« Dans une décision unanime rendue jeudi, les huit juges de la Cour suprême ont accordé au jeune Gurbaj Singh Multani le droit de porter à l'école le kirpan, un poignard symbolique dans la religion sikhe. » (Source : SRC)
D'abord, c'est à la laïcité qu'on vient de donner ce coup de poignard, n'en déplaise aux marchands des libertés individuelles, adorateurs de sa charte ; à les écouter, je dénote ce mélange du bon droit avec lequel ils se bombent le torse et leur politique de prêchi-prêcha, toujours prompts à casser du sucre sur le dos du nationaliste québécois : l'adepte du multiculturalisme est tolérant, le nationaliste que je suis, non. Équation simpliste qui se base sur des vieux préceptes du style chanoine Groulx qu'on nous déterre périodiquement. Remarquez, les vieilles rengaines ne sont pas que leur apanage ; les nationalistes africains québécois qui ressassent la Conquête, la dite colonisation canadienne contre le Québec, c'est stérile comme improductif.
Mais nous vivons dans un pays où les formes traditionnelles du multiculturalisme canadien et du nationalisme québécois se côtoient plus qu'on ne le croit ; Neil Bissoondath, auteur du Marché aux illusions, ouvrage dans lequel il dénonce le multiculturalisme canadien, arguait en entrevue qu'ils réduisent « ...l'immigrant à n'être qu'un citoyen provisoire parce qu'il ne le considère pas comme un «vrai Québécois» [ou un Canadien]. » (Baril, 1996) Aujourd'hui, à quoi se résume notre rapport (des institutions) à l'immigrant et jusqu'à quand en est-il un ? Dans le cas du kirpan, le symbole religieux dit ostentatoire ne serait-il pas l'objet du non-désir plutôt que ce respect des différences ?
Envoyé par - François - le mars 7, 2006 11:10 PM | TrackBackMerci pour ce son de cloche plutot rare.
Envoyé par: Laurent le mars 8, 2006 06:32 AMLa position des québécois est assez ambigue. Bon nombre d'entre eux se disent ouverts et ainsi souscrivent au multiculturalisme canadien dans la théorie. Dans les faits, on voit bien qu'ils ont la gachette rapide et que tout atteinte aux valeurs québécoises provoque des remous. Après un âpre combat pour se débarasser de l'église, beaucoup digère mal préséance qu'on donne à des signes religieux sur la laïcité et les règles de conduite commune.
Par ailleurs, tout le monde se retrouve confronté aux limites du multiculturalisme. Après le Kirpan, certains travailleurs exigent le droit de pouvoir porter leurs turban... même quand le port du casque est obligatoire (chantiers). Ça devient rapidement intolérable pour quiconque est attaché au respect des règles de vie commune. Voyons comme ceci va évolué maintenant...
Envoyé par: Hoedic le mars 8, 2006 07:04 AM