
Il faut de la force pour être pacifique et surtout, le demeurer. Une fois les naïfs évacués - je crois qu'il existe des personnes qui sont pacifiques par peur, non pour parvenir à une fin -, les Martin Luther King, Gandhi et Mandela ont toute mon admiration.
À l'aube des années soixante-dix, être pacifique outre Atlantique dans une Irlande occupée était un exploit. Samedi, madame et moi avons plongé à cette époque en regardant le nerveux Bloody Sunday du réalisateur Paul Greengrass (United 93, La Mort dans la peau), un film secousse sur un des nombreux épisodes sanglants qui ont éclaboussé l'Irlande du Nord. D'abord, du point de vue formel, notons la caméra dynamique, agitée, presque « parkinsonienne» par moments. Et fouilleuse ; à la fois lors des préparatifs que durant la marche dramatique, elle entre dans l'enfer des personnages. Le rythme, il est haletant et le montage parallèle qui montre les manifestants et les forces de sécurité, elles-mêmes découpées entre para-militaires revanchards qui désirent en découdre et officiers mal préparés rapidement dépassés, est d'une efficacité redoutable. La conclusion connue, le drame devient notre doute ; pendant un instant, sûrement une brève satisfaction, les mots deviendraient cailloux et fusils pour être une réponse sans penser à lundi, mardi...
Envoyé par - François - le juin 6, 2006 12:27 PM | TrackBackEn tout cas, je me rappelle de la très célèbre Bernadette Devlin... C'est dire combien je m'en viens vieux!!
;-)
Envoyé par: Serge Alain le juin 6, 2006 06:53 PMTrès beau film qui se contente de montrer les faits, les engrenages, sans prendre position.
On se prend tout en pleine gueule.
Il serait interressant de reegarder les parties du film par intervenant.
A voir dans la lignée Omagh de la même équipe.
Envoyé par: Benoît L. le juin 16, 2006 02:37 AM