Remolino

    Du cyberespace à la cité éducative

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14 novembre 2008

Buzzz.tv, prise 2


Buzzz.tv a été amélioré... techniquement... afin de lui permettre de survivre à quelques milliers de sollicitations simultanées. [au sujet de buzzz.tvau sujet des améliorations / buzzz.tv sur Facebook]

Nouveaux tests, ouverts à tous — sur iPhone, iPod Touch ou à partir d'un ordi — dès dimanche soir à l'occasion de Tout le monde en parle. Passez le mot!

Tout ça en prévision du prochain débat des chefs, le 25 novembre 2008.

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3 novembre 2008

Créativité et innovation par temps durs


"Creativity doesn't care about economic downturns. In the middle of the 1970s when we were having a big economic downturn, both Apple and Microsoft were founded. Creative people don't care about the time or the season or the state of the economy; they just go out and do their thing."


Source: NY Times: It’s No Time to Forget About Innovation

Via: Creativity in a Time of Financial Trial

Grâce à l'attention de Jean-Sébastien. Merci!

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2 octobre 2008

Buzzz.tv: ouf, quelle soirée!


« Alors, comment ça s'est passé? » — la question que tout le monde me/nous pose au terme de ce premier débat des chefs.

Nous avons donc pris le temps de debriefer la soirée ensemble au terme de l'expérience de ce soir. Et voilà ce que nous en retenons — sous forme de communiqué... parce que plusieurs journalistes nous demandaient aussi un bilan spontané.

1er octobre 2008 — 23h30
Bilan de l'expérience Buzzz.tv — débat en français
Des milliers de personnes ont souhaité s'exprimer par Internet ce soir au cours du débat des chefs en français. Toutes les données issues de cette expérience inédite peuvent être consultées à l'adresse: www.buzzz.tv
Moins de deux heures après la fin du débat, de premières représentations graphiques de ces données apparaissent sur le Web. À titre d'exemples:
- Une chronologie interactive du débat
- Une géolocalisation des opinions exprimées
L'expérience de ce soir confirme le très grand intérêt de la population pour une interaction sociale accrue autour de la télévision — au point où le serveur de Buzzz.tv a été incapable de suffire à la demande jusqu'à 20h30. En conséquence, le nombre de participants a été réduit de manière à assurer un volume de données constant sur la durée restante du débat. Soyez assurés que les coupables seront sévèrement punis! ;-)
Tel que prévu, l'expérience sera reprise demain à l'occasion du débat anglophone. Si des problèmes devaient se reproduire, nous nous répéterons, comme ce soir, que Buzzz.tv, c'est un laboratoire pour enrichir l'expérience sociale de la télévision — un projet qui sortira renforcé par ces deux soirées de débats électoraux.
Pour un suivi plus complet des réactions sur le projet Buzzz.tv il est aussi possible de consulter la page delicious.com/tag/buzzztv (cette page qui sera mise à jour au cours des prochains jours).



À suivre demain donc.


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1 octobre 2008

buzzz.tv... à la tv!


Ouf! Pour une idée apparue il y a deux semaines ce soir... (voir ici et ) Buzzz.tv déploie ses ailes à une vitesse folle!

Reportage au téléjournal... présenté par Bernard Derome... ça frappe!

Et, rappelons que comme les données générées seront publiques (tout en restant anonymes), tous ceux et celles qui le souhaitent pourront en proposer des interprétations statistiques, graphiques, etc.

Certains nous ont déjà annoncé quelques surprises... qui devraient être pas mal impressionnantes!

À suivre...

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30 septembre 2008

Expérience complémentaire à Buzzz.tv


On parle de buzzz.tv avec plusieurs amis par les temps qui courent, évidemment. Et il ressort d'un échange avec Rémy Charest et CFD qu'un groupe de l'Université de Sherbrooke mènera une expérience complémentaire demain soir, 1er octobre — en même temps que nous avec buzzz.tv (info déjà publiée ici à ce sujet, chez Mario, chez CFD).

Quelques extraits d'un article de la Tribune (je ne retrouve pas le texte sur le site et j'ai pas la date de publication en ce moment: à venir):

« Le débat télévisé des chefs de parti, le 1er octobre, fera l'objet d'une expérience chez les étudiants de sciences politiques de l'Université de Sherbrooke [...]
Au cours des deux heures du débat, le public étudiant sera appelé, à partir de son portable, à donner constamment son appréciation lorsque chacun des chefs s'exprime, en pointant une échelle graduée de 0 à 5. [...] Les données de l'ensemble des appréciations seront ensuite compilées pour donner la perception du public face aux différents chefs et à leur performance pendant le débat.
L'activité, qui se tiendra au Carrefour de l'information de l'UdeS, est organisée par un étudiant du 3e cycle en éducation, Gabriel Leboeuf, en collaboration avec le professeur titulaire Jean-Herman Guay, qui est directeur de l'École de politique appliquée de l'UdeS. »

À suivre...

(et pour ceux que cela intéresse, je tente de regrouper les textes publiés au sujet de buzzz.tv à cet endroit)

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26 septembre 2008

Faire entendre notre voix


Tout simplement impossible de ne pas répercuter ici le texte absolument remarquable de Wajdi Mouawad adresse aux artistes et qui est publié dans Le Devoir d'aujourd'hui:

Faire entendre notre voix

Je n'ai rien à ajouter, sinon que je pense qu'on pourrait faire une version très semblable à ce texte au sujet de ceux et celles qui consacrent leur vie à l'éducation. Et je le signerais volontiers!

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19 septembre 2008

Économie, culture, conservatisme


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6 septembre 2008

Lecture du cahier Livres du Devoir


À rebours

Page F6: Louis Cornellier commente le livre de Patrick Moreau, Pourquoi nos enfants sortent-ils de l'école ignorants? J'aurais aimé écrire ce texte (l'article, pas le livre-refrain!). Bravo: « L'humanisme a une histoire, mais il doit aussi avoir un présent ».

Page F5: Je découvre que la Librairie Monet quitte l'ALQ «...dans [le cadre d']une démarche politique [...] [et pour] marquer notre désir de porter nos propres mandats pour l'avancement du métier de libraire au Québec [parce que] Monet demeure une librairie engagée et militante. » Pour avoir fait pas mal de recherche sur les librairies québécoises en ligne depuis quelques temps, je peux témoigner du dynamisme de cette librairie. Je serai curieux d'en savoir plus. Le rôle de libraire est tellement important par les temps qui courent.

Page F2, section En bref. Étrange de mentionner le site qu'Harper Collins a lancé plus tôt cette semaine sans en donner l'adresse. Cela s'appelle Authonomy et c'est ici...

Encore plus désolant (vraiment!): comment Le Devoir peut laisser passer un texte tout faux?!? Sony viendrait de lancer son premier livre électronique: le PRS505 en est pourtant à sa deuxième version et est disponible depuis deux ans! Il ne serait pas compatible avec le Macintosh: alors que je l'utilise couramment sans inconvénient et les témoignages en ce sens sont partout sur le Web! L'objet doit se vendre en principe aux environs de 300$: pourquoi le conditionnel, il est ici à 299,99$

(Je suis rassuré, je ne suis pas le seul à avoir détecté la bêtise, Yves Nadeau l'a commentée avant moi sur le site du Devoir.)

Ce qui est vrai, c'est qu'aujourd'hui, il est à peu près impossible de trouver des livres d'auteur québécois à lire sur le Sony PRS505 (ou sur tout autre livrel de ce type, parce qu'il en existe plusieurs autres modèle) et que c'est un problème culturel auquel il est important de s'attaquer sans tarder.

C'est d'ailleurs ce qui m'anime actuellement...

Et tiens, pour ceux et celles qui s'intéressent à cet univers de l'édition numérique, vous pouvez avoir des traces de ce qui retient mon attention au fil des jours en vous abonnant à ce flux RSS ou en vous abonnant par courriel ici.

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5 septembre 2008

Rentrée scolaire


Clément: Vous avez eu une belle journée à l'école les enfants?

Capucine, 6 ans: oui! super belle!

(silence)

Capucine: eille papa, la semaine prochaine on va avoir des devoir! (chantonnant) la semaine prochaine on va avoir des devoirs (chantonnant) on va avoir des devoirs......

(silence)

Étienne, 8 ans: tu vas voir Capucine, c'est énervant.

Capucine: non, ça va être cool!

(silence)

Béatrice, 10 ans: Ça paraît que t'es pas en cinquième année!

(silence)

Les parents se regardent en souriant.

Tout est dit.

Drôle et triste à la fois.


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27 août 2008

Science-fiction sur papier journal


Je peux me tromper... mais au rythme où se font actuellement les changements dans le monde de l'écrit, tant pour les médias que pour le livre; et dans la façon par laquelle on accède aux informations qui nous intéressent... il me semble que signer un contrat d'impression pour 20 ans relève pratiquement de la science-fiction!

Un contrat de 1,7 milliard - Transcontinental imprimera le Globe and Mail jusqu'en 2028

Vous lirez encore le journal sur papier dans vingt ans vous croyez? Pour prendra la mesure que cela représente à l'échelle temps du Web... je me contenterai de rappeler que Google fêtera ses 10 ans le 27 septembre (source).

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Je réfléchis

6 novembre 2008

Malaise post-électoral...


J'éprouve un grand malaise devant la réaction officielle du Canada suite à l'élection de Barak Obama. Un très grand malaise.

Malaise devant le manque d'enthousiasme, d'abord. Alors que presque le monde entier se réjouit, notre premier ministre boude. Pas de déclaration publique, en personne, devant les caméras. Juste un communiqué, apparemment laconique, auquel fait référence la Presse canadienne, et qui n'est même pas archivé sur le site du premier ministre. Honteux.

En comparaison, la lettre, très personnelle, de Nicolas Sarkozy est exemplaire — et source de fierté, je crois, pour tous les Français. Gilles Duceppe a pour sa part transmis une lettre plus modérée, qui m'apparaît relever de la plus élémentaire courtoisie.

Certains diront que la réaction mitigée du premier ministre canadien s'explique par le fait que le Canada risque, plus que la France, de subir des conséquences négatives suite à l'élection d'un président démocrate. C'est, par exemple, ce que prétend le Fraser Institute.

Peut-être. Mais cela ne fait qu'accroître mon malaise.

Je m'interroge: est-ce que le Canada est à ce point devenu un pays calculateur, intéressé, pingre, voire mesquin — que ses intérêts économiques à court terme doivent passer avant toute considération humaniste, avant l'espoir d'une meilleure compréhension et de solidarités accrues à l'échelle internationale?

Je ne veux pas le croire. Je n'ai pas envie d'y croire. Je n'ai pas envie de vivre dans un pays qui oublie ses valeurs fondamentales pour défendre ses intérêts économique.

Lester B. Pearson où êtes-vous?

Non, franchement, la réaction du gouvernement canadien à l'élection historique de Barak Obama me dégoûte.

Shame on you Mr Harper.


13h27 — Mise à jour: apparemment le premier ministre a décidé de cesser de bouder. Le site du Globe and Mail nous apprend que Stephen Harper viendrait tout juste de déclarer que l'élection de Barak Obama était un « truly inspiring moment » et que « Canada will be there for the U.S. as its most reliable ally in the world ». More to come, ajoute le Globe and Mail...

Je suis un peu plus fier que je ne l'étais... un tout petit peu plus... (en espérant que Harper ne cherche pas seulement à corriger une erreur diplomatique).

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3 novembre 2008

Écrire pour proposer


Je m'interroge depuis mon retour de la France sur la manière de me remettre à l'écriture; à une écriture plus régulière. Pour retrouver une plus grande aisance rédactionnelle, mais aussi pour la gymnastique intellectuelle que cela procure.

Si je m'interroge autant, c'est parce que j'ai envie d'écrire dans le cadre d'un projet. J'ai envie d'écrire « pour quelque chose ». J'ai envie d'écrire à dessein.

Je n'ai pas envie de commenter.

J'ai envie de proposer.

Je me sens plus que jamais lié par la conclusion d'un texte que j'ai écrit il y a quelques années dans lequel je disais que le devoir d'un intellectuel est moins de commenter l'évolution de la société que de proposer des façons de la faire évoluer. De formuler des utopies et des projets qui donnent envie de marcher ensemble dans une même direction; mais aussi de proposer des manières, concrètes, qui pourraient permettre d'y arriver.

J'y crois d'autant plus que le contexte me semble particulièrement propice à une réflexion sur le pouvoir de la proposition, en tant que telle.

Je sens naître chez plusieurs des gens que je côtoie le désir d'explorer de nouvelles façons de voir les choses. L'envie, aussi, de poser des gestes concrets qui correspondent à ce nouveau regard.

Paradoxalement, au moment où le système financier s'écroule, où notre environnement se dégrade à vitesse accélérée et où on s'enlise dans une succession de gouvernements faibles — faute d'un projet de société capable de rallier la majorité — je n'ai pas l'impression que les gens que je côtoie sont abattus. J'ai, au contraire, l'impression que le contexte leur donne le goût de (re)prendre les choses en main.

J'ai envie de croire que les crises que traversent certains des systèmes complexes qui sont au coeur de notre vie collective peuvent avoir comme effet bénéfique de stimuler et de revaloriser l'action individuelle.

Sur la base de cette hypothèse, j'ai le goût d'explorer de nouvelles façons d'inspirer, de soutenir et de coordonner les actions de ceux et celles qui auront envie de s'engager dans cette voie.

Il ne s'agit pas d'engager tout le monde dans un même projet. Il ne s'agit pas de créer un nouveau groupe de pression. Il s'agit de contribuer à faire naître un contexte qui permet de transformer des intentions, des voeux et des rêves, en gestes à poser par chacun d'entre nous. Pour agir. Pour cesser de réagir.

Pour aller dans ce sens, à ma façon, j'ai envie de m'imposer une discipline d'écriture. Une discipline de forme — parce que la contrainte peut parfois aider à contourner certains réflexes d'écriture et favoriser un regard différent sur les idées qui nous amènent à écrire.

Dans le cadre de ce projet d'écriture, j'ai donc envie de m'obliger :

- à m'exprimer de façon particulièrement constructive, notamment en faisant en sorte que chacun de mes textes soit l'occasion de formuler une proposition concrète;

- à toujours écrire de manière à susciter un dialogue, notamment en m'adressant chaque fois à une personne précise et identifiée;

- à évoquer dans chacun des textes les valeurs et les projets qui m'amènent à formuler de telles propositions;

- et, au moment de me mettre à écrire, à ne jamais présumer qu'une idée est trop commune ou trop évidente pour mériter d'être formulée.

J'ai envie de m'obliger aussi à répondre à tous ceux qui s'adresseront éventuellement à moi sur des bases semblables. Parce que je me permets de rêver que cet exercice d'écriture peut être contagieux et donner lieu à une vague de propositions sans précédent, dont certaines pourraient éventuellement m'être adressées. Je le souhaite.

Je me suis fait la main au cours des derniers jours avec des textes formulés à l'intention de Carl-Frédéric et de Michaël. Le moment est maintenant venu de m'y consacrer plus sérieusement; de recommencer à écrire, pour proposer.

Ce projet ne m'empêchera évidemment pas d'aborder certains sujets sous d'autres angles, comme dans le cas de l'accord entre Google et les auteurs et éditeurs américains — au sujet duquel je dois encore écrire dans les prochains jours — mais je souhaite qu'il ait pour effet d'inspirer et de guider mon écriture au cours des prochains mois. Rien de plus. Rien de moins.

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31 octobre 2008

Google et les éditeurs de livres (1)


Google a annoncé mardi dernier qu'il était parvenu à un accord pour régler le litige qui l'opposait depuis 2005 à l'association des auteurs et à l'association des éditeurs américains relativement au programme Google Book Search.

Bien sûr, l'accord ne concerne en principe que les États-Unis, et doit encore être approuvé par les tribunaux, mais on peut d'ores et déjà affirmer sans trop de risque de se tromper que le 28 octobre 2008 restera comme une date importante dans l'histoire de Google (je dirais spontanément que c'est la quatrième : après la fondation et le lancement de adwords et de adsense), dans celle du Web, de façon générale, et à plus forte raison dans celle de l'édition et du commerce du livre.

Il faudra évidemment encore beaucoup de temps pour comprendre et évaluer l'étendue des retombées de cet accord complexe, mais une chose est certaine : les 134 pages qui le composent transformeront vraiment très profondément — et très rapidement — le commerce du livre (numérique, surtout, mais pas uniquement) non seulement aux États-Unis, mais aussi un peu partout dans le monde, y compris au Québec.

Dans ce contexte, quand je lis les communiqués émis par certains regroupements d'éditeurs américains et européens, qui laissent entendre que les éditeurs « ont gagné contre Google », que « Google accepte de payer 125 millions de dollars de compensation aux éditeurs » voire que cet accord « confirmerait la validité des règlements et politiques en vigueur sur le droit d'auteur »... je me dis qu'ils ne lisent certainement pas la même chose que moi — où qu'ils ne le font pas avec le même regard en tout cas! Parce que je pense qu'il faut être beaucoup plus nuancé.

Ainsi, au terme de trois lectures complètes de l'accord, et de celle plusieurs dizaines de textes publiés sur les blogues spécialisés, je sens le besoin de récapituler ce que j'en retiens... comme pour me faire une idée et intégrer tout cela dans le plan d'action qui m'anime depuis mon retour au Québec, qui motive la création d'un nouveau département au sein de De Marque, et qui doit conduire à la mise en place d'une infrastructure numérique collective, partagée par l'ensemble des éditeurs québécois qui le souhaiteront.

Comme il y aura vraiment beaucoup à écrire sur tout ça, ne serait-ce que pour me clarifier les idées, je vais regrouper dans les prochains jours l'ensemble de mes réflexions, notamment pour tenter de formuler simplement:

- Ce qu'est réellement Google Book Search
- En quoi consiste le litige auquel l'accord vise à mettre un terme?
- De quoi est constitué l'accord? Est-ce un bon accord? (Qui en sont les principaux gagnants/perdants?)
- Qu'est-ce que Google peut bien nous réserver pour la suite?
- Qu'est-ce que cela signifie pour le monde de l'édition québécois (et pour celui de l'éducation)?
- Quels défis cela pose-t-il à court et à moyen termes?


En terminant (pour aujourd'hui!) et sans vouloir présumer des conclusions de l'exercice — j'ai encore beaucoup à cogiter — disons que mon intuition à ce stade est à l'effet que les éditeurs américains ont choisi en signant cet accord de prendre tout de suite les revenus que Google leur proposait (et qu'ils n'auraient pas générés autrement parce qu'ils ne sont absolument pas prêts pour faire face aux défis du numérique; ce n'est donc pas un si mauvais accord!) mais qu'ils ont dû pour cela accepter que Google détermine dorénavant presque seul les règles du jeu dans le commerce du livre (jusqu'à pouvoir déterminer, et faire varier dans le temps, sur la base d'un algorithme secret, le prix de vente des livres — rien de moins!). À court terme, c'est peut-être un bon calcul pour les actionnaires des maisons d'édition, mais à moyen et à long terme cela pourrait s'avérer extrêmement contraignant et coûteux.

Quant aux pouvoirs publics, qui dans presque tous les pays occidentaux ont crû nécessaire d'accorder un statut particulier au livre (à la fois comme oeuvre et comme produit) ainsi qu'aux acteurs de ce secteur économique et culturel (éditeurs, bibliothèques et libraires, notamment), je pense qu'ils ont intérêt à lire et à analyser très rapidement les conséquences potentielles de cet accord sur les réglementations et les législations en vigueur... parce qu'à défaut de procéder de façon pressante à leur mise à jour afin de tenir compte du numérique, ce sont des accords de la nature de celui proposé par Google qui risque de de substituer, de facto à de larges pans de la Loi 51, au Québec, et à la Loi sur le prix unique, en France, par exemple.

Et si une chose est sûre... c'est que ce serait vraiment bête pour le Québec de s'être battu avec autant d'acharnement sur la scène internationale afin de défendre « l'exception culturelle » (et de réclamer avant autant de vigueur un siège à l'UNESCO) et de laisser par ailleurs tomber en désuétude les leviers réglementaires que nous avons mis tant d'années à mettre en place... simplement par manque de courage ou d'imagination — ou simplement par fascination devant la puissance et le succès de Google... qui sont tellement impressionnants qu'ils peuvent effectivement parfois donner l'envie de nous en remettre à lui plutôt que de devoir élaborer nous-mêmes les moyens de faire face aux défis du numérique.

En tout cas, pour ma part, cela me donne plutôt envie de me retrousser les manches...

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23 octobre 2008

Michaël Carpentier: réglementer la distribution des annuaires téléphoniques


Je poursuis avec ma formulation de propositions... en m'adressant cette fois à Michaël Carpentier.

--/ début /--

Michaël,

J'ai lu avec grand intérêt ton texte sur l'invraisemblable gaspillage qui entoure la distribution des annuaires téléphoniques. Une distribution tous azimuts, qui ne respecte ni la nature, ni les gens. Je ne veux pas d'annuaire téléphonique: tant pis, j'en aurai un! C'est inacceptable.

Je te remercie pour les heures que tu as passé à documenter l'attitude du Groupe Pages Jaunes, notamment.

Je pense, comme toi, qu'il faut aller plus loin.

Tu fais dans ton texte un survol d'hypothétiques moyens pour faire pressions sur le Groupe Pages Jaunes afin qu'ils cessent de nous imposer leurs annuaires. A priori, dans un tel cas, je ne crois qu'à la réglementation. Mais encore faut-il obtenir cette réglementation.

Dans ce cas, elle me semble évidente — surtout quand on pense que plusieurs villes ontariennes ont récemment interdit la vente d'eau embouteillée parce que les bouteilles vides emplissaient les sites d'enfouissement et les incinérateurs (de façon totalement inutile, qui plus est, puisque l'eau qu'elles contenaient n'est généralement pas de meilleure qualité que l'eau du robinet).

Il y aura une campagne municipale en novembre prochain dans toutes les municipalités du Québec. Je pense que c'est l'occasion rêvée de faire de la réglementation que nous souhaitons un enjeu partout au Québec.

Comme tu es un expert du référencement Web, je te propose de coordonner les efforts de ceux et celles qui voudront joindre leurs efforts pour que les réglementations à cet égard se multiplient en mettant en place une stratégie de manière à rendre incontournable une page Web (à produire) qui pourrait regrouper un ensemble de moyens pour faire valoir l'idée d'une réglementation dans toutes les villes et les villages du Québec.

Ce pourrait être une page Web très simple, avec des éléments de discours; des documents pdf à faire circuler (numériques ou imprimés); des modèles de lettres à faire parvenir aux élus, etc. D'autres volontaires pourraient nous aider à rédiger tout cela et à produire des documents visuellement « punchés ».

Je suis convaincu que si tu prenais dès aujourd'hui le leadership de ce mouvement (c'est déjà bien parti... il ne te reste à peu près qu'à confirmer que tu acceptes officiellement d'assumer ce rôle!) il y aurait une foule de gens pour s'engager dès maintenant à tes côtés.

Qu'est-ce que tu en penses?
Des idées pour cette stratégie?
Des suggestions à faire quant à la manière de construire le site évoqué?

Ou alors peut-être que tu souhaites transformer cette proposition? Qu'importe... si on avance, ensemble, dans la suite de tes premiers efforts.

Merci pour tout, de toute façon!

Clément


--/ fin /--

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22 octobre 2008

Que ferait CFD avec un million de dollars?


Je cogite depuis quelque temps à la manière de me relancer dans une écriture publique plus régulière. J'ai longtemps été à la recherche d'un angle, d'un projet d'écriture — parce que je crois beaucoup aux contraintes qu'on s'impose afin de faire naître des idées différentes à partir de perspectives nouvelles. Je crois qu'il faut parfois forcer notre regard à regarder dans des directions qui nous sont moins naturelles ou familières — dans des directions que le quotidien ne nous amène pas forcément à explorer.

Je résumerai sans doute dans les prochains jours les quelques règles/guides d'écriture que je suis tenté de me m'imposer pour les prochains mois, mais je peux d'ores et déjà dire qu'ils tourneront autour de la proposition. J'ai envie que l'écriture contribue à me maintenir dans un esprit d'ouverture et de proposition — pas de commentaire et de critique.

Alors en guise de réchauffement, j'ai eu envie ce matin de faire une proposition à mon cousin... une proposition dont l'idée m'est venue à la lecture de ce texte et de ce profil de lui publiés sur le site de la Jeune chambre de commerce de Québec.

---/ début /---

Cher Carl,

En réponse à une question de la JCCQ, qui te demande « Que feriez-vous avec un million de dollars? », tu dis: « [je le placerais] pour qu’il génère des intérêts qui puissent financer de nombreux petits projets ». Permets-moi d'être surpris.

Je suis surpris parce qu'en ces temps de tempête financière... Il me semble qu'un point de vue entrepreneurial exigerait de faire davantage confiance au travail et aux idées des gens qu'à la spéculation que nous offrent les marchés boursiers ou qu'aux placements qui contribuent à immobiliser l'argent dont les entrepreneurs ont bien besoin par les temps qui courent. « Les banques prêteront de toute façon à des entrepreneurs l'argent que tu leur confierais », me diras-tu? Je suis sceptique... et je préférerais pour ma part te voir choisir toi-même les projets dans lesquels tu as envie de croire, ceux qui sont portés par des entrepreneurs qui partagent des valeurs avec toi. C'est trop facile de confier ce rôle aux banques et de se laver les mains par la suite de leur manque d'éthique (ce que nous faisons tous, je ne te le reproche pas personnellement!).

Cela dit, et puisqu'on est de toute façon dans le domaine des scénarios (« Que feriez-vous... ») j'aurais une proposition à te faire... pour élargir la discussion et, qui sait?, la transformer en quelque chose de positif pour la ville et la région de Québec. Sans compter qu'elle pourrait être très amusante à mettre en place. Tu sais comment on peut avoir du fun à réaliser des projets ensemble! La voilà donc cette idée:

Pourquoi ne pas mettre en place (avec la JCCQ?) un site de placement fictif dans des projets régionaux? Quelque chose de très simple. Les personnes intéressées pourraient, par exemple, s'inscrire sur le site et se voir virtuellement créditées d'un million de dollars, qu'ils pourraient investir, en tout ou en partie dans des projets régionaux. Ces projets pourraient être ceux dont les journaux se font l'écho, où ceux de promoteurs qui viendraient les soumettre, les décrire et préciser leurs besoins sur le site. Chaque mois, les participants pourraient être invités à prendre connaissance des nouveaux projets et à réajuster leurs investissements (la répartition de leur million de dollars) s'ils le souhaitent. La JCCQ pourrait se servir des palmarès résultants pour animer son site web, et mettre en valeur dans son réseau et lors de ses événements les projets dans lesquels les participants croient le plus. Cela contribuerait sans doute à attirer vers eux de véritables investisseurs privés ou institutionnels. Ce serait, il me semble, un geste concret pour « soutenir financièrement et stratégiquement de bonnes idées », comme tu le dis si bien — pour passer du conditionnel à la réalité, au présent.

Alors, qu'est-ce que tu en dis? Je pense que c'est le genre de projets dont tu pourrais facilement te faire le promoteur auprès de la JCCQ — voire d'autres partenaires. Je suis évidemment volontaire pour participer à tous les remue-méninges nécessaires pour faire de l'idée une réalité.

J'attends impatiemment tes réactions!

Clément

---/ fin /---

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27 septembre 2008

buzzz.tv


L'idée est née il y a dix jours. Autour d'une bière, avec Daniel et Carl-Frédéric. Nous jouions avec nos iPhone, nous émerveillant devant telle application, tel usage, telle possibilité... et rêvant de faire nous même un jour quelque chose avec ça. Nous avions envie d'inventer quelque chose, de participer, comme acteurs, à ce nouvel univers.

Je m'émerveillais notamment des possibilités qu'offre le iPhone pour permettre aux gens de témoigner, de s'exprimer, de partager et d'interagir les uns avec les autres de façons inédites — même plongés dans la vie quotidienne, au coeur de l'activité de la Cité.

Passant du coq à l'âne, on se disait aussi que la télé c'est (encore) tellement trop passif en comparaison avec tout cela.

Et soudainement, nous nous sommes dit: «eh pourquoi pas utiliser tous les iPhone et les iPodTouch qui se sont vendus au Québec et au Canada pour jazzer un peu le débat des chefs du 1er octobre? »

Wow! Et c'est rapidement devenu une évidence... il fallait le faire! Nous nous sommes donc retroussé les manches, nous avons commandé chacun une autre bière et nous nous sommes mis au travail. Schématisation, conception, vives discussions — de fil en aiguille le projet a pris forme.

Et dix jours plus tard, nous sommes prêts — grâce à l'équipe d'iXmédia qui, dès le lendemain a pris l'idée en main et à tout fait pour en faire une réalité.

L'idée est simple:

Se servir des dizaines de milliers de iPodTouch et de iPhone qui se sont vendus au Québec et au Canada au cours des derniers mois pour créer un nouveau genre d'interaction entre les gens qui regarderont à la télévision les débats des chefs du 1er octobre (en français) et du 2 octobre (en anglais). On a même étendu l'idée pour que tout le monde qui a un ordinateur à sa disposition puisse participer.

Il ne s'agit pas de remplacer les outils existants, mais de faire plus simple, pour permettre à tout le monde de passer de téléspectateur à participant à un événement télévisuel.

Comment ça marche?

Simple: en se branchant sur buzzz.tv, les internautes qui le souhaitent verront sur l'écran de leur ordinateur, de leur iPodTouch ou de leur iPhone trois boutons:

En appuyant sur le pouce levé, ils pourront signaler à tout moment qu'ils aiment ce qu'ils entendent.

En appuyant sur le pouce baissé, ils pourront signaler à tout moment qu'ils n'aiment pas ce qu'ils entendent.

Et en appuyant sur le point d'exclamation, ils pourront lâcher un grand cri virtuel — pour dénoncer ce qu'ils perçoivent être un mensonge, par exemple. Ce bouton pourrait aussi servir à signaler, de façon plus générale, un temps fort du débat — quelque chose qui dépasse le simple « j'aime / je n'aime pas ». Pas aussi clair que les deux premiers? Très/trop subjectif? On le sait... et on assume. C'est même voulu ainsi.

Cliquer sur un de ces trois boutons, c'est buzzzer, faire un buzzz.

Des graphiques traceront évidemment aussi sur l'écran, en temps réel, l'évolution des buzzz de l'ensemble des participants.

Et le plus beau dans tout ça, le plus nouveau, le plus stimulant (et le plus subversif, il me semble!), c'est que nous rendrons disponible aussitôt après le débat l'ensemble des données ainsi recueillies — brutes — afin qu'elles puissent être traitées et interprétées collectivement, grâce aux idées aux compétences de chacun.

Que pourrons-nous en faire? Je ne sais pas. Traitements graphiques? Animations? Vidéos? etc. J'attends d'être surpris!

Seront ainsi rendus publics: liste des participants (anonyme: aucune inscription requise); ensemble des buzzz enregistrés et le minutage du débat (qui parlait à chaque instant). Trois fichiers donc, dont des exemples seront diffusés en début de semaine afin de permettre à ceux qui le souhaitent de se préparer.

Toutes les personnes qui ont contribué à rendre possible ce projet — complètement ludique et expérimental, sans aucune prétention scientifique — ont leurs hypothèses sur le nombre de participants que nous pourrons avoir et sur ce que pourraient révéler les données ainsi générées. Nous avons aussi chacun nos opinions sur les limites d'un tel exercice — et nous assumons absolument tout cela!

Je ne doute pas que nous aurons l'occasion de discuter du projet et de débattre de ses forces et de ses faiblesses dans les prochains jours et les prochaines semaines... et je me garderai donc bien de le faire par anticipation... (sinon pour dire que, oui, nous savons qu'il est possible que certains groupes tentent d'influencer indûment les résultats... et que nous croyons qu'elles joueront ainsi un jeu dangereux parce que leur action sera très probablement décelable dans les données publiques).

Nous avons, la conviction d'expérimenter quelque chose de nouveau, qui pourrait ouvrir la voie à d'autres interactions d'un nouveau genre entre la télé et les gens qui sont assis devant... des interactions initiées par le monde... et où il ne s'agit pas seulement faire ce que le réalisateur de l'émission à prévu. Dans les débats politiques, certainement, mais pourquoi pas aussi dans d'autres types d'émissions?

Tout cela est fait avec humilité. Nous savons évidemment qu'il y a une foule d'autres outils qui peuvent déjà contribuer à relier les gens qui partagent un moment de télé... Mais ce sera notre contribution, que nous avons du plaisir et de la fierté à partager avec le monde, d'atant plus que nous croyons qu'elle apporte quelque chose de véritablement nouveau — en particulier sous l'angle du partage des données générées.

Tout se passera donc sur buzzz.tv.

D'abord un test dimanche soir pendant Tout le monde en parle, juste pour voir si le mécanisme fonctionne bien. Ensuite on referme tout et on termine le travail.

Le site sera officiellement ouvert mercredi à 19h45 — juste à temps pour le débat en français. Les données seront rendues publiques dans l'heure suivant la fin du débat.

Une version anglaise du site sera mise en ligne jeudi pour le débat en anglais. Même modus operandi. Les données disponibles une heure après.

Et pour la suite on verra.

Mario a déjà écrit un texte sur le sujet. Carl-Frédéric le fera sans doute aussi dans les prochaines heures. Et probablement d'autres aussi — nous le souhaitons.

Pour ma part, je vous dirais que si je suis emballé par l'ensemble du projet et curieux de découvrir ce que nous pourrons apprendre de toutes les données générées (quel traitement pourra en être fait, avec quels outils, quelles méthodes, par quel genre de monde), je suis tout particulièrement intéressé par ce que pourra révéler l'usage du point d'exclamation.

Je rêve que l'intelligence collective nous permette d'identifier cinq ou six moments dans le débat qui seraient autrement passés relativement inaperçus dans le contexte d'une écoute individualisée. Je rêve aussi que nous documentions ensuite collectivement les raisons de ces pics de buzzz (dans un wiki?) ou que des journalistes se servent de ces données pour interpeller « en notre nom » les candidats ou qu'ils rédigent des articles sur ces sujets.

Ce serait, il me semble, une étape significative dans le développement d'une participation accrue des citoyens dans la vie politique telle qu'elle nous est traditionnellement rapportée par la télévision.

Peut-être que je suis naïf. Peut-être que je m'illusionne. Quoi qu'il en soit, j'ai le goût d'y croire et d'essayer. Et en plus, j'ai du fun à le faire! Et à voir le regard de ceux qui ont rendu tout cela possible cette semaine... je me dis que c'est un fun pas mal contagieux... alors on serait ben fous de s'en passer!

Et on debriefera tout ça ensemble ensuite de toute façon... quel que soit le résultat de l'expérience!



P.S. aussi, pour les habitués, buzzz.tv sur Facebook et sur Twitter...

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20 septembre 2008

Démocratie, politique... et campagne électorale


Je suis renversé par plusieurs choses que je lis depuis le déclenchement des élections. Et plus encore depuis hier — notamment tout ce qui entoure la diffusion de cette vidéo.

Je suis renversé parce que j'ai l'impression qu'on a perdu de vue ce qu'est la démocratie, la politique à laquelle elle donne forme et les élections qui sont un moment très spécifique de cet ensemble.

Pour moi:

La démocratie, c'est la conviction que les meilleures conditions du développement d'une communauté humaine reposent sur un pouvoir également réparti entre tous les membres qui la composent. C'est l'utopie fondatrice de notre civilisation.

Le système politique, c'est l'organisation qu'on se donne pour tenter d'opérationnaliser cette vision, pour la rendre fonctionnelle — pour faire en sorte que ça marche. C'est cette volonté de mettre en pratique qui nous a amené à imaginer un système de représentation par lequel une personne en représentera plusieurs autres dans les assemblées nationales... et à regrouper les idées au sein de groupes/partis politiques, notamment.

La politique, c'est la vie de l'ensemble des institutions qui constituent le système politique; c'est la vie des partis, le boulot des députés, les mobilisations des électeurs pour se faire entendre de leurs représentants et de ceux qui aspirent à le devenir et ce que les médias en rapportent.

Les élections / les campagnes électorales, c'est le moyen qu'on s'est donné pour élire ces représentants dans les différentes assemblées. C'est un moment précis, ponctuel, de la vie politique. Ce n'est pas la démocratie.

La démocratie ce n'est pas voter une fois tous les quatre ans (ou, dans notre système défaillant: quand le premier ministre le décide)... c'est le débat, continu, qui doit contribuer au développement des communautés humaines auxquelles on s'identifie.


Dans ce contexte, les campagnes électorales sont d'une certaine façon un mal nécessaire. Une période où, forcément les débats sont simplifiés à outrance, où les luttes sont âpres et où tout peut être mis en oeuvre pour faire resurgir dans la place publique les sujets que chacun croit importants. Ce n'est pas le temps des nuances. Ce n'est pas le temps de l'approfondissement. C'est le temps où on souhaite que les choses s'expriment « un peu plus crûment » que d'habitude afin de pouvoir identifier les personnes en qui nous aurons confiance de remettre notre pouvoir de citoyen pour les années à venir. Parce que c'est bien cela élire un député.

Le moment des débats, des nuances, de l'approfondissement, des idées nouvelles et des valeurs, c'est entre les élections. C'est dans les associations, dans les conseils de quartiers, dans les instances des partis politiques, dans les journaux et sur le Web, dans les blogues, les wikis, etc. que ça se passe. Dans l'espace public au sens large. Et ça demande du temps, de la constance et de l'engagement.

Et c'est parce qu'on a trop souvent renoncé à ce temps long de la vie démocratique que les campagnes électorales prennent l'importance qu'elles ont aujourd'hui et qu'on se retrouve à vouloir faire en 34 jours des débats de fonds de façon nuancée sur la place publique et sans préparation préalable.

Si la vidéo que certains décrient avait eu la prétention de faire office de position politique, ou de contribuer à un débat public sur le financement de la culture, hors d'une période électorale, je me serais sans doute rallié à plusieurs des arguments évoqués depuis hier (quelques-uns évoqués ici: simplisme caricatural, injuste opposition anglophones-francophones, anonymat relatif, etc.). Mais nous sommes à une période très précise de la vie démocratique et c'est dans ce contexte qu'il faut analyser cette production: comme un moyen de faire resurgir un sujet dans l'espace public pour amener les gens à se positionner et forcer une polarisation des prises de position, pour rendre le vote plus facile le jour venu. C'est de ce dont il s'agit. Rien de plus. Et en ce sens, je pense que la vidéo joue très bien son rôle — elle force à réagir, à prendre position. C'est ce qu'on souhaite en période électorale.

En complément de cette réflexion toute personnelle — que j'ai fait d'abord et avant tout pour m'éclaircir moi-même les idées — je dirai que ce qui me semble commun aux périodes électorales et à la politique, de façon générale — à la vie politique — c'est la nécessité de faire exister des réseaux de réflexions et d'action autour des valeurs que chacun souhaite voir débattre dans l'espace public... puis devenir des motifs de différenciation des programmes politiques, et progressivement des raisons de voter pour un candidat ou un autre dans une élection.

Or, ce qui me frappe depuis quelques jours, dans ce qui me semble la première campagne électorale canadienne où les technologies et les nouvelles formes de réseaux prennent une place déterminante... c'est que les tenants des valeurs traditionnellement associées à la droite sont clairement plus forts, plus structurés et plus efficaces que les autres. Ça se voit à une foule de choses... les sites web des partis et groupes associés, la capacité de réagir rapidement, systématiquement et avec des messages clairs aux textes publiés dans les journaux, sur le web, dans les blogues, à participer aux émissions radiophoniques, etc.

Personnellement, ça me désole. Mais je dois le constater. Et souhaiter que ça nous donne une bonne leçon pour les prochaines semaines (s'il est encore temps) et pour la prochaine fois. Évidemment, sans attendre la prochaine campagne électorale... parce que c'est dans la vie démocratique, au quotidien, que ça se passe... pas pendant les élections.

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25 août 2008

L'utopique (mais pourtant nécessaire) cité éducative


Dans son texte de la rentrée, Michel Dumais m'interpelle, parmi quelques autres. Il nous fait part de quelques idées pour améliorer l'éducation au Québec. Il propose. Il ose proposer. Cela mérite qu'on réagisse davantage que cela n'a été le cas jusqu'à présent — parce que si nous sommes souvent prompt à réagir à la critique, nous devrions garder davantage de temps pour contribuer aux échanges plus constructifs.

Participer, réagir, commenter, c'est aussi une humble, mais très efficace, façon de valoriser la proposition au détriment de ce qu'André Roux qualifiait dans un commentaire la semaine dernière d'imposture de l'esprit critique... alors, je me lance, avec spontanéité, sans trop apporter de nuances, afin d'alimenter la discussion — dans l'esprit du texte qui me donne l'occasion d'écrire.

* * *

Michel parle d'accorder plus d'importance à la qualité de la langue à l'école; à la culture générale et au nécessaire apprentissage de l'anglais — à laquelle il croit qu'une année entière devrait idéalement être consacrée. Sur le fond je partage plusieurs de ses idées, mais je pense que c'est une erreur de demander encore tout cela à l'école. On en demande déjà beaucoup à l'école. On lui demande trop. On demande trop à ses acteurs. Trop de trop de choses. Trop de variété.

On ne devrait confier à l'école que ce qu'il n'est pas possible pour la société de faire autrement. Seulement ce qui demande une telle concentration de ressources et de moyens qu'il n'est pas possible — encore — de permettre aux enfants d'apprendre autrement. C'est le sens historique de la création de l'école.

L'école, dans une société pauvre — économiquement ou culturellement — c'est le meilleur moyen que nous avons trouvé pour réunir les ressources à un endroit, pour les concentrer, pour permettre à tous les enfants, notamment, de pouvoir en bénéficier. C'est aussi une façon de s'assurer que ces ressources soient partagées le plus équitablement possible. Les bibliothèques répondent aussi à un besoin semblable.

On a bâti les écoles parce qu'il n'y avait pas quelqu'un qui savait lire dans toutes les maisons. Parce qu'il n'y avait pas d'autres livres que la bible dans bien des foyers. Parce que la musique et les arts plastiques étaient inaccessibles à une large partie de la population.

Mais dans une société de plus en plus riche — à tous égards — je pense qu'on devrait progressivement alléger le fardeau de l'école... et revenir à l'essentiel: exiger d'elle ce qui ne peut pas être fait autrement.

Ce n'est malheureusement pas ce qu'on fait aujourd'hui. Même ce qu'on pourrait faire avantageusement hors de l'école on le demande à l'école. C'est trop facile. Et contre-productif.

Permettre aux enfants d'apprendre l'anglais? Privilégier l'immersion? Pourquoi pas! Mais pourquoi à l'école? Pourquoi pas l'été? Pourquoi pas un vaste programme de camp d'été en langue anglaise dans les différentes provinces canadiennes ou aux États-Unis? Et pourquoi pas payé par l'État — en tout ou en partie. Ce n'est pas seulement une question de fric, c'est une approche, une question de méthode.

Il faut accepter de réfléchir les questions d'éducation autrement. Il faut accepter de remettre en question le paradigme fondateur de l'école contemporaine: 100% des élèves à l'école, en présence d'un prof 100% du temps.

La culture de l'accompagnement à laquelle fait référence Michel? Ce ne devrait pas une exigence faite aux profs: c'est l'affaire de toute la société. Les enfants devraient être plus souvent bienvenus sur les lieux de travail. On devrait inventer de nouveaux espaces de rencontres entre professionnels et étudiants. On devrait faire plus souvent appel aux jeunes retraités et aux personnes âgées pour réaliser des activités éducatives au coeur de la ville. On devrait utiliser davantage les places publiques. On ne devrait plus construire un immeuble sans prévoir au rez-de-chaussé un espace éducatif pour être en mesure de témoigner de l'importance des activités qui s'y déroulent dans la vie de la communauté. On ne devrait plus accepter que les journaux soient publiés sans quelques pages où, chaque jour, des jeunes pourraient interpeller leurs aînés, proposer des projets, faire appel à de l'aide ou solliciter des conseils. On devrait trouver inacceptable qu'une grande entreprise (et même une petite) ait un site Web sans consacrer au moins une section de ce site aux savoir-faire qu'elle rassemble, à leur importance pour la société et aux méthodes et démarches nécessaires pour les acquérir.

Comment est-il possible qu'en 2008, toutes les écoles n'aient pas déjà au moins une page web avec, en permanence, une liste de besoins et de souhaits continuellement mis à jour? Une page Web qui la relie aux autres écoles de leur secteur, à l'hôtel de ville, à des associations, aux familles, aux écoles d'autres villes — voire d'autres pays. Un système de pages Web (et de flux rss) qui permettrait de structurer les besoins, de façon dynamique; qui permettrait aux forces vives d'un milieu de s'engager aux côtés des profs; qui permettrait aux milieux de constater plus adéquatement qu'un palmarès les richesses et les forces les uns des autres — et à l'État de pallier aux iniquités, lorsque nécessaire. Ce n'est rien de très compliqué techniquement aujourd'hui. Le défi est politique: il faut en avoir la volonté. Si seulement on en faisait le « avant la fin de la décennie nous marcherons sur la lune » de notre époque?

On aura beau mettre tous nos espoirs et toutes nos ressources entre les quatre murs de l'école, si on ne place pas celle-ci au coeur d'un véritable écosystème communautaire nous serons cruellement déçus. L'école au centre de la société c'est anachronique: l'école au coeur de la vie communautaire — et de la vie des jeunes c'est mieux. Demander à l'école de résoudre les problèmes de Montréal-Nord c'est irréaliste. Faire en sorte d'engager les forces vives de Montréal dans la vie du quartier et mobiliser des ressources autour des écoles de Montréal-Nord, ça semblerait promis à plus de succès...

La cité éducative c'est ça. La cité ce n'est pas la ville. Ce n'est pas le pays. C'est l'environnement dans lequel on vit. C'est l'espace qu'on partage avec les autres. C'est le vivre ensemble. Et pour bien vivre ensemble, je suis convaincu qu'il n'y a rien comme apprendre ensemble.

Il faut relire Illich et ses learning web. Il faut relire Freire sur le dialogue. Il faut revoir l'oeuvre du Frère Marie-Victorin avec les cercles des jeunes naturalistes. Il faut réhabiliter la place publique comme lieu d'apprentissage. Nous avons des technologies et une connaissance de la psychologie de l'apprentissage qui nous permet de faire un grand pas de plus sur la voie que ces grands pédagogues nous ont indiquée.

L'école reste nécessaire, bien sûr — mais seulement quand on ne peut pas faire autrement. Serais-je utopiste? Ou naïf ? Michel assume. Moi aussi.

Prenons donc dans les prochaines années (ce sont des processus lents, autant l'accepter sereinement) l'habitude de nous demander si tel ou tel autre apprentissage ne pourrait pas se faire mieux hors de l'école que dans une classe.

Osons croire que l'école c'est là où on va pour apprendre seulement ce qu'il n'est pas possible d'apprendre mieux ailleurs... d'autant que je pense qu'on peut être sans crainte: même avec ce point de vue, le programme de l'école sera sans doute encore chargé pour de très nombreuses années.

On évitera au moins une chose: tout/trop attendre de ceux qui font l'école, au quotidien.

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21 août 2008

Éducation, critique et action


Dans une lettre publiée dans Le Devoir (et probablement dans d'autres journaux ) le 21 août, le président de la Fédération des commissions scolaires du Québec, Monsieur André Caron, nous dit qu'en éducation, l'heure n'est plus à la critique, mais à l'action — en ajoutant que nous sommes trop sévères avec notre système scolaire, qui est l'un des meilleurs du monde.

Je partage son point de vue selon lequel nous bénéficions globalement d'un très bon système d'éducation — et il est vrai que nous avons toutes les raisons d'en être fiers. Je crois toutefois qu'il en est ainsi précisément parce que nous n'avons cessé d'être exigeants à son égard. Je trouve par conséquent pour le moins paradoxal qu'il nous demande de suspendre notre esprit critique pour plonger davantage dans l'action.

Plus concrètement, ce n'est certainement pas en cessant d'interpeller les commissions scolaires que nous renforcerons le système public d'éducation — dont je suis un fervent défenseur. Ce n'est pas en nous demandant de suspendre notre esprit critique ou en faisant appel à la solidarité pour que cesse l'expression des des points de vue divergents que nous ressortirons globalement plus fort de cette période où l'éducation est — plus que jamais — déterminante pour l'avenir de notre société.

J'aurais préféré qu'André Caron fasse un meilleur accueil à la critique, tout en nous invitant à le faire de façon plus constructive — en faisant davantage appel à la proposition qu'à la démolition. Parce qu'il a raison sur le fait que nous sommes souvent injustes dans notre façon de critiquer ceux qui font l'école.

Une telle attitude aurait été plus conforme à l'idée que je me fais du fonctionnement d'une société démocratique dont la force repose à la fois sur la possibilité pour les citoyens de s'exprimer et sur la capacité des leaders à favoriser la concertation, l'apparition d'une vision partagée de l'avenir et de faire naître de petits et grands projets collectifs.

Pour combattre le cynisme que déplorait François Legault un peu plus tôt cette semaine il faut miser sur l'esprit critique, la parole et la créativité des gens; certainement pas leur demander de se taire.

Cela dit: bonne rentrée à tous celles et ceux qui font l'école au quotidien — au ministère de l'Éducation du Loisir et des Sports; dans les services des commissions scolaires (les services éducatifs notamment); dans les écoles publiques et privées et dans les classes, surtout, et les profs tout spécialement. Et les élèves aussi bien sûr!

Je vous souhaite vraiment tout le soutien auquel vous êtes en droit de vous attendre de votre communauté .

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12 février 2008

Défendre la réforme?


Il ne se passe plus une journée sans que des amis me disent qu'ils aimeraient que j'écrive un peu plus souvent sur mon blogue. J'apprécie. Merci. Moi aussi je le souhaiterais. Il faudra toutefois pour cela que je retrouve un peu de temps pour le faire... parce je suis pour le moment dans une période d'apprentissages professionnels incroyablement intense et que cela me laisse bien peu de temps pour prendre le recul nécessaire à l'écriture bloguesque telle que je la conçois.

Cela dit, j'ai été un peu piqué au vif dans les derniers jours par quelques amis qui m'ont « accusé », gentillement, de les avoir abandonnés dans la défense de la réforme de l'éducation qui est en cours au Québec. Je me suis dit que ce pourrait être amusant de répondre à leur provocation et de profiter de l'occasion pour écrire un texte sur le sujet — très spontanément, comme pour voir de quelle façon je pourrais arriver à formuler un plaidoyer pour ma défense.

Abandonner mes amis qui sont au coeur de la réforme, moi? Jamais!

Alors voilà, pour ma défense...

* * *


IL FAUT CESSER DE DÉFENDRE LA RÉFORME !

Je me désole de la tournure que prends le dossier du « renouveau pédagogique » depuis quelques semaines. Entre les revendications de la coalition « Stoppons la réforme », le plaidoyer de Bernard Landry et le discours opportuniste de Mario Dumont... l'espace public apparaît monopolisé par les réactionnaires.

Certes, tout n'est sans doute pas parfait dans cette audacieuse réforme... que je suis pourtant très fier que le Québec ait entrepris avant de nombreux autres pays — dont la France, où j'habite depuis un peu plus de deux ans. Certes, des ajustements pourraient y être apportés. Ce sera d'ailleurs toujours vrai de tous les systèmes scolaires — qu'ils soient officiellement ou non en cours de réforme. Il faut accepter l'idée que dans une société en rapide et profonde transformation, le système scolaire sera toujours inévitablement au coeur de tous les enjeux, toujours insatisfaisant, sans cesse à réinventer.

Les appels à stopper ou à faire un moratoire dans la réforme me semblent le fait de gens qui proposent aux Québécois d'attendre de voir la forme que prendra le monde de demain pour y adapter ensuite notre système scolaire. Je pense que c'est une double erreur. D'abord parce que le monde est en perpétuel changement. Ensuite parce que le Québec ne peut pas se contenter de regarder le monde prendre forme, il doit participer à son invention — en être un acteur de premier plan.

Le réflexe du moratoire est compréhensible, mais c'est un piège. Il faut être plus progressiste. Il ne faut pas se contenter d'être observateur d'un monde en changement. Il faut y préparer les jeunes. Il faut leur en donner les moyens. Il faut leur apprendre de nouvelles façons d'aborder les défis auxquels ils sont confrontés; leur permettre de développer la capacité du travail collectif; le difficile exercice de la démocratie et l'exigence de la solidarité; les aider à développer une vision du monde qui fasse une place à l'Europe, au Brésil, à l'Inde et à la Chine; leur permettre de s'exprimer clairement dans plus d'une langues et de tirer profit des nombreuses technologies qui sont à leur disposition. Il faut aussi donner aux enseignants les moyens de faire tout cela avec les élèves. C'est nécessaire pour que le Québec puisse prendre une part active dans le nouveau concert des nations.

Cet objectif exige qu'on prenne quelques risques et que nous cédions un peu du confort que procure la tradition éducative. Il faut rester critique, bien sûr, rejeter les effets de modes, mais accepter de prendre des risques! Il faut rejeter — toujours! — les appels au moratoire et à l'immobilisme. J'invite d'ailleurs les détracteurs de la réforme à proposer d'autres alternatives que l'arrêt ou que le simple retour en arrière.

Dans ce contexte, je souhaite aussi que les forces progressistes de la société québécoise consacrent moins de temps à défendre une réforme qui est de toute façon déjà irréversiblement en marche et qu'elles redeviennent forces de propositions — comme elles l'ont été dans les années qui ont précédées la réforme. Il faut occuper l'espace public différemment... par des idées, des témoignages, des récits, des défis, des projets éducatifs. Il faut remettre l'éducation au coeur de notre projet de société. Il faut décrire ce projet et forcer ceux et celles qui prônent le statu quo d'expliquer le projet de société qui les motive.

Parce qu'ils sont d'indispensables animateurs de l'espace public, je souhaite aussi que Pauline Marois, Mario Dumont et Jean Charest s'entourent rapidement de gens ambitieux pour traiter les questions éducatives; de personnes capables de propositions, de personnes qui savent que le monde change très vite, notamment sous l'influence de la globalisation et du développement des technologies. De gens qui ont voyagé, de gens qui ont occupés plusieurs emplois, de gens qui s'intéressent à la géopolitique, de gens créatifs et ouverts d'esprits.

Cessons de défendre la réforme. Il n'y a rien à défendre. Tout est à proposer. Nous avons un projet de société à bâtir.

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