Pour voyager moins bête, il y a les bouquins. Non, pas ceux qui vous disent où est le plus proche McDo, mais ceux des écrivains. Tiens, des bêtes, du tourisme et du McDo, voilà qui me rappelle une anecdote. Si vous permettez, je vous la raconte. Ça illustre ce que j'entends par tourisme bête. Premier de deux :
Prague, hiver 1993. Voilà deux mois que je suis dans un pays qui a changé de nom ; Tchécoslovaquie à mon arrivée, maintenant République tchèque à l'ouest et Slovaquie à l'est. Voilà deux mois que j'ai quitté le Québec et son accent, excepté le mien qui me suit et que je ne remarque pas, mais que certains Français résidant à Bratislava m'ont rappelé. Et il ne me manque pas, sinon celui de quelques personnes qui le portent ; des proches, des amis et la famille qu'on est heureux d'avoir par temps dur. Mais en voyage, je n'appelais pas, sauf pour rassurer un grand-papa inquiet. Pas de nouvelles bonnes nouvelles, me disais-je un peu égoïstement.
En ce jour de février, glacial pour les Pragois, frisquet pour moi, je déambule dans les rues du vieux quartier juif. Il y a quelques minutes, je visitais son vieux cimetière, un véritable enchevêtrement de pierres tombales. Selon mon souvenir, le fait que le cimetière soit un lieu exigu obligea qu'on y supperpose des centaines, voire des milliers de pierres tombales à travers les siècles. Par contre, ce dont je me souviens, et cela pourrait paraître anecdotique, c'est d'abord cette lumière ; tamisée malgré le jour, elle donnait à ce lieu une atmosphère de sérénité, indispensable au repos éternel. Puis, pour ajouter à cette ambiance solennelle, il y avait le silence omniprésent, qui perdait parfois son nom le temps du chuchotement de visiteurs ou de la neige qui craquait sous les pas. Enfin, à côté du cimetière se trouve la synagogue et à proximité de celle-ci, un petit musée dédié à la mémoire des personnes internées au camp de concentration de Terezin lors de la Seconde guerre mondiale. Secoué par toutes ces images, matraqué par des récits de l'horreur, je marchais dans la Prague hivernale en méditant sur la futilité de certaines choses de la vie.
Malheureusement (ou heureusement), la réalité de la vie peut nous rattraper au tournant d'une rue...
À suivre...
Le cimetière sous la neige
Février 1993

Un commentaire qui résume bien ce que je pense du défi auquel notre société est confrontée :
« The world has changed so material products have less value than ideas. Unskilled workers are no longer needed, but there is a need for people who can cope with complex challenges. The rich countries no longer dominate the global economy. Europe is under pressure, not only from the USA, but to a growing extent from Asian countries with strong growth. During a period of knowledge economy it is crucial to educate, attract and develop good talent. »
Professor Børge Diderichsen
Source : Norden, Talent needed in the Baltic Sea Region
À l'ombre du kaki, la grâce et l'innocence de ces jeunes filles dans un autre coin de ce monde où la vie n'est pas toujours rose.

Source : Armenian Patchwork
Comme un peu partout le long du fleuve, les glaces se font rares. C'est que l'hiver a fait une saison de lui en retard.
Et de ce fleuve aux grandes eaux qu'on considère mer tellement il est vaste, je me souviens de ces moments où il faisait froid à pierre fendre. Un moins trente au bout du quai de Kamouraska, un facteur éolien aux allures de fouet sur des bouts de peau aventureux et que je m'empressai de couvrir. Là, je vous assure, vous sentiez la vie et j'étais bien.
Joyeux Noël brun 2006 sur Québec. En 2005, madame arpentait une ville blanche. Pour se rappeler :
M'enfin... Joyeux Noël.
Vendredi matin, le roi, la reine, mais sans leur p'tit prince
Sont venus chez moi pour nous serrer la pince...
D'un partenariat, il faudrait créer de meilleurs liens avec les pays nordiques — une notion plus large que celle de pays scandinaves qui exclut la Finlande.
Ainsi, j'attends de lire impatiemment Le rebond du modèle scandinave pour mieux distinguer le mythe de la réalité.
« Les pays scandinaves semblent aujourd’hui cumuler toutes les performances : l’économie y est plus compétitive, l’indice de bonheur plus élevé, les relations sociales plus harmonieuses et le niveau de corruption plus faible que dans tous les autres pays industrialisés.
Maire-Laure Le Foulon montre que ces performances s’inscrivent dans une histoire et une géographie particulières, marquées par un isolement contraint et un climat rude, mais aussi par l’éthique du luthérianisme, la proximité de la nature, le goût de l’innovation et de l’action tout autant que de la simplicité, et une passion, plus concrète qu’en France, pour l’égalité.
L’éthique protestante et coopérative, relayée par la social-démocratie, a permis aux pays scandinaves de bâtir un Etat-providence qui, de triomphant qu’il était dans les années 1970, a su surmonter les difficultés des années 1980 et s’adapter à la globalisation des années 1990. » (Source : LIGNES DE REPERES, Le rebond du modèle scandinave)
Des extraits ici.
Après les préliminaires, des guili-guili pour les yeux à côté de chez-moi, voici l'orgie automnale auquelle madame et moi avons participé. Hélas, les voyeurs ne pourront plus se rincer l'oeil ; la pluie, le vent, ont dénudé les arbres à leur squelette.
Au nord de Québec, la rivière Jacques–Cartier qui sillonne le comté de Tewksbury

Des environs de Deschambault à St-Augustin
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Et une pointe dans la région de Charlevoix et ce fleuve, immense

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Pour ces belles photos, c'est madame qu'il faut féliciter !
Pendant ce temps, dans la ville jumelle de Québec. Et je retiens :
"Le tramway ne peut être vu simplement comme un moyen de transport, dit Francis Cuillier. C'est un outil de requalification de l'espace public et de recomposition urbaine, qui offre une mise en scène de la ville. Il s'oppose au métro, qui ne change rien en surface et n'oblige pas à faire des choix, notamment pour limiter l'emprise de la voiture."
Via VNUnet.fr, un article sur le web communautaire parisien ou comment internet peut « stimuler la vie de quartier en organisant une vie sociale et en favorisant les échanges entre Parisiens. » La totalité de l'article est ici. D'abord limité au 17e arrondissement, le projet Peuplade semble avoir fait boule de neige et s'étend à toute la ville et la vie parisienne. Bref, une belle initiative pour développer le sentiment d'appartenance, gage de la qualité de vie.
Ça brasse en Hongrie. Le PM aurait menti, notamment sur des baisses d'impôts. Résultat : les Hongrois cassent.
Vu d'ici, ben c'est déjà vu : élire un gouvernement avec ses promesses de baisses d'impôts, finalement promesses de neige au soleil auxquelles ont cru nos naïfs.
Ici, pas de casse, fort heureusement. Et ceux qui souhaiteraient le contraire sont ces mêmes naïfs assommants pour qui un peu de jugeotte fait défaut. À moins que ce soit moi qui n'ai rien compris ? Dans ce cas, expliquez-moi.
Les Hongrois cassent, aux oubliettes le gouvernement, tandis que les Québécois rééliront le parti au pouvoir, incohérent qu'il est. Prédiction perso.
Réflexions d’un urbaniste pour une ville en réflexion. Meurtrie, jamais morte, Sarajevo est un défi :
[...] On oublie trop souvent qu’une ville est d’abord un site spécialement choisi par des hommes pour y vivre. De l’Antiquité à nos jours, différentes sociétés se sont succédées à Sarajevo en bâtissant des lieux sur des espaces qui correspondaient à leurs choix de vie. La civilisation romaine installa des thermes à l’ouest, proches des sources naturelles dans la vallée de Butmir, les marchands de l’empire ottoman préférèrent habiter le cirque calcaire à l’est, à proximité du débouché de la rivière Miljacka pour pouvoir transformer les matières premières en produits finis (cuir, or, cuivre, tissus, tapis). Les quarante années d’occupation austro-hongroise virent l’organisation de la ville moderne avec les lieux de la représentation du pouvoir, organisés le long de la vallée de la Miljacka canalisée et tout son cortège d’innovations techniques ; le chemin de fer, l’électricité, le tramway, l’université... Jusqu’en 1950, les historiens parlent de Sarajevo comme de la « belle assoupie », 70.000 habitants y résident entre Bentbasa et Marindvor (Stari Grad et Centar) [...] Dix ans après la fin de la guerre, tout est bouleversé et, malheureusement, tout est désespérément comme avant. Le problème est aujourd’hui : comment faire vivre décemment les 450.000 habitants de la capitale de la Bosnie-Herzégovine ? [...] (Repenser la ville de Sarajevo : réflexions d’un urbaniste, Jean-François Daoulas, Courrier des Balkans)
Qu'importe est-elle, la religion est à mon avis une conception de la vie pour êtres serviles. Par contre, libre à chacun d'en épouser une et la pratiquer, sans que toutefois elle n'interfère dans la société civile et politique. Par exemple, tout tribunal basé sur la religion est à proscrire. Rappelez-vous la charia ontarienne... Bref, un truc personnel. Quant à moi, je suis une brebis galeuse. De plus, je frise.
En Ouzbékistan, ancienne république soviétique, on pousse à l'extrême le rejet religieux avec une approche totalitaire à défriser un agnostique :
« Uzbekistan is proposing to impose massive fines and to imprison leaders of religious communities, if members of those communities share their beliefs with others [...] The state Religious Affairs Committee told the religious leaders that they and their clergy must stop their members and those who regularly attend places of worship from sharing their beliefs with anyone except in places of worship [...] If anyone does share their beliefs outside places of worship, it is proposed that they be fined between 200 and 600 times the minimum monthly salary [...] If anyone shares their beliefs outside a place of worship again, after being fined, [...] the Religious Affairs Committee proposes that they – and the leader of their religious community – be jailed for between three and eight years. » (Harsh Punishments Proposed for Religious Speech, Transitions Online)
Intéressante proposition lue chez Eurozine : « How modern urban planning was exported as an instrument in the battle for the developing world ». Précisément, l'article [ANG] émet l'hypothèse que le contexte de la Guerre Froide qui a prévalu de la fin de la deuxième guerre mondiale à 1989 a influé sur le développement des villes nouvelles en Afrique, au Moyen Orient et en Asie. En fait, la ville, théorique et dans une moindre mesure pratique, a été teintée par les Cités jardins ; alors comment les villes nouvelles ont-elles évoluées dans le contexte politique. Lecture aride, j'en conviens, mais instructive.
Vu chez Looange, ce petit exercice qui consiste à colorer les pays qu'on a colonisé de nos pas. Là, l'Europe de mes voyages.
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Un beau dimanche de vent à Saint-François, à la pointe est de l''Ile d'Orléans. Cliquez, juste pour voir.
À Québec, oubliez le Vieux - non passez-y - et visitez Saint-Roch, Saint-Sauveur et Limoilou. Et ça vaut pour la populasse québécoise !

Pour moi, le Danube a été le début et la fin de quelque chose mais j'en cherche les noms. Danube, lui, est comme les grandes eaux du fleuve et coule des mots dans lesquels il fait bon se plonger pour s'y noyer. Une dame l'avait tellement bien résumé, je n'ai pas osé me commettre.
Je dis : le fleuve est histoire ; le temps de le descendre, on peut remonter les siècles. Si on fait un tel exercice, le curieux constatera que la colère des hommes-riverains fut parfois ponctuée d'épisodes dramatiques, de l'Empire austro-hongrois en passant par le drame yougoslave. Et lorsque l'eau qui dort se réveille d'un printemps pour une grande crue, il y a aussi la colère. Le drame comme la dévastation sont relatés, mais donnent aussi naissance à un superbe papier [ang] sur le Dunaj qui va au-delà de la tragédie danubienne.
Juste pour ma copine C. qui se souviendra de notre voyage, un mp3. Indice : « cisté stanice : Flóra. » Écoute.
Sur les murs balafrés qui portent les stigmates du temps comme des passages, il y a surtout cet univers kafkaïen qui transpire de la première photographie. Et, de cette porte qui s'ouvrira, peut-être le Golem ou un alchimiste nous accueillera.

Merci à Wille de m'avoir permis d'afficher chez-moi un peu de cette Praha magica qu'elle a su si bien saisir.
Je fais le saut de lieux par-dessus les Québec, Montréal, Paris, Bruxelles et Vienne, pour ne nommer que quelques villes d'un jadis nomadisme, comme le saut dans le temps. Je me limite à les regarder du haut de Google Earth.
Voici deux nouvelles cartes souvenirs ; cartes de mon ciel avant les nuages, j'aime les regarder pour revoir des lieux, sans nostalgie maladive toutefois. Il pourrait facilement en être ainsi, car la vue de ces cartes, qui sont des images, pourrait me soûler.
Au départ, j'aurais dû me localiser dans Québec la pure. Prochaine destination : la deuxième école secondaire, car la première est devenue poussière il y a plusieurs années.
Je m'amuse avec Google Earth. Pour commencer, voici mon premier milieu de vie avec de petites anecdotes. Cliquez pour agrandir.
Il y a quelques jours, madame était au numérique en balade à Québec, des hauteurs de la terrasse Dufferin à la rue du Petit-Champlain en bas et sur le traversier qui navigue entre les glaces du fleuve St-Laurent.
J'ai fait un petit montage vidéo avec la musique Christmas Time is Here signée par le Vince Guaraldi Trio. Bonne écoute !
En passant à Paris, hop, faites un saut au Petit Palais, Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris fraîchement rénové. Delanoë est conquis, mais dites-moi, ce plaisir solitaire qui a été mien en d'autres lieux qui me semblent autant stimulants, c'est comment là-bas ?
« Emina vit en Suède, elle est de Sarajevo, elle est partie se réfugier en Suède en 1992. La vie à Sarajevo était difficile, les obus tombaient, faim et froid..., pas d’issue. Une soeur blessée, l’autre tuée. Il fallait avoir du courage et traverser la piste en courant, en ces jours de décembre. Emina a eu du courage, elle était prête à tout pour fuir cette ville invivable. On appelle cette ville "une ville sans avenir". Ainsi, elle s’est enfuie et vit à Stockholm, depuis deux ans, où elle travaille comme vendeuse. » [...] (Source : Sarajevo pour les débutants, La Revue des Ressources)
[...] « La Bosnie-Herzégovine est depuis lors divisée en deux «entités» : au nord et à l'est de la Bosnie s'étend le territoire en forme de croissant de la Republika Srpska le quasi-État des Serbes de Bosnie, qui représente 49% du territoire de l'ancienne République yougoslave. Le reste du pays est appelé la Fédération bosno-croate, elle-même divisée en une dizaine de cantons dotés d'une large autonomie, et le district autonome de Brcko. » [...] (Source : La Bosnie entravée par l'accord de Dayton, Le Figaro)
De cet Est violé, assassiné, décapité et meurtri, dont l'histoire sous nos yeux comme celui des manuels auraient dû être des leçons, je connais peu, si ce n'est que bouquins, articles de journaux à la va-vite, chronologies et quelques essais qui sont souvent des tentatives de comprendre la mosaîque des Balkans et les forces qui s'y opposent.
De ce dixième anniversaire d'un accord de paix qui laisse encore un goût amer, mais dont on voit poindre des gestes de réconciliation, j'aurais tant aimé ajouter ma maigre contribution à rebâtir les ponts. Un urbaniste sans frontières, pourquoi pas. Je n'y suis jamais allé, jamais je n'irai, mais pourtant.
Vendredi soir dernier comme un moment bercé dans ses bras, ceux-là étant sa voix et ses mots comme le fleuve dans mes veines. Difficile d'expliquer ce que je peux ressentir à ce moment ; un tourbillon, du mouvement allant de l'apaisement [mp3] à ma colère qui gronde dont les mots ne sont pas tus.
L'apaisement est aussi un quai qui s'avance dans le fleuve, le réel. Il y a le fleuve d'une île et du village de Saint-Laurent [mov] ou celui du lendemain à Kamouraska [mov], un jour où il est plus colérique. Malgré ses sautes d'humeur, il faut le regarder et apprécier les herbes qui dansent au vent [mov].

Pour l'artiste finlandaise Elina Brotherus, les paysages sont des autoportraits. En entrevue.

Le fleuve Saint-Laurent est aussi sa plaine. À Kamouraska, elle est au pied du coteau des Appalaches qui s'étirent au sud. Comme on le monte vers les montagnes, parfois un arc-en-ciel est un escalier pour enjamber le fleuve.

Source photographique : Soleil du jour
Si à Québec les fresques se sont multipliées depuis quelques années, dont la plus célèbre est peut-être La fresque des Québécois, Place Royale, la ville de Bruxelles a aussi plusieurs de ses murs tapissés de fresques qui ont le mérite d'être éclatantes (comme éclatées) et rafraîchissantes dans le paysage urbain. Thierry nous propose l'une des plus récentes, soit une fresque dédiée à Tintin :

La fresque des Québécois à Québec
Si vous tirez une pointe dans l'espace européen pour vos vacances, le site Voyager en Europe est une mine d'informations incontournables.
La géographie sert d'abord à faire la guerre, lança Lacoste dans son essai de 1976. Quant à sa fille, la géopolitique, elle sert à justifier qu'on la fasse ou non. L'une de ces illustrations, c'est Srebrenica en Bosnie dix ans plus tard et l'occident qui se flagelle aujourd'hui, en sale hypocrite.

L'image comme les mots, volés. Simplement ici, pour les mots et leurs nouvelles images.

Extrait : « Le Château ambulant. Photographie, face à la Banque de France, rue Augier, Grenoble, hiver 2005. Autant de précisions invitent à croire à l’immobilité. À tort, assurément. Le vaste hublot derrière lequel se trouve l’affiche du Château ambulant reflète le mouvement de la ville. Une voiture passe au premier plan, un homme marche à l’arrière-plan. D’ailleurs, regardons bien, il tient un calepin d’une main, et téléphone de l’autre. Il est simultanément entre deux lieux ; sa conversation relie sa pratique urbaine de Grenoble et l’endroit de son interlocuteur – curieuse ubiquité. L’impermanence redouble le mouvement, avec la neige qui fond, la façade de la Banque de France qui a cédé son pouvoir de battre monnaie à la Bce de Francfort. Le reflet même sur la surface vitrée est fugace : que le soir tombe, une autre lumière s’y reflètera. L’immobilité apparente de la photo est donc trompeuse. Le cliché témoigne du mouvement à plus d’un titre. Par les reflets mouvants qu’il présente, par les mouvements qui s’y projettent, mais aussi par l’affiche même d’un film qu’on ne sait plus où situer : l’adaptation japonaise par Miyazaki d’un roman britannique de Diana Wynne Jones, film distribué par Buena Vista International. Plus étonnant, la photo nous met à la jonction de deux espaces, nous donne accès à deux univers : celui de la fiction représentée, celui du réel qui est reflété. Alors entrons dans le cinéma et, puisque la photo nous y invite, cherchons des correspondances entre ces deux univers. »
Source : Matthieu Giroud et Olivier Milhaud, "Sur Le Château ambulant.", EspacesTemps.net, Mensuelles, 30.05.2005
Il s'en trouvera, encore, pour brailler :
- Ah ! Cent millions pour une bibliothèque et la culture, alors qu'on manque d'argent pour les hôpitaux !
À ceux-là, alors qu'a été inaugurée la Bibliothèque nationale du Québec, François leur dira que la santé, c'est aussi entre les oreilles. Et collectivement parlant, la santé c'est créer des lieux de savoir et d'échange qui vont permettre d'alimenter les têtes.
« La commune de Horni Jiretin, dans la région de Most en Bohême du nord-ouest [en République tchéque], pourrait dans un proche avenir disparaître de la carte, si le gouvernement ne modifie pas les limites de l'extraction de lignite. Fort inquiets de cette menace, les habitants de Horni Jiretin ont organisé un référendum dans lequel ils se sont prononcés pour la sauvegarde de leur commune. »
Cet article m'aura rappelé un événement vécu il y a longtemps.
J'étais à Bratislava, quelque part en février 1993 et j'écoutais le bulletin télévisé slovaque en compagnie de M. La tempéraure extérieure avait chuté considérablement depuis deux jours et la neige couvrait la capitale slovaque. Les rues, parfois couvertes de pavés, étaient glissantes au point où les trolleybus, des autobus électriques reliés à un fil aérien d'alimentation par une perche, peinaient à gravir les côtes. Pour les Slovaques, les journées étaient glaciales, tandis que pour moi, je ne les trouvais que froides. La température étant mordante, les fournaises (chaudières) des bâtiments fonctionnaient à plein régime et les cheminées crachaient une fine poussière de charbon. Une odeur âcre flottait dans la ville, une senteur que je ne connaissais pas. Douze ans plus tard, elle fait partie de mon patrimoine tellement elle est unique.
Ceci dit, toujours devant la télévision à regarder le bulletin télévisé de fin de soirée, il y avait un reportage qui m'a prondément marqué sur la région de Most et ses bassins de lignite. On y apercevait des gueules noires, ces mineurs qui extraient le charbon, des cheminées qui fumaient et de la neige ayant perdu sa virginité blanche ; elle etait sale, grise et souillée par le charbon. M. me traduisit les propos du journaliste ; ce jour-là, à Most, la pollution de l'air était si importante que les autorités avaient fermé les écoles afin que les enfants demeurent à la maison et on incitait fortement les malades comme les personnes agées à faire de même. Ce n'était pas une vision d'apocalypse, mais assez troublante, vous en conviendrez...
Du haut de ses 324 ans et de chacun des anneaux de son tronc qui sont autant en nombre que son âge, qu'est-ce qu'il en a vu des choses le vieil arbre du parc du château de Versailles.
Maintenant que le géant est mort et que son livre est ouvert, j'aurais bien aimé lire entre ses anneaux, car au-delà des variations climatiques qui y sont inscrites, peut-être y a-t-il les marques de la révolution, les chuchotements de Madame la Marquise ou la colère d'un homme, jadis roi ?
Misère. Le décompte du nouvel an est déjà commencé et certitude, il n'est pas décroissant en cette fin 2004. Nous sommes loin du sous-développement... :c(
Je n'insisterai pas trop sur l'horreur de la catastrophe en Asie, car de nombreux articles s'en chargent. Sinon, que peut-on ajouter en voyant le drame et la désolation chargés par les flots ?
D'un point de vue à la fois géologique et géographique, il est tout de même fascinant de constater comment la Terre est vivante et que la tectonique des plaques modifie les paysages, les écosystèmes et les cartes (selon les échelles). Finalement, je me souviens de mes cours de géographie physique à l'université ; les plaques tectoniques, les zones de subdution et toutes ces notions de géomorphologie qui me semblaient parfois quasi abstraites ont trop parlé ces derniers jours.
Passage à Rovaniemi, Finlande, pour un petit article bien sympa au sujet de leurs huit saisons.
Il y a quelques jours, les Hautes-Tatras, une portion slovaque de la chaîne de montagnes des Carpates, ont été balayées par d'immenses vents qui ont soufflé douze mille hectares de forêt dans une région peu développée. Une catastrophe naturelle en soi, mais qui pose le dilemme suivant : reboiser pour tenter de retrouver l'intégralité de l'écologie ou simplement laisser la nature à son cours, ou bien profiter de la catastrophe pour ouvrir la région au secteur récréotouristique.
Voilà le combat qui va s'engager entre environnementalistes et promoteurs du développement économique. La question est lancée dans cet article [ANG].
Svoboda ou la liberté. Le cri, sa vraie bataille et l'une de ses expressions. Pas celle de paumés de Québec qu'on a entendue l'été dernier. Le récit en mp3 et son expression actuelle.
Cette journée du 17 novembre 1989, Alexander devait l'attendre depuis longtemps, lui, le père de ce dégel de 1968 réprimé à coups de bâton. Le 21 août 1968, on tira le rideau de fer sur ce qu'appela le Printemps de Prague et la politique du socialisme « à visage humain » quand la Tchécoslovaquie fut envahie. Le grand froid et sa noirceur jusqu'au dégel.
Voilà quinze ans, Dubcek et la nation tchécoslovaque abattirent leur mur. La Révolution de velours chassait le communisme.
En ce superbe jeudi d'automne, visite éclair au musée pour montrer à A. quelques oeuvres des peintres québécois Riopelle et Jean-Paul LEMIEUX, ainsi qu'apercevoir le fleuve et la rive-sud de Québec à travers une fenêtre de l'ancienne prison de Québec, devenue un pavillon du musée il y a plusieurs années.
Question de nourrir les bons vieux clichés, voici ma « cabane au Canada » trouvée dans un rang du Kamouraska.

Joli coup de gueule d'un copain ce matin via le courriel. Je le lis, suis ses liens pour me pomper et m'insurger, à mon tour. Il est question de deux dossiers environnementaux où des paysages et des milieux naturels sont mis en danger par les desseins de compagnies.
Dans un premier cas, il s'agit de l'exploitation d'une carrière de granit au Cap-Brûlé sur le territoire de la MRC de la Côte-de-Beaupré, dans la grande région de Québec. Le projet menace un secteur récréo-touristique fort prisé, mais le ministère de l'Environnement a octroyé le permis d'exploitation malgré l'opposition du milieu, prétextant que la loi lui interdit de ne pas octroyer de permis. Voici un bel exemple de nos carences législatives en matière environnementale au Québec. On préfère sacrifier le bien commun.
Puis, il y a la compagnie forestière Kruger qui a déployé mille efforts pour aller sur l'île René-Levasseur comme il est écrit dans cet article que j'ai extrait d'une revue de la compagnie :
« ...plusieurs scénarios ont été analysés, dont l’utilisation d’un pont de glace, le transport de bois en vrac sur des barges et le transport de bois par camion à l’aide d’une barge. »
Pour tout raser, bien sûr.
L'île se trouve dans la partie septentrionale du Québec et est unique, car elle résulte de la chute d'une météorite il y a plus de 200 millions d'années.


La Coalition Sauvons l'île René-Levasseur se bat actuellement contre le projet de raser la forêt, lui qui défigurerait une formation géologique et une forête boréale exceptionnelles. Faudrait que les autorités comprennent que la forêt et son substrat géologique sont indissociables.
Après tout ça, j'en viens à la même conclusion navrante que mon ami : nos législateurs sont incapables de se projeter, d'avoir une vision du développement durable dans laquelle l'environnement doit être au coeur de celui-ci. Ils rejoignent certainement ce que disait Luc-Normand Tellier dans cette citation que m'a fait parvenir un autre copain en matinée :
« Le problème, […], c’est qu’il existe un blocage mental quand il s’agit d’imaginer des solutions, et un blocage politique quand il s’agit de trouver les moyens de passer aux actes. L’urgence vient de ce que le temps passe. Pendant ce temps, les blocages deviennent insurmontables. Les nouveaux rapports se contentent de citer les anciens, une sorte d’abdication intellectuelle s’installe et les responsables politiques se trouvent de plus en plus d’excuses pour expliquer leur impuissance ».
Je devais avoir à peine dix ans quand je suis allé « aux îles », mais j'en conserve de beaux souvenirs. Mon amie Amélie est allée en juin aux Îles de la Madeleine et a pris cette photo des falaises de grès sculptées par la mer, qui est en vérité le Golfe St-Laurent. La mer comme je l'aime : froide et agitée.

Ce midi, je suis tombé sur cette image qui fait la promotion d'un développement domiciliaire haut de gamme à Kamouraska, vues sur le fleuve et la campagne comprises. Ça m'inquiète. Connaissant l'appétit de promoteurs et la facilité d'administrations rurales à se travestir pour du fric, je veux en connaître plus sur ce projet, surtout en ce qui a trait à sa localisation. Alors courriel au promoteur.

En m'abandonnant à la lecture de mon auteur fétiche Claudio MAGRIS, j'ai fait la connaissance d'une minorité européenne : les Sorabes, un peuple slave d'au plus 100 000 personnes vivant dans la région du Lusace en Allemagne. J'aime beaucoup découvrir de nouvelles cultures et le livre et les mots de Magris ont toujours su me faire pénétrer en elles, même si je n'y suis pas. Quand il décrit certaines d'Europe centrale qui m'ont toujours fasciné et attiré, que je les aie senties ou non sur place, je vois ces endroits. Du moins, je les imagine.
Puisque je ne connaissais pas les Sorabes, j'ai fait une petite recherche sur le net et j'ai trouvé eurominority, le site officiel l'Organisation pour les Minorités Européennes (OME), une association de promotion des minorités qui a pour objectif la diffusion d'informations sur les minorités européennes grâce aux recherches effectuées par un réseau de correspondants sur le territoire européen.
Mes sens sont marqués par quelques voyages vers cette Europe qu'effleurée. Avec Danube et Déplacements sous le bras, c'est Magris qui m'aurait guidé vers ces lieux comme des quêtes, mais devant l'inaccessible, ses mots sont un baume sur les miens.
Images volées au Kamouraska et son fleuve, tous deux que j'aime et que j'ai fait aimer. Un fleuve et une terre indissociables : ils se prolongent l'un dans l'autre, mêlant chacun leur odeur, leur sel et leur essence, à l'image de deux corps qui s'unissent.
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Mardi, en contemplant le jeu de la marée qui semblait vouloir nous baigner les pieds à Kamouraska, ainsi que ce soleil furtif que nous devinions derrière les nuages.

Voici bien tard le dernier « Sens marqués », une suite d’articles dans lesquels je relate de petites anecdotes de voyage, comme de grands et petits moments qui m’ont marqué. Ce quatrième épisode porte sur ma dernière escapade européenne. Encore un stage en Belgique qui porta cette fois-ci sur l’étude des politiques de rénovation urbaine de plusieurs villes belges ; en Wallonie comme à Bruxelles, je pus rencontrer des urbanistes, des consultants ainsi que des associations de marchands et de citoyens. Je partis seul grâce à l'AQWBJ qui subventionna le projet.
Quatrième série en quinze petites vignettes de souvenirs de ce voyage : mai 1997, Bruxelles et la Wallonie et petite visite à Strasbourg.
- Ce défi qu’on me lança à Buxelles et qui intéressera (ou découragera) Thierry et que je relevai : boire six Duvel à un rythme assez soutenu. On était loin de la dégustation. Pfff… J’en ai perdu ma chemise (au sens propre).
- De la bière et de la bière durant les dîners d’affaires du midi. Ils sont fous ces Belges.
- Mon expulsion d’une salle où se déroulait une séance de conciliation entre des fonctionnaires et des élus de la Ville de Bruxelles.
- Qui êtes vous ?, de me demander un élu.
- Euh… Je suis un étudiant québécois qui fait un stage bla bla bla et j’observe votre réunion.
- Veuillez sortir s’il vous plait.
Un dangereux espion :c)
- Toujours un petit enfant alors que je visitai pour la troisième fois en autant de séjours à Bruxelles le Centre Belge de la Bande Dessinée, d’abord un musée de la BD situé en plus dans un bâtiment conçu par l’architecte Art nouveau Victor Horta.
- Le regard médusé de cet Hollandais à l’auberge de jeunesse à Bruxelles à qui j’expliquais in english comment est fabriqué le sirop d’érable :
- An hole in a tree, a maple…
- Le plaisir que me fit un aubergiste en me permettant de visiter une salle conçue par l’architecte Victor Horta à Tournai en Belgique.
- Deux jours de relaxation totale dans le pittoresque village de Bouillon en Belgique.
- Le calme des rues de Namur et de la Meuse tout près.
- Les allers-retours incessants dans le tramway de Strasbourg en me disant : wow !
- Me rendre compte que le mec avec qui je me ballade le long du Rhin à Strasbourg me fait des avances. Lui glisser subtilement ce mensonge :
- Ça demande des ajustements le mariage et un jeune enfant.
- Impressionné de voir des militaires patrouiller la gare de Strasbourg.
- Ce satané employé de banque à Strasbourg qui regarda mes chèques de voyage que je contresignai et qui déclara :
- Ce n’est pas la même signature !
Que de minutes à m’obstiner avec lui, puis avec le gérant…
- L’envie qui me tenaillait d’aller voir M. à Bratislava malgré son récent mariage. J’y vais, j’y vais pas… Sage décision de ne pas y être allé.
- Cette Hollandaise qui m’aborda dans un café de Maastricht et me demanda :
- What are you reading ?
- « La liberté n’est pas une marque yogourt », lui dis-je en montrant le bouquin.
Encore une fois, tenter d’expliquer, in english, que Laliberté est une marque de commerce de yogourts québécois, mais que l’auteur du livre, Pierre FALARDEAU, parle de la liberté commefreedom…
- La jolie J.
Prenez une roulotte en bois, un cheval et de jeunes aventuriers lyonnais et vous obtenez une initiative magnifique et originale pour découvrir quelques nouveaux membres de l'Union européenne. Réunies dans un projet baptisé C l'Eur'hop, ces personnes ont l'intention de parcourir quelques 1200 kilomètres, non pas en bagnole ou à vélo, mais dans une roulotte tirée par un cheval pour rencontrer des habitants de la Pologne, République tchèque, Slovaquie et de la Hongrie.
Ça me plaît cette initiative de jeunes qui sont à la fois aventuriers, curieux et franchement débrouillards.
Maisons dans le quartier Vinohrady à Prague

Puis tiens... Je republie par plaisir cette photo de la rivière Kamouraska que j'avais mise sur ce site l'automne dernier. Elle a été prise une fin de journée, à l'instant où la rivière est en feu et va s'éteindre dans le fleuve St-Laurent. Le printemps maintenant arrivé, elle pourra se rallumer dans tous ses méandres très bientôt.

Avec mon amie C., nous avions préparé un stage en Belgique sur les transports en commun en Wallonie et à Bruxelles. Dix jours grâce à l'AQWBJ qui subventionnait une partie des frais de notre voyage, puis une petite escapade à Prague.
En souvenir de notre voyage, ma belle C. :c)
Troisième série en vingt petites vignettes de souvenirs de ce voyage : mai 1994, Bruxelles et la Wallonie et Prague.
- 1 ère station : C. trébuche pour la première fois, mais ne tombe pas. Rires.
- Les coteaux de la ville de Liège derrière la maison de nos hôtes. Fraîcheur.
- Les Olivettes, un petit bar liégeois où nous avions fraternisé avec plusieurs personnes. Sympathique.
- Les flics qui tabassaient un automobiliste, il me semble. Troublés.
- Monter, grimper, escalader la rue Pierreuse de Liège. Effort.
- La même rue tard pendant une nuit, gravie tant sur sa largeur que sa longueur. Saouls. Très.
- Mon éveil du lendemain, l'appareil photo de mon père oublié au bar la veille. La vision d'une corde au cou, panique, course jusqu'au bar : fermé. Finalement, retrouvé. Soulagé.
- 2e station : C. trébuche pour la deuxième fois, mais ne tombe pas. Rires.
- Le trajet Liège-Prague en autocar et ce dégénéré saoul qui chantait à tue-tête son !#@! d'air d'opéra et qu’on aurait dû larguer aux abord de l'autoroute. Regrets.
- La petite voix dans les rames du métro praguois qui annonçait notre station :
- Ciste stanica : Flora.
Craquante.
- L’appel à Bratislava pour revoir M. à Prague, mais qui est partie à l'étranger. Déçu. Immensément.
- Le représentant du TEC Charleroi (transport en commun) qui nous parlait de ses états d'âme conjugaux. Mal.
- Notre hôte à la STIB (transport en commun Bruxelles) qui nous accueillit si gentiment et qui nous fit visiter le réseau. Sympathique.
- La tête de nos hôtes liégeois quand C. leur dit qu'on allait leur jaser plus tard. Surpris.
- Les rues piétonnes et le calme de la ville de Maastricht au Pays-Bas. Charmé.
- Revoir Prague et mon envie d'y venir une année. Décidé.
- La belle et bonne brune bue chez U Fleku à Prague. Où est Bohumil HRABAL ? Relaxe.
- Le rituel du passage de la pièce d’une couronne pour prendre un caddie dans l’épicerie à Prague. Amusés.
- Les agentes de bord de KLM. Miam !
- 3e station : C. trébuche pour la troisième fois, mais ne tombe pas. Rires.
Cette année là, je suis parti en même temps que l'hiver se pointait avec ses bottes. C'était à mon tour d'aller rejoindre M. Six mois de séparation, un visa tchécoslovaque de trois mois, un billet d'avion ouvert pour une année et de l'espoir plein le coeur. Je m'envolais.
Deuxième série en vingt-cinq petites vignettes de souvenirs de voyage : hiver 1992-93, Paris, Tchéco-Slovaquie et petites escapades limitrophes au pays, à l'âge de vingt ans.
- Les yeux de cet Ukrainien qui me parlait de sa vie dans le bus vers Prague. Humble.
- Le contraste encore visible entre deux mondes : l'avant et l'après rideau de fer, l'Ouest et l'Est, l'Allemagne et la Tchécoslovaquie. Frappé.
- Écouter la Vltava de Smetana au milieu du Pont Charles, fermer les yeux quelques instants et les ouvrir, Prague devant soi. Serein.
- M. qui marche vers moi sur le pont, habillée d'un long manteau de feutre beige, les cheveux attachés. Heureux.
- Mon premier matin à Bratislava et ce sentiment étrange. Inquiet.
- L’odeur de charbon qui se dégageait des cheminées des maisons dans les villages. Pénétré.
- Le grand-père de M. qui me servit un verre de fort à 8h00 du matin, le sourire aux lèvres. Assommé.
- Les petits lampions sur les pierres tombales allumés pour perpétuer le souvenir des disparus et qui brillaient dans la noirceur de la nuit. Calme.
- La petite dame de l’épicerie qui a couru après moi, panier à la main et qui me sermonnait parce que je n’en avais pas. Obligation.
- Mon invention et mon utilisation du mot « Québecski » au lieu de « Canadski ». Fier. ;-)
- Le réflexe d’avoir répondu en slovaque à une boulangère pour le choix d’un gâteau. Surpris.
- Le son du moteur des trolleybus. Graduel.
- La gardienne d’une salle de musée toute énervée de me montrer les mots Marc-Aurèle FORTIN et Québec dans une revue slovaque. Souriant.
- Les décorations de Noël à Vienne. Émerveillé.
- La lumière dans le vieux cimetière juif de Prague. Ému.
- Plus de cigarettes un dimanche soir et que tout, tout est fermé. Manque.
- Paris qui m’accueille encore en peine. Nostalgique.
- À l’aéroport Charles-de-Gaulle, mes oreilles qui sourirent d’entendre l’accent québécois après trois mois de silence. Amusé.
- L’est de la Slovaquie et la beauté des montagnes Tatras. Grandeur.
- Mes pirojki préférés que je mangeais chaud en attendant le trolley. Régalé.
- La savoureuse soupe piquante de la maman de M. Réconfortante.
- La vieille tzigane qui avait essayé de me passer des zlotys polonais au lieu des couronnes sur le marché noir. Méfiant.
- Le mot adieu prononcé à M. au départ pour Paris, elle qui me dit au revoir. Raison.
- La rue Mouffetard au petit matin à Paris et ses commerçants. Sympathique.
- Lire Libération aux jardins du Luxembourg une belle journée de printemps. Détendu.
Revenue récemment d'un séjour d'une année en Europe, principalement en France, Akelia a eu la bonne idée de nous faire partager quelques-uns de ses regards de voyage, ces odeurs qui l'ont enivrée ; bref, tout ce qui l'a soûlée et marqué ses sens.
À mon tour, j'ai puisé dans mes souvenirs de voyages pour ressortir quelques instants qui les ont ponctués et qui m'ont marqué. Première série en vingt petites vignettes : 1991, France et Bruxelles, à l'âge de dix-huit ans.
- Le chauffeur d'autocar à Bruxelles qui ressemblait à Jacques BREL avec cet accent belge si typique.
- Le mec qui faisait les cent pas devant moi au Jardin des Tuileries à Paris, qui me souriait et qui s'est approché de moi en me demandant :
- T'es seul ? Tu cherches du boulot ?
Oh Oh...
- La soirée à Paris dans une chambre d'hôtel avec L. et H., à boire et rigoler en compagnie d'un Anglais, de Polonais, de Finlandaises et un Moldave.
- Le métro parisien et ses sans-abris qui récitaient des poèmes en échange d'une petite pièce.
- Le voyage de nuit de Paris vers le Languedoc en train couchettes.
- La rencontre de M.
- Les longues minutes à parler avec M. assis sur les remparts de Carcassonne pour connaître chacun notre monde.
- Cette nuit passée à nous embrasser dans un parc de Lézignan en Aude, follement amoureux. Le début.
- Les champs de lavande et de rosiers sauvages de l'Aude.
- Les ruines du château de Peyrepertuse, ancienne citadelle cathare, et le vent chaud qui inondait tout mon corps.
- L'une des Finlandaise qui ne souriait jamais et qui rechignait sur tout.
- Le petit coup de rouge dans chaque cave à vin visitée...
- Les fous rires avec H. et L.
- Olivier, l'un des accompagnateurs français que j'appelais silencieusement « La tronche ».
- Cette dame du village qui se pâmait en m'écoutant parler et qui criait :
- Comme c'est joli ! Comme c'est joli ! Comme c'est joli !, faisant référence à mon accent québécois.
- L'hôtel situé à côté d'un bar gai... rue des Mauvais-garçons à Paris. J'ai ri.
- Le 14 juillet à festoyer seul dans ma chambre d'hôtel en compagnie d'une bouteille de rouge, le cul assis sur le bord de la fenêtre.
- La lecture des journaux aux Jardins du Luxembourg à Paris.
- La découverte du peintre Magritte dans un musée de Bruxelles.
- Le Mannekenpis à Bruxelles :
- Hein ? C'est ça ?
Voici ce qui s'offre à nos yeux lorsque nous sommes à Bratislava et qu'on regarde de l'autre côté du Danube : la cité de Petrzalka où vivent plus de 100 000 personnes dans d'immenses complexes d'habitations. Croyez-moi, on s'y perd facilement... Désolé pour la piètre qualité de la photo : les marques du temps. Avant que vous vous demandiez ce qu'il y a dans l'espèce de saucoupe volante posée au-dessus du pont, c'est un restaurant. Du moins, c'en était un à l'époque.

Voici la photo qui a remporté ce vendredi le 47e prix World Press Photo pour l'année 2003.
Elle montre un prisonnier irakien qui s'efforce de réconforter son jeune fils âgé de quatre ans. Elle est signée Jean-Marc Bouju et a été prise le 31 mars 2003 dans un camp de regroupement de prisonniers de guerre près de Najaf en Irak.

©Jean-Marc Bouju/Associated Press/ REUTERS
Quand le fleuve Saint-Laurent fume, c'est qu'il fait très très froid.
Le Château Frontenac à Québec vu du fleuve

Source : Raynald Lavoie, journal Le Soleil
Le traversier Québec-Lévis

Source : journal Le Soleil
Les versions adultes du château qu'il y avait dans le film, La guerre des tuques, véritable culte pour plusieurs Québécois de ma génération, se sont popularisées depuis quelques années. Oeuvres éphémères le temps d'une saison, ces constructions de neige et de glace permettent d'y dormir, de s'y marier ou simplement d'y boire un p'tite vodka dans un verre de glace.
L'hôtel de glace de Québec a été inauguré cette semaine, mais on en compte aussi un en Suède et un autre à Kemi, en Finlande.
Le hall d'entrée de l'hôtel de glace de Québec

Une ville se donne au petit matin lorsqu’on peut la respirer avant les touristes, mais au passage de ses habitants : le cravaté pensif allant au boulot, le gamin au sac à dos et qui traîne sur le chemin de l’école, la femme à la poussette et le touriste planté là, contemplant une ville qui se frotte les yeux pour mieux tenir, car je crois qu'elle ne dort jamais complètement. Elle ne s’est que reposée. Dutronc a chanté l’éveil de Paris et Sylvain Lelièvre celui de Montréal en la regardant s’étirer par la fenêtre. Moi, je ne chante pas. Par contre, les villes que j’ai foulées, je les ai presque toutes observées au petit matin. Près de moi, c’est Québec et Montréal. Plus loin, les Paris, Bruxelles, Prague, Budapest, Bratislava, Vienne et j’en passe.
Vous vous immobilisez à un endroit précis de la ville, vers 6h00, vous attendez et vous observez. L'éveil d'une ville et de vos sens.
Prague et le pont Charles, découverts au matin en attendant les retrouvailles du soir.

C'était la première fois que je mettais les pieds dans ce cimetière vieux de plusieurs centaines d'années. La lumière de l'hiver et la neige conféraient à ce lieu une atmosphère mystérieuse qui imposait le silence, une situation bien différente de celle que j'ai trouvée en été lorsque les troupeaux de touristes envahissent le cimetière. Puis, on peut s'amuser à gratter la neige sur les pierres tombales placées pêle-mêle pour découvrir la date à laquelle on a conduit la personne à son dernier repos.
Sur celle d'un rabbin décédé voilà longtemps, on pose de petits papiers sur lesquels on écrit un voeu. Des cailloux de couleur éparpillés sur le sol tiennent en place nos souhaits les plus chers. Malheureusement, il arrive souvent que nos voeux s'envolent quand même...
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