samedi, le 30 août 2003

Mots de Magris (2)

Je l'ai dit à plusieurs reprises et je le répète : j'adore l'écriture de Claudio MAGRIS. L'extrait qui suit a été puisé en préface du livre, qui à elle seule, est un voyage fantastique au coeur de la vie. J'ai déjà partagé les mots qui suivent avec une personne qui m'est chère et aujourd'hui, je tenais à les faire connaître sur mon cybercarnet.

«... la possession présente de sa propre vie, la capacité à vivre l'instant, chaque instant, et non uniquement les instants privilégiés et exceptionnels, sans le sacrifier au futur, sans l'anéantir dans les projets et les programmes, sans le considérer simplement comme un moment à vite faire passer pour atteindre quelque chose d'autre. On a presque toujours, dans sa propre existence, trop de raisons d'espérer qu'elle passe le plus rapidement possible, que le présent devienne encore plus vite le futur, que demain arrive au plus tôt, parce qu'on attend avec angoisse le verdict du médecin, le début des vacances, l'achèvement d'un livre, le résultat d'une activité ou d'une initiative, et ainsi l'on vit non pour vivre mais pour avoir déjà vécu, pour être plus proche de la mort, pour mourir. »

Claudio MAGRIS : « Déplacements », préface, Éditions La Quinzaine littéraire – Louis Vuitton 2002, collection Voyager avec…, 2003.

Envoyé par - François - le 30 août 2003 | Commentaire (1)

vendredi, le 29 août 2003

Très tôt, ce matin

Aux petites heures du matin, je me suis remémoré cette petite phrase que j'avais écrite sur le miroir de ma chambre, à l'âge de quoi, quinze, seize ans ? C'est véritablement dans ces eaux qu'on commence à se confronter à la vie et si je me souviens bien, ça disait à peu près ceci :

« Partir sur des éclats de bonheur mais devoir construire sur des espoirs perdus »

Un peu maladroite cette phrase, mais malgré que se soit écoulée plus d'une décennie depuis, y a des jours et des lunes où on la reprend à son compte. J'ignore encore si je l'avais pigée quelque part ou si elle était de mon cru mais parfois, on renoue avec elle et on la retravaille un peu en soi. L'essence demeure la même.

Envoyé par - François - le 29 août 2003 | Commentaire (3)

jeudi, le 28 août 2003

L'éternelle poudrière

Deux communautés linguistiques, un éternel bourbier constitutionnel... Voici le Canada.

Alors, imaginez un territoire où se côtoient des dizaines de communautés culturelles et linguistiques, où on retrouve des haines historiques exacerbées par les uns et les autres, puis une guerre toute récente presque tribale qui a fait des milliers de victimes. Ça, c'est l'ex-Yougoslavie et tout le territoire des Balkans qu'on qualifie à juste titre de poudrière.

Le Monde diplomatique vient de publier sur son site web un article intitulé Les « petits peuples » oubliés des Balkans qui trace un portrait actuel de la région. Y a cette carte qui illustre très bien la complexité ethnique de la région et son grand intérêt pour les passionnés de géopolitique.

Envoyé par - François - le 28 août 2003 | Commentaire (0)

Seule

J'ai pris l'habitude depuis très longtemps d'écouter le bulletin télévisé français sur les ondes de TV5. Même jeune ado, alors que TV5 n'existait pas et que ça portait un autre nom que j'oublie, ça faisait partie de mon écoute télévisuelle.

Ceci dit, j'ai suivi les conséquences de la grande canicule qui a balayé la France cet été et qui aurait contribué à des milliers de décès, soit près de 10 000 selon les dernières estimations. Moi-même détestant la chaleur et ses conséquences néfastes sur mon système, je ne peux que compatir avec les milliers de personnes fragiles qui ont plus que sué.

Mais ce qui m'a le plus touché, voire choqué, c'est ce reportage de France 2 où un pompier défonce la porte de cet appartement et retrouve dans la cuisine une vieille dame morte, par terre. Sur la table, les pots, le pain et la cafetière témoignent qu'elle préparait son petit déjeuner, il y a quoi, un, deux, trois jours ?

Elle est morte seule. Comme des centaines d'autres assurément. L'intensité de cette crise montre bien comment on abandonne les gens et qu'on ne se soucie guère de la vie de certains.

Envoyé par - François - le 28 août 2003 | Commentaire (0)

lundi, le 25 août 2003

Promoteur environnementaliste et « humaniste » ?

Ça existe cette race de promoteurs ? Si vous avez suivi cet été la saga de Guindonville qui s'est conclue par l'expulsion de résidents et la destruction des logis pour un projet de parc assez flou et improvisé, voici que l'opposition entre un promoteur et la municipalité refait surface. Peut-être sommes-nous en face d'un promoteur avec une vision de développement plus harmonieuse du milieu, plus respectueuse et qui sait manier l'habitat et la nature ?

***

Val-David – L’expropriation de Guindonville et l’expulsion, en juillet dernier, de la dizaine de personnes qui y habitaient pourraient bien avoir été inutiles.

C’est ce que soutient M. Sylvain Cousineau, promoteur immobilier qui possède plus de 1 200 âcres de terrain en développement, dont plus de 400 se trouveraient dans le futur parc projeté par la municipalité de Val-David et dont l’aménagement avait motivé l’éviction des locataires.

Réagissant aux récentes évictions et aux projets de la municipalité d’exproprier ses terrains, M. Cousineau a fait savoir qu’il s’y opposera de la façon la plus farouche.

«S’ils croient pouvoir m’exproprier pour 400 000 $, ils devraient refaire leurs calculs, la facture s’élèvera certainement à plusieurs millions de dollars, une fois tous les recours juridiques épuisés…», de dire M. Cousineau.

Les terrains convoités par la municipalité pour compléter le parc du Condor lui appartiennent en grande partie et il a déjà soumis des plans de développement afin de procéder au lotissement et de les vendre en vue de construire des maisons de luxe. Leur expropriation provoquerait une perte de profit importante pour le promoteur.

Son projet, Les Boisés Champêtres, inclut la notion de protection de la nature et tolère la présence des pistes de ski de fond.

«Je protège la nature et je contribue gratuitement au maintien des pistes de ski de fond. Pourquoi la Ville veut-elle dépenser des millions pour faire ce que je fais déjà gratuitement ?» demande le promoteur immobilier.


Logements à prix modique
Par ailleurs, pour compenser la perte des logements de Guindonville, M. Cousineau propose de construire sur ses terrains des maisons à prix modique qui permettront de loger les citoyens à revenus modestes de Val-David.

«Deux logements par année, pendant plusieurs années. Notre communauté a besoin de ce type de logement et je suis prêt, avec d’autres entrepreneurs, à faire ma part…», dit le promoteur.

Finalement, M. Cousineau invite les élus à faire preuve de transparence et à révéler à la population les vrais chiffres dans l’évaluation des dépenses inhérentes à l’aménagement du parc. Le promoteur ne croit pas que, sachant la vérité, les contribuables consentiront à permettre l’emprunt de millions de dollars pour aménager ce fameux parc.
Source : Canoë

Envoyé par - François - le 25 août 2003 | Commentaire (8)

jeudi, le 21 août 2003

On repart...

Ben, je sais... La pause d'écriture a été courte.
C'est redémarré quoi...

Envoyé par - François - le 21 août 2003 | Commentaire (1)

Pas dans ma cour ?

Je trouve toujours douteux et louche ce type de projet : une entreprise spécialisée en incinération de déchets toxiques veut installer une usine loin d'où originent ces déchets.

Dans la Baie des Chaleurs, du côté acadien, la société Bennett Environmental envisage de construire un tel établissement. L'un des hics, c'est que les rejets, poussés par les vents, se retrouveraient du côté québécois. À raison, y a un vent de contestation qui souffle dans cette partie de la Gaspésie, les gens s'inquiétant pour la pêche, l'agriculture et la santé.

Déjà, une telle usine existe à Saint-Ambroise, à 15 kilomètres au nord-ouest de Chicoutimi. Elle accueille des déchets toxiques en provenance des États-Unis dans son parc industriel depuis 1996. La filiale québécoise de Bennett Environnemental, Récupère-Sol, y est installée en plein bois, face à des champs de patates.

Voyons ce qu'on en dit :
« Les cendres sont enfouies dans un site de la MRC Lac Saint-Jean-Est. D'autres sont mêlées à de la terre et servent de recouvrement ou de remplissage. Lorsque les résidus toxiques dépassent les normes, les cendres partent vers un des 23 sites d'enfouissement de déchets toxiques et de sols contaminés autorisés par le ministère de l'Environnement du Québec (MENV), par exemple ceux d'Horizon Environnement, à Grandes-Piles, ou d'Enfouibec, à Bécancour, en Mauricie. Le 10 avril 2001, le directeur régionale de la santé publique du Saguenay-Lac Saint-Jean, M. Andy Kennedy, a informé Récupère-sol et la municipalité de la présence de plomb, mercure, cadmium, dioxines et furannes dans les sols forestiers avoisinant l'incinérateur de Saint-Ambroise. La direction de la santé publique a demandé un plan de suivi environnemental. La municipalité et l'entreprise n'ont pas répondu. » Source : http://www.mediasol.org/

Non seulement la question environnementale me préoccupe, mais mon problème ici est qu'on fait miroiter des emplois - 35 ici - et des retombées économiques à des régions où le taux de chômage est élevé et en leur faisant croire que c'est du développement économique.

Pour en savoir plus, cliquez ici. On peut écouter un reportage vidéo sur la question.

Envoyé par - François - le 21 août 2003 | Commentaire (5)

dimanche, le 17 août 2003

La touche pause

J'écris pas avec assiduité sur ce carnet. Je ne m'oblige pas à écrire avec régularité mais c'est un peu chiant cette non-envie d'écrire. Alors je tenais simplement à dire que du mode ralenti, j'appuie sur la touche pause quelques jours, question de voir si l'inspiration peut venir.

Envoyé par - François - le 17 août 2003 | Commentaire (3)

jeudi, le 14 août 2003

Quand le soleil se couche dans le fleuve

Y a longtemps que je n'ai pas vu le soleil s'éteindre dans les eaux du fleuve St-Laurent. Chauvin un brin, je vous dirais que le plus bel endroit pour assister à ce spectacle c'est au bout du vieux quai à Kamouraska, avec en main une pâtisserie de la boulangerie. C'est ce même quai qui est ravagé par le temps mais surtout par l'inexcusable indifférence des hommes. Dans ces moments, le silence doit dominer, à peine violé par le son du vent et des vagues.


À Kamouraska
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Source : Paul Charbonneau, site web Le Soleil du Jour

Je me suis rappelé vaguement du site de ce photographe à la fois amoureux de ces couchers de soleil et du Bas-St-Laurent. Je l'ai retrouvé facilement et je vous le propose avec ses magnifiques photos.
Il s'intitule Le Soleil du Jour


Le soleil, l'hiver et le fleuve
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Source : Paul Charbonneau, site web Le Soleil du Jour

Envoyé par - François - le 14 août 2003 | Commentaire (2)

mardi, le 12 août 2003

Mots de Magris

Dans un billet qui date de quelques semaines, je faisais part de toute mon admiration, l'amour, que j'ai pour l'écriture de Claudio Magris. J'annonçais la lecture prochaine de son dernier ouvrage intitulé Déplacements qui rassemble plusieurs textes qu'il a commis dans les quinze dernières années. Jusqu'à maintenant, je suis séduit à nouveau par les mots de cet auteur et je tenais à mettre sur ce carnet un extrait du livre. En voici un assez court que j'ai trouvé particulièrement touchant. J'ai déjà partagé ce magnifique petit texte avec quelqu'un et aujourd'hui, je le mets sur le net.

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magris2.jpgClaudio MAGRIS : « Déplacements », Éditions La Quinzaine littéraire – Louis Vuitton 2002, collection Voyager avec…, 2003.

Envoyé par - François - le 12 août 2003 | Commentaire (2)

Le coût du choix

On entend à droite et à gauche les gens maudire les pétrolières qui gonflent le prix de l'essence à la pompe, surtout lors des périodes de forte affluence comme ce fût le cas récemment avec les vacances de la construction. À les écouter, les pétrolières devraient être des oeuvres de charité. Ho ! Leur seul et unique désir est de faire du fric, comme le gouvernement avec la taxe sur le carburant. Vrai que c'est dommage et rageant de payer plus cher, surtout qu'il est difficile de voyager sans la voiture. Par contre, pour aller au boulot ou effectuer d'autres déplacements urbains, les gens ont le moyen de se venger je dirais et ça s'appelle le transport en commun. Mais comme le TEC c'est toujours bon pour les autres et jamais pour soi, ils utilisent la bagnole par choix. Alors payez !

Envoyé par - François - le 12 août 2003 | Commentaire (2)

dimanche, le 10 août 2003

Le pays d'une saison

Y a pas d'été. Il pleut tout le temps. On ne peut pas jouer au golf. Et patati, et patata. Ben oui, il pleut souvent. Qu'y faire ? D'abord, arrêter de brailler comme si le froid et la pluie étaient anormaux en ce pays. Le Québécois d'aujourd'hui est un être fondamentalement complexé de sa situation géographique et sa nordicité. L'hiver n'est pas aussitôt arrivé que le Québécois me fatigue : trop noir, trop froid, trop de neige, etc. Bref, une longue litanie.

L'été dernier a été exceptionnel avec ses chaleurs, comme celui de cette année est sous les normales de température. Et encore... L'hiver 02-03 nous aura donné beaucoup de neige et du froid comme ce pays en connaît depuis toujours. La normalité quoi. Mais les gens ne sont pas contents.

Tout compte fait, le Québécois s'est très bien adapté au climat, car il fréquente assidûment les mégasins (sic). Il combat la chaleur en s'y réfugiant et s'y retrouve lorsqu'il pleut. Un animal très intelligent. Si seulement certains pouvaient hiberner comme plusieurs bêtes quand arrive la saison froide. On ne les entendrait pas durant quelques mois.

Envoyé par - François - le 10 août 2003 | Commentaire (5)

vendredi, le 8 août 2003

« La santé ! », aura-t-il répété...

Au cours de la dernière campagne électorale au Québec, celui qui allait devenir le premier ministre, Jean CHAREST, a martelé son fameux « La santé ! » pour bien marquer la priorité qu'il entend donner à ce domaine une fois au pouvoir.

Faudrait rappeler à ce gouvernement que la santé est plus qu'une question de listes d'attente ou du nombre de personnes cordées dans les urgences, dont les médias font le décompte comme on donne les numéros gagnants de la 6/49. L'article que je propose témoigne du manque criant de ressources et de soutien aux personnes handicapées. Pendant que certaines attendront des années pour que leur logement soit adapté afin qu'elles puissent mener une vie plus digne, d'autres auront le temps de crever bien avant.

Si vous croyez qu'un jour la chaise roulante deviendra l'une de vos complices de votre existence, arrangez-vous pour « crasher » en bagnole. Des soucis en moins à prévoir...

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Source : Le Soleil, 4 août 2003.

Envoyé par - François - le 8 août 2003 | Commentaire (0)

jeudi, le 7 août 2003

« Plus j'en mange, plus j'en veux... » Vraiment ?

Me semble qu'il y a une expression de ce genre pour les saucisses Hygrade... Après avoir lu le test du mois du magazine Protégez-Vous (août 2003), peut-être déciderez-vous de bannir, ou du moins de réduire votre consommation de saucisses plastiques.

Et si vos enfants réclament à grands cris des hot-dog, refilez leur des saucisses végétariennes comme le recommande le magazine. Gageons qu'ils n'y verront même pas la différence...

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Source : Protégez-Vous, août 2003, p. 9.

Envoyé par - François - le 7 août 2003 | Commentaire (5)

mardi, le 5 août 2003

Récupérer l'eau de pluie pour arroser son jardin

Moins de 1 % de l'eau potable tirée de nos robinets en période estivale sert semble-t-il à la consommation domestique, alors que pas moins de 30 % serait utilisée pour le jardinage. Ne pourrions-nous pas acheminer tout bonnement une partie des eaux de nos gouttières vers un baril pour alimenter nos boyaux ?

Nos ancêtres ne procédaient pas autrement pour faire pousser les légumes du potager. Ils constituaient une réserve et ouvraient le robinet en période de canicule. Ces temps que nous croyions révolus depuis la constitution de nos réseaux d'eau nous rattrapent. Désireuse de juguler les coûts d'entretien et de traitement, la Ville de Toronto a entrepris il y a 10 ans de raviver l'intérêt de ses citoyens pour la récupération des eaux pluviales en distribuant gratuitement des barils à 11 000 foyers.

Toronto a concentré ses efforts dans un vieux quartier où les maisons sont dotées de tuyaux pluviaux reliés à des conduites d'égout. Le débit conjugué peut, durant les orages, engendrer un véritable torrent charriant des eaux domestiques non traitées. Si le flot de ces eaux glauques outrepasse la capacité des usines d'épuration, il fait gonfler le lac Ontario et pollue dès lors ses rives et ses plages, les rendant impropres à la baignade. En résultent aussi des dégorgements d'égouts et l'inondation de sous-sols dans la basse ville. D'où l'idée de canaliser l'eau de pluie vers des réservoirs distincts - et notamment vers des barils installés sur les propriétés pour irriguer les jardins - , pour la relâcher graduellement dans la nature. La contribution individuelle étant bienvenue, on incite maintenant les particuliers à participer au programme en munissant leurs jardins de barils.

Ne pourrait-on pas agir de même au Québec ? Nous le pourrions, en prenant quelques précautions toutefois. Le virus du Nil complique un peu la donne. Il est imprudent de nos jours d'accumuler chez soi une réserve d'eau plus ou moins stagnante, où des larves peuvent éclore. La coop la Maison verte, à Montréal, vend depuis un certain temps déjà des barils en matière plastique ayant contenu des olives et des cornichons. Ils sont très efficaces puisqu'on peut visser le couvercle au corps du baril.

Deux grillages sont également superposés sur le couvercle. Le plus gros tamise les feuilles mortes et empêche l'intrusion d'un enfant ou d'un animal à l'intérieur. Le deuxième, aux mailles très fines, empêche les moustiques d'accéder à l'eau pour y pondre. Logique, puisqu'un déversoir assure plus bas le débordement du trop-plein.

Éco-Pluie n'est pas en vente hors Montréal, mais la direction de la coop la Maison verte envisage sa distribution ailleurs. Pour renseignements, néanmoins : (514) 489-8000.

Source : Le Soleil, 2003.08.02, E10.
Transmis par Francis VACHON de Québec urbain

Envoyé par - François - le 5 août 2003 | Commentaire (33)

lundi, le 4 août 2003

Retour à la normale

Caprices de serveur... Mon carnet ne pouvait être modifié ces derniers jours. Je mets à nouveau en ligne l'article sur les modifications à Magellan, car on ne pouvait y ajouter de commentaires.

Envoyé par - François - le 4 août 2003 | Commentaire (1)

Magellan sur de nouvelles eaux

Il y a maintenant près de deux mois, j’ai lancé Magellan dans l’océan des cybercarnets et récemment, je me suis questionné quant l’orientation qu’il devrait prendre dans l’avenir. Les cybercarnets pullulent sur internet; du très perso. à celui qui traite de thèmes plus pointus, où dois-je me situer et quelle chemin emprunter ? Mise à jour...

Par exemple, je pourrais disserter sur l’heure à laquelle je me suis levé, la marque de céréales que je bouffe le matin ou mon état d’esprit, mais ce style journal personnel ne me convient pas. Je respecte cette forme d’écrit et plusieurs excellent dans cette approche mais par pudeur, je m’y refuse. Encore, il y a le carnet sur un sujet bien précis où on le tripote et l’analyse, le disséquant presque en publiant des billets très fouillés. J’ai déjà donné dans ce registre à l’université et par manque d’énergie, ça ne me tente pas. On m’a reproché dans des articles précédents de manquer de rigueur, d’être peu instructif et y a même un monsieur Truc qui m’a accusé d’être un diffamateur. Je m’en défends bien. Pour le reste, deux mots : et alors ? J’ai déjà répondu à mes détracteurs : voir les territoires comme on feuillette un guide touristique, c’est pas ma tasse de thé. Et un connard est un connard. C’est mes yeux et mes mots. Aujourd’hui, je n’ai pas plus envie de prendre le crachoir sur mon carnet, car si c’était le cas, j’enlèverais les commentaires. Mon carnet sera dès maintenant à mi-chemin de ce que je viens d’évoquer.

Je vais néanmoins élargir le champ de mes réflexions en conservant cependant la préoccupation de l’aménagement du territoire. La vie est salope avec moi. Je vous épargne mon bilan de santé mais j’ai dû rayer nombre de projets de ma vie, tant personnelle que professionnelle. Voilà pour ma tranche de vie. C’est ici que je prends aujourd’hui la parole. Hier, j’ajoutais le geste à la parole. Reste maintenant les mots, parfois durs, maladroits, voire injustes, mais aussi admiratifs et compatissants.

Vous êtes avertis. À vous d’embarquer ou non.

Envoyé par - François - le 4 août 2003 | Commentaire (1)

Vilnius, Lituanie. Le combat de Marie.

Cet article devait être publié initialement la semaine dernière. En raison d'un problème de serveur, il n'apparaîssait pas sur la page d'accueil mais uniquement dans les archives. Au moment où je l'ai écrit, Marie TRINTIGNANT n'était pas décédée.

***

La nouvelle est tombée en début de semaine dans la presse. Dimanche, je crois, c’est Marie qui tombait sous la force d’une main. Pays étranger, hôtel de luxe, tournage sympatique sur la vie de la romancière Colette qu’elle interprétait, l’instant d’une violence inouïe, on ne joue plus. Marie, c’est Marie TRINTIGNANT, actrice talentueuse et fille de Jean-Louis, grand acteur qui joua notamment dans « Un homme et une femme ». Oui, le film du fameux « Chabadabada, chabadabada... » et de cette scène avec Anouk AIMÉE, un joli travelling à l’épaule où on tourne et tourne autour du couple sur la plage.

L’actrice est plongée depuis plusieurs jours dans un long sommeil et ce n’est le baiser d’un prince charmant qui la réveillera. On parle plutôt d’un coma, un coma dépassé comme l’ont affirmé ses médecins en ajoutant du même souffle : « Ses heures sont comptées. »

Bertrand CANTAT, chanteur du groupe rock français Noir Désir, c’est son copain. Selon les premiers résultats de l’enquête, il l’aurait, soit frappé violemment à la tête, soit bousculé et elle se serait fracassé la tête. Peu importe. Sa responsabilité ne fait aucun doute, en plus qu’il a fait une apparente tentative de suicide en gobant médicaments et alcool. Je suis un fan de longue date du groupe : musique parfois décapante, textes acides, discours social et militant ; tous des éléments qui me plaisent, qui prouvent qu’on peut faire un rock intelligent à la même hauteur que les anglo-saxons. Le groupe, Cantat en tête, dénonce la mondialisation, s’en prend à Jean-Marie MESSIER de la multinationale tentaculaire Vivendi et attaque le système. Des objecteurs de conscience pourrait-on dire. Mais voilà, comme ça arrive, les donneurs de leçons sont des faibles. Derrière leurs discours et leur façade de personnage public, il y a parfois des lâches et Cantat l’illustre bien aujourd’hui en méprisant la vie. Tout pour réussir une vie mais tout faire pour la bousiller et entraîner les autres dans son sillage.

Cette histoire est loin d’être unique, car il s’agit de tendre l’oreille et de lire un peu les journaux pour savoir que demain un autre pètera les plombs. La semaine dernière dans la région de Montréal, c’était un père qui pulvérisait sa femme et ses deux belles adolescentes. Ils ont de ces problèmes les pauvres... Des faibles avec leur satanée détresse psychologique momentanée. La vie, ce n’est pas un roman de Danielle Steele où les problèmes se règlent presque par magie à la fin du livre. C’est souvent beau la vie mais faut devenir fort, ne pas se laisser abattre aux coups durs et relever la tête.

Envoyé par - François - le 4 août 2003 | Commentaire (0)