vendredi, le 10 février 2006

Le zoo comme présage

À Québec, le dossier du jardin zoologique, devenu une saga comme nous savons si bien le faire, semble s'être conclu entre les partenaires. Remarquez : « semble » est une apparence, car les conditions de la négociation, catimini régnant entre la mairesse et le ministre Després, laissent place au doute sur la suite des événements. Et du doute au plomb dans l'aile, voici un tir : « les villes de la CMQ ne veulent pas être réduites à devenir de simples payeurs de facture. Elles veulent être de véritables partenaires dans cette entente pour la sauvegarde du zoo », apprend-t-on.

Voilà l'illustration supplémentaire que le climat d'enfantillage dont la première dame de Québec se nourrit et qui délecte aussi ses partisans doit faire place à un nouveau mode de décision et de gestion des dossiers ; d'une broutille comme le changement des noms de rues au jardin zoologique, tous deux ont démontré comment est dépassée l'autocratie urbaine à la saveur Boucher. D'aucuns parleraient de gérontocratie urbaine...

Alors que la notion du développement durable est à la mode, galvaudée par des élus comme par des gestionnaires qui s'en servent pour enrubanner politiques et projets, Québec - lire l'administration municipale - doit s'engager dans une nouvelle gouvernance. J'y ai déjà fait écho dans le cas du couple développement durable-gouvernance urbaine, soulignant tant les bénéfices que les limites de cette philosophie. Mercredi, la lettre intitulée Éviter les dérapages publiée dans Cyberpresse est l'eau à mon moulin ; des grands aux petits projets publics, tous commandent le renversement de la gestion qui s'est installée à Québec, car sous prétexte de saine gestion financière, ce qui semble sa seule « vision » à la mairie, la première dame à la Ville erre dans sa conduite d'un dossier comme le jardin zoologique : elle s'isole tout en réduisant le monde des affaires et les autres municipalités à des pourvoyeurs de fonds sans les intégrer aux décisions.

Si le présent est le présage de l'avenir, je dois admettre que mes appréhensions sur les défis démographiques (immigration, rétention des jeunes) et économiques (reconversion, prospection) auxquels la région est confrontée vont rapidement se transformer en une véritable inquiétude à la lumière de l'incapacité de la mairesse Boucher à jouer son rôle de leader et de rassembleuse.

Envoyé par - François - le février 10, 2006 10:34 AM | TrackBack
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