La mondialisation est ce qu'on veut qu'elle soit : développement des uns comme des autres, levier de croissance d'une économie sans remise en questions de son modèle, tout en créant l'asservissement de nations pour le succès d'une économie déjà développée. Par exemple, la production de biens dans un pays en émergence augmente le pouvoir d'achat de sa population, mais cette croissance se fait-elle au détriment de l'éducation, facteur de développement, si l'État n'investit pas dans le système éducatif ? La question se pose. Comme bien d'autres.
La mondialisation est aussi synonyme de délocalisations des économies développées vers les pays émergents ; le monde de l’emploi se voit ainsi bouleversé et l’État est appelé à jouer un rôle important, soit celui d’accompagnateur. Dans plusieurs cas, il sera initiateur. Que l’on pense aux opérations de revitalisation urbaine ou la restructuration des vieilles zones industrielles vers des activités de haute technologie. Le multimédia par exemple.
Je termine avec un article publié dans Les Échos, plus précisément une entrevue avec ANGEL GURRÍA, secrétaire général de l’OCDE. Une vision mature qui a met en perspective les enjeux de la mondialisation. J’ai surligné les passages qui me sont apparus les plus pertinents.
Bien accompagnée, la mondialisation profite à tous, en PDF (Les Échos, lundi 23 avril 2007, p. 15) .
Jobboom nous offre un numéro intéressant qui consacre une section aux nouveaux modèles économiques et à la délocalisation économique des entreprises, plus exactement des régions-ressources vers les aires urbaines. Ainsi, l’extrait suivant me semble assez fidèle des défis auxquels sont confrontées non seulement les régions hors des centres urbains, mais aussi ces derniers avec leurs concurrents mondiaux :
« ...le nouveau modèle économique est d’abord axé sur la connaissance et l’innovation et promet des jours dorés au secteur tertiaire (informatique, finances, ingénierie, sciences, etc.). Or, ces créneaux se développent principalement dans les grandes villes, en raison de la présence de centres de recherche universitaires, de la disponibilité d’un important bassin de main-d’œuvre qualifiée et de la proximité de la frontière américaine, des grands axes routiers et de la voie maritime du Saint-Laurent. [...] » (Source : Jobboom)
Peut-être est-ce une charnière entre madame et moi, mais il y a une réflexion sur le maketing urbain qui est fort intéressante dans la récente livraison de EspacesTemps. En quelque sorte, il s'agit de la mise en marché de la ville ; grâce au numérique et à l'internet, il s'agit d'un tournant : « ...le site internet se transformant en instrument privilégié pour donner à voir une opération urbaine réalisée ou en cours de réalisation. »
Ainsi, la ville est objet de communication, à la fois lors d'un projet de requalification, par exemple, ou du démarchage commercial. Fait à noter (ça devrait intéresser Hoedic), l'article illustre son propos avec la ville de Nantes et plus exactement avec le site Euronantes.
Qualifier d'ambitieux le projet de centre de villégiature et de divertissement au Massif de Petite-Rivière-Saint-François est un euphémisme. Être homme d'affaires, avoir un objectif de rentabilité, que celui-ci ne prime pas sur les qualités du milieu (naturel, bâti et humain), on ne peut qualifier cet homme de promoteur immobilier. La réponse est ailleurs ; audacieux, joliment rêveur, habile - l'avenir le dira -, ce serait plus juste pour qualifier Daniel Gauthier qui a présenté sa vision de développement du Massif.
Il aurait pu plonger aisément dans le Tremblant Disneyland qui excite les masses de son argent sonnant et appâte les locaux, mais il y a la prémisse d'un développement dit écosystémique. Cependant, entre l'opération marketing, les beaux dessins et ce qui se dessinera sur le terrain, que de prudence.
Ces quelques articles sur le portrait de Québec nous dépeignent une ville en transition puisque l'État sera moins présent dans l'économie selon la volonté gouvernementale.
Depuis plusieurs mois, j'ai fait mienne cette idée de Clément dont il l'un des promoteurs : la cité éducative. Il a écrit ou cité plusieurs articles et plutôt que me lancer dans des explications qui pourraient trahir cette merveilleuse idée de promouvoir le savoir comme fondement de notre développement, je vous invite à les lire.
Samedi, le journal Le Soleil a débuté une série d'arrticles sur Québec. Vivre à Québec ou notre autopsie.
Du préambule du Directeur de l'information, jai retenu ceci :
« S’il ne fallait retenir qu’un seul élément de cette grande recherche, ce serait le suivant : Québec est devenue la victime de son confort et de sa qualité de vie. Elle manque désormais d’audace et de conviction pour lancer et soutenir des grands projets qui pourraient faire bouger l’économie.
Via le net, je n'ai accès que partiellement aux articles, mais il y a tout de même celui-ci qui fait état de la difficulté de nos affranchir de notre dépendance du secteur public en terme d'emplois. J'ai mis aussi l'article qui traite des antagonismes à Québec que plusieurs acteurs aiment bien exploiter. Je continue ma lecture...
Le Soleil
Actualités, samedi 13 novembre 2004, p. A3
Vivre à Québec
La ville à deux têtes
Voisard, Anne-Marie
Québec. Le haut et le bas. Le haut, c'est l'élite. La culture est celle de l'Europe, la France, le théâtre, les livres. Le bas, c'est le peuple. La culture est américaine, la musique, le cinéma. On magasine chez Costco et Wal-Mart. On mange chez McDo. Les élites y vont aussi, mais évitent de s'en vanter. Québec est unilingue francophone. Les gens sont vieux. Ils ne se déplacent pas autrement qu'en auto, ou très peu. Existe une certaine méfiance à l'égard de ce qui est étranger. Québec ville fortifiée, entourée de murs, l'image nous convient bien. On reste entre nous.
Québec la belle. Qu'on soit sur les hauteurs ou en bas du cap Diamant, le fleuve toujours changeant à cause des marées, peu importe le point de vue, est une splendeur. Ville de contrastes et d'autoroutes.
Sans voiture, à Québec, le citoyen ne va pas loin. C'est là un de nos premiers signes distinctifs, indissociable de la couleur du paysage. Nous sommes 40 000 à emprunter chaque jour le boulevard de la Capitale. La proportion de ceux qui prennent leur auto pour se déplacer atteignait, aux dernières nouvelles, 85 %. L'historien Réjean Lemoine, ancien conseiller municipal, nous décrit comme "les champions de l'American way of life". À New York, 40 % des gens utilisent les services de transport en commun, alors que chez nous, ça se limite à 10 %.
Qui voit-on dans les autobus ? Des travailleurs, dont plusieurs opteraient pour l'auto s'ils en avaient le choix. Des étudiants. Des personnes âgées, lesquelles le sont de plus en plus. Le titre de Vieille Capitale nous sied bien. Au Canada, il n'y a que Victoria, où l'âge médian est de 41 ans, qui nous dépasse. Mais c'est ici que le vieillissement est le plus rapide. Entre 1996 à 2001, nous sommes passés de 36,7 à 39,5 ans. Ce qui signifie qu'une personne sur deux a 40 ans et plus.
Écoles : nouvelle vocation
Forcément, l'âge est une réalité à prendre en considération. C'est commencé d'ailleurs, puisque des écoles, faute d'enfants en nombre suffisant, ont été converties en résidences pour personnes âgées. Suzanne Gingras le sait trop bien, elle qui a vu, l'une après l'autre, celles du quartier Montcalm changer de vocation. En 1970, jeune mère de famille, elle achète une maison sur Salaberry, croyant pouvoir inscrire ses enfants à l'école Saint-Coeur-de-Marie. "Elle va fermer", lui dit-on. Le scénario s'est reproduit à l'école Saint-Dominique, puis à Notre-Dame-du-Chemin, après qu'elle eut aménagé, en 1975, dans un duplex de la rue Lemesurier. Le coût de la transaction : 34 000 $. En 1990, le même duplex s'est revendu 150 000 $ et, tout récemment, 289 000 $.
Les temps changent. Suzanne Gingras a, quant à elle, tiré profit de son militantisme dans les comités de parents. "Ce fut mon école de formation." Elle a été commissaire à la commission scolaire de la Capitale, puis conseillère municipale. Aujourd'hui, elle tient la barre des Loisirs Montcalm, dont la clientèle de jour se compose en grande parties d'aînés. Ici, en train de jouer au billard, des hommes aux cheveux gris. Là, un groupe de femmes s'apprêtent à converser en anglais, histoire de garder leurs méninges en éveil.
Les gens de Québec, autre caractéristique, sont généralement bien scolarisés. En l'espace de 10 ans, de 1991 à 2001, le pourcentage de personnes de 15 ans et plus qui détiennent un diplôme universitaire a crû de 17,1 à 21,1 %. Ceci nous situe au-dessus de la performance canadienne, qui était de 17,9 % en 2001, et de celle de la province, 17,2 %. Nous voisinons Montréal, dont le taux de scolarisation s'établit à 21,6 %. Mais c'est la région d'Ottawa-Gatineau qui l'emporte, avec 28,4 %.
Ottawa, Québec, deux villes où dominent les services. Ici, 85,1 % des emplois se retrouvent dans le commerce, les soins de santé ou l'administration publique. Le gouvernement à lui seul fournit du travail à 50 000 personnes. "Ça crée de la stabilité", constate Réjean Lemoine, un Québécois qui aime sa ville et la connaît sur le bout des doigts. À la différence de Suzanne Gingras, qui est née rue Lavigueur au coin de Sainte-Marie, donc à la haute ville, M. Lemoine est originaire de Vanier, qui s'appelait autrefois Québec-Ouest. Son attachement aux lieux qui ont marqué son enfance ne le prive pas d'un regard critique.
La forteresse
"Québec, une forteresse avec des murs, c'est pas pour rien."
Du Postino où nous sommes attablés, dans l'édifice qui abritait l'ancien bureau de poste, à l'angle de Saint-Joseph et Dorchester, Réjean Lemoine parle de la revitalisation de Saint-Roch, mais aussi de la brisure entre le haut et le bas de la ville. Faute de bourgeoisie économique, "la culture, c'est ce qui permet de monter à Québec... mais ça ne fait pas qu'on est plus ouvert". M. Lemoine dit qu'"on s'est replié sur notre statut de petite ville provinciale francophone. (...) On est bien à Québec, ajoute-t-il, et on ne veut rien savoir du reste."
D'autres, lors d'une récente table ronde, se sont exprimés sur le sujet. Margaret Deslisle, députée de Jean-Talon, perçoit de la "méfiance" dans l'attitude des gens d'ici et invite à faire un mea culpa. L'individualisme est montré du doigt. Pierre Moisan, architecte, perçoit "un conservatisme au-dessus de nos têtes". John Porter, directeur du Musée national des beaux-arts, trouve "frileuse" la ville de Québec. "On a besoin de plus d'ouverture sur le monde." Ann Cantin, du service des communications au Centre des congrès, soutient qu'"on est très sectaires ; il y a des clans, c'est très difficile de s'intégrer". Elle remarque que "les gens de Québec sont résignés ; ils ne se battent pas pour défendre leurs idées très longtemps".
Saint-Roch le jour
Pourtant, Saint-Roch et son parc, qui s'étend du boulevard Charest à la côte d'Abraham, sont la preuve que des projets peuvent être réalisés. Le visage de Saint-Roch s'est tellement modifié que des gens viennent de Saint-Jean-Baptiste voir ce qui en est... "parce que ça fait bien", observe Réjean Lemoine.
Ce déplacement de la haute vers la basse ville s'effectue toutefois de préférence le jour. En soirée, les rues se vident de leur clientèle chic. Si vous poussez plus loin, du côté du Vieux-Port, même un jeudi, vous vous buterez à des portes closes. Le magasin de vaisselle Renaud, rue Saint-Paul, ferme à 17 h. Les gens ont pris l'habitude de magasiner dans les centres commerciaux de banlieue, où le stationnement est plus facile et ne coûte rien.
C'est ce qui fait, entre autres, qu'"à Québec, un lundi soir, c'est tristounet", constate Karine Verreault, directrice du Centre multiethnique de Québec. Anthropologue, elle est native de Québec, mais a vécu en Outaouais et à Lac-Etchemin. Son explication : il y a à la fois trop de gens ici pour que tout le monde se connaisse, comme dans les petites municipalités, et trop peu pour donner accès au night life, comme à Montréal. L'anonymat, la solitude risquent d'être le lot des étrangers.
Bernard Dagenais, qui enseigne les communications à l'Université Laval, confirme à sa façon. Depuis 30 ans qu'il vit à Québec (précisément, il habite Sainte-Pétronille), il n'est invité, dit-il, que par des gens venus de l'extérieur. Aussi plusieurs partent-ils, dès que la carrière ne les retient plus. Mais il assure que ce ne sera pas son cas.
Vie paisible
Québec, il faut le reconnaître, ne manque pas d'atouts. C'est la ville la plus sécuritaire au pays, et de loin. En 2001, on a compté 532 crimes avec violence par 100 000 habitants. À Victoria, ville à laquelle on nous compare souvent, c'est plus du double, soit 1132.
Se loger à Québec, toutes proportions gardées, ne coûte pas non plus trop cher. C'est ici que le taux de locataires allouant 30 % ou plus de leur revenu au coût du logement est le plus bas. Il s'établit à 35,1 %, comparativement à 39,6 % au Canada.
Pour peu qu'on aime la nature, Québec demeure une destination de choix, un endroit où la vie coule paisiblement. Québec, ville d'eau, bordée par le majestueux Saint-Laurent.
AMVoisard@lesoleil.com
Illustration(s) :
Deschênes, Steve
En dépit d'investissements massifs dans Saint-Roch, la Basse-Ville demeure bien silencieuse le soir venu, même dans les quartiers touristiques. Selon Karine Verreault, du Centre multiethnique de Québec, la Vieille Capitale se trouve dans une sorte de milieu malheureux : ni suffisamment grande pour nourrir un "night life" comme celui de Montréal, ni suffisamment petite pour que tous se connaissent.
Catégorie : Actualités
Sujet(s) uniforme(s) : Arts visuels
Taille : Long, 993 mots
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Doc. : news·20041113·LS·0005
On est loin de Séraphin et des Belles histoires du pays d'en haut dans le nord de Montréal. Mont-Tremblant ou Intrawestland, ça se poursuit. Donal Duck a eu sa plaque sur l'avenue des célébrités à Hollywood. Bientôt son condo à Tremblant ?
Ce midi, je suis tombé sur cette image qui fait la promotion d'un développement domiciliaire haut de gamme à Kamouraska, vues sur le fleuve et la campagne comprises. Ça m'inquiète. Connaissant l'appétit de promoteurs et la facilité d'administrations rurales à se travestir pour du fric, je veux en connaître plus sur ce projet, surtout en ce qui a trait à sa localisation. Alors courriel au promoteur.

Il y a le village de Kamouraska mais aussi le Kamouraska, la région. Elle se trouve à un peu plus d'une heure de Québec et compte plusieurs municipalités, dont Saint-Pascal. C'est le village d'où vient ma famille du côté maternel. Mais ce n'est pas de ma famille dont je veux parler.
À Saint-Pascal, on trouve les bureaux de la MRC (Municipalité régionale de comté), qui est en quelque sorte l'organisme supra-municipal qui coordonne la gestion du territoire. Bon. À chaque fois que je passe devant le bâtiment, je me pompe. Je n'ai pu mitrailler Kamouraska comme je le voulais avec mon appareil photo mais il y a une photo que je tenais mordicus à faire et qui montre que les discours de certains élus locaux sur le patrimoine bâti, la fierté et tout le tralala, c'est parfois du vent.
Plutôt que rénover un des vieux bâtiments qui ont certainement une belle valeur architecturale mais qui se meurent au coeur du village, on a préféré construire ça il y a plusieurs années. Le gris est à l'honneur...

Avez-vous vu ce que la ville de Rimouski vient d'inaugurer une promenade le long du fleuve ? Quelle horreur ! Béton, asphalte, du grand art d'aménagement ressucité des années soixante.