mercredi, le 17 mai 2006

L'opium d'une mairesse

Voici un extrait de la chronique de François Bourque publiée hier. Intitulée Le décorum, elle décrit bien la pièce de vaudeville municipale depuis l'élection de la mairesse Boucher. Premier acte : la pause-pipi.

« Combien de temps faut-il à un conseiller municipal pour aller à la toilette, se laver les mains et revenir à sa banquette ? Trois minutes, 8 minutes, 13 minutes ? [...] Avez-vous envie de savoir combien de temps votre conseiller municipal passe à la toilette pendant une assemblée du conseil ?

Combien de fois y est-il allé ? S'est-il levé en même temps qu'un autre conseiller ? Est-il revenu à sa banquette au même moment ? Si d'aventure, il y est revenu.

Vous apprendrez tout ça dans le procès-verbal du conseil municipal. Vous pensez que ce n'est pas nécessaire ? La mairesse Andrée Boucher, elle, veut le savoir. Une affaire de discipline, a-t-elle expliqué. Évidemment. Une ancienne maîtresse d'école.

[...]

Peut-être faudrait-il commander des sondes pour tout le monde, de suggérer un troisième, pendant que du haut de son fauteuil, le pauvre président d'assemblée s'agitait, dénonçant vaudeville, manque de sérieux et l'absence de décorum.

En effet. La réalité, c'est que vos conseillers municipaux ont consacré hier soir d'interminables minutes à discourir de l'utilité d'inscrire ou non dans le procès-verbal les détails sur les allers et venues des uns et des autres. » (Bourque, Le Soleil, mardi 16 mai 2006, p. 9)

Fins renards doivent-ils penser d'eux, les Québécois savent rentabiliser leurs sous... Non seulement ont-ils élu une mairesse à la tête de leur ville, mais ils voient en elle la mère de toutes les solutions, additionnée d'une ancienne maîtresse d'école. Aujourd'hui, on découvre aussi une madame-pipi...

Or, celle qui comptera bientôt le nombre de carrés de papier de toilette utilisé par chaque conseiller - la maîtresse d'école donnera peut-être un cours de mathématiques - a néanmoins besoin d'aide en droit. Quand on la questionne sur l'autorisation de la Ville pour le développement d'un projet immobilier dont le promoteur Nittolo serait impliqué dans le trafic de drogue, la mairesse répond qu'elle ne comprend pas « ce qu'on fait à discuter de la moralité du promoteur » (Mathieu, Le Soleil, mardi 16 mai 2006, p. 1). De la moralité à la légalité, il y a un monde, faudrait-il lui expliquer, et sa crainte de poursuites contre la Ville si celle-ci annule sa décision à la lumière de cette arrestation devrait être légère ; comme le soulignait le conseiller Shoiry, y a des zones d'ombre pour les citoyens :

« On sait que quelqu'un qui est accusé au criminel, si jamais il y a un lien entre les activités criminelles et l'argent qui sert à d'autres activités d'affaires, il peut y avoir des saisies éventuellement, alors c'est des questions qu'une ville doit se poser... » (SRC)

Concitoyens, continuez vos courbettes devant elle en fumant l'opium qu'elle vous sert. Voyez-vous l'incompétence ? Non, la fumée vous cache.

Envoyé par - François - le mai 17, 2006 06:46 PM | TrackBack
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