dérangement vers Québec, madame a fait une petite escapade parisienne ponctuée de petites pauses photographiques, dont une dans le 4e arrondissement à proximité de l'Hôtel de Ville de Paris. L'arrêt face au 8 rue des Mauvais Garçons, dans le Marais, n'était pas innocent, car c'est moi qui lui ai demandé.
Voilà quatorze ans, l'hôtel du Loiret accueillait ma dépouille pour quelques jours. Défait que j'étais et je dois le dire, la ville lumière était sombre malgré ses feux et je semblais y errer : dix-huit ans, en peine parce qu'en raison d'un malentendu de temps, je ne pouvais être avec celle dont j'étais devenu amoureux. Néanmoins, cette rue des Mauvais Garçons était le point de départ de grandes balades et évoque plusieurs souvenirs, dont celui de ce bar gai tout près dont on avait sorti les tables et les chaises à l'extérieur le 14 juillet 1991 pour festoyer joyeusement. Et bien honnêtement, assis sur le rebord de la fenêtre de ma chambre avec la bouteille de rouge à portée de main, j'étais amusé de regarder ces couples souvent stéréotypés : le petit éfféminé avec le caniche blanc, le conjoint costaud, plus « homme », le mec en cuir... Faut m'excuser, c'était le regard d'un jeune Québécois dans la faune parisienne...

