Grâce à Thierry Paquot, l'urbanisme s'invite dans la campagne présidentielle française. Au cœur de son intervention, ce qui animent urbanistes, aménagistes et géographes : la notion de territoire, les relations qu'entretiennent les hommes entre eux ainsi qu'avec leur milieu et l'espace vécu. Et peut-être une autre manière de considérer le territoire et d'y intervenir.
Sauf erreur, voilà un thème qui a été absent lors de la récente campagne électorale québécoise. Un de plus direz-vous...
« [...] Ce qui associe ces différentes préoccupations, de nature et de temporalités variées, se nomme “écologie existentielle”. Il s’agit d’un rapport amical et pacifique entre humains et entre les humains et la Terre. Il s’agit d’un art urbain de vivre, aux mille facettes, aux mille inventions, aux mille désirs, aux mille effets insoupçonnés qui sans cesse redistribue les cartes de ce jeu où chacun se doit de gagner un peu plus d’estime de soi, un peu plus de confiance en soi, un peu plus de soi dans sa capacité à appréhender l’Autre, à grandir sous son regard, à progresser à son rythme, à se connaître dans le miroir de son étrangeté. Oui, c’est cela l’urbain, la possibilité d’être soi avec et parmi autrui [...] L’éco-urbanisme (ordinaire et extraordinaire) doit être impulsé par le gouvernement, un gouvernement soucieux de cette écologie existentielle au point de ne pas lui attribuer un ministère mais d’en imprégner toutes ses décisions, ses réflexions, ses engagements. La culture politique n’ajoute pas un volet “écologique” à ses prérogatives, elle baigne dedans. [...] »
(Thierry Paquot, Avis aux candidats. Être “responsable” signifie avant tout “tenir sa parole”, via Le blog de la ville)
L'espace n'est pas neutre. On le voit avec ses yeux, mais on le décode avec nos valeurs. Je m'émeus du champ qui s'étire derrière ce qui était jadis la grande maison familiale, le badaud n'y verra qu'une étendue, une plaine s'il parvient à mettre un mot précis à ce qu'il voit.
L'espace n'est pas neutre et on y intervient avec des valeurs. C'est la beauté, mais aussi la difficulté à laquelle est confronté l'urbaniste ; il doit concilier sa philosophie à des besoins et des impératifs. Les gens veulent se déplacer, l'enveloppe budgétaire est de x millions de dollars, je crois au développement durable, ma perspective est le long terme... Le casse-tête bien souvent.
Mon regard n'est pas neutre, si bien que l'urbanisme comme étude et discipline est avant tout une intervention. Et comme le mentionne avec justesse Benoît, il est politique :
« ...je revendique une conception de l'urbanisme, qui ne soit pas uniquement un champ technique, mais avant tout un choix du "vivre ensemble" et donc fondamentalement politique au sens noble du terme. » (Source : Chez Belan, Un urbanisme politique ?)
Comme la géographie, il est aussi politique — parfois géopolitique. De cette conception naît les prises de position, puis la décision. Je plais ou je déplais quoi. C'est le risque.
À mon étonnement, la grande urbaniste Jane Jacobs, décédée il y a quelques mois, avait effleuré la question de la souveraineté du Québec en affirmant que la prospérité et l'essor de Montréal passent par ce choix. L'auteur Robin Philpot expose ce point de vue comme le sien ici et là.
En vous conviant à cette lecture, je terminerai moi aussi avec cette citation de Jacobs qui vaut au plan personnel : « Comme nous le savons, la dépendance est débilitante. Sa contrepartie est parfois aussi vraie. C'est-à-dire que, parfois, l'indépendance libère des efforts de tous genres, dégage des sources d'énergie, d'initiative, d'originalité et de confiance en soi jusque-là inexploitées. »
Sur un ciel tombé sur la tête de cinq pauvres innocents, il y a des chiffres qui sont des éléments d'une réponse assez simple : notre incapacité à revoir notre aménagement du territoire. Ainsi, en nous déplaçant à Québec, nous apprenions que sur un budget de 147 millions de dollars dans le réseau routier de Québec, 25,6 millions ont été dépensés pour la réfection des structures contre 23,7 millions et 50,4 millions de dollars pour de nouvelles routes, respectivement pour le prolongement d'une autoroute (du Vallon, qu'on appelle avec culot boulevard vert) et l'élargissement et construction d'une autoroute (route 175, parc des Laurentides). (Source : Le Soleil, 2 octobre 2006)
Longtemps les politiciens ont fait du chemin avec ces derniers. Promesses obligent. Par contre, c'est la population qui a ces morts sur la conscience ; toujours affamée de nouvelles routes elle en redemande. Toujours plus loin, plus vite, toujours friande du mot autoroute, pitoyable est-elle à entendre.
Pendant ce temps, dans la ville jumelle de Québec. Et je retiens :
"Le tramway ne peut être vu simplement comme un moyen de transport, dit Francis Cuillier. C'est un outil de requalification de l'espace public et de recomposition urbaine, qui offre une mise en scène de la ville. Il s'oppose au métro, qui ne change rien en surface et n'oblige pas à faire des choix, notamment pour limiter l'emprise de la voiture."
Le bonheur, ça dure une journée. Et que deux p'tits cons de deux radios du matin, l'un qualifiant l'initiative de « fête de gauchistes extrémistes », l'autre, tout aussi langue enflée, en profitent donc pour marcher : paraît-il que ça déniaise et peut-être que ça les dépoussiérera de ce conservatisme qui rime avec un peu trop avec misérabilisme.
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S'appeler Petit et raconter ces balivernes, c'est être conséquent avec son nom... Le défendre, au nom de la liberté d'expression, comme un Gravel de radio aussi petit intellectuellement que le Petit, c'est mettre cette liberté au même niveau que le manque de jugement.
Via VNUnet.fr, un article sur le web communautaire parisien ou comment internet peut « stimuler la vie de quartier en organisant une vie sociale et en favorisant les échanges entre Parisiens. » La totalité de l'article est ici. D'abord limité au 17e arrondissement, le projet Peuplade semble avoir fait boule de neige et s'étend à toute la ville et la vie parisienne. Bref, une belle initiative pour développer le sentiment d'appartenance, gage de la qualité de vie.
Ce qui fait du bien à mon urbanisme :
[...] Je ne suis pas contre la maison individuelle, mais un village s'est toujours constitué avec un clocher, l'hôtel de ville à côté, une grande densité au centre et une densité plus faible au fur à mesure qu'on s'éloigne. Il y a une certaine gradation, une organisation de l'espace urbain. Aujourd'hui, le laisser-faire se généralise. Esthétiquement, on retrouve le problème qui se pose dans le grand ensemble : la monotonie, la répétitivité, l'absence de repères. Ce sont des lieux sans âme, des cités-dortoirs où il n'y a pas de hiérarchie. On a pourtant construit dans les années 30 des cités-jardin qui étaient superbes. On peut faire de l'habitat individuel de qualité, mais cela nécessite une mixité. Les cités-jardin mélangent du collectif et de l'individuel, elles ont des commerces et des équipements. Ce que je constate, c'est qu'avec le lotissement, la ségrégation spatiale, sociale et fonctionnelle s'accentue au lieu de diminuer. [...]
Tiré de : Le pavillonnaire, un mauvais remède aux grands ensembles, Libération
Réflexions d’un urbaniste pour une ville en réflexion. Meurtrie, jamais morte, Sarajevo est un défi :
[...] On oublie trop souvent qu’une ville est d’abord un site spécialement choisi par des hommes pour y vivre. De l’Antiquité à nos jours, différentes sociétés se sont succédées à Sarajevo en bâtissant des lieux sur des espaces qui correspondaient à leurs choix de vie. La civilisation romaine installa des thermes à l’ouest, proches des sources naturelles dans la vallée de Butmir, les marchands de l’empire ottoman préférèrent habiter le cirque calcaire à l’est, à proximité du débouché de la rivière Miljacka pour pouvoir transformer les matières premières en produits finis (cuir, or, cuivre, tissus, tapis). Les quarante années d’occupation austro-hongroise virent l’organisation de la ville moderne avec les lieux de la représentation du pouvoir, organisés le long de la vallée de la Miljacka canalisée et tout son cortège d’innovations techniques ; le chemin de fer, l’électricité, le tramway, l’université... Jusqu’en 1950, les historiens parlent de Sarajevo comme de la « belle assoupie », 70.000 habitants y résident entre Bentbasa et Marindvor (Stari Grad et Centar) [...] Dix ans après la fin de la guerre, tout est bouleversé et, malheureusement, tout est désespérément comme avant. Le problème est aujourd’hui : comment faire vivre décemment les 450.000 habitants de la capitale de la Bosnie-Herzégovine ? [...] (Repenser la ville de Sarajevo : réflexions d’un urbaniste, Jean-François Daoulas, Courrier des Balkans)
Intéressante proposition lue chez Eurozine : « How modern urban planning was exported as an instrument in the battle for the developing world ». Précisément, l'article [ANG] émet l'hypothèse que le contexte de la Guerre Froide qui a prévalu de la fin de la deuxième guerre mondiale à 1989 a influé sur le développement des villes nouvelles en Afrique, au Moyen Orient et en Asie. En fait, la ville, théorique et dans une moindre mesure pratique, a été teintée par les Cités jardins ; alors comment les villes nouvelles ont-elles évoluées dans le contexte politique. Lecture aride, j'en conviens, mais instructive.
Tour de villes, tour de taille de villes, détour par l'histoire, puis retour à la ville comme objet d'attraction pour les uns, répulsion pour les autres, une fantastique scène d'études, les villes ne laissent guère indifférents :
« Certains les aiment pour leur architecture, leur animation, d’autres les rejettent à cause de leur criminalité, de l’espace et des ressources qu’elles dévorent, de leur surpeuplement et du stress dont elles sont synonymes. » (Pezzini)
Pour un tour d'horizon, il faut lire l'article Un monde de villes publié dans L'Observateur, le magazine de l'OCDE.
Aujourd'hui, nous pouvons lire que la « mairesse Andrée Boucher se dit en faveur des tours à condos de 10 étages sur les propriétés religieuses à Sillery, " si c'est beau et bien fait ". » (Cyberpresse) Or, le même article nous apprend que la « Ville de Québec a décrété un moratoire sur les changements au zonage, le temps d'élaborer sa vision de développement ». Pourtant, la mairesse dit que « le développement immobilier sera permis dans ce secteur de Sillery, en autant qu'il soit " raisonnable et responsable " » parce « que son idée [est] faite sur l'usage des terrains appartenant à des communautés religieuses, situés sur la falaise qui surplombe le fleuve » (SRC), précise-t-elle sur une autre tribune. Finalement, elle déclare : « Et pour contrer l'étalement urbain, il faut accepter le développement sur le territoire. » (Cyberpresse, op. cit.)
Que dois-je conclure de cette bouillie pour électeurs ? C'est simple : qu'au mot développement, la mairesse accole une définition bien pauvre et des images - les tours - bien arrêtées, malgré qu'à l'heure actuelle il y a des personnes qui planchent sur le type de développement. Or, si celles-ci considèrent que des « tours à condos de 10 étages » ne sont pas une réponse, quelle sera la sienne, sachant qu'elle baigne dans une autocratie peu lumineuse ?
Figure emblématique de l'urbanisme, Jane Jacobs est morte. L'occasion de relire Death and Life of Great American Cities ?
J'aime beaucoup le travail de l'architecte italien Renzo Piano (Beaubourg, le Centre Pompidou à Paris si vous préférez) et je ne suis pas le seul :
« If some architects feel a twinge of envy at the mention of Renzo Piano, who can blame them? In the United States alone, the Italian architect is working on or has just finished major museum projects in New York, Los Angeles, Atlanta, Boston, Chicago and San Francisco. And two decades after its completion, the art world still speaks reverently of the serene, muted light in his Menil Collection building in Houston. [...] »
Il a l'audace que peu d'architectes ont à Québec (pour être honnête, ce sont plutôt les clients qui sont frileux). Enfin, lisez la suite de l'article publié par le New York Times dans le cadre de l'agrandissement de la bibliothèque Morgan à New York.
Ce midi, du Parc du Mont-Orford et sa gentrification ou le déclin de notre territoire. Et, si le mot développement résonne tout de même à vos oreilles, c'est que la banalisation vous sied bien.
« [...] Par ailleurs, le projet de complexe de soccer [football] intérieur à Sainte-Foy a aussi été abordé. Le projet est jugé trop cher. Le comité exécutif affirme que la participation de la Ville est passée de 1 à 4 millions de dollars sur un projet de 15 millions de dollars. Dans le but de réduire les coûts, la Ville envisage un autre terrain que celui près de l'école secondaire de Rochebelle. Elle souhaiterait établir ce projet sur un terrain qui lui appartient, près du parc Chauveau. [...] » (Source : SRC)
Le parc Chauveau, c'est un endroit bien joli, mais ceinturé d'autoroutes, difficilement accessible en transport en commun, voire impossible. La bagnole comme papa et maman seront de service. Puis, la mission éducative - sport-études - qui serait liée à cette construction à côté d'une école, à l'heure où on veut que les jeunes se bougent, est en péril. Voici un exemple supplémentaire de l'incompétence de Boucher et son exécutif à faire de l'aménagement du territoire intelligent ; dans ce cas précis, les notions d'usage et d'utilisateurs sont absentes.
Peut-être est-ce une charnière entre madame et moi, mais il y a une réflexion sur le maketing urbain qui est fort intéressante dans la récente livraison de EspacesTemps. En quelque sorte, il s'agit de la mise en marché de la ville ; grâce au numérique et à l'internet, il s'agit d'un tournant : « ...le site internet se transformant en instrument privilégié pour donner à voir une opération urbaine réalisée ou en cours de réalisation. »
Ainsi, la ville est objet de communication, à la fois lors d'un projet de requalification, par exemple, ou du démarchage commercial. Fait à noter (ça devrait intéresser Hoedic), l'article illustre son propos avec la ville de Nantes et plus exactement avec le site Euronantes.
À Québec, le dossier du jardin zoologique, devenu une saga comme nous savons si bien le faire, semble s'être conclu entre les partenaires. Remarquez : « semble » est une apparence, car les conditions de la négociation, catimini régnant entre la mairesse et le ministre Després, laissent place au doute sur la suite des événements. Et du doute au plomb dans l'aile, voici un tir : « les villes de la CMQ ne veulent pas être réduites à devenir de simples payeurs de facture. Elles veulent être de véritables partenaires dans cette entente pour la sauvegarde du zoo », apprend-t-on.
Voilà l'illustration supplémentaire que le climat d'enfantillage dont la première dame de Québec se nourrit et qui délecte aussi ses partisans doit faire place à un nouveau mode de décision et de gestion des dossiers ; d'une broutille comme le changement des noms de rues au jardin zoologique, tous deux ont démontré comment est dépassée l'autocratie urbaine à la saveur Boucher. D'aucuns parleraient de gérontocratie urbaine...
Alors que la notion du développement durable est à la mode, galvaudée par des élus comme par des gestionnaires qui s'en servent pour enrubanner politiques et projets, Québec - lire l'administration municipale - doit s'engager dans une nouvelle gouvernance. J'y ai déjà fait écho dans le cas du couple développement durable-gouvernance urbaine, soulignant tant les bénéfices que les limites de cette philosophie. Mercredi, la lettre intitulée Éviter les dérapages publiée dans Cyberpresse est l'eau à mon moulin ; des grands aux petits projets publics, tous commandent le renversement de la gestion qui s'est installée à Québec, car sous prétexte de saine gestion financière, ce qui semble sa seule « vision » à la mairie, la première dame à la Ville erre dans sa conduite d'un dossier comme le jardin zoologique : elle s'isole tout en réduisant le monde des affaires et les autres municipalités à des pourvoyeurs de fonds sans les intégrer aux décisions.
Si le présent est le présage de l'avenir, je dois admettre que mes appréhensions sur les défis démographiques (immigration, rétention des jeunes) et économiques (reconversion, prospection) auxquels la région est confrontée vont rapidement se transformer en une véritable inquiétude à la lumière de l'incapacité de la mairesse Boucher à jouer son rôle de leader et de rassembleuse.
Hier, je lisais :
« ...Louis-Edmond Hamelin, le père du concept de « nordicité », s’est donné comme but d’enrichir le vocabulaire de l’hiver, un vocabulaire singulièrement pauvre dans les dictionnaires écrits par des gens qui habitent des pays sans hiver digne de ce nom.
En s’inspirant des travaux de M. Hamelin, on peut affirmer qu’un hivernant hiverne sans le traumatisme de « l’hivernitude », même durant la phase de « plein hiver » et en demeurant dans son « hivernie » naturelle. Il fait alors la démonstration que « l’hivernité » peut se vivre agréablement, « macrohiver » ou « minihiver » »
(Source : Le Soleil, 6 février 2006)
AU-DELÀ DES MOTS
Pour moi, le pleurnichage hivernal érigé comme un discours national est un peu comme s'obstiner sur le sexe des anges : c'est inutile. Un temps parfois, ça peut faire du bien ; la pluie, la bouillie des derniers jours - comme des dernières semaines -, le yo-yo du thermomètre, bref, les aléas de la saison devenus tendance cette saison-ci, ils m'écoeurent et j'en implore le froid.
A contrario des anges et des chimères, notre hiver doit être l'occasion d'innover, comme ça doit être le cas en économie dans le contexte de la mondialisation ; qu'elle soit économique, sociale ou spatiale, l'innovation réfère tant à des processus qu'à de nouvelles façons de concevoir. Ainsi, en allant au-delà de la nordicité en terme de vocabulaire comme Hamelin, « l'hivernité » rejoindrait la notion d'innovation pour un urbanisme et un aménagement du territoire québécois : « Innovation is viewed as a multi-dimensional concept, which goes beyond technological innovation to encompass, for example, new means of distribution, marketing or design. Innovation is thus not only limited to high tech sectors of the economy, but rather an omnipresent driver for growth. » (Erkki Liikanen in Innovation in the Nordic-Baltic Sea Region - A Case for Regional Cooperation (2004))
Cette nordicité, c'est en quelque sorte du développement durable et une approche écosystémique du territoire. Je lis, je réfléchis et je tente d'articuler le tout.
Une ville sans voiture, c'est une jolie utopie et ça pourrait prendre la forme suivante.
Cet article mérite réflexion ; d'une politique de ciruculation qui génère obligatoirement des mécontents, il y a le difficile exercice de la mitigation des inconvénients et surtout, de la conciliation de l'usage de l'espace.
Les auteurs font référence à une étude économique qui juge du « ...coût élevé de cette politique [nouvelle politique de circulation de Paris] qui fait perdre du temps, consommer davantage de carburant, stagner la pollution, donc les nuisances. » Or, ce type d'étude prend souvent en compte des comportements initiaux - ceux qu'on veut changer - et les paramètres associés. Par exemple, ça m'apparaît évident qu'un automobiliste tournera plus longtemps avec les nouvelles règles de circulation, mais il faura aussi vérifier combien parmi l'ensemble des conducteurs vont troquer la voiture pour le transport en commun ou le covoiturage. Enfin, vite comme ça, il y a cet autre paramètre dans la même foulée : le temps. L'activité économique n'est-elle pas malléable dans le temps, en ce sens qu'à l'image de la nature, elle a horreur du vide et qu'elle réussira à se nicher sous d'autres formes, surtout dans nos milieux urbains ? Bref, qu'il y a une période de transition.
« [...] Les années 1960 n’ont pas vu, comme en France, pousser de grands ensembles urbains de barres modernistes issues des théories fonctionnalistes. Alors que la France entreprenait des travaux pharaoniques pour reconstruire de l’habitat après les destructions de la guerre, les flux massifs de migrants tel le million de pieds-noirs débarquant d’Algérie en 1962, la Belgique poursuivait à un rythme moins soutenu l’extension de ses cités-jardins et peuplait ses cités ouvrières. Le recours à la petite propriété terrienne, très développé, ainsi que le recours massif aux bailleurs privés pour combler la demande expliquent également pourquoi, alors que l’État français assumait presque seul la question du logement [...] »
C'est au nord de la France, là où poussent la bière et les messieurs qu'on appelle Willy, que semble régner un urbanisme plus humain, écrit-on. Chose certaine, l'article Violences urbaines. Belgique : les bienfaits d’un urbanisme plus humain suscitera des réactions chez mes lecteurs belges, quelque positives et quelque négatives qu'elles soient.
« Coupables, complices, innocents ? Les architectes sont souvent cités au procès des grands ensembles, relancé par les violences urbaines de ces dernières semaines. Le chef d'inculpation : avoir accouché d'un cadre de vie aujourd'hui rejeté et dégradé, sans qu'on sache toujours si l'objet du délit réside dans le matériau (le "béton criminogène") ou la forme ("les barres et les tours inhumaines"). [...] »
Soit, l'urbanisme et l'architecture n'expliquent pas tout des récentes émeutes dans plusieurs banlieues françaises, mais voici un article qui propose un début de réponse ; d'un urbanisme alimenté d'utopies, on a créée un anti-urbanisme et semé les graines d'une crise. Voir l'article complet L'utopie manquée des cités-dortoirs.
Ce qu'on dit être les erreurs urbanistiques du passé, avec le nécessaire recul pour juger de la valeur des gestes urbains, pose inévitablement la question de leur correction, aujourd'hui comme demain. François Ascher, professeur à l'Institut français d'Urbanisme et auteur d'ouvrages sur l'évolution des villes, de l'urbanisme et de la mobilité, livre sa réflexion sur le sujet. J'en retiens :
« Il faut penser la ville en articulant échelles de proximité et échelles proprement métropolitaines. La vie sociale s'est élargie car la division du travail a augmenté, car les moyens de transport et télécommunications le permettent. Nos territoires de vie ont changé d'échelles. La ville aussi et on ne peut donc plus la penser de la même façon: elle a nécessairement des formes différentes. L'autre élément plus fondamental, de changement, c'est l'évolution de la société: on est dans une société plus complexe (les gens ont des appartenances sociales multiples) et ouverte, marquée par de grandes fluctuations, la globalisation, l'incertitude. Les nouveaux principes d'urbanisme s'appuient sur ces deux constats: on ne peut gérer une société que j'appelle hypermoderne de la même manière et on est obligé d'inventer des formes urbaines nouvelles correspondant à la métropolisation, à ce que j'appelle la métapole. »
L'urbanisme post-catastrophe et pré, comme prémunir et prévention, j'ajouterais, est un baume aux malheurs.
Qualifier d'ambitieux le projet de centre de villégiature et de divertissement au Massif de Petite-Rivière-Saint-François est un euphémisme. Être homme d'affaires, avoir un objectif de rentabilité, que celui-ci ne prime pas sur les qualités du milieu (naturel, bâti et humain), on ne peut qualifier cet homme de promoteur immobilier. La réponse est ailleurs ; audacieux, joliment rêveur, habile - l'avenir le dira -, ce serait plus juste pour qualifier Daniel Gauthier qui a présenté sa vision de développement du Massif.
Il aurait pu plonger aisément dans le Tremblant Disneyland qui excite les masses de son argent sonnant et appâte les locaux, mais il y a la prémisse d'un développement dit écosystémique. Cependant, entre l'opération marketing, les beaux dessins et ce qui se dessinera sur le terrain, que de prudence.
Le blogue antivoitures.free.fr a débuté une intéressante série d'articles sur la mobilité urbaine. Hier, c'était Mobilité urbaine et déplacements non motorisés, aujourd'hui c'est Des mobilités à la mobilité et demain ce sera Mobilité et modes de vie, entre aspirations et contraintes.
Au-delà du drame, plutôt en son coeur, la catastrophe humanitaire américaine est aussi une leçon d'urbanisme et ce, dans toute la complexité de ce domaine. Via Le Monde, le point de vue instructif de Joel Kotkin qu'il a intitulé La Nouvelle-Orléans, paradigme de l'urbanisme moderne.
Les résidents de Pointe-de-Sainte-Foy retrouvent dans leur quartier le boisé des Compagnons-de-Cartier, un espace résiduel d'une forêt beaucoup plus vaste, sauvé par la Commission de la capitale nationale du Québec qui l'a acquis en 2001, le substituant ainsi aux visées de promoteurs urbains.
Le promeneur y retrouve un sentier de 1,5 km où il pourra apercevoir de jolies formations végétales et parfois un petit goinfre qui voudra qu'on lui tende quelques arachides.
Le sentier du boisé

Si pour la Commission le boisé se caractérise par « ...sa fermeture sur les constructions environnantes, [permettant] à l'utilisateur de jouir d'un sentiment d'immersion en pleine nature », qu'il constitue une « rupture visuelle avec le milieu urbain... » et qu'au final la « présence de sa masse végétale marque fortement l'image de ce quartier résidentiel développé dans un contexte naturel », le promeneur-critique, même du dimanche, sera estomaqué du ton chlorophyllien de ces affirmations, surtout en ce qui a trait au développement résidentiel dans un « contexte naturel ».
Le vert nature, c'est bien joli et ça fait propre sur une carte, mais la couleur devient rapidement un vert malade pour plusieurs, parmi lesquels il y a des promoteurs, mais aussi des urbanistes et des élus qui ont une chose en commun ; comme la nature, ils ont horreur du vide. De bon aloi, car ça fait partie de leur nature, les promoteurs ont une vision pécuniaire de la nature qu'ils meubleront d'immobiles, mais les seconds jouent parfois d'un violon qui sonne faux ; le dit « contexte naturel », élus comme urbanistes en ont une vision primaire et simpliste. C'est notamment le cas de Pointe-de-Sainte-Foy et du secteur de la rue du Campanile, une rue à vocation mixte résidentielle-commerciale. En prévision d'un futur billet sur cette dernière, mentionnons simplement qu'elle et le milieu naturel auraient dû être les assises du développement, ce qui n'est pas le cas ici.
La nature vert-de-gris
Le vert n'est qu'un dépôt pour le gris à proximité
Le drame de l'autoroute des lâlâ, ce n'est pas la conclusion prévisible d'un rapport du BAPE [PDF] dans lequel j'ai louvoyé comme un bon automobiliste sur la 175. D'abord, et ce qui est frappant, on y machouille les mots et les concepts. Ainsi, on ne parle pas d'autoroute, mais de route à « quatre voies séparées » pour faire plus soft et le développement durable, comme le tourisme associé, est galvaudé par les commissaires. Par exemple, on y lit que « [l'État] devrait profiter du projet d’amélioration de la route 175 pour intégrer une voie cyclable entre les villes de Québec et de Saguenay. L’accotement pavé pourrait être configuré pour accueillir les cyclistes en toute sécurité. » (Projets d’amélioration de la route 175, p. 105) Sérieusement, croient-ils que le dit accotement pavé, qui ne peut être qu'un site propre, isolé physiquement des bagnoles et des fardiers pour être sécuritaire, sera réalisé ? C'est du bonbon, une pilule dorée pour environnementalistes. Vous pouvez même parier qu'on en annoncera l'abandon - ou bien qu'on le balaiera en douce - en raison de son coût, a contrario de l'énormité pour les bagnoles qui n'offusque personne.
Ensuite, comment ne pas sourire lorsque les commissaires écrivent que « ...quatre voies séparées et la route de contournement permettraient aussi d’améliorer la fluidité de la circulation, principalement en période de pointe... » (p. 111)
Enfin, qu'un cancre municipal, maire au royaume, déclare aux médias qu'il en a marre de ces « processus de consultation qui [...] retardent inutilement certains projets » (Source : SRC), autrement dit qu'il n'en a rien à secouer des impacts tant financiers qu'environnementaux, c'est du mauvais prêche de paroisse du haut de sa mairie. Mais pour le prêcheur, quatre voies, un terre-plein, trêve d'alternative ; je bande, nous bandons, quand il est question d'autoroute, se dit-il.
Le drame est plutôt ailleurs, je vous le dis ; c'est qu'avec une autoroute, les idiots du royaume deviendront plus rapidement idiots au village.
Si à Québec les fresques se sont multipliées depuis quelques années, dont la plus célèbre est peut-être La fresque des Québécois, Place Royale, la ville de Bruxelles a aussi plusieurs de ses murs tapissés de fresques qui ont le mérite d'être éclatantes (comme éclatées) et rafraîchissantes dans le paysage urbain. Thierry nous propose l'une des plus récentes, soit une fresque dédiée à Tintin :

La fresque des Québécois à Québec
De la lecture du dernier Tranflash (no. 305, juillet-août 2005), le bulletin d'information du CERTU que je reçois mensuellement via le courriel, je retiens particulièrement le compte-rendu d'un voyage d'étude d’élus et de techniciens français qui se sont rendus en Italie pour découvrir à quoi ressemblent les villes de Pise, Ferrare et Parme depuis qu'elles ont introduit des mesures de réduction de l'accessibilité en automobile au centre. Du bilan qui est dressé, il y a cette remarque sur les résultats encourageants de la baisse de la pénétration automobile et qui résume assez bien ma vision urbanistique :
« […] ce n’est pas du côté des « mentalités » qu’il faut rechercher des explications. En fait chaque ville a les résultats de sa politique. Les entretiens ont montré combien les choix politiques se fondaient sur un ensemble de convictions et sur une volonté forte. » (Transflash :1)
Je n’ai rien d’un libéral en matière d’aménagement, surtout lorsque j’entends l’explication de la « mentalité différente » pour justifier l’absence d’interventions urbaines et de politiques qui auraient comme objectif de modifier le rapport à l’espace. Par exemple, si certains détracteurs du transport en commun, du vélo et de la piétonnisation arguent qu'ici, ce n'est pas pareil, et que l'automobile est indissociable de notre tissu urbain, on ne peut que leur donner raison du côté du diagnostic. Par contre, celui-ci devient une justification pour crever toute initiative visant à faire et vivre la ville autrement. Et là, on voit politiciens paresseux et urbanistes valets qui demeurent dans une zone de confort, bien au chaud dans un rôle d’animateur. L’urbanisme, c’est faire de la politique.
En France, les Grands Prix de l'urbanisme vont à...
Petite nouvelles sur le patrimoine urbain :
« L'Unesco a décidé vendredi 15 juillet d'inscrire sur la liste du Patrimoine mondial de l'humanité le centre reconstruit du Havre après la seconde guerre mondiale par l'architecte Auguste Perret... » (Source : Nouvel Observateur)
Plus exactement, la ville a été inscrite avec seize autres sites culturels à la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO parce qu'il s'agit « d’un exemple remarquable de l’architecture et l’urbanisme de l’après-guerre, fondé sur l’unité de méthodologie et le recours à la préfabrication, l’utilisation systématique d’une trame modulaire, et l’exploitation novatrice du potentiel du béton », peut-on lire sur le site de l'organisation. Ce que je trouve intéressant avec Le Havre, c'est que la reconstruction d'après guerre n'a pas pastiché l'urbain et l'architecture précédents, mais ses auteurs ont puisé dans le plan original et le modernisme, notamment dans ses techniques, pour réaliser l'ambitieux projet.
L'homo-automobilus de Québec vient d'éviter un drame, car il aurait peiné pour loger son prolongement, surtout en temps de festival.
Dans ce billet, Benoit attire l'attention sur quelques articles de Libération consacrés aux nouvelles formes d'habitat qui se distinguent de l'architecture et des formes urbaines qui sont souvent, hélas, banales, bâties sans souci de l'environnement et peu cohérentes d'un développement harmonieux. À ce sujet, il faudrait que j'écrive sur ce qui se produit dans mon secteur, soit des constructions dont on cherche la cohérence dans un milieu qui offrait un fantastique potentiel de développement en osmose de l'environnement naturel. Qui plus est, j'enrage lorsque je constate comment on lègue un habitat déstructuré à des clientèles spécifiques (handicapés, personnes âgées), elles qui auraient mérité qu'on s'attarde à donner des réponses à des besoins spécialisés (déplacements, lieux d'échanges).
Le secteur du Campanile à Québec
Sympa l'initiative de la ville Viroinval, dans la région de Namur en Belgique. Déjà que l'expo « Bière et pierre » m'intrigue, voici qu'elle me plaît bien avec l'inauguration de la Maison de l'Urbanisme, un centre qui vise à informer la population sur ce domaine et sa pratique et si on se fie à son responsable, à dépasser la vision contraignante de l'urbanisme qui est souvent la seule perçue par les gens.
« Le premier ministre du Québec, monsieur Jean Charest, et le ministre des Transports du Québec et ministre responsable de la région de la Capitale-Nationale, monsieur Michel Després, ont annoncé ce matin le début des travaux du prolongement de l’axe routier du Vallon. Ils ont également procédé à la levée de la première pelletée de terre en présence du maire de la Ville de Québec, monsieur Jean-Paul L’Allier, ainsi que de la députée de Chauveau et présidente du caucus des députés libéraux de la région de Québec, madame Sarah Perreault. [...] » (Source : Gouvernement du Québec)
On le savait déjà et compte tenu de notre pauvreté, ce n'est pas une surprise, car politiquement, on fait du chemin avec les routes. Je l'avale vraiment de travers cette « nouvelle ». Vraiment.
Puis merde... Encore cette foutue 25. Prolongera ? Prolongera pas ? Du déjà vu, encore ce projet.
Souvenir d'un atelier d'urbanisme, automne 1999...
« On constate aujourd’hui une mobilité géographique accrue des individus pour l’essentiel de leurs pratiques. La mobilité géographique change de multiples façons le rapport aux lieux des individus. En effet, on assiste à une recomposition des lieux familiers et des lieux étrangers pour les individus. Ce ne sont pas nécessairement les lieux proches qui sont les plus familiers. Cette recomposition se laisse appréhender de façon particulièrement claire dans le cas des pratiques touristiques. Par définition, celles-ci impliquent un changement de lieu : d’un lieu du quotidien vers un lieu du hors-quotidien ainsi que des pratiques de recréation, caractérisées par ce que Norbert Elias (1994) appelle un « relâchement contrôlé des contraintes sur l’émotion » : des activités « dé-routinisantes ». Ce « cocktail » est explosif en ce sens que les lieux touristiques pratiqués ne restent pas des lieux de « non-sens », mais participent de la façon dont les individus habitent les lieux géographiques du Monde. Non seulement, le lieu touristique peut être investi, « habité » au sens plein du terme, mais aussi l’expérience touristique change les manières d’être au quotidien. »
C'est grâce à une alerte Google, un courriel envoyé par le système lorsqu'un ou des mots-clé qu'on a préalablement choisis sont publiés sur le web, que j'ai découvert la fabuleuse revue EspacesTemps et l'article intitulé Les sociétés à individus mobiles : vers un nouveau mode d’habiter ? L’exemple des pratiques touristiques dont j'ai tiré l'extrait précédent.
Un long titre pour une idée assez simple : l'espace n'est pas neutre, car il est investi de valeurs. De prime abord, ça peut paraître ésotérique, mais disons qu’on associe des pratiques (de tourisme, de travail, de passage, etc.) à des lieux qui deviennent des espaces vécus en raison de l’expérience. L’auteur de l’article, Mathis STOCK, insiste sur le concept des pratiques qui mettent en cause des émotions ; il est vrai qu’on n’aborde pas un « lieu du quotidien » (franchir une place pour aller bosser) comme un « lieu du hors-quotidien » (la traversée de la même place en touriste) et vice-versa.
D’autre part, STOCK me rejoint quand il parle de « l’effet de lieu », soit « l’intervention de la qualité d’un espace dans les pratiques des individus, permettant ainsi la co-constitution de la pratique et du lieu ». Par exemple, j’écrivais dans l’introduction de mon mémoire de géographie que « la nature de ces relations [entre les citoyens et l’espace urbain] est susceptible d’être modifiée par certaines opérations de restauration ou de reconstruction urbaines » au sujet de la Place Royale de Québec dont la reconstitution a eu comme effet la muséification de l’espace ; de milieu de vie initial voué à la satisfaction des besoins primaires des résidents (se loger, y résider, s’y restaurer, etc.), la reconstitution d’un espace urbain tel qu’il était au 18e siècle en faisant table rase de l’évolution urbaine a conduit à la dite muséification, soit un décor pour touristes, si on résume grossièrement.
En terminant, voici un lien vers un autre article du même auteur, L’habiter comme pratique des lieux géographiques, toujours sur le même thème.
Via le blogue anti-voitures, quelques initiatives amusantes et frappantes à l'encontre du stationnement sauvage, qui heureusement, n'est pas une plaie dans les villes québécoises, a contrario de plusieurs villes européennes.
À ce sujet, ça me rappelle une anecdote d'un stage effectué en Belgique en 1997 sur le thème du réaménagement urbain. À Liège, dans le quartier d'Outre-Meuse, l'un des urbanistes de la Ville était particulièrement fier de me montrer le résultat d'un projet de design urbain sur lequel il avait planché : de nouveaux pavés, la rive de la Meuse réaménagée et une meilleure délimitation entre l'espace piétonnier et automobile, grâce à des bornes. Or, à un moment, voilà qu'une petite voiture arrive dont la jeune conductrice décide de stationner sa bagnole sur le trottoir ; elle débute ainsi un bal qui n'a rien de gracieux : elle avance, recule, la tête sortie par la fenêtre de la dite voiture pour bien s'enligner afin de se stationner, au prix de maints efforts.
Triomphante, la voilà qui sort, emmerdante de piétons, croisant le regard de mon urbaniste médusé qui la regarde en soupirant et haussant les épaules. La demoiselle lui répond alors en lui faisant un joli doigt d'honneur. Elle aurait mérité un magnifique autocollant « Pouffiasse emmerdante » que j'aurais apposé avec joie aur le front ou le cul de sa voiture, ou sur elle-même...
Un Newfie (un Français dirait un Belge et vice-versa) dit à un autre :
- Vois-tu la forêt là-bas ?
- Non, les arbres me cachent, lui répond-t-il.
Un promoteur immobilier dit à son associé :
- Vois-tu (avec le peu d'imagination) un bâtiment et son stationnement ?
- Non, les arbres me cachent, lui répond-t-il.
Qu'à cela ne tienne : coupons, construisons et reboisons, selon une vieille formule établie.
Non, l'urbaniste n'est pas mort. Je lis : Planning for Sustainable Development – the practice and potential of Environmental Assessment, un joyeux document de plus de 300 pages à la suite du 5th Nordic Environmental Assessment Conference, tenu à Reykjavik en 2003.
Trop tôt pour vous faire un quelconque résumé des vingt interventions d'auteurs, mais mentionnons simplement qu'au coeur des discussions, on disserte sur l'importance de la planification et de l'évaluation environnementale pour la mise en place de politiques de développement durable. Faut aimer, dira-t-on... ;c)
Mon article commençait ainsi :
« Serait-ce le signe d'un changement de mentalité dans l'aménagement et le management des artères commerciales à Québec ? Voilà une nouvelle qui a coulé la semaine dernière : l'Association des gens d'affaires de la rue St-Jean réclame que la rue soit réservée uniquement aux piétons lors d'événements et la période estivale et ce, entre 10h00 et 23h00. Cette prise de position, un 180 degrés de ce qu'elle a déjà été, elle me fait sourire et me laisse un petit goût de victoire en bouche.
L'année dernière, la Ville de Québec a revitalisé l'artère commerciale... »
Puis hop, pas de fin, comme un coït interrompu. C'est sûr, je jouis tout de même de cette ouverture des commerçants, moi qui dans le passé avec mes maigres moyens et ma petite voix de militant ou de chargé de projet pour une autre association de commerçants, demandais pourquoi tant de frigité à innover. Parce qu'il faut l'avouer : prôner plus de piétonniers ici, c'est prêcher dans un désert québécois.
Or, je termine abruptement ce soir par perte d'appétit et parce que j'ai le ventre barré par une sorte d'inquisition. Habituellement, j'aime chercher et fouiller jusqu'à farfouiller pour le simple désir de comprendre, alors que ce soir, j'ai le dos au pilori attaché par le jugement. D'urbanisme à personnel, j'écris de satisfaction à l'incompréhension. Et alors que c'est une démission forcée du premier par la vie, il est hors de question que je m'exprime dans ce qui a de personnel avec cette elle en me disant « advienne que pourra. » Car vois-tu, la route, elle est à nous et ce n'est pas quelques trous qui me feront prendre un détour.
Il s'en trouvera, encore, pour brailler :
- Ah ! Cent millions pour une bibliothèque et la culture, alors qu'on manque d'argent pour les hôpitaux !
À ceux-là, alors qu'a été inaugurée la Bibliothèque nationale du Québec, François leur dira que la santé, c'est aussi entre les oreilles. Et collectivement parlant, la santé c'est créer des lieux de savoir et d'échange qui vont permettre d'alimenter les têtes.
Y avait longtemps que Marcel ne s'était pas manifesté. Lui et ses petits se rendent compte aujourd'hui qu'ils sont plutôt des idiots du village, du village, plutôt que de valeureux Gaulois. Le premier réflexe serait de les retourner à coups de pieds au cul, mais si on est conséquent avec l'objectif de bâtir une ville-région, ouvrons les bras et acueillons les brebis égarées.
L'urbanisme est parfois fait de petites choses qui font la qualité du milieu. Parmi elles, il y a la relation entre la forme et la fonction qui influe sur le rapport aux choses ; le piéton n'aura pas de sentiment de sécurité dans une rue où l'espace qui lui est réservé est marginal par rapport à l'automobile, pas plus qu'il ne flânera sur celle où le bâti est moche et déglingué. L'exemple est simpliste et grossier, mais je veux seulement illustrer comment le choix et la qualité des interventions sont importants à la fois sur les plans de l'appropriation que de l'usage.
Alors quoi de plus simple qu'un petit parc de quartier dans lequel on interviendra : les usages et les fonctions y sont peu nombreux (s'y récréer, s'y reposer, y transiter, etc.), tandis que la forme, c'est-à-dire ses qualités esthétiques, doivent favoriser ces pratiques.
Or, j'attache une grande importance aux petits gestes dans mon mileu et c'est pourquoi en novembre dernier j'écrivais ce billet sur la saloperie faite dans le parc à côté de chez-moi et la réponse idiote de la Ville.
Six mois plus tard et qu'un hiver vécu, voilà ce que donne un travail « fait selon les règles de l'art. »


C'est chouette ça : le blogue Anti-voitures. Je l'ai même stationné dans mes liens.
Voilà que la Ville de Québec s'est engagée à réaliser son Plan directeur d'aménagement et de développement (PDAD) et que des consultations publiques sont à venir.
Québec a élaboré des buts qui président l'exercice :
- consolider la trame urbaine en améliorant le paysage et en créant des milieux animés et conviviaux pour les piétons ;
- rapprocher les services de la population ;
- planifier le développement urbain dans une perspective de développement durable ;
- créer un réseau qui reliera entre eux les parcs, les berges des cours d'eau, y compris celles de fleuve, et les montagnes.
Les Québécois, conservateurs et habitués par un aménagement du territoire que je juge pauvre, seront appelés à modifier les rapports avec leur territoire.
Alors qu'il y a eu une fusion municipale forcée qui a stigmatisé une partie de la population, ensuite des référendums à la mécanique plus ou moins complexe qui ont laissé certains citoyens amers et enfin, la conclusion du psychodrame qui aura vu uniquement deux anciennes municipalités se défusionner, la population doit aujourd’hui établir une vision commune de développement, selon l’idée générale du PDAD.
Si les autorités municipales veulent réconcilier les groupes, l’élaboration du PDAD et les consultations publiques qui ont été annoncées sont un geste normal de transparence, mais insuffisant à mon avis. Pourquoi alors ne pas s’inspirer de l’expérience strasbourgeoise, plus précisément de l’Agence de développement et d’urbanisme de l’agglomération strasbourgeoise (ADEUS) et créer simplement un site web indépendant de celui de la Ville ? Une suggestion d’adresse : www.bleublancvert.qc.ca ; bleu des eaux, blanc des neiges et vert des espaces naturels, pour rejoindre les principes de développement durable. Ce serait à la fois un outil de communication simple et efficace et un carrefour de rencontre entre les citoyens désireux de bâtir notre ville.
Illustration de plus de l'improvisation et des choix douteux en ce qui concerne l'aménagement du Vieux-Port de Québec, on songe à déménager l'Agora - salle de spectacles en plein air - après y avoir investi des milliers de dollars dans sa rénovation l'année dernière. Le résultat était massif et affreux, comme le montrait Francis et permettez-moi d'être sceptique quant aux futures interventions dans le secteur ; les autorités gestionnaires sont les mêmes, avec en tête un PDG qui m'a toujours donné l'impression d'être un vendeur de bagnoles usagées.
Toujours dans le dossier du CHUM, voici une autre analyse, mais qui a le mérite d'élaborer sur certains principes de localisation.
De telles scènes qui sont bien connues en ce pays est né une longue réflexion bien mûrie, voilà plusieurs années : revoir notre rapport avec la nordicité en ayant comme cadre le développement durable et la culture. En d'autres mots, diagnostiquer, comprendre, évaluer nos outils d'intervention sur la ville de Québec et les adapter au besoin.

Finalement, j'ai beau réfléchir à l'avenir de Québec et de son rayonnement, je reviens à la conclusion à laquelle je crois depuis des années : les candidats à la prochaine électorale doivent paver la voie au développement durable. Bon, la notion est galvaudée et sert de fourre-tout à tous et chacun ; ça fait sexy et consensuel depuis des années, mais je la considère comme un cadre à partir duquel on peut établir des objectifs. Pour Québec (ou tout autre milieu donné), c'est avant tout se demander comment la planification et l’aménagement du territoire actuels peuvent s’ajuster aux conditions propres du milieu local. Sur ce, je poursuis.
Il y a quelques semaines, le journal Le Soleil brossait dans une série d'articles un portrait de Québec et de ses citoyens. J'ai rapidement écrit sur Magellan que ma vision de développement pour ma ville et sa région était celle du savoir et de l'éducation, comme le promeut si bien mon ami Clément avec l'idée de la cité éducative.
Or, dans le journal de ce matin, le professeur d'aménagement du territoire et de géographie de l'Université Laval, monsieur Paul VILLENEUVE, a fait paraître une lettre dans laquelle il traite de la renaissance urbaine à Québec ; actuellement, l'attrait de la ville, malgré le poids majoritaire de la banlieue serait significatif puisque « un plus grand nombre de personnes ont quitté les six arrondissements périphériques pour se relocaliser dans La Cité et Limoilou [du centre], que l'inverse. » Il étaie son proposition du retour vers des aires « urbaines » avec plusieurs hypothèses (plus forte main d'oeuvre féminine, petits ménages, etc.), mais il établit surtout comment Québec doit se positionner face à d'autres entités plus vastes et plus importantes. Ainsi, l'auteur insiste fortement sur la notion du savoir ; malgré sa beauté et de la richesse de son patrimoine, Québec doit déployer « d'habiles stratégies » dont celle de l'éducation et du savoir et je ne peux qu'être d'accord avec lui quand il écrit en conclusion que « les attraits d'une ville, à l'ère de l'économie du savoir et de la créativité, passent d'abord par la qualité de ses ressources humaines. »
J'espère de pas me faire une fausse conception de la cité éducative, mais cette idée de miser sur l'éducation comme le fait le professeur Villeneuve, me semble dans cette voie. À défaut, elle s'inscrit dans une approche de développement stratégique, devenu impératif dans un contexte de mondialisation où les secteurs d'activité à forte main d'oeuvre (notamment les secteurs mous comme le textile) se délocalisent de plus en plus. Sans trop espérer, je dois dire, peut-être qu'une telle vision saura inspirer les candidats à la mairie de Québec l'automne prochain.
Paris a choisi : pour l'aménagement des Halles, la Ville a retenu le projet de l'architecte David MANGIN. Pour l'histoire du quartier, les prinicipes directeurs du projet, les projets qui étaient en lice et le lauréat, rendez-vous ici.
Pendant ce temps, Québec erre toujours avec des projets d'aménagement urbain pour le 400e anniversaire...
Esquisse du projet lauréat

Il n'était pas question que je demeure silencieux devant cette saloperie. Ainsi, courriel avec les jolies photos aux Travaux publics avec copies conformes à l'arrondissement et au conseiller du district. Moins de deux heures plus tard, courriel d'un employé, un superviseur je suppose, qui me demande de l'appeler pour discuter des travaux.
Il y a quelques minutes, je lui ai lâché ce coup de fil. Dès le début de la conversation, j'ai senti que ma plainte l'agaçait : oui, il y a des choses qui ont été bâclées comme le montrent les traces de pas, mais le travail a été fait « selon les règles de l'art ». Ah ? Et l'admission tant des pas imprimés dans l'asphalte que du débordement de celle-ci, ça fait partie des règles de l'art ? Ou bien celle que j'attendais de sa part : avant, le sentier était en mauvais état, oui ou non ? Mais en quoi justifie-t-on un travail mal fait par un piteux état au préalable ? De la suitte ? On verra. J'attends une réponse du conseiller.
Compte tenu de l'hiver québécois, je vois mal comment pourrait être implanté ce système ici : un genre de cadenas implanté dans la chaussée qui permet à un proprio de bagnole d'avoir son stationnement. Ça se passe à Paris et je trouve ça tout de même amusant. Merci au papa pour la photo.

Le p'tit cul que j'ai été et qui a joué et rejoué dans ce vaste secteur vous l'aurait dit. Ces terrains bornés par une rivière où des maisons s'enfoncent sont de véritables « swamp » au sol meuble. Y en a qui ont de la boue sur les mains...
On a parlé d'un tramway à Québec pour relancer le transport en commun. En misant sur l'apect plus « sexy » du tram versus le bus, plusieurs croient trop faciement en cette vertu magique qui permettrait alors au TEC de gagner une plus grande part de marché dans les déplacements urbains.
Dans un article publié dans le bulletin Transflash du CERTU et portant sur la pertinence des sites propres, j'ai noté cet extrait suivant qui établit que le succès d'un tram ou du bus est indissociable d'un choix politique en sa faveur :
Néanmoins, face à cette contrainte financière, les collectivités semblent désormais se tourner de plus en plus vers des systèmes moins capacitaires mais moins coûteux (lignes de bus structurantes comme le TEOR à Rouen ou le TVM en Ile de France). Une autre voie pourrait privilégier l’investissement du seul projet transport et ignorer l’opportunité que représentent de tels projets pour refaire la ville.
Reste que le développement seul des transports collectifs, dont les TCSP [Transports Collectifs en Site Propre], ne sont pas le seul gage de la réussite dans le rééquilibrage entre modes de transports. Il est évident que cette réussite nécessite des mesures fortes d’accompagnement qui concernent en premier lieu les choix d’aménagement de la ville et du périurbain et le stationnement.
Le choix du transport collectif (site propre ou non) est bien évidemment un choix politique, justifié par des considérations sociales et environnementales entre autres. La « productivité » des transports collectifs dépend certes de l’offre, mais bien évidemment, également des « formes urbaines » et de la « productivité » de la voiture (circulation et stationnement). Le véritable choix politique est dans le partage de l’espace public et dans le respect d’un équilibre (lequel ?) entre les différents modes de transport.
Source : Transflash, no. 296, octobre 2004, pp. 1-2.
Francis a glissé un mot de la construction de nouvelles résidences étudiantes dans le quartier St-Roch à Québec. Premières impressions qui vont dans le sens des commentaires des lecteurs de Québec urbain : c'est fade et terne, mais c'est surtout moche et laid. Le Corbusier parlait du logement comme « une machine à habiter », alors que là, on se rapproche de « la boîte à habiter ».

Source : Université du Québec
Ce matin, je bouillais à la lecture de plusieurs articles. Plus exactement, c'est le géographe et l'urbaniste qui rageaient. D'abord, il y a ce foutu projet de prolongement d'une autoroute qu'on a travesti en projet de boulevard urbain pour faire plus sexy et qui sera construit, selon toute vraisemblance. Du Vallon, du nom de l'autoroute, aura fait les beaux jours des politiciens qui auront multiplié les annonces de prolongement depuis trente ans, récoltant au passage un joyeux capital. Là, ça semble joué.
Le pleurnichage des citoyens aura porté fruit, moi qui avais déjà été témoin de leurs cris et leurs sparages à l'hôtel de ville de Québec au début des années 90 avec leur chant guerrier « Oui du Vallon nous l'aurons ». Le combat d'une vie pour plusieurs. Tiens, en parcourant le rapport du BAPE, ça me permet de renouer avec ce constat :
« Selon le ministère des Transports, la densité du réseau autoroutier de la ville de Québec différerait peu de celles de Laval et de Longueuil dans la région métropolitaine de Montréal ainsi que de la moyenne de 51 villes étasuniennes de 300 000 à 700 000 habitants (DA45). Cependant, une étude comparative détaillée des réseaux autoroutiers des régions métropolitaines du Canada et des États-Unis, réalisée en 1999 et publiée en 2002, indique que la densité autoroutière de la région de Québec (700 000 habitants en incluant la rive sud) serait une des plus élevées parmi les agglomérations dont la population dépasse le demi-million (M. Marc Boutin, DM21.1). Avec une densité d’une vingtaine de kilomètres par 100 000 habitants, elle serait deux fois plus élevée que la moyenne continentale et le double de celle de la plupart des agglomérations canadiennes de taille comparable (600 000 à 800 000 habitants) comme Hamilton, Ottawa, Calgary ou Edmonton. »(Projet de prolongement de l’axe du Vallon. Rapport d’enquête et d’audience publique, p. 15)
Ainsi, la pauvreté de notre culture aménagiste se perpétue. Et quand je tombe sur ce petit bout de phrase, à l'apparence bien insignifiante, qui nous indique que le BAPE « permet de faire Du Vallon sans problème et ne soulève pas de questionnement important » (Boivin, Le Soleil, 2 septembre 2004, tiré de Québec urbain), je ne suis même plus soufflé par tant de simplisme.
Ensuite, il y a ce gouvernement qui est prêt à allonger les 37 millions de dollars pour les quatre kilomètres de du Vallon, mais qui rechigne à s'impliquer pour la démolition de deux bretelles d'autoroute INUTILISÉES, SUPERFLUES et MONSTRUEUSES dans le décor urbain et qui nécessiteront néanmoins des travaux de rénovation. Investir temps et argent pour maintenir en état un équipement INUTILISÉ, SUPERFLU et MONSTRUEUX, alors que l'espace pourrait servir, soit au projet de PLACE de France, soit à tout autre infrastructure ou équipement. Tout simplement risible. Parlant de PLACE de France que beaucoup de citoyens ameutés par nos médiocres derrière leurs micros qui leréduisent à un escalier, on peut certes reprocher au maire de Québec Jean-Paul L'Allier d'avoir trop élaboré le projet en catimini, mais certainement pas ses efforts pour faire disparaître cet espace de merde, pour reprendre ses mots.
Bref, je commence à en avoir marre de ce climat malsain à Québec. Je suis assez en beau criss (très très fâché...) aujourd'hui et je ne devrais pas : y a un grand oiseau blanc qui a atterri voilà une heure et A. sera à Québec en fin de soirée.
On retrouve dans le dernier numéro de Transflash, le bulletin mensuel du CERTU, le résumé bien intéressant d'une étude comparative des systèmes de transport de Paris, Berlin et Londres. Téléchargement ici.
À la redécouverte du quartier St-Roch mardi après-midi, un quartier de la ville de Québec ayant vécu toute une cure de revitalisation au cours des dernières années. Autrefois honni par plusieurs citoyens de la région de Québec, le quartier et la rue St-Joseph, son artère commerciale traditionnelle, ont retrouvé une vitalité qui me fait très plaisir. Particularité de cette rue : dans les années soixante-dix, on l'a recouverte d'un toit sur une bonne distance pour en faire un centre commercial afin de concurrencer ceux qui poussaient en périphérie. Un échec lamentable qui a en quelque sorte été un carcan au commerce et à une architecture fort intéressante. Grosso modo, le Mail Centre-Ville comme on l'a baptisé a vu disparaître plusieurs locomotives commerciales et est devenu un refuge social pour sans-abri et ex-patients avec des problèmes psychiatriques. Une faune assez bigarrée qui côtoyait peu de clients de commerces bas de gamme.
Puis, en l'an 2000, la Ville a décidé de redonner de l'air à la rue St-Joseph en enlevant le toit sur au-moins la moitié de la rue couverte ; on a refait le pavé, des trottoirs ont vu le jour, les bâtiments se sont refaits une beauté et on a assisté à la naissance d'une nouvelle trame commerciale. Ainsi, on culminait un chantier entrepris en 1992 par la construction du Jardin St-Roch, projet jugé loufoque au départ. Il faut bien l'avouer : on partait de loin.

À suivre
Voillà qui résume bien ma vision de l'urbanisme et de l'architecture ; tous deux, non imperméables aux courants et modes, doivent être une « image construite de la culture ». L' article Un siècle d'architecture finlandaise introduit le rôle et l'influence des éléments de l'environnement comme principes bâtisseurs. C'est aussi ça, la culture.
Ce midi, je suis tombé sur cette image qui fait la promotion d'un développement domiciliaire haut de gamme à Kamouraska, vues sur le fleuve et la campagne comprises. Ça m'inquiète. Connaissant l'appétit de promoteurs et la facilité d'administrations rurales à se travestir pour du fric, je veux en connaître plus sur ce projet, surtout en ce qui a trait à sa localisation. Alors courriel au promoteur.

Dans ce qui ressemble de plus en plus à un vaudeville, la fusion-défusion-refusion. JE-ME-MARRE.
Ah ben... On ne voit pas les résultats du récent exercice référendaire de la même façon, surtout en ce qui concerne Montréal où c'est un vote linguistique. Paraît-il que certaines villes à majorité anglophone voudraient bien se fusionner, malgré le non (temporaire ?) du ministre. Contrepoids à la Montréal francophone ?