mardi, le 26 juillet 2005

L'espace est politique

De la lecture du dernier Tranflash (no. 305, juillet-août 2005), le bulletin d'information du CERTU que je reçois mensuellement via le courriel, je retiens particulièrement le compte-rendu d'un voyage d'étude d’élus et de techniciens français qui se sont rendus en Italie pour découvrir à quoi ressemblent les villes de Pise, Ferrare et Parme depuis qu'elles ont introduit des mesures de réduction de l'accessibilité en automobile au centre. Du bilan qui est dressé, il y a cette remarque sur les résultats encourageants de la baisse de la pénétration automobile et qui résume assez bien ma vision urbanistique :

« […] ce n’est pas du côté des « mentalités » qu’il faut rechercher des explications. En fait chaque ville a les résultats de sa politique. Les entretiens ont montré combien les choix politiques se fondaient sur un ensemble de convictions et sur une volonté forte. » (Transflash :1)

Je n’ai rien d’un libéral en matière d’aménagement, surtout lorsque j’entends l’explication de la « mentalité différente » pour justifier l’absence d’interventions urbaines et de politiques qui auraient comme objectif de modifier le rapport à l’espace. Par exemple, si certains détracteurs du transport en commun, du vélo et de la piétonnisation arguent qu'ici, ce n'est pas pareil, et que l'automobile est indissociable de notre tissu urbain, on ne peut que leur donner raison du côté du diagnostic. Par contre, celui-ci devient une justification pour crever toute initiative visant à faire et vivre la ville autrement. Et là, on voit politiciens paresseux et urbanistes valets qui demeurent dans une zone de confort, bien au chaud dans un rôle d’animateur. L’urbanisme, c’est faire de la politique.

Envoyé par - François - le juillet 26, 2005 11:27 AM
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