J'ai laissé parler mes yeux sur mon année 2003 de façon voilée. 2003 ou ce qui m'a rappelé durement que le temps est un fluide qui s'écoule et que le meubler est le meilleur moyen de l'apprivoiser. Pourtant, plus il passe pour moi, plus j'ai l'impression que le débit s'accélère et que la source se tarit, s'assèche.
Cette scène m'a bouleversé. On voyait et on entendait un homme debout sur cette immense butte d'argile qui était autrefois sa maison à Bam, en Iran. Il criait parce que sa femme et ses deux enfants sont ensevelis sous les décombres. Il était seul à gratter avec ses mains, tentant de trouver les cadavres. À travers ses pleurs, on entendait des oiseaux pour qui le jour s'était levé normalement, avec par contre des perchoirs et des mains nourricières en moins. Ils chantaient, inconscients du drame et de la détresse de ces hommes et de ces femmes.
Ces oiseaux sont comme ces personnes qui voguent sans se soucier d'autrui et qui se rient des autres jusqu'à l'instant où il ont faim. La faim de tout. Ces oiseaux ont une excuse : ils sont des oiseaux.

2003 et quelques-uns de mes yeux, dans une sorte de petit bilan annuel.
Les yeux fermés
Les yeux ouverts
Les yeux silencieux
Les yeux qui disent
La lueur dans les yeux
Les larmes aux yeux, les yeux rougis
Les yeux de feu
La beauté des yeux
Sous les yeux
Les yeux affamés
Les yeux émerveillés
Loin des yeux
Perdre des yeux
Les yeux introspectifs
Regarder et lire dans les yeux
Et ces yeux, ceux qui entendent les mots écrits, ceux qui lisent le non écrit.
Via mediaTIC, qui lui-même l'a repéré chez Les Pensées de Zénon, un site où vous pouvez créer vos propres flocons de neige. Ça se passe chez Snowflakes.
Ma création

Les vacances de Noël ont un effet dramatique sur les blogues : l'auditoire fond ! C'est bien ainsi, car c'est la preuve que les gens font autre chose que se planter devant l'écran durant les vacances. Puis moi, j'ai la tête occupée à autre chose. Oh si peu, mais c'est tout de même le bal des visiteurs à la maison. Alors, l'écriture est au ralenti.
Ceci dit, le lendemain de Noël nous a réservé de gros flocons qui ont suivi la flotte des heures précédentes. Ça donne des arbres tout vêtus de blanc.

Je viens de lire madame B., Denise BOMBARDIER, qui signe une chronique le samedi dans le journal Le Devoir. Un article léger sur les souhaits du nouvel an et le traditionnel « bonne année ! »
J'ai pu y apprendre qu'autrefois, on se souhaitait « bonne, heureuse et sainte année, et le paradis à la fin de vos jours ». Voilà. C'est tout.
Au réveil, je me suis dirigé vers l'ordinateur et l'internet pour aller lire les dernières infos. Immense tremblement de terre en Iran. Certaines sources parlent de deux mille morts, d'autres avancent le chiffre de quatre mille. Merde... Je viens de jeter un oeil sur Canoë : il y aurait plus 10 000 morts.
Le séisme s'est produit dans la région de la ville de Bam, une cité historique. Mon amie P. est partie en Iran un peu avant Noël, car elle donne un cours de quelques jours à Téhéran. La soeur, le père et la mère sont allés la rejoindre. Étaient-ils dans cette région ? J'ai appelé au ministère des Affaires étrangères pour avoir des informations sur les ressortissants canadiens au pays et selon ce qu'on m'a affirmé, il « semble » qu'il n'y ait aucune victime canadienne. N'empêche. J'ai la peur au ventre.
Pour Noël, je vous offre une de mes oeuvres inspirée de Picasso et signée François. Vous aurez le loisir de la faire admirer à votre entourage en vous exclamant :
- Regardez, j'ai un François !
Deux

J'ai créé cette oeuvre (oeuvre étant un grand mot...) en ligne sur le site Mr. Picassohead.
Un joyeux Noël à tous et à toutes !
S'il y a une chose que je déteste au plus haut point, c'est une veille de Noël avec une température au-dessus du point de congélation avec une saloperie de flotte qui tombe. C'est ce que nous avons aujourd'hui et c'est ce qui s'annonce pour le 25. Le Noël d'hiver et de froid, celui de carte postale, pas pour cette année...
Un lendemain d'anniversaire, une avant veille de Noël et un drôle de sentiment qui m'habite. Et surtout pas quelque chose qui se rapproche de la frénésie des fêtes. La ou les réponses viendront bien rapidement.
Dans le courrier de ce mardi matin, il y avait une jolie carte postale provenant de Bratislava, Slovaquie. Pas de l'ex-copine, mais d'un animateur de Radio Slovaquie internationale (RSI) qui répondait à un courriel que je leur ai fait parvenir voilà deux semaines.
Récemment, la station a organisé un concours sur les châteaux slovaques qui comptait trois questions, dont l'une a porté sur le château de Devin, situé à quelques kilomètre de Bratislava au confluent de la Morava et du Danube. Dans mon courriel, j'y racontais l'anecdote concernant la perte de mes lunettes lors de ma quasi escalade des ruines en 1992, ce à quoi on m'a répondu avec humour que dans quelques siècles, des archéologues trouveront peut-être cette trace de mon passage.
L'obsession météorologique pousse certains organismes à jouer aux prédicteurs. Par exemple, sur ce site où je vais prendre le poul du temps qu'il fera pour la région de Québec, on donne les prévisions météorologiques sur une période de neuf jours ! Certains y verront une prouesse alors qu'Environnement Canada ne les donne que pour cinq jours. Or, si les souvenirs de mon cours de climatologie sont exacts, il n'existe pas de modèle pour prévoir sur une si longue période et danc ce cas, on n'est pas dans la tendance, mais dans la prévision avec chiffres.
Autre truc qui me fait rire sur le premier site : on parle de « précipitations hivernales ». Ça veut dire quoi ? De la neige, de la pluie, de la bruine, de la grêle ? Y a un joli méli-mélo de possibilités... Alors, au lieu de faire croire aux gens qu'on peut prédire quasiment dix jours à l'avance, peut-être se concentrer sur les trois ou quatre jours à venir.
Le 22 décembre 2003 à 2h05, heure du Québec, ce sera le solstice d'hiver. Une nouvelle ère du froid débutera officiellement. Il y aura 31 ans, alors que naissait un hiver, le chaud soufflait pour un homme et une femme : leur premier enfant lançait ses cris et voyait enfin la lumière d'un nouveau monde. Je suis né avec cet hiver, le 22 décembre 1972. Neuf mois plus tôt, j'étais conçu lors d'une tempête, selon les dires de ma mère. Voilà peut-être l’origine de mon amour pour l’hiver, appelé à tort saison morte. Dans mon cas, ce fut plutôt la saison de ma vie.
Simplement parce que la lumière de l'hiver et ses manifestations sont parfois jolies. Lorsque la lumière rencontre la glace.

Bon, y aurait quelques « menus » détails juridiques à régler comme la légalisation de la prostitution, mais voilà une idée séduisante qui nous provient d'Allemagne pour aider les villes à boucler leur budget...
Cologne taxe les maisons closes pour redresser ses finances
BERLIN - La ville allemande de Cologne va taxer les maisons closes pour améliorer ses finances, mises à mal par une réforme qui a amoindri les revenus des collectivités locales.
Les autorités de la ville ont confirmé vendredi l'extension du champ d'application de la "taxe sur le plaisir", qui concerne déjà les casinos et les salles de jeux d'arcades, aux maisons closes, salons de massages érotiques et clubs de strip-tease.
Cologne espère tripler les revenus tirés de cette taxe, a expliqué Inge Schuermann, porte-parole de la municipalité.
La prostitution est légale en Allemagne, où les prostituées acquittent déjà l'impôt sur le revenu et la TVA.
Source : Libération
Celui qu'on nomme le majestueux, le sapin de Noël, trône enfin dans le salon. Un arbre de culture, pas très haut et joliment décoré. Acheté à 50 % de rabais le sapin, parce que les trucs de Noël sont déjà en vente, décorations comprises.
Par contre, y a un hic avec le sapin : il a un gros derrière. Impossible à voir lors de l'achat parce que tout emballé serré. Un sapin avec un gros derrière...
L'hiver officieux et même officiel perd souvent son nord ici. Un grand froid la semaine dernière qui était le bienvenu pour tester mon nouveau manteau, une tempête de neige lundi qui nous laisse près de cinquante centimètres, la journée suivante radieuse, toute de ciel bleu et de soleil, ensuite de la pluie une nuit parce que plus chaude que le jour et qui se poursuit le lendemain et enfin, aujourd'hui, du vent, de la neige et de la poudrerie. Pas de place à la monotonie. C'est parfois déroutant et déconcertant, mais loin d'être ennuyant.
Je relis mon dernier billet et ce mot-clé, impuissant, frappe comme une matraque. Et avant qu'un p'tit comique fasse un rapprochement dont il rira devant son écran, tout fier de sa trouvaille, précisons que ça n'a rien à voir avec le sexe...
Impuissance comme impossibilité de, comme un manque de pouvoir et de moyens pour.
Y a eu cette période où l’on défonçait des portes à grands coups de pieds, où nos yeux qui voyaient de haut scrutaient au loin un horizon bavard de désirs : ceux qu'on avait dans le coeur et dans la tête et qui exigeaient qu'on se batte parfois à mains nues et exposé aux coups pour les atteindre, mais avec toute cette grande détermination en soi, puis les autres, ceux qu'on cherchait à combler et vers lesquels on approchait d'un pas feutré. Un pas silencieux celui-là, qui s'avançait et qui avancerait encore aujourd'hui avec douceur vers la porteuse de ces désirs pour lui dire les mots. Ce on, c'est ce je bien impuissant.

Je viens de lire une entrevue exclusive avec celui qui prétend être le Père Noël, chez lui, près du Cercle Polaire en Laponie, proche de la ville de Rovaniemi en Finlande.
On y avance l'idée que c'est le vrai. J'ai mes doutes, car tout le monde sait qu'il habite dans notre Grand Nord. Certainement un usurpateur...
En m'allongeant dans mon lit, je me suis tourné sur le côté gauche et j'ai remarqué qu'à la place vide, le futon avait épousé des contours. Je la voyais. Elle dormait, mais souriait.
Je dormais donc depuis assez longtemps lorsque je me sentis secouer rudement par le boss des piqueurs, Baptiste Durand, qui me dit :
- Joe ! Minuit vient de sonner et tu es en retard pour le saut du quart. Les camarades sont partis pour faire leur tournée et moi je m'en vais à Lavaltrie voir ma blonde. Veux-tu venir avec moi ?
- À Lavaltrie ! lui répondis-je, es-tu fou ? Nous en sommes à plus de cent lieues et d'ailleurs aurais-tu deux mois pour faire le voyage, qu'il n'y a pas de chemin de sortie dans la neige. Et puis, le travail du lendemain du jour de l'an ?
- Animal ! répondit mon homme, il ne s'agit pas de cela. Nous ferons le voyage en canot d'écorce, à l'aviron, et demain matin à six heures nous serons de retour au chantier. Je comprenais.Mon homme me proposait de courir la Chasse-Galerie et de risquer mon salut éternel pour le plaisir d'aller embrasser ma blonde, au village. C'était raide ! Il était bien vrai que j'étais un peu ivrogne et débauché et que la religion ne me fatiguait pas à cette époque, mais risquer de vendre mon âme au diable, ça me surpassait.
- Cré poule mouillée ! continua Baptiste, tu sais bien qu'il n'y a pas de danger. Il s'agit d'aller à Lavaltrie et de revenir dans six heures. Tu sais bien qu'avec la Chasse-Galerie, on voyage au moins 50 lieues à l'heure lorsqu'on sait manier l'aviron comme nous. Il s'agit tout simplement de ne pas prononcer le nom du bon Dieu pendant le trajet et de ne pas s'accrocher aux croix des clochers en voyageant. C'est facile à faire et pour éviter tout danger, il faut penser à ce qu'on dit, avoir l'oeil où l'on va et ne pas prendre de boisson en route. J'ai déjà fait le voyage cinq fois et tu vois bien qu'il ne m'est jamais arrivé malheur. Allons mon vieux, prends ton courage à deux mains et si le coeur t'en dit, dans deux heures de temps, nous serons à Lavaltrie. Pense à la petite Liza Guimbette et au plaisir de l'embrasser.
C'était un extrait de la légende de « La chasse-galerie » écrite par Honoré BEAUGRAND. Cette légende fait partie des classiques de notre imaginaire collectif. L'arrivée officieuse de l'hiver qui a souvent servi de toile de fond aux contes et légendes québécois m'a donné envie de péparer un document PDF (532 ko) dans lequel vous pourrez lire l'oeuvre intégrale. On le télécharge en cliquant ici.
L'extrait d'un dialogue entre le personnage d'Eddy Mitchell et une infirmière dans le film « Le bonheur est dans le pré » :
- C'est quoi son p'tit nom ?
- Lison
- Et ça rime avec quoi Lison ?
- Si vous pensez à nichon, on me l'a déjà fait.
C'est tout bête, mais Mitchell est tellement drôle dans ce personnage macho. Revu pour la ixième fois hier soir...
Il a fait tempête. Quand la fureur de la neige et du vent se sont tus à la faveur d'une nuit plus calme que son jour, les Hommes ont alors joué avec ces gros camions pour chasser, souffler, déblayer, ramasser, transporter et éliminer cette neige pour continuer à bouger aussi rapidement. Ces journées, on assiste à un balai incessant qui durera plusieurs heures, voire des jours à certains endroits.
Ce lendemain de tempête, les arbres et le toit des maisons sont plus lourds, tandis que le ciel plus léger laisse apparaître son bleu et un soleil qui aveugle en se reflétant sur la neige. La journée a été tranquille : le calme après la tempête. Vers les quatre heures, le ciel s’est éteint lentement, mais le foyer s’est allumé.
Les tempêtes de neige sont souvent ainsi et s’inscrivent dans une sorte de rituel. Les nôtres, celles qui ensevelissent parfois notre être sous tant de questions, d’ambiguïtés, d’oppositions et de déchirement se produisent un peu ainsi : on s’agite, on se brouille et on se pellete. La neige est toutefois plus lourde.
La descente du soleil
Derrière un joli mot, la quête d'un ailleurs souvent idéalisé, inaccessible et noyé de mélancolie...
Nostalgie n.f.
Ethymologie. Du grec nostos, retour, et algos, douleur.
Comme il arrive souvent le lendemain d’une tempête, le soleil brille. Ce matin, un mince filet d’une lumière blanche, tirant sur le jaunâtre, s’est glissé entre les lamelles de ce store que j’ai toujours détesté. Elle frappe mon œil droit qui était, il y a quelques minutes à peine, encore voilé par cette paupière nerveuse qui bat rapidement pour couper l’entrée d’une lumière bien trop forte pour l’œil matinal. Qu’une envie à cette heure si matinale, celle de m’enfouir un peu plus la tête pour la noyer dans l’oreiller pour fuir dans le sommeil. Mais mon éveil est maintenant complet. De sa petite mitaine, le chat vient caresser la porte de la chambre, qui grince et qui perce le silence de la pièce. Comme à tous les matins, mon amour est là, jetant ce regard tendre vers le bleu de mes yeux. En me retournant dans le lit, je remarque que la lumière du soleil noie la chambre d’une douce chaleur et que la poussière des meubles voyage comme mille étoiles, chacune s’étiolant vers l’ombre au fond de la pièce.
Fuyant son regard, je me lève du lit pour enfiler le jean noir, la chemise noire, les chaussettes de même couleur et le veston gris qui tranche à peine avec la monotonie de mon habillement. Encore incertain de n’avoir rien oublié pour cette autre journée où je serai une fois de plus cloîtré entre ces murs sentant la tristesse, je jette ce regard quotidien à cette jeune femme si belle que j’aime et dont rien au monde ne pourrait m’empêcher d’admirer la beauté, sinon elle.
Comme je le fais parfois, je m’en approche. D’une main délicate qui a effleuré son corps pour la dernière fois voilà plusieurs mois, je prends cette photo où, assise sur un banc du parc de ce petit village de France, lieu de notre rencontre, elle sourit au grand jour. Je la glisse dans la poche intérieure du veston pour qu’elle m’accompagne et je quitte mélancoliquement la pièce.
J'aime bien Philippe GELUCK et son chat. La petit blague sur la cédille est charmante. Moi aussi, je suis une cédille.

Source : Site officiel de Geluck
Première tempête de neige. Une « vraie » tempête comme il est dit dans les médias. Merde... C'est une tempête ou pas. Ce qui est bien avec toute cette neige - on en attend environ 30 cm - c'est que ça crée un silence, tous les bruits sont atténués. Et puis, c'est joli... Petit mot pour Jean RICHARD s'il se pointe ici : Carole, notre miss météo de la SRC, va certainement parler de catastrophe naturelle ce soir aux actualités.

Se réveiller, prendre sa douche, ouvrir le mac et voir ça, ce qui semblerait être le futur cube G5 de Apple. Oui... c'est un ordinateur. Espérons cette fois-ci qu'il ne saurchauffera pas comme le premier cube. Allez. Rêvons un peu.

Si un jour vous visitez la ville de Vienne et que vous décidez ensuite de faire un p'tit saut à Bratislava en Slovaquie, qui n'est qu'à une cinquantaine de kilomètres, vous vous demanderez peut-être pourquoi plusieurs vieux édifices sont peints en jaune.
C'est qu'autrefois, l'impératrice Marie-Thérèse d'Autriche (1718 - 1780) aimait beaucoup cette couleur et les bâtiments construits sous son règne était souvent jaune. Ça fait joli.
Pourquoi ce sujet ? J'ai vu le prénom Marie-Thérèse sur le net et j'ai eu ce flash...
Je cherche beaucoup le sommeil ces jours-ci. Samedi, je suis tombé sur un article très intéressant qui traite de la complexité du sommeil et de toutes les phases qui le composent. J'en ai retenu plusieurs extraits.
Les secrets de Morphée
Extraits
Alors que nous tentons de rejoindre les bras de Morphée, notre système nerveux central réduit progressivement son activité pendant les 90 minutes qui suivent le coucher. La respiration s’apaise. Le rythme cardiaque et la circulation sanguine ralentissent. Le métabolisme basal et la température corporelle diminuent. Nous traversons d’abord une phase de transition durant laquelle les idées continuent de vagabonder dans notre tête […].Cette période d’endormissement, nommée stade I, ne dure généralement que 10 à 20 minutes et ne monopolise que 5% de la nuit totale de sommeil. Lui succède le stade II, ou sommeil lent léger.
[…]
Au bout de 40 à 50 minutes, nous entrons dans un sommeil lent profond (stades III et IV), qualifié ainsi parce que le réveil y est plus difficile et que nous sommes souvent confus quand nous émergeons de cette phase, toutes nos fonctions vitales étant ralenties, y compris la circulation sanguine.
Puis, soudainement, environ 90 minutes après avoir posé la tête sur l’oreiller, le système nerveux s’emballe et retrouve une activité comparable à celle de l’éveil. Le coeur bat la chamade et son rythme est ponctué de pauses. La respiration, aussi, est très irrégulière. Tout se passe en effet comme si nous étions éveillés sauf que la plupart de nos muscles sont paralysés, d’où l’expression de sommeil paradoxal qu’ont adoptée de nombreux scientifiques pour désigner ce cinquième stade durant lequel surviennent la majorité des rêves.
[…]
Étant donné que les régions responsables des émotions et de la mémoire — soit l’amygdale, l’hippocampe et certaines aires du cortex cérébral — sont activées, certains neurobiologistes supposent que nous irions piger dans notre banque d’émotions et de souvenirs ce qui s’apparente le plus aux pseudo-sensations qui sont projetées sur le cortex.
L’une des fonctions du sommeil paradoxal est de stimuler le système nerveux central (SNC) afin d’en favoriser le développement […]. Le sommeil paradoxal sert aussi à emmagasiner les connaissances acquises durant la journée.
[…]
Quant au sommeil lent profond, il sert à restaurer les fonctions corporelles et physiques. Durant cette phase réparatrice du sommeil, l’organisme sécrète l’hormone de croissance et accroît la synthèse de protéines dans divers tissus, tandis que le système immunitaire se met en branle.
Source : Pauline GRAVEL, Le Devoir, 13-14 décembre 2003, p. B6.
Alors que la randonnée progresse, qu'on a gravi monts et collines et qu'un joli paysage s'offre enfin à nous, on pointe l'horizon en disant :
- Regarde comme c'est joli là-bas. On y va ?
Il n'y a pas de réponse. En nous retournant, on remarque que seuls nos deux pieds ont battu la neige, certainement depuis quelques lieues. Sans qu'on ne s'en soit aperçu, elle pris un autre chemin.
Un jour d'hiver, près d'un château abandonné :
- Continue de marcher devant moi, me dit-elle.
- Pourquoi ?
- Parce que j'aime t'entendre marcher dans la neige et suivre tes pas. Je sais que tu es enfin ici.
Chimère n. f.
1. MYTH. Monstre fabuleux à tête de lion, corps de chèvre et queue de dragon qui vomit des flammes. 2. Imagination vaine, illusion. 3. ZOOL. Poisson holocéphale des grandes profondeurs marines, à grosse tête et à corps effilé. 4. BOT. Produit d'une greffe possédant les caractères du greffon et ceux du porte-greffe. 5. GENET. Individu porteur de caractères génétiques issus de deux génotypes différents.
Je choisis la définition numéro 2, celle à laquelle nous sommes parfois confronté. Parce qu'un monstre, c'est une image de cette imagination mais vient un certain âge où on n'y croit plus. L'imagination vaine, l'illusoire, c'est plutôt celle aux milles visages, qui berce et nourrit, jusqu'au jour où on se rend compte que ce pain est moisi et ranci et qu'il empoisonne la vie. Il est souvent trop tard, impossible de tout régurgiter. Faut alors assumer.
La maguerite dont je parlais. Ses pétales qu'on retire. La vie qui s'amuse à en saisir un entre ses doigts, un de plus, le regarde, puis hésite dans son jeu machiavélique en disant : vais-je tirer ? Un de mes pétales est depuis peu en danger. J'ai peur.
Tu me disais en fin de soirée que t'avais pas sommeil, que Morphée s'était barré on ne sait où. Il traine encore celui-là... Il est 1h45 du matin et je cherche à m'enfuir. Même la musique de la pluie qui tombe depuis des heures n'a pas cet effet relaxant. Un peu de Chopin ? Je ne crois pas que le reste de la maisonnée apprécierait.
Bon. Cette levée du corps en pleine nuit aura peut-être porté fruit. Je retourne sous la couette.
Par une belle journée d'été, lorsque j'ai découvert que l'amour a aussi un autre visage que celui du papa ou de la maman, j'ai fait ce que tous les garçons et jeunes filles s’amusent à faire un jour ou l’autre : j’ai cueilli une marguerite qui poussait là, à travers la haie et je l’ai déshabillée, arrachant un pétale à la fois :
- Elle m’aime un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, pas du tout…
Le cul assis sur la chaîne de trottoir, je scrutais la fleur dénudée et j’écrasai son cœur jaune sur ma main, libérant les semences par dizaines. Combien aurons-nous d’enfants ? Tape sur la main : un, deux, trois, quatre, cinq… Beaucoup des semences ont collé à ma main. Elles sont trop nombreuses pour être chacune un enfant. Le derrière posé sur le ciment, la marguerite fait rêver.
La nuit dernière, j’ai rencontré l’insomnie. Au lieu de faire le vide et relaxer, j’ai pensé à cette image de la marguerite, qu'on peut en devenir une et que la vie s’amuse alors à retirer nos pétales, lentement, un à un, en récitant :
- Tu vivras un peu… Beaucoup… Passionnément… À la folie… Pas du tout.
Elle a aussi écrasé et pressé un coeur pour le vider, non pas de son sens, mais de sa capacité d'être.
L’impuissance. L’impuissance à arrêter le viol de son intégrité. Une marguerite, on peut en cueillir une autre.
J'ai fait le grand saut : je l'ai acheté ce manteau d'hiver. Ho, il est pas donné, il est même assez cher, mais il va durer longtemps. Alors, la Visa est pleine. Fier de mon achat, j'ai regardé mon manteau sous toutes ses coutures et j'ai lu l'étiquette intérieure : fabriqué au Pakistan. Et si c'était des petites mains qui l'avaient confectionné ? Un enfant exploité ? Vous dire que j'ai regretté mon achat et que j'ai pensé me faire rembourser serait vous mentir. J'ai pensé acheter Québécois mais les Kanuk ou les Chlorophylle me plaisaient moins et sont hors de prix.
Comme tous les autres, j'oublierai vite que j'ai peut-être participé à de l'exploitation ou je me rassurerai naïvement en me disant que cette compagnie a une éthique.
Quelque part...
Extrait
« Dans un appartement, trois enfants de moins de cinq ans sont retrouvés attachés à leur lit dans une pièce verrouillée avec, pour seule «présence», une caméra plantée comme un troisième oeil devant eux.
Confinés à ce réduit insalubre 24 heures sur 24, les enfants défèquent et urinent à leur guise, avalant ce qu’une main impersonnelle consent à leur tendre par une porte entrebâillée. Mais cette trop rare pitance n’est pas suffisante. Pour survivre, certains enfants devront grignoter les excréments et les immondices qui jonchent les abords de cette prison.
Le jour où la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) a investi cette demeure à la suite de pleurs et de cris signalés par les voisins, elle y a découvert trois petites bêtes sauvages, crasseuses, affamées et sans voix, rescapées d’un univers oscillant entre la pauvreté extrême et la folie.
À l’âge où d’autres enfants entrent à l’école, Jérémie, privé de toute stimulation depuis sa naissance, est devenu presque paralysé du côté gauche. Quand la DPJ le sort de cet enfer, il titube plutôt que de marcher, ignore tout du langage humain, sinon quelques mots marmonnés. Pour la première fois de sa vie, Jérémie atterrit au XXIe siècle. »
(Source : Isabelle PARÉ, Le Devoir, 6-7 décembre 2003)
Un quelque part qui s'appelle Montréal, Québec, Canada. Comme quoi la misère n'est pas loin. Hier, les médias révélaient une autre histoire macabre : des personnes ayant des graves problèmes psychiatriques, logées dans une résidence privée recommandée par un hôpital, vivaient dans un logement sans chauffage et crasseux avec de la nourriture avariée dans les frigos.
J'ai cru reconnaitre le duplex du quartier Villeray où des salopards abusaient de ces personnes. Je crois que l'appartement où j'ai vécu deux années à Montréal est situé tout près. Si ça se trouve, je passais parfois devant. On sait que la misère, la pauvreté et l'abandon existent près de soi, mais que simplement des murs nous en séparent est toujours troublant.
Il est un peu tôt pour aller acheter le sapin de Noël, le grand et naturel qui trônera fièrement dans le salon et qui sentira si bon. Alors, j'ai installé ce tout petit sapin artificiel sur ma commode dans ma chambre. C'est très joli le soir quand y a que ses lumières qui brillent dans le noir. Ça nous mène tranquillement au soir du réveillon.

En feuilletant le journal du samedi, le géographe que je suis a trouvé un article sur un coin du monde qu'il affectionne particulièrement : la région de l'ex-URSS. C'est bien connu qu'en disparaissant des atlas géopolitiques, le territoire de cette ex-URSS a laissé apparaître de nombreuses catastrophes écologiques comme ces vieux dépôts de sous-marins tout rouillés qui pourrissent dans le port de Vladivostok ou comme le cas que je vous présente, la disparition d'une mer intérieure, la mer d'Aral.
Le traces de cette lente agonies apparaissent nettement sur cette carte tirée du journal Le Monde diplomatique et la photo ci-dessous. On y aperçoit clairement les anciennes zones submergées par la mer.
Pourquoi cet assèchement, cette désertification ? La raison principale est la suivante comme on peut le lire dans un article publié dans le journal Le Devoir : « [la mer] se transforme depuis les années 60 en désert de sable et de sel du fait de l’irrigation massive mise en oeuvre pour la culture du coton par les anciens dirigeants soviétiques. Les deux fleuves qui s’y jettent, le Syr-Daria et l’Amou-Daria, n’alimentent plus suffisamment la mer. » (Le Devoir, 6 et 7 déc. 2003, A9)
Image satellite de l'assèchement de la mer d'Aral

En modernisant les pratiques agricoles, en érigeant une digue et en régularisant le cours de ses affluents, les scientifiques et les autorités espèrent que la mer aura gagné deux mètres d'ici trois ans et 870 km2, ce qui demeure tout de même insignifiant par rapport à la situation qui prévalait il y a plus de cinquante ans.
Quelques chiffres :
- les pêcheurs kazakhs et ouzbeks ont vu les côtes reculer de plus de 150 kilomètres en 40 ans ;
- 28 des 30 races de poissons ont disparu ;
- des 85 000 habitants de l’Aral kazakh, 40 000 vivaient
de la pêche et 16 000 ont quitté la région ;
- la mer a baissé de 53,40 mètres en 1960 à 30 mètres au sud et 40 au nord.
À voir aussi, le dossier Les chantiers de l’environnement à l’Est du Monde diplomatique publié en 2000.
Par hasard (heureux ?) ou plutôt en mettant un peu d'ordre dans un de mes tiroirs de bureau qui est un véritable bordel, j'ai feuilleté mon premier passeport que je conserve précieusement. Après avoir sursauté en voyant la tronche que j'avais en 1991, je me suis rendu compte qu'il y a exactement 11 ans, on me délivrait mon visa pour la Tchécoslovaquie. Le temps, du moins celui-là, passe si vite.
Température froide, vent qu'on entend et qui balaie le peu de neige au sol et lumières de Noël qui scintillent dans la fenêtre des voisins. En-bas, la préparation d'un autre excellent souper, une bouteille de rouge qui n'attend que se faire déboucher et ce feu de foyer qui chasse l'air frisquet du salon. C'est ça, un merveilleux dimanche soir de décembre. Ça fait partie de ces petites choses qui font un bien fou
Rare que je me fais l'écho des trucs de l'Église et des déclarations de Jean-Paul II. La condamnation du condom, de l'avortement et de l'homosexualité, me semble qu'on est rendu au-delà de ça.
Ceci dit, moi et JP2, on se rejoint sur un aspect : le silence. La redécouverte du silence comme il l'a plaidé ces derniers jours dans une lettre apostolique qu'il a adressé aux catholiques à l'occasion du 40e anniversaire de la réforme de la liturgie. Méditer, réfléchir, s'arrêter et se recueillir, bien difficile d'être contre, au-delà de quelconque religion. Une vertu perdue je crois. Partout y a du bruit et cette satané musique d'ambiance dans les endroits publics. J'exagère, à peine. Bon, je me tais. Il est tard.
C'est au tour de Vince du cybercarnet Faut trouver un nom au blog de nous dévoiler son poste de travail. Un homme qui a compris qu'un ordinateur ne doit pas être compliqué : il travaille aussi en mac.
Le journal québécois Le Devoir a eu la brillante idée de rendre disponible l'abonnement au quotidien au format PDF. Coût moindre que l'édition papier, contenu et forme identiques, pas de doigts sales, pas de papier qui traîne et économie de ce même papier. Je suis acheteur.
Aucune inspiration de billet en ce vendredi... 11h54. Peut-être plus tard dans la journée aurai-je une vision. À moins que... Pourquoi ne pas se livrer à un p'tit peu d'exhibitionnisme ?
Je n'ai pas envie de me lancer dans un récit autobiographique ; je préfère laisser transpirer ce que je suis dans mes textes, laisser échapper quelques bribes de mon existence au gré de mes humeurs. Alors, pour un temps limité (comme on dit pour les spéciaux dans le commerce), j'ai mis en ligne une photo de moi. Pour le reste de ma personne, c'est certain que j'aurais beaucoup à dire sur mon existence. Comme tout le monde quoi. C'est tentant de se laisser aller ici et se raconter en long et en large ; on ressent presque une intimité avec son cybercarnet, un peu comme ces personnes qui griffonnent le papier d'un journal intime qu'elles glissent ensuite sous le matelas, à l'abri des regards indiscrets. Mais ici, y a de ces yeux...
Écrit-on pour soi ou les autres ? Les deux je dirais. Partager, faire connaître, vider son sac, se défouler, cracher ou tout simplement s'amuser, tels sont les buts poursuivis par l'écriture sur le net. On veut et on peut aussi entendre les autres. Dans le fond, à part le support, ça se rapproche de l'écriture d'un bouquin le cybercarnet. Un bouquin démocratisé, plus accessible. Néanmoins, je préfère le vrai livre, celui qui sent le papier et l'encre et qu'on entend lorsqu'on tourne les pages. J'oserais dire que c'est plus sensuel. Voilà.
![]() | Un joli tracteur pour couper les cheveux de votre gazon |
|---|---|
![]() | Une table de ping-pong pour sportifs extrêmes |
![]() | Le disque d'un grand (?) musicien (norvégien je crois...) |
![]() | Une dame imbue qui met le mot prestige à sa photo (on dirait un personnage des années 80 de la télésérie Dallas) |
![]() | Un stéthoscope pour Ebb |
Les nouveaux ordinateurs Mac sont de bien belles bêtes. Celui que j'acheté comporte un joli clavier au tour et au fond transparent. Le gros hic, c'est que cette transparence nous permet de voir les graines de biscuits qu'on a malheureusement mangé au-dessus du dit clavier. J'ai acheté cette petite bombonne de gaz comprimé pour nettoyer, mais il en reste. Imaginez le jour où je vous voudrai vendre mon ordi :
- Excusez-moi, mais on voit des graines dans votre clavier monsieur !
- Oui je sais, mais je vous certifie qu'elles proviennent des meilleures galettes aux pépites de chocolat.
Ça devrait convaincre l'acheteur ça... ;-)
Leçon : ne plus manger au-dessus du clavier.
Désolé pour tous ceux qui rêvaient de faire du Québec un nouvel Alberta (la province canadienne riche en pétrole et en gaz naturel), mais je me réjouis qu'on cesse le projet d'exploration de telles ressources dans le Golfe St-Laurent, du moins pour l'instant. On parlait même d'aller forer sur l'île d'Anticosti, un milieu naturel extraordinaire. Je n'ose pas imaginer à quoi ressemblerait l'ile si on y trouvait gaz et pétrole...

Extrait
Radio-Canada a appris que le gouvernement du Québec reportera de plusieurs mois le projet d'exploration pétrolière et gazière dans le golfe du Saint-Laurent.
Québec a décidé de créer un comité d'experts et de tenir des audiences publiques dans le but de connaître les impacts environnementaux des tests sismiques sur les mammifères marins.
Cette décision, qui retardera de plusieurs mois le projet d'exploration piloté par Hydro-Québec, réjouit les groupes environnementaux ainsi que Pêches et Océans Canada, qui s'opposent au projet.
Source : SRC
C'est au tour du duo (et couple...) Ebb-Hoedic de nous montrer l'endroit d'où ils pianotent leurs mots. Le gros livre noir qu'on voit en avant-plan, serait-ce un gros bouquin de médecine de Ebb ? :-)
Elle est la première à se lancer après que j'eus copié l'initiative de Martine qui a eu la bonne idée de demander aux blogueurs de nous montrer leur poste de travail à partir duquel ils nous « parlent ».
Donc, voici le poste de Tite Willow. C'est tout propre, tout rangé et ma foi, les lieux sont bien décrits ;-)
On dit qu'on attire les mouches avec du miel. Peut-être ai-je créé un nouvel adage : on attire un minou avec une couverture de laine.
Mise à jour : J'oubliais... On peut aussi attirer un minou avec un Pascal... ;-)
Y a un truc entendu à la radio qui m'a interpellé. Un constat. Notre société change et évolue comme à toutes les époques, mais peut-être qu'aujourd'hui ces changements s'opèrent plus vite. J'ai parfois la conviction que nous sommes à l'ère du tout jetable : au diable la religion, la famille et les traditions. Noël qui approche et je m'interroge.
La cellule familiale s'est beaucoup modifiée. Elle est plus petite, se disloque, éclate et se reconstitue parfois. Avec tous ces chambardements, il y a perte de l'héritage de valeurs que je sentais dans les grandes familles comme celle de ma mère et que j'ai connu plus jeune. Perte de l'héritage, puis perte des rites et finalement perte de sens. Ainsi, que signifie une fête comme Noël ? Signifie-t-elle autre chose qu'un rassemblement pour se donner des cadeaux ? Y a-t-il encore ces échanges de fraternité et d'amour entre les membres de la famille ? Peut-être est-ce mes yeux d'adulte, mais j'ai l'impression qu'on a perdu quelque chose. Et qu'a-t-on gagné ?
Une idée bien amusante vue ici et développée par Martine il y a déjà plusieurs semaines : l'endroit d'où les blogueurs écrivent.
Alors je me lance. Voici le poste de travail d'où j'opère...
Mise à jour : Ho Ho... Si vous voulez relever le défi sur vos blogues respectifs et faire de même, ce serait chouette non ? Je pourrais en faire l'annonce ici avec les liens.
Courriel

Lorsque j'écoute certaines pièces de musique classique, avec ces violons et violoncelles que j'adore, je vois ce qu'aurait pu être ce présent souhaité. Je vois toutes ces images vécues et senties comme celles que j'ai construites. Puis, il y a cette fatalité et cette adversité.
J'avais 19 ans. Durant les dix heures de route d'autocar qui m'amenaient à Prague au départ de Paris, j'étais parvenu à commencer l'écriture de ce que j'appelais pompeusement un roman. De temps à autre par contre. Il y avait cet Ukrainien francophile assis à côté de moi, un homme fort sympatique qui regagnait son pays et qui m'avait parlé et parlé pendant des heures. L'envie de raconter son pays et de la difficulté de s'en être déraciné. Je l'écoutais. Je ressentais une certaine affection pour cet homme dans la cinquantaine ; sa voix, calme, m'apparaissait sincère et ce qu'il dépeignait comme étant sa vie était à la fois dramatique et plein d'espoir. À l'écouter et le côtoyer, j'avais l'impression qu'on pouvait devenir un meilleur homme. Cette nuit de décembre 1992, j'ai connu l'humilité.
Quand il y a cette aurore, vêtue tout d'un mélange d'orange et de rose, m'en fous de me réveiller si tôt, à peine le « dong » de 5h30 sonné. La neige est tombée cette nuit ; les derniers flocons rejoignent lentement les autres et viennent s'y coller et s'y blottir pour mieux habiller les arbres et couvrir les voitures. La voisine, qui n'a pas le sourire facile, va certainement s'ajouter une ride ce matin et serrer les dents en balayant sa bagnole.
Flocons au petit matin

Sans avoir touché cette neige mais sachant qu'il ne fait qu'un maigre 0°, elle doit faire ce « crounch » sous nos pas. Une neige bien collante que les garçons auront tôt fait de mettre en boules qu'ils lanceront sur les fesses des jeunes filles sur le chemin de l'école...