Madame et moi faisions la réflexion suivante : il y a dix ans, nous avions tous deux notre bac. Elle, le lycéen et français, et moi, l'universitaire et québécois. Pour ajouter à la chose, madame a reçu hier son MBA. Que de fierté pour elle comme pour moi. Je dois dire qu'elle n'était pas la seule à être émue. Et déjà, elle commence à bosser demain...

Aujourd'hui, j'ai quatre ans. Plus précisément, c'est ce blogue qui souffle ses quatre années. Je vous mentirais si je vous disais que le poids des années ne se faisait pas sentir. Peut-être l'avez-vous remarqué, mais mes présences ici sont devenues sporadiques et lorsque je me pointe, c'est pour causer de tout et de rien. On est bien loin de l'objectif premier que je m'étais fixé, à savoir me et vous balader à travers les territoires, ceux d'ici comme ceux d'ailleurs. Pourtant, mes trop nombreux voyages sur le Web me donnent de grandes satisfactions, côté urbanisme ; tant de dynamisme et d'initiatives ça et là me renvoient l'image de notre pauvreté. Et ce ne sont pas les nouveaux politiciens déguisés en réformateurs de l'État québécois qui me convaincront d'un renouveau. Il y a au Québec une odeur de conservatisme qui va à l'encontre de ma conception de la place que nous devons prendre ici comme dans le monde. Mais tout ça me soûle alors qu'auparavant cela m'animait.
Enfin. Tout ça est bien décousu, j'en conviens. Je dois être devenu un vieux con de la blogosphère pour dérailler ainsi.
Messieurs, si j'ai un conseil à vous donner, c'est de ne jamais sous-estimer le pouvoir de la cravate auprès des dames...
Et encore, ici, madame n'a pas eu droit à la totale : le complet, la chemise bleue, la cravate assortie et les chaussures auront totalement raison d'elle. Ce sera pour le 16 juin, jour de sa graduation.
Le mac est vendu, François n'a plus d'ordinateur, je - c'est à dire madame- prends le contrôle du blogue pour une durée indéterminée. Monsieur est perdu dans le monde parallèle de Bill Gates et du PC jusqu'à l'arrivée de son nouveau emac, va-t-il s'en sortir?
Pour ma valentine, j'offre l'apaisement en ce jour de tempête hivernale et de tourbillons intérieurs. Signé Vincent Vallières, Le repère tranquille.
Zéro. Zéro, comme cette température qui l'a franchi honteusement pour un janvier, ce qui fait qu'il pleure sur la ville et dans le coeur du nordique. Mais le coeur de l'homme palpite : madame arrive !
Un jour. Un, comme ce qui précède le zéro dans le décompte. Et zéro immédiat à la France qui retient sa fille. Elle ne manque pas d'air ! Son Air France a du retard et madame ratera peut-être son escale new-yorkaise !
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Deux jours. Deux, comme dans la pub du lait : la vie, à deux, c'est mieux ;c
2007, aucune résolution, mais bonne année à vous tous. En 2007, pourquoi ne pas souhaiter à plusieurs la maturité ? D'abord personnelle pour les ados attardés qui refusent le monde adulte, puis au plan collectif, alors qu'il faudrait que le charriage des idées véhiculées pour faire bouger-modifier-grandir le Québec mûrissent. Ça devient lassant tous ces ballons de la gauche comme de la droite du Québec qui se dégonflent bien rapidement. Faudrait que j'y revienne, mais j'ai le sentiment que la société québécoise est à la croisée des chemins et qu'elle doit se ressaisir avec rigueur et intelligence, car voici ce à quoi appelle la mondialisation.
Trois jours. Trois, comme dans quelques mois, il y aura trois ans elle prenait un avion vers un inconnu qui, heureusement, était moi. ;c)
Quatre jours. Quatre, comme dans « se fendre en quatre » pour appeler en France le jour de l'an, avoir la ligne et parler à sa douce...
Cinq jours. Cinq, comme dans ces cinq sens que sont la vue, l'ouïe, le toucher, l'odorat et le goût, à faire jouir de nouveau.
Six jours. Six, comme dans son extension 666 biblique et son interprétation.
Ainsi, dans six jours, revoici celle « qui a de l'intelligence ». Belle et intelligente, n'est-ce pas ? ;c)
Sept jours. Sept, comme un chiffre joyeux. C'est ce que je trouvais lorsque j'écoutais Sesame Street. Quand sept était le chiffre du jour, j'étais content. Pas pour rien qu'il était mon chiffre préféré. Et ce faisant nombre, on le dit chanceux.
Puis sept, ça ne fait qu'une semaine avant de retrouver ma chance.

Huit jours. Huit, comme un infini qui se tient debout. Madame, à l'infini.
Neuf jours. Neuf, comme un cadeau reçu à Noël. Neuf, comme ce cadeau de mon père qui a fait du neuf avec du vieux de se ses doigts et mains habiles. Faudra que je vous montre comment avec une pochette de disque 33 tours et du bois réutilisé provenant d'une vieille porte il est parvenu à créer un support à CD à la fois original et magnifique.
Dix jours. Dix, comme les dix doigts de mes mains pour madame.
23h07, oiseaux envolés vers Paris. 12 minutes de retard. Le système info m'a trompé...
Noël s'annonce brun. Et mardi, madame s'envole pour sa France. Deux semaines pour une année et demie d'absence : voilà le seul partage que j'offre à la France... Mais bon, y a une maman qui brûle d'envie de revoir sa fille et ça me réjouit.
Aussi, madame s'envolera avec le cadeau que je lui ai offert et moi, j'ai placé mes commandes :
- un bon rouge ;
- deux bouquins : Chic ! Chic ! Chic ! Le nouveau Magris, puis cette plaquette. La Scandinavie, entre mythes et réalité.
Ni noir ni blanc. « Je suis à la fois lucide et solidaire », comme l'auteur de cette opinion.
Je refuse la stigmatisation.
Ici, on parle brièvement de ces théories à la con du complot du 11 septembre. Parce qu'il subsiste des zones d'ombres — compte tenu de l'ampleur de cette catastrophe, pourrait-il en être autrement ? —, les délires paranoïaques foisonnent. Par contre, l'après 11 septembre et son appropriation pour mener les combats afghan et irakien sont quant à eux « questionnables ».
Enfin. Tout ça est fort triste comme complexe, mais je suis désolé de vous l'annoncer, ça ne m'émeut que peu. Certes, ça frappe mon imaginaire, mais le « je me moi » a déjà vécu un 11 septembre quelque part en un mois d'août.
C'est l'été, je suis vache comme Capucine, ma petite vache à poil qui retrouve peu à peu son habit. Souvenez-vous... Enfin, les billets se feront rares encore un temps.


Le ciel du 18 juillet est cette année celui du premier anniversaire d'une lionne un peu plus Québécoise chaque mois. Le ciel est au bleu aujourd'hui. N'est-ce pas le signe que A., ma Lyonnaise d'un soleil, me nourrit d'un élément essentiel, autre que celui-ci de cette Lyonnaise ?
Là où on trouvera chez-moi une contradiction à manipuler parfois le gourdin, parfois la règle avec la rigueur qu'elle impose, je vous mentionnerais que je ne suis pas exclusif à des discours, même à des causes. Je laisse ça aux palabreurs, car pour moi, mes fins justifient mes moyens.
De mes grands-pères aujourd'hui disparus, j'aurais aimé hériter des mains. Avec les premières qui ont retourné la terre avec force et volonté pour en tirer subsistance, j'aurais remué ciel et terre. Avec les secondes, pleines de cambouis, leur dextérité et leur adresse auraient pu me donner un meilleur doigté.
Cher Laurent, un jour, un matin, il y a les rêves qui portent l’homme qui meurent. Puis, chemin faisant, ce sont les bras qui meurent. Un jour, hier, aujourd'hui, demain, les voilà maladroits, mais malgré tout accueillants pour sa femme.
Ce soir, la parole est à madame : Magellan ou François, sans censure...
Aujourd’hui c’est A. qui écrit… et pour vous parler de Magellan. Je suis certaine que vous tous qui passez par ici depuis plus ou moins longtemps avez une image assez précise du caractère de Magellan de part ces écrits souvent vifs et tranchés.
Moi, je vous propose de vous dresser un petit portrait de manière de cet homme qui vous fait rire, bondir ou acquiescer par ses mots depuis bientôt trois ans.
Je pense que vous vous êtes aperçus que Magellan possède un caractère déterminé, audacieux, et fonceur et tout ça ne datent pas d’hier. Déjà, au secondaire, Magellan n’avait pas la langue dans sa poche et n’hésitait pas à faire de la provocation de temps en temps.
Et puis, de déterminé, Magellan peut vite devenir obstiné quand il défend ses idées ; il est capable de faire perdre ses moyens à la personne en face si celle-ci n’a pas le même caractère que lui. Si vous êtes timide, si vous mettez du temps à argumenter pour défendre vos idées, ne vous frottez pas à Magellan, il vous fera vous ratatiner sur votre siège en deux secondes.
Je me souviens d’un événement en particulier : un jour, en période d’élections municipales, nous avons rencontré un candidat venu défendre son programme qui parlait déjà avec une femme. Nous avons commencé à parler et la jeune femme s’est mise à se plaindre du déneigement désastreux depuis les fusions. Que venait-elle donc de dire la malheureuse ! Magellan, qui comme le savez, est absolument pro fusions s’est mis donc à lui sortir tout un argumentaire assez impitoyable qui l’a laissée sans voix. La pauvre est partie sans demander son reste.
Un petit peu trop passionné ? Oui, mais surtout je pense qu’il manque d’empathie, il fait peu de cas des sentiments de la personne avec qui il argumente ; si elle n’est pas capable de lui tenir tête, tant pis pour elle !
Je lui dis souvent que si nous nous étions connus quand j’étais ado, je l’aurais détesté ! Eh oui, à l’époque, j’étais assez réservée et les gars comme lui, je les percevais, à tort ou à raison, comme arrogants parce qu’ils avaient toujours la réplique mordante que j’aurais voulu avoir. Lors de débats en classe, si j’osais ouvrir la bouche pour défendre une idée contraire à la leur, ils me faisaient sentir stupide et me donnaient envie de disparaître dans un trou de souris. Je rentrais le soir en les maudissant et je fabriquais des poupées vaudous pour les transpercer avec de longues aiguilles ! Nan c’est pas vrai mais bon, j’aimais vraiment pas ce genre de gars !
J’ai gagné en confiance et maintenant je sais leur tenir tête et souvent Magellan et moi avons des discussions très enflammées, surtout au sujet de la chasse. Je suis résolument contre et Monsieur me traite volontiers de Brigitte Bardot, ce qui nous amène à échanger d’une façon assez houleuse. Faire des manteaux de fourrure ? J’ai pas de problème avec ça qu’il dit ! Grrr !
Mais même si le sort des animaux ne le préoccupe pas plus que ça, Magellan a le cœur sur la main avec les personnes qu’il aime, et il donne sans compter. C’est vraiment stimulant intellectuellement de discuter avec lui, car sa culture est impressionnante. Et sa façon de voir la vie ainsi son courage pourrait donner des leçons à bien des gens qui se plaignent le ventre plein.
Ce n’est pas évident de résumer en quelques lignes qui est Magellan, mais je dirais pour conclure qu’il est un homme entier dont je suis fière.
Parait-il que j'ai le caractère d'un Jack Malone : « J'interrogerai vos employés quand je veux, où je veux et comme je veux », dit-il, pour résumer grossièrement. Autrement dit, la fin justifie les moyens ? Avec les nuances qu'imposent les circonstances - chaque chose à sa manière -, oui, je le veux. Qui est Jack ?
Depuis ma plus tendre enfance, Noël est une grande maison ; blanche de décembre, immaculée comme les champs derrière elle qui sont en hiver des pages vierges sur lesquels l’adolescent, puis l’adulte, ont porté des regards qui furent les ambitions de chapitres de ma vie. Lorsque j’y pense, le paysage ressemble à l’univers du peintre Jean-Paul Lemieux dont les œuvres sont un plongeon dans les gris, les bruns et les blancs de l’arrière-cour de la maison.
Du petit garçon transi par le froid mordant, mais rapidement réchauffé par le feu du vieux poêle et les embrassades d’un grand-papa et d’une grand-maman, à la trentaine qui y a sonné presque en même temps que Noël, j’y ai vécu la fête comme on s’éveille à la vie ; périodiquement, pour chaque année qu’on m’a donné, correspondit un temps de décembre et de vie qui résonnent de souvenirs.
Aujourd’hui, la maison est loin, Noël a d’autres couleurs dans des scénarios qui ne sont pas ceux que j’ai écrits autrefois en regardant les champs de mes hivers. Qu’importe. Ceux que j’aime sont ici. D’autres seront de passage. Ça vaut autant que la Maison Blanche, la vraie.
À tous et toutes, je souhaite un joyeux Noël et une heureuse année 2006.
François
La Maison Blanche, un jour, attendant l'un de ses centaines d'hivers

Quand on a la vie et que celle-ci est enrobée d'une chance qui nous permet de faire celle qui nous emmènera plus loin, allez hop, rien ne peut et ne doit nous arrêter au terme de nos choix.
Bertrand a pris la décision de quitter Stockholm et la Suède. À mon avis, nul doute que la carte postale est devenue une armoire Ikea qui contient mille et une parcelles qui font qu'il ira plus haut et plus loin dans la vie.
J'ai retrouvé la lucidité d'un Magris, qui, je l'espère, saura être à sa manière un peu une lumière pour cette présente route comme celle que tu emprunteras.
«...la possession présente de sa propre vie, la capacité à vivre l'instant, chaque instant, et non uniquement les instants privilégiés et exceptionnels, sans le sacrifier au futur, sans l'anéantir dans les projets et les programmes, sans le considérer simplement comme un moment à vite faire passer pour atteindre quelque chose d'autre. On a presque toujours, dans sa propre existence, trop de raisons d'espérer qu'elle passe le plus rapidement possible, que le présent devienne encore plus vite le futur, que demain arrive au plus tôt, parce qu'on attend avec angoisse le verdict du médecin, le début des vacances, l'achèvement d'un livre, le résultat d'une activité ou d'une initiative, et ainsi l'on vit non pour vivre mais pour avoir déjà vécu, pour être plus proche de la mort, pour mourir. »
Claudio MAGRIS : « Déplacements », préface, Éditions La Quinzaine littéraire – Louis Vuitton 2002, collection Voyager avec…, 2003.
Il est toujours agréable de lire ces jeunes (merde je parle comme un vieux...) qui avancent, a contrario de ceux que j'entends trop et qui crachent dans la soupe alors qu'ils ont encore la cuillère en bouche...
Allez, bonne route Bertrand !
L'Hôtel Sovetskaya de Saint-Pétersbourg devait ressembler à l'Hôtel Dukla de Bratislava de 1992. Le téléphone de Bertrand était rouge, le mien, celui de ma chambre, il était beige, peut-être vert. C'est flou, car les souvenirs ont perdu de leur précision, si bien que les couleurs ont fondu dans ma mémoire après toutes ces années. Par contre, si j'ai un doute quant au téléphone, je me souviens fort bien du poste radio qui était jaune et limité à une seule fréquence, celle d'État, et par laquelle on devait diffuser autrefois une bonne nouvelle enrobée de mensonges. Le son qui en sortait était exécrable, ajoutant à l'atmosphère romanesque digne des bouquins de John Le Carré, me disais-je, amusé de cette impression. Et combien de tractations eurent lieu ici, et combien de complots on a dû fomenter dans le rouge glorificateur de cette petite suite, je m'imaginai aussi.
À peine trois ans après la chute du mur, frontière et symbole derrière lequel on avait érigé les faussetés en système et dont l'ombre portait loin à l'Est, j'étais dans cette chambre des empreintes.
D'un automne déjà tard, peut-être ne reste-t-il que peu de choses, sinon la musique des pas de A. [.AVI], il y a quelques semaines.

Veillant la dame qui dort, épuisée à juste titre de ses cours et des correctifs des parties de travaux de coéquipiers dont le français écrit est du chinois, je me repose de la rédaction d'un billet-mitraillette pour me souvenir qu'un jour du mois d'août 1995, tel un choc, me lever me coûta mille clochers.
Mille toits ma fortune ce dix ans, parce que bien plus élevés que l'argent que j'aurai investi dans ce Montréal-Prague ou celui que j'aurais dépensé en m'investissant pour une année pragoise sous le ciel de l'Univerzity Karlovy, au nom d'un père de la ville.
Ce jour, rien ne fut plus pareil, que ce soit pour me détourner d'elles (sic), plus tard pour détruire mon projet finlandais et au final, la suite de mon monde. Heureusement, A. est un nouveau monde que je me plais à écrire au nous, malgré le poids des doigts.
Allez, on se fait plaisir ce soir : sale connard de complexe majeur d’histocompatibilité, je t'emmerde.
Aujourd'hui, l'automne de mon automne a les couleurs éclatantes de l'amour de A. et la chaleur d'un courriel qui se termine des mots lumineux : « avec mon amitié sincère ».
Le ciel, même si bleu, si clair et si doux qu'il pouvait être ce jour là, F. a dû le sentir si lourd sur sa tête.
La semaine dernière, j'ai eu cette pensée pour ce vieil ami au même prénom que moi dont la vie, comme la mienne, s'est couverte un jour d'un plafond orageux.
Homophones depuis toujours, un peu plus homonymes sont ces F.
Et moi, je suis d'une humeur massacrante ce soir. Je viens d'apprendre que le mec à la tronçonneuse doit venir faire son massacre demain sur un arbre à deux pas de ma terrasse. Pourvu que je ne le loupe pas : ces ordres seront les miens. Je fais ce qu'on m'a demandé, dira-t-il. Et bien je prends sur moi et je m'occuperai bien des petits colonels de la copropriété ensuite, croyez-moi.
Avant le grand dérangement vers Québec, madame a fait une petite escapade parisienne ponctuée de petites pauses photographiques, dont une dans le 4e arrondissement à proximité de l'Hôtel de Ville de Paris. L'arrêt face au 8 rue des Mauvais Garçons, dans le Marais, n'était pas innocent, car c'est moi qui lui ai demandé.
Voilà quatorze ans, l'hôtel du Loiret accueillait ma dépouille pour quelques jours. Défait que j'étais et je dois le dire, la ville lumière était sombre malgré ses feux et je semblais y errer : dix-huit ans, en peine parce qu'en raison d'un malentendu de temps, je ne pouvais être avec celle dont j'étais devenu amoureux. Néanmoins, cette rue des Mauvais Garçons était le point de départ de grandes balades et évoque plusieurs souvenirs, dont celui de ce bar gai tout près dont on avait sorti les tables et les chaises à l'extérieur le 14 juillet 1991 pour festoyer joyeusement. Et bien honnêtement, assis sur le rebord de la fenêtre de ma chambre avec la bouteille de rouge à portée de main, j'étais amusé de regarder ces couples souvent stéréotypés : le petit éfféminé avec le caniche blanc, le conjoint costaud, plus « homme », le mec en cuir... Faut m'excuser, c'était le regard d'un jeune Québécois dans la faune parisienne...


Une petite phrase bien grande prononcée par le chanteur Bernard LAVILLIERS : il faut du courage pour partir, car on sait ce qu'on laisse, pas ce qu'on va y trouver.
C'est pour A. ma douce.
Pour être précis, j'aurais dû intituler ce billet Variation avec les chiffres pour faire suite à ce billet, car il s'agit encore de chiffres et de nombres qui fondent pour faire le double signifiant : la zéro pour la fin d'un décompte, le zéro pour un autre. Ainsi, le dix-huit d'aujourd'hui fait le mois, le 1 dans sa maigritude : nombre de l'unique, simple piquet planté (|) pour certains, piquet « paletté » (1) pour d'autres. Ensuite, le dix-huit du prochain mois fera zéro. C'est mathématique, non ? ;c)
Bon... Au moins, c'est signifiant.
Ce midi, je suis un homme encore plus fier d'être l'homme de cette femme.
Ou un violoncelle. Tiens oui, je me réincarnerais en un violoncelle, mais pas celui d'un débutant, car je ne ne veux pas recommencer. Je serais l'instrument d'une virtuose.
Me réincarner, je serais un aéroport et je m'appelerais Schiphol ou Heathrow pour pouvoir observer ceux qui partent et reviennent.
Ou encore, je deviendrais Noire, fille de fleuve, mère de Caucase.
Je n'aurais pas de sommeil puisque chez l'un et l'autre, il est vrai qu'il y a les pleurs des retrouvailles comme ceux des séparations.
Mon article commençait ainsi :
« Serait-ce le signe d'un changement de mentalité dans l'aménagement et le management des artères commerciales à Québec ? Voilà une nouvelle qui a coulé la semaine dernière : l'Association des gens d'affaires de la rue St-Jean réclame que la rue soit réservée uniquement aux piétons lors d'événements et la période estivale et ce, entre 10h00 et 23h00. Cette prise de position, un 180 degrés de ce qu'elle a déjà été, elle me fait sourire et me laisse un petit goût de victoire en bouche.
L'année dernière, la Ville de Québec a revitalisé l'artère commerciale... »
Puis hop, pas de fin, comme un coït interrompu. C'est sûr, je jouis tout de même de cette ouverture des commerçants, moi qui dans le passé avec mes maigres moyens et ma petite voix de militant ou de chargé de projet pour une autre association de commerçants, demandais pourquoi tant de frigité à innover. Parce qu'il faut l'avouer : prôner plus de piétonniers ici, c'est prêcher dans un désert québécois.
Or, je termine abruptement ce soir par perte d'appétit et parce que j'ai le ventre barré par une sorte d'inquisition. Habituellement, j'aime chercher et fouiller jusqu'à farfouiller pour le simple désir de comprendre, alors que ce soir, j'ai le dos au pilori attaché par le jugement. D'urbanisme à personnel, j'écris de satisfaction à l'incompréhension. Et alors que c'est une démission forcée du premier par la vie, il est hors de question que je m'exprime dans ce qui a de personnel avec cette elle en me disant « advienne que pourra. » Car vois-tu, la route, elle est à nous et ce n'est pas quelques trous qui me feront prendre un détour.
Demain, je fais de la télé.
À la question-concours :
« La bière tchèque : Qu'est-ce que cela évoque pour vous ? », je répondrai par les souvenirs de la bouche de mes vingt ans et mes doigts de trente-deux hivers bien comptés sauront les écrire. Et je gagnerai.
La douche du matin a cet effet : de l'envie presque animale de cracher sur le malheur, pas le sien, mais celui des autres et qui lui donne des allures de merveilleux et de refuge, comme Cyrulnik le décrit si bien, elle est un vacuum.
Alors, on se racle la gorge et on avale. Pour un instant.
Hier, des oiseaux rares nous ont rendu visite : des cardinaux. Alors qu'on me racontait comment ils sont flamboyants et magnifiques, d'autres cardinaux tout aussi rouges déambulaient au Vatican sous l'oeil des caméras. Moi, ayant toujours en tête les oiseaux, ma mère les messeigneurs qu'elle voyait à l'écran, je demandai, bien innocemment :
- Les cardinaux, je ne sais pas s'ils mangent des graines...
Oh... Regard interloqué de ma mère : confusion, à la fois sur les oiseaux que les graines...
En consultant Robert pour lire ce qu’il raconte au mot mieux, j’ai vu qu’il cite Sartre : « Le mieux qu’on puisse faire, c'est de détourner les yeux et de penser à autre chose »
Mais regarder Lemieux, c’est le mieux qu’on puisse faire, car y plonger les yeux, c’est penser. Et qui n'a jamais vu les oeuvres de Jean Paul Lemieux rate une magnifique lecture de notre terre et peut-être de soi-même.
Jeudi, alors que c'était un jour de printemps plutôt frisquet sur Québec où le soleil était peu flatteur et le vent un peu trop câlin, je suis allé lire le peintre au musée, car comme la neige, l’exposition disparaîtra sous peu et les œuvres rejoindront d’autres murs.
Dans les deux salles consacrées au peintre, cinq îlots comme autant de thèmes : le temps, la nuit, la ville, la plaine et l’hiver. Cinq sujets qui sont un Lemieux. Et moi qui les ai regardés, je m’y suis d’abord perdu en émotions : sa plaine est l’étendue qui s’étire derrière la maison familiale, verte de juillet, jaune des céréales d’août, sa plaine blanche est celle qui dort sous la neige entre Kamouraska et St-Denis, sa nuit, leur ciel et leur lune sont ceux de mes mille questions et de la recherche de gens comme de sens.
Ensuite, les émotions deviennent des explications non loin des premières : l’horizontalité est une perspective vers l’infini, le clergé sans visage est l’anonymat et la noirceur de ce Québec d’il y a un demi-siècle et la ville basse est le malheur et la promiscuité d’autre temps. Puis, il y a les personnages dont on devine qu’ils sont des proches : certains sourient, d’autres sont plutôt froids, comme ce temps-là.
Lemieux et son univers, je me les approprie ; les toiles, les couleurs, les mouvements et les textures ne sont pas différents des mots de quelques livres ou de chansons qui parlent, chacun dans son langage.
Quelques reproductions de Lemieux

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Ça ne fait qu'une journée de plus et de moins. Tout dépend de l'endroit où on la range. Cent, c'est moins long à écrire que quatre-vingt-dix-neuf avec tous ses tirets, mais c'est plus long.
Quatre-vingt-dix-neuf en chiffre, c'est deux nombres. Cent, c'est trois nombres avec ce un qui se tient droit et solide devant deux insignifiants ; leur conjugaison fait que le verbe « attendre » est un long soupir.
99, ça ressemble de mieux en mieux à un décompte.
Pas, peu ou prou compris ce billet ? C'est un billet comme une note à moi-même.
C'est un père et son fils. Quand on lit à nouveau ce magnifique texte de Magris dans lequel le drame porte les noms de deux vies, on regarde la sienne.
Alors, il suffit d'être le fils de son père comme je l'ai été aujourd'hui en sa compagnie et apprécier d'être, malgré ma tragédie qui est la nôtre.
Comme mademoiselle Looange, je laisse passer un peu de soleil sur mon parcours. Dévoilement, à ma discrétion, de rayons de soleil et de passages nuageux dans le ciel de l’existence.
Décembre 1972 : le premier jour d'hiver, les premiers cris au creux des bras de ma mère.
1972-1988 : la vie banlieusarde dans un bungalow de Charlesbourg avec les mauvais coups de gamins, quelques cigarettes faites de feuilles mortes et fumées dans le champ, en ne voulant pas m'étouffer, les raclées, données et reçues, la marche à pieds vers l'école. Bref, un bien heureux.
1985 : les parents au goût du jour : divorce.
1986 : la première, ouvrez les guillemets, petite amie, fermez les guillemets, avec rendez-vous au parc ou dans la cour d'école.
1987 : M.-C., séduite lors d'une fête. Véritable premier amour avec sa tendresse, mais aussi ses questions et les erreurs du novice.
1990 : le Charlesbourgeois devient un Fidéen d'adoption. Déménagement.
1990 : l’entrée au CÉGEP avec des lettres plein la tête et des mots à dire.
1990-1992 : les mots, parfois naïfs et nés de l'innocence, sont souvent des revendications : je m'implique dans un comité politique et l'association étudiante.
1991 : le premier voyage transatlantique. Découverte de la France, rencontre de M. et coup de foudre pour elle, un jour de juillet, assis tous deux sur des remparts.
1992 : la participation à la résurrection d'une association d'utilisateurs de transport en commun. Premiers pas dits urbanistiques.
1992 : le départ vers M. et son pays pour Noël.
1992 - 1993 : les mois ont passé, les projets avec M. se conjuguent au passé, je quitte Bratislava et je reviens à Québec. Dring dring à la porte :
- Coucou maman, c'est ton fils.
1993 : l’entrée universitaire pour des études en littérature française, mais écoeuré par la lecture du roman Du côté de chez Swann de Marcel Proust, je reviens à ma première idée : la géographie.
1994-1997 : le baccalauréat en géographie.
1995 : l’admission à l’Université Charles de Prague.
1995 : deux semaines avant le départ, coup de poignard dans ma vie. Retour à Québec sans avoir quitté ma ville.
1998 : un saut en architecture pour un certificat universitaire, mais avorté à mi-chemin pour des études de maîtrise en urbanisme à Montréal
1998 – 2001 : les études d'urbanisme à Montréal.
2001 : le retour à Québec, par la force des choses.
2004 : un vent, tant inattendu qu’inespéré, devenu un voile sur l’aléa de ma vie. A. qui souffle et que je sens de mieux en mieux. Souffle le chaud.
2005 - : Oser une réponse serait jouer. Je n’aime pas le jeu.
Passez un excellent week-end ! :c)
Léger d'un printemps, léger de cheveux, tout au plus un centimètre et quelques poils. C'est pour ça le mal de tête ? Ou est-ce Un pays sans bon sens, l'extraordinaire documentaire du regretté Pierre PERRAULT, un film-rétroviseur sur le Québec de 1970 dans lequel j'ai vu naître de nombreuses questions qui sont des électrochocs ?
Bercé dans ses bras il y a longtemps, c'est aujourd'hui sa voix qui me porte sur une mer intérieure. Hier, ses mots, sa musique et sa présence sur scène ont été un deuxième souffle dans ma journée, une seconde bouffée après l'appel d'un ami dont le projet est un harmattan à la suite de mon monde.
Prendre conscience que le temps a passé si vite, ça peut être voir un ancien prof à la télé - si souvent qu'on commence à se demander s'il n'a pas sa carte de l'Union des artistes - dont les cheveux de gris sont en voie de passer à l'hiver. En même temps, là où on constate avec regret que soi-même on vieilit et pas nécessairement comme du bon vin, on éprouve une consolation lorsqu'on l'entend parler d'urbanisme avec la même fougue que lorsqu'on l'a connu, décochant encore ses directs et torpillant les piètres projets d'aménagement au Québec. Les cheveux sont d'hiver, mais la tête semble toujours en été.
Je suis encore plus fier de toi, mon ami :
« Parmi les moments les plus heureux de la soirée, on retiendra le sacre de Ce qu’il reste de nous comme meilleur documentaire. Présenté à Cannes, le film de François Prévost et Hugo Latulippe, un vibrant S.O.S. pour la cause du peuple tibétain, aurait très bien pu concourir dans la catégorie du meilleur film tout court, ce que les règlements des Jutra ne permettent toutefois pas. »
Ce triomphe au gala des prix Jutra, la récompense du cinéma québécois, c'est vraiment celui de ta caméra-stylo pour reprendre les mots du cinéaste Michel BRAULT ; une caméra curieuse, sans être voyeuse, qui permet d'imprimer la détresse des yeux, les espoirs des sourires et le malaise des mains qui s'entremêlent parce qu'il n'y a nul part où elles peuvent s'enfuir. Ta caméra, mon ami, elle écoute, parle et récite ce que le stylo a tracé dans le scénario, mais que la vie a submergé à la puissance dix lorsqu'on enregistre par le troisième oeil.
Il y a quelques semaines, j'ai regardé l'album de nos dix-sept ans en compagnie de A. J'ai tourné les pages des photographies, esquissant parfois un sourire en revoyant des visages qui portent des souvenirs. Quinze ans plus tard, j’ai aussi revisité les messages qui tapissent les dernières pages, relisant chacun des mots de certains d’entre eux pour constater ce que le temps a balayé de nos ambitions, nos désirs et nos aspirations. Ému, j’ai relu ton message, dont cet extrait qui parle de la route :
« J’te souhaiterai pas bonne route pote parce que la route on va la faire ensemble. Comme deux frères. On le libérera le Québec, on le francisera le Québec, on en fera du cinéma en français… »
Chacun aura pris son chemin ; toi le fidèle devenu cinéaste, moi cet homme qui a voulu devenir observateur et modeleur de territoires. À notre manière, je crois que nous avons réalisé nos ambitions, fidèles à nos passions. Enfin presque, car aujourd’hui je dois visionner un mauvais film d’une mauvaise bobine, sans pouvoir être le réalisateur de mon long métrage. C’est Le fil cassé qui joue à l’écran et j’en suis l’acteur principal.
Lorsqu'on est admis comme étudiant à l'Université Laval à Québec (je précise que c'est à Québec et non à Laval, même si tout le monde sait qu'il n'y a que des centres commeriaux à Laval), notre code permanent débute par l'année d'admission. Le mien commençait par 93, celui de A., nouvelle étudiante admise sur le campus, porte le 05. Douze, pour me rappeler que, bordel, le temps passe rapidement.
Vous l'ai-je dit ? A. est admise à l'Université Laval. Reste à espérer que le temps s'égraine rapidement d'ici l'arrivée de madame. Ensuite, que son cours prenne son temps.
Parce qu'il m'arrive souvent de faire de l'insomnie, qu'en ces minutes, parfois ces heures, j'ai des mots qui me mitraillent et que malheureusement les marques s'évaporent quelque part entre la nuit et le matin, je vais acheter ce truc. La mémoire à puces.
Je pouvais presque entendre le son de la fermeture éclair de mon sac à dos comme mes grognements ; parfois, la fermeture bloquait, car le pauvre sac souffrait d'embonpoint. C'est que le jeune voyageur inexpérimenté apporte toujours trop de vêtements. Encore heureux que nous n'étions pas en hiver et que le voyageur que j'étais n'était pas une voyageuse...
Toujours est-il que les jeunes de cette émission télévisée m'ont fait penser à mon premier voyage hors du continent nord-américain, il y a bientôt quatorze ans : le sac à dos trop lourd arborant le drapeau de son pays (remplacez leur unifolié par le fleurdelysé québécois), les auberges de jeunesse avec leurs dortoirs sur lesquels on se rabat, faute de place dans les petites chambres et la fraternité du concert des nations autour de l'alcool. Ah oui : et les filles.
Du billet « Sans étoile », voici mon étoile.
Je me doutais bien que ce serait plus long que prévu cette réflexion. J'ai tellement accumulé ces dernières années que c'est la bousculade dans ma p'tite tête. Y a bien les idées, les notions et les concepts, mais ils s'entrechoquent. Et lorsque je lis certains documents papier ou PDF, là on dirait que les mots se bouculent. Un peu de synthèse et hop, ça devrait revenir. Merde que je me sens rouillé. Ça mène à ça être hors circuit.
Grâce à un copain, je me suis joint à un espace de réflexion sur la politique municipale à Québec et je réfléchis à ma première intervention. Il y a tellement à écrire, car 2005 sera marquée par une élection à la mairie de Québec. Alors, j'ai sorti mes trucs d'urbanisme, les documents que j'ai écrits ces dernières années et je collige tout ça dans un texte qui affichera mes couleurs. Alors, voici le programme de ce week-end, en plus du football américain... C'est le début des éliminatoires tout de même !
« A » n'est pas la première lettre de l'alphabet, mais ce phonème tronqué de son prénom. L'écrire, ce ne serait qu'en filigrane, car les lettres qui le composent ne peuvent qu'être un mince fil d'or qui décrirait parfois des courbes, parfois des traits.
Son audace comme sa conviction l'ont guidée vers ma personne il y a quelques mois, modifiant le fil de ma vie, devenu bien mince depuis des années. Avec le départ de A. aujourd'hui, c'est le temps que je n'ose compter avec sa fuite à la fois rapide et lente qui est le maître. J'en déteste le manque de prise et la perte un tant soi peu de son contrôle. Attendre et espérer, les deux à la fois.
Tout à l'heure, j'ai l'impression d'avoir vécu une scène de Un gars, une fille. Voici :
Alors qu'il y avait une pause publicitaire durant la diffusion du film Le journal de Bridget Jones, A. et moi sommes allés brosser nos dents. Déjà là... Devant le miroir, j'ai dit à madame que j'allais me promener ensuite sur le net, l'abandonnant à son film... de filles.
- Non, j'aimerais qu'on le regarde ensemble, déclara-t-elle.
Hum... Après faut qu'on en parle ??? :c)
Voyageurs réguliers, clandestins ou simplement de passage sur Magellan, je souhaite à toutes et à tous un Joyeux Noël.

32. Hier, mes trente-deux ans.
Naissait aussi mon hiver, le trente-troisième, officieusement présent sous les pieds et dans les yeux depuis plusieurs jours, mais qui fait des siennes aujourd'hui ; sa neige est une pluie battante et le mercure a poussé au-dessus du zéro pour flirter encore un peu avec l'automne. Néanmoins, la neige affalée contre le sol demeurera, puisque le Celsius redeviendra normal et camouflera nos imperfections plusieurs mois durant.
Mais ce trente-deux du vingt-deux du douze de cette année, celui d'hier, il signifie surtout le dix pour moi parce que les jours de la prochaine année seront parfois un décompte jusqu'à cette date du mois d'août. Un jour comme une vie et une vie comme un décalogue : tu ne feras point, tu n'iras pas, tu ne deviendras pas et M. tu ne retrouveras pas. J'en passe.
Néanmoins, comme un coin de ciel qui aura échappé au gris, A. est ce bleu de mon trente-deux ans et l'inattendu comme l'inconnu sont les maîtres-mots de cette histoire à tisser.
On annonce la première tempête de neige. Paraît-il. Le vent s'est déjà mis à souffler les nuages comme les branches, mais la neige, aucun signe. Le vent souffle de l'est et avec lui, viendra ensuite le soleil. Oui : juste après la neige, A. arrivera.
Je partage le plaisir de Jean à la lecture de Pieds nus dans l'aube, un magnifique texte de Félix LECLERC qu'il a eu la gentillesse de reproduire ici.
Voilà un an, j'ai écrit un petit texte sur mon deuil de la maison familiale et des souvenirs qu'elle m'évoque. Les textures, couleurs et odeurs ne sont aussi belles que dans les mots de Félix, mais le voici à nouveau.

Elle nous donne des textes, feutrés pour les baumes à la laideur, une musique, mariage de la caresse des cordes et de l'électro, une voix, belle comme les voyages que je ne ferai pas et une autre, l'instant d'une chanson. Celle légèrement éraillée de Eicher qui m'a déjà accompagné sur des voies et des routes.
Elle aussi m'a accompagné. C'était au temps des premiers déséquilibres et des hésitations du moi géant que la vie a décidé de réduire au nanisme. Nain face à la vie. Elle se souviendra de ces jours bleus : le bleu de mon âme comme celui qu'on entra en moi pour combattre le mal, mystérieux et invisible, sauf dans ses manifestations.
Dès lors, elle, comme les autres membres de ma famille, sont devenus les arbres sur lesquels je me suis appuyé pour ne pas tomber. Ils sont mes merisiers.
Claire PELLETIER, album Ce que tu donnes
« Ce que tu donnes » ou ce que tu m'as déjà donné sans compter et ce que tu me donnes, encore.

- Vers... 20h35, j'ai atteint l'écoeurite aiguë. La soirée commencée ainsi se terminera de même.
- Ajoutez le juron que vous voulez
- Point
En discussion avec madame, la conversation a glissé sur mes défauts. À première vue, on pourrait dire que mon intolérance à des personnes, leur conduite, leurs mots, mais aussi au surplace est un défaut. C'est que j'ai mes limites et plus que jamais mon seuil résulte en une manifestation de dégoût. Si vous préférez, j'atteins le mépris. Ça doit être ça si je comprends bien : j'ai la qualité de mes défauts.
Mort cérébrale ? Coma profond ? Décès ? Toujours est-il que l'état de santé Yasser ARAFAT donne lieu à une kyrielle d' articles . Et là, attendez de voir ce qui s'écrira sur l'après ARAFAT.
Dans le présent déluge, j'ai retenu ce qu'a lu le docteur Christian Estripeau : un communiqué de presse modèle dans l'art de ne rien dévoiler. Personnellement, j'adore cette maîtrise de la rhétorique. Ça se passe ici en mp3.
Hier a marqué mon retour sur les lieux de mon enfance, là où j'ai passé les seize premières années de ma vie. J'avais bien apporté le numérique, mais je n'ai pris aucune photo ; la réalité m'a déçu et je préfère conserver les images en moi.
Voir les arbres que mon père avait planté pour moi, quelques mois avant ma naissance et aujourd'hui grands, gros, forts et patinés de mousse m'a ému. Un jour, alors que nous nous demandions s'ils se dressaient toujours, mon père m'a raconté leur histoire. C'est en compagnie de mon grand-père maternel qu'il était allé arracher quatre érables de la terre à bois, perdue au fond d'un rang du bas du fleuve ; parmi les milliers d'arbres et sous le regard de ce grand-père qui abattait des colosses l'hiver venu, il avait cueilli des petites pousses de quelques centimètres comme celle que j'étais en devenir. Trente-et-un ans plus tard, lorsqu'on se compare, les affres du temps semblent m'avoir plus marqué.
Ensuite, j'ai revu notre deuxième maison, celle que nous appellions le chalet. Là, déception. L'imposante maison toute habillée de bois, de larges planches de cèdre de Colombie et qui jaillissait de la forêt, sans toutefois choquer, est devenue une grosse demeure de banlieue. Exit le bois et sa chaleur au profit de ce matériau mi-bois mi-plastique. Une banalité symptomatique d'une pauvreté d'esprit avec sa piscine et son garage. Grotesque, cet habitat de ville campé en forêt. Et faut voir l'ensemble de Stoneham, une ville au nord de Québec qui a mal grandi, comme ces ados attardés au corps tout croche. Ça ne m'a pas déçu, plutôt écoeuré ce laisser-aller.
Faut dire que l'ancien ami sur lequel j'ai écrit ce billet faisait partie - ou fait partie - de ces personnes aimant bien la manipulation. Alors un jour, lorsqu'on en a ras le cul, on claque la porte tout en prenant soin de faire quelques photocopies, juste au cas...
Eh oui, faut pas me chercher.
Mon copain C. m'a souligné qu'un de mes anciens amis était cité dans le journal de samedi, alors qu'il fait partie de l'équipe d'un politicien qui lorgnerait la mairie de Québec. Il semble que nos années de militantisme côte à côte, puis profession aidant, lui ont permis de s'assoir dans la sphère politique. C'est correct et j'espère qu'il est demeuré fidèle aux idées et valeurs qu'on a défendues, parfois avec la naïveté de nos vingt ans, mais en y croyant fermement.
Je crois bien que l'université me manque. J'aurais bien aimé poursuivre encore quelques années. Peut-être un doctorat en géopolitique urbaine. La curiosité, la quête de savoir et le choc des idées, ça m'anime. Ça m'amène à une réflexion sur la connaissance. Je vais y revenir.
Avant de quitter pour la nuit, merci à tous et toutes pour vos commentaires et petits courriels d'encouragement à la suite de mon annonce. J'apprécie.